#laChansonDAmour

Je suis dans l’urgence du texte qui ne vient pas

Il n’y a pas de rime à l’honneur de t’aimer

Je fuis dans l’urgence du reste qui n’est plus là

Il n’y a pas de crime d’honneur à chanter

 

Je sens mourir la grande grande nuit

versée à te chanter la pomme.

Je sens venir les grands grands cris

qui ont vus périr les plus grands hommes

 

La guerre n’est pas morte à la guerre

Les mots n’ont pas dit un mot

Se taire ne fera pas l’affaire

J’attends ta main dans mon dos.

 

Reviens habiter ma chair

Reviens regarnir mes os

Reviens remplir la lumière

Viens faire parler mes mots

 

Les jours tissaient le motif des jours

Raisons de plus que j’avais de te t’aimer

L’amour, une belle histoire d’amour

Chansons connues à réinventer

 

Je sens mourir la grande grande nuit

versée à te chanter la pomme.

Je sens venir les grands grands cris

qui ont vus périr les plus grands hommes

 

Mais quand il n’y aura plus de nuit

pour vivre aux abords de ton corps

Quand tous mes mots m’auront nui

Que je les chanterai à mort



Je partirai au bout des nuits

Je partirai face à mon sort

Je partirai comme on finit

les vers d’amour les verres de fort

 

Comme si une tête sur des genoux

guérissait tout de tout

Comme si des bras autour du cou

guérissaient tout de tout

 

Tous mes aveux se sont figés

Comme des promesses de bonheur

Que je ramasse dans mes cahiers

En attendant des jours meilleurs

 

Je garderai ton nom gravé

Je garderai ta douce chaleur

Je garderai les chants chantés

Comme les échos d’âmes soeurs

*****

Cette chanson est adaptée de mon recueil #niaiseriesEtAutresProduitsDérivés

Disponible ici –> http://www.lulu.com/ca/fr/shop/clodius-le-rimailleux/niaiseries-et-autres-produits-d%C3%A9riv%C3%A9s/ebook/product-22495254.html

Pier-Luc Dugas la chantera, c’est à suivre.

Voici son FB –> https://www.facebook.com/pierluc.dugas?fref=ts

En passant

#contePourNenfants

J’ai déposé un canard dans ma baignoire
Et une radio dans mon eau

Mon lit est suspect
Je le soupçonne de faire double-je

L’arbre m’épie
Il chuchote des commérages aux écureuils

Mon lit se prend pour un corsaire
Des fois il vogue et vague
Parmi les corsetières

Mon lavabo se plaint de toute la vaisselle
Une poêle, une casserole et une cuillère
Un bol, une assiette et un verre

Julie est partie sans faire le ménage
Ma baignoire a un bébé qui fait de la pub à radio France

Mes chemises sont sur le plancher
La penderie est libre pour un flirt
Je reluque ma ceinture

J’ai grossi depuis que Bernadette est partie avec Julie
Ma graisse engraisse le frigo

La pipe s’est cassée avec Julie
On est loin de la pute aux lèvres

J’suis malade et un peu cubiste
Y a ma grippe qui a fait une plume à Picasso le torero

Je plie les langes dans les selles
Que Julie revienne dans mes draps

Faut tout lessiver
J’ai le cerveau en composite

La nuit est toujours blanche comme neige
Je n’ai plus de péchés capiteux

J’m’en branle comme ma première soupière
J’ai les fois en dehors de mon cul

C’est dans les vieux pots qu’on pose les vieilles chattes

Ceci est un conte pour nenfants

PS : ne pas nous signaler à la police FB

***
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Crayonnages

Crayonnages

Isoloir et peau de banane

Une pièce exiguë sans fenêtre, un lavabo, un lit de camp, des magazines pornographiques.

Un homme se lève du lit. Il prend une craie blanche de sa poche et dessine une fenêtre. Il l’ouvre. Une mouette entre et lui chie sur la tête. Un nuage entre et il pleut dans la pièce. L’homme efface la fenêtre.

– Ça va être un grand jour aujourd’hui. Je le sens, l’air est frais comme un petit téton.

– Mais qu’est-ce qu’il fout mon humain? se demande Clodius le chat. J’ai faim moi. Tiens! Un rhinocéros à la télé!
– Hello! Hello! Jour d’élection! Tous les articles jaunes et rouge de plus de vingt ans doivent se rendre aux isoloirs! Sinon, c’est un temps de merde pour une vie de merde, beugle la télé.
L’homme dessine une peau de banane pour la pâtée du chat.
– Connard! Dessine-moi une souris verte avec des gros lolos et en portes-jarretelles hongroises, et talons aiguilles! Siffle le chat entre ses crocs.
– Salut, le chat! Si tu veux je te lis un poème! Propose Guy Livingston le goéland.
Clodius pense en lui-même : « Mais qu’est-ce qu’il veut ce piaf? »
Guy scande quelques vers :
Sous un ciel paresseux
Un soleil échoué
Un enfant lit le message des Dieux
Puis le souffle court ,
il court, il court
après la Vie.
L’homme dessine une porte pour se rendre à L’ISOLOIR.
La pièce s’effondre de solitude.

Le petit chat est mort mangé par la télé mangée par le goéland.

*

L’ISOLOIR, un café de rue, sympatique. Robert de Fesse Blanche se plaint : « J’ai perdu ma femme! T’imagines!? Elle portait des portes-jarretelles hongroises et talons aiguilles! Je ne l’ai plus revue. » Robert sanglote sans pause, sans sucre, sans rien. Sang d’encre.
L’homme lui dessine une souris verte qui glisse sur une peau de banane.
– Tu vas voter? demande Lionel à Robert. Moi, je suis perdu! J’irai bien aux îles Mouk-Mouk danser le Hula Hoop avec Julie.
L’homme lui dessine une île déserte avec Julie dans un isoloir mangeant des peaux de bananes.
L’homme dessine une porte et va aux toilettes.
Guy Livingston le goéland entre par la fenêtre et chie dans la cuvette.
*
Gontran et Églantine se trouvent à la plage des îles Mouk-Mouk. Il y a des grains de sable, des miettes de pain, de la poussière et des regrets partout dans les cheveux de la Folle aux Shahs. Mais ça ne regarde pas nos deux amoureux, pour peu qu’ils soient amoureux, ou qu’ils le veuillent, ou qu’on le prétende, ou à ce qu’il puisse paraître, là maintenant en les regardant se regarder.
– As-tu des nouvelles des élections? demande Gontran à Églantine.
– J’ai loué un voilier pour notre promenade. Il s’appelle « Le goéland qui chie sur la cuvette » Quel drôle de nom! s’exclame Églantine en posant sa tête et son livre sur les genoux de Gontran.
– Il faudra demander à ta tante Julie de garder Clodius. Tu connais les chats, ils foutent le bordel dès qu’on a le dos tourné!
– T’inquiète, elle va te le tenir serré.
– Quoi ça? Dit Gontran coquin.
À l’embarcadère, le capitaine refuse d’emmener Églantine à la raison qu’elle a une souris verte dessinée sur sa robe. L’homme gomme la robe d’Églantine qui se retrouve toute nue. Le capitaine la kidnappe et s’enfuit avec le voilier.
L’homme dessine un dauphin. Il grimpe sur son dos. Rattrape le voilier et y dessine une écoutille. Il entre.
– Un dindon à bord! d’alerter la vigie alarmée.
La télé de la cabine du capitaine gueule : « Avis de tempête dans la culotte d’un zouave. Les femmes et les enfants d’abord! Mille sabords! »
– Dis maman, c’est quoi la dictature des Médias? grésille la télé miniature du bosco.
Guy le goéland entre par l’écoutille et chie sur la mappe-monde.
Au loin la tempête s’annonce comme un festival de F1.
Un tsunami balaie tout sur son passage. L’homme dessine une arche de Noël et y dépose Églantine et Gontran en leur laissant un régime de bananes et un paquet de capotes.
L’homme dessine une porte.
*
L’ISOLOIR, boîte de nuit, sympathique.
– Putain, je suis trop vieille pour ce genre de truc, pense Julie. Elle rafraîchit son rouge sur les lèvres à l’aide du miroir de poche. Au bar, un jeune homme s’ennuie.
– J’vous sers un Goéland qui chie! dit la serveuse sortie du brouillard comme un iceberg. C’est du rhum avec un nuage de lait de coco.
– C’est quoi ton nom? de demander le jeune homme surpris. Il sourit enfin.
Églantine de Pinardière. Je sers ici le soir pour payer mes études en sciences politiques. Mais je parle jamais de politique, mais j’aime bien sucer les marins, chuchotte-t-elle de façon à se faire bien entendre.
– Wow! Politique! C’est pas un milieu d’homme la politique? J’veux dire, c’est pas dur contre les femmes? Hé! Je suis marin de bar en bar. Moi, c’est Barnabé.
Gontran arrive au bar soûl comme un chat perdu. Qui est-ce qu’a vu…  Burp! Hips! Ma guenon? S’appelle… Hips! Julie… Hips!
– Coucou Tantan! Je t’attendais… ment Julie qui se sent coupable.
– Bah! Je reviens te chercher… Hips! Je sa… savais que… que tu m’attendais.
– Ben mon salaud! T’en tiens une foutre bonne comme un goéland bourré au Prozac. Ben pour la bagatelle, tu peux te taper la bite sul’front.
L’homme dessine une boîte de Viagra dans la main de Gontran et efface les rides du vieux couple.
La télé de l’ISOLOIR annonce : « Nous rappelons qu’après minuit, les prix augmentent de trois cent pour cent pour les célibataires. »
– Tu finis à quelle heure, Églantine? de demander Barnabé.
– Je fais la fermeture… de répondre Églantine avec une moue embarrassée.
Une hongroise s’approche de Barnabé : « Hé! Marin! Hips! T’m’offres une souris verte… Hé! dis? »
La télé ayant la diarrhée avertit les hynoptisés.
– Paraît que c’est la grippe des îles Mouk-Mouk! Aux abris!
– Hé marin! C’est ton jour je vous offre une souris verte (elle regarde à gauche puis à droite) elle glisse un paquet de capotes La souris verte : « On l’aime sous la couverte! »
La hongroise vomi dans le verre de Barnabé. Le jeune homme sort son schlass et trucide la pute. L’homme sort sa gomme et efface les dommages et intérêts.
Horloge : 22h. Églantine se fait chier.
Le marin gonfle les capotes et tire la voile.
L’homme dessine une porte et va au guichet du coin. Le guichet automatique invite l’homme comme une hôtesse de l’air : « Veuillez insérer de la monnaie : 2$/crédit. »
L’homme ajoute mille zéros. Prends la tune. Nique la banque. Efface la machine.
L’homme dessine une porte et va porter une part à Églantine, qui fout le camp aux îles Mouk-Mouk et invite tous ces amis au restaurant Le goéland qui chie sur la cuvette sauf  bien-sûr qu’Églantine part aux îles Mouk-Mouk.
La télé du restaurant chiale : « Tout est foutu! Personne n’a voté! »
*
Ruelle sombre. Sympathique. Clodius le chat de ruelle fouille dans une poubelle. Il trouve une Bible et trois bouteilles vides. Clodius est déçu : « J’irai pas chier loin avec 15 cents! »
Une porte en or s’ouvre . L’homme appelle Clodius. Le chat court le rejoindre. La porte se ferme avec un salut militaire.
Clodius au Banquet des Dieux s’écrie heureux : « Nom d’une souris verte! Vise-moi toute cette boustifaille! »
Guy le goéland entre par la fenêtre et chie sur un portrait de la Reine.
***
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#voyage

cette drôle de solitude
qui déambule
entre les foules
~ je l’attends à la maison

je vénère le soleil
les oiseaux
et le silence des non-lieux
– on ignore les mots sur les murs

il y a des sensations dans mon torse
entre le bourg et le ghetto
un transit difficile
qui traîne des pieds
parfois
les jours de lourdes pluies

le rapport à la ville
comme à la femme abstraite
entre l’ambivalence et l’amour
je cherche dans les yeux des lieux prochains
une escale où quelqu’un m’entourerait le cou

je m’exerce au poème
en attendant
un train
comme si c’était le nôtre

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#affaires

Une table rase à mon chevet,

Je fais main basse sur tes mollets.

J’ai déshabillé le rasoir électrique

Il m’a parlé de toi.

L’abat-jour rougis

au souvenir de tes nuits contre moi.

Le linge seul a gardé la fragrance de ton cadavre.

La prise du téléphone

et mon index pris comme une bondieuserie dans mes appels.

Ma gamelle n’est pas remplie d’eau bénite.

Demain il fera beau

C’est une grenouille à genoux qui me l’a dit.

Tes grimaces s’effacent des Photomatons.

Tu as au grenier le grimoire des grimaces.

Vas avec à l’assemblée des limaces

Et joue de l’accordéon.

Porte à ton cœur un coup de voix et gueule comme un hippodrome à la radio.

Mes lacets attendent leur pendu du jour.

Ils font acte de bienfaisance.

Il faut bien désengorger l’humanité comme les escargots.

Un petit peu de pep pour les penseurs

pendus aux pendules toujours en retard.

Mon lit est une brocante.

On y trouve de tout

Même des cercueils pas chers. 


Guy Lechevallier (en gras) et Clodius, 2016

#hypertextualisation

il y a bien des choses inutiles

à l’intérieur de ma peau

mon cœur est un amalgame de smegma

qui n’apprend pas de ses terreurs

il faut se dévoiler régulièrement

quitte à magasiner des maladies

comme des claques

qui claquent à tout vent

à tout va

tu admets l’inadmissible

incruste rustre

on vous tends la carotte

et le piège

nous 

l’autre joue

au jeu qui rira le dernier

l’incohérence des uns

fait l’intelligence des autres

et on se met à glousser

quand l’intertexte est apôtre

#lesJuponsDuDiableRose

Les jupons du Diable Rose

Une pièce pour la visite

Acte premier

Chez Julie. Architecture de Cortone. Horloge : 19h. Meubles de chez BC Bertrand. Décor blanc, chrome et boiserie. Télévision dans chaque pièce : émission de décoration d’intérieur. À l’écran : Décor blanc, chrome et boiserie. Télévision dans chaque pièce, etc. Sourdine.

Scène une

Julie (habit de bonne, robe noire, tablier blanc, plumeau)

Lionel (soutane généralement noire, Bible habituellement biblique)

Julie (époussetant la table de la salle à manger)
Bien. (Se cure le nez. S’essuie contre son tablier, décolle la chose et se frotte les doigts pour la faire tomber sur la table et continue l’époussetage) Ben voyons, mettons nos Morts à table! Que de poussières! (Temps) Lionel!

Lionel (face à la fenêtre, un bras dans le dos, mi-Napoléon mi-Bonaparte)
Les rats sont cuits comme des flemmards dans l’eau creuse. J’entends les hiboux chanter. Est-ce déjà la saison des amours?

Julie (lovant le torse de Lionel, derrière lui)
Tu vois le cerisier qui secoue la prune, c’est aussi ça la dévotion. Un peu de faim et beaucoup de gourmandise. (En murmurant dans la nuque) À quoi bon rêver de glaces à la famille, si c’est pour coudre le feu au foutre? (Elle mets brusquement une main sur le sexe de Lionel)

Lionel (le sang à la tête)
La lune se lève. Je sens déjà les squelettes de nos invités s’approcher. Il me faut courir la soubrette. J’tiens plus. J’veux d’la chair fraîche! (Il repousse Julie)

Julie (Vexée en narguant Lionel en l’époussetant, il bat l’air comme un chat qui fait aller ses pattes contre une plume au bout d’une corde élastique, que l’on trouve chez toutes les bonnes boutiques d’animaux dans la section des accessoires pour chats)
Eh! Bonjour monsieur du Corniaud! Que vous êtes poli! Que vous me semblez gros! Sans hennir, si votre carcasse se rapporte à votre cuirasse, vous êtes au zénith des os sur ce tas! (Elle crache par terre)

Lionel (replaçant son col)
Mais quelle est cette manie d’engager des gens de maison qui datent de Mathusalem? (Julie touche à son visage cherchant les terribles marques infâmes du temps dans son reflet de la fenêtre trop occupée à méditer sur le sens caché des pièces de théâtre qui ne nous enseignent rien au sujet du vieillissement de Julie, mais qu’il faut lire à la lumière de ce que l’on sait déjà, bien qu’il pourrait être utile d’en savoir un peu plus sur le sujet… Okay, je n’ai rien à ajouter. Merci de votre attention.)

Julie (laisse tomber son plumeau les doigts tendus, écartés, figés)
Mon doux Lionel (entre les dents), fais-moi plaisir et ouvre deux boîtes de sardines pour chaque invité. (En piquant à répétition d’un doigt accusateur, ou en piquant frénétiquement d’un doigt accusateur, ou en piquant intempestivement d’un doigt accusateur) Ils ne tarderont pas à surgir intempestivement contre les carreaux. (Gifle)

Scène deux

Julie, Lionel,
Gontran (un froc de bure, deux crucifix, trois dents, quatre cheveux, cinq taches de rousseur, six verrues, sept clés, huit pièces d’or, neuf vies, dix doigts de pied, etc.)

Lionel (détroussant Gontran)
Ha! Gontran, laissez ces crucifix! Et venez me lustrer le vit. Il me faut gicler jusqu’au Ciel.

Gontran (cachant son malaise)
Julie, que vous êtes ravissante ce soir! On jurerait Audrey Hepburn dans Dallas! (embrassade, à ne pas confondre avec ambassade, ou encore Bachar à la plage ou Babar à la Sade!) Et vous, cher Lionel (ton plus grave, d’une tierce tout au plus), et vous… Oh! Mais serait-ce 20 centimes sur la moquette? (Ton de fausset, pas de castrat. Soyons réalistes!)

Julie (ébahie comme une veuve devant la saine verge)
Nous en avons de la chance! (On voit sa craque de seins)

Lionel (avec un pli coupable à la lèvre)
Môa! J’vous laisse… (se passant la langue sur les babines) J’vais donner une petite leçon de morale au fils du charpentier (sourire en coin).

Scène trois

Julie, Gontran,
Marquis de la Saute (toge blanche, sandales montantes, grappe de raisins verts, dague dans un fourreau et puis quoi d’autre encore de fourré quelque part)

Gontran (attrapant Julie par les épaules, les genoux fléchis d’excitation)
J’entends sonner! (en claquant ses mains remplies d’expectative)

Marquis de la Saute (sur un ton jovial en espérant vous instruire sur son identité)
Hé! hé! les amis! Je suis le Marquis de la Saute! Est-ce bien ici la petite sauterie existentielle? (en claquant ses mains remplies d’expectative)

Julie (faisant un pet de dessous de bras, la main coincée sous son aisselle, les spectateurs sont perplexes et doutent de notre santé mentale)
Marquis! Quel plaisir de vous avoir à dîner. Nous commencions à avoir faim depuis… (Elle insiste sur le mot “faim” langoureusement.)

Marquis (dansant le Charleston)
Ha! Chère Julie! Je me réjouis d’avance de vous retrousser les babines! Et mon ami, mon cher Gontran, avez-vous toujours cette appendice en boute-feu? (Il remue les hanches de droite à gauche.)

Gontran (ayant un air piteux)
Je ne saurais dire… c’est que depuis… depuis la mort de Grise-Mine — Grise-Mine c’est mon concombre de mer, une espèce rare, un bijou, que dis-je, c’est une péninsule, un cap! Les Holothuries (Holothuroidea) sont une classe d’animaux marin de l’embranchement des échinodermes au corps mou et oblong, et possédant un cercle de tentacules autour de la bouche. Elles sont aussi appelées Concombres de mer ou Bêches de mer (voire biche de mer par déformation en Nouvelle-Calédonie) mais également vier marin sur la côte marseillaise (du provençal viech marin, sexe marin) — depuis la mort de Grise-Mine, je nique la bonne… (il fourre son nez entre les seins de Julie) Voilà, c’est dit! (Sanglots longs des violons des Pucelles.)

Julie (tripotant la nuque de Gontran)
Ho! Ne vous en faites pas mon ami : elle nous tripote tous cette gueuse. En ce qui me concerne, je préfère le taureau du Père François.

Marquis (enjoué, oui, oui, il a arrêté de danser le Charleston depuis un temps déjà :-p 😉 😀 X-D ^_^ =^x^= )
Ça sent la poule! Julie, la porte… On sonne. (signe d’impatience)

Scène quatre, tant attendue par la critique

Julie, Gontran, Marquis de la Saute,
Isabiau (femme fatale robe-poisson rouge, nageant dans le bonheur, fume-cigarette long, 2,99 €, livraison gratuite avec achat de plus de 50,00 €, chapeau à plume, boa assorti)

Isabiau
(glissant aérienne, ondulant des hanches comme une danseuse de carnaval)
Hello. Hello. Excusez-moi, mais auriez-vous aperçu mon époux le comte Robert de Fesse Blanche? (aucune réponse, son auditoire est tout aussi subjugué que ses protagonistes, gloussement de sentiment de puissance) Puis-je danser avec vous cette gigue du cul endiablée? (friture vocale, tessiture profonde et inimitable) Je me nomme Isabiau, pucelle ou presque du comté ou presque.

Marquis (s’imaginant au lit avec Isabiau, c’est le moment critique… )
Gente demoiselle, je me dois de me montrer flatteur devant votre exquise beauté : Tu suces-tu?

Isabiau (fière, souveraine, dominante : Qui ça? Moi?)
Cette pratique me fut enseignée naguère sur la route de Damas. C’est alors que Marquis ne put cacher son érection. Julie ne se sentait plus la vedette, ainsi elle pensa : « Cette Isabiau, quelle garce, alors! » Mais l’auteur de la pièce rectifia comme suit : « Cette Isabiau, quelle petite dévergondée, alors! »

Julie (¿¡Mais c’est moi qui décide Isabiau! Depuis quand tu écris un roman dans MA pièce!?)
Oh! Vous avez donc voyagé, comtesse Isabiau! Comme c’est pratique! Il ne s’en fait plus des voyages semblables! (En espérant regagner l’attention des mâles) Marquis, Gontran… (Puis ne voulant pas faire sentir la compétition, ajouta Isabiau se prenant pour une dramaturge, du coup, tu ne comprends plus rien… ) Comtesse Isabiau… Je vous offre du Coca Light?

Tous en coeur
(comme des mômes modèles dans une pub américaine de mauvaise qualité des années 80)
Jamais! Jamais! Mais que du foutre et du bon! (sourires niais et forcés (y) )

Acte second
(NDLR : Ne pas confondre les actes et les états.)

Dans la chaumière du charpentier. Horloge : je ne sais pas. Éléments de décor supplémentaires si le metteur en scène le désire. Si tu lis, imagine des trucs, je n’ai pas que ça à faire décrire des décors!

Scène une

Lionel
Messi du jupon (déguisé en dépressif, mais le plafond ne s’en rend pas compte)

Messi aux jupons
Ô Lionel! Que vois-tu dans ton horoscope?

Lionel (Ne pensant pas à Isabiau)
Ah! mon cher enfant. Mon cher petit Jésus qu’on caresse au coin du feu. Voudrais-tu sucer une queue de cerise?

Messi SANS jupons
À l’Halloween, on peut se pendre à qui on veut. J’ai connu des sangsues qui ne te lâche pas d’une séquelle. Alors, cet horoscope, il est gentil avec toi?

Lionel (Ne pensant pas à Julie)
Vois-tu ma p’tite couille, l’avenir est le contour du Temps. (Temps) Oh! comme tes fesses sont tendres à souhait! Miam! Miam!

Mais si, Messi avec jupons!
Ô Lionel! J’irai bien à Damas avec toi, mais les poules, ça mange… comme… des hommes, comme…

Lionel (Ne pensant pas plus loin que le bout de son appendice, qu’il voudrait qu’on lise sur les lèvres)

Mon p’tit fripon, vois-tu l’échangisme est le fondement de la mondialisation. Il faut viser la jouissance globale.

Pendant ce temps là, dans les caves du Vatican, on compte des bonbons à l’eau de rose…

Okay, pourquoi pas Messi qui court après les jupons?
Ô Lionel, quand j’irai demander des friandises sur les genoux du Pape, mon bon Lionel?

Lionel (absorbé par les jupons de Messi)
Ha! mais faut être un bon suceur de cierges auparavant.

Moi, je dis Messi qui se cache dans les jupons de sa mère…
Tu vas me le montrer comme sur la route de Damas, dis Ô mon doux Lionel?

Lionel (Soucieux de se faire sucer sous sa soutane)
Tu es l’élu parmi les benêts. Voudrais-tu aller à une petite fête chez moi?

Que dis-tu de “Messi qui ne voit pas que le jupon dépasse”, dernière offre, après je me barre?
Oui, je pourrai voir les lolos de Julie. Ils sont si juteux! Ô mon tout gentil Lionel!

Lionel (Obsédé par sa petite affaire, qui grandit dans sa tête et son froc)
Bien. Monte sur mes ailes et allons faire ton éducation.

Le Messi qui laisse des jupons tout le long de ses aventures, pour garder en vue le droit chemin. Et ça, c’est romantique.
Hop! Au galop!

Acte troisième

Dans la caverne de Lionel. Un arbre habillé pour le carnaval de Rio. Des paquets de viande froide au pied du Vésuve. Un rossignol qui chantait le temps des cerises le temps de mettre l’eau à bouillir et de lire une pièce de théâtre près de l’âtre dans une pelisse douce comme sa première fois avec Rosette qui aimait les rouflaquettes et sucer les caramels au beurre chauds des petits garçons qui lui couraient après en lançant des cailloux sur les rossignols qui chantaient le temps des cerises. Dis, Isabiau? Est-ce que demain, c’est carnaval?

Scène une

Marquis, Julie, Isabiau, Gontran

 

La dinde (se secouant les plumes)
Meuh!

Julie (chevauchant le cerbère du marquis)
Ventre saint gris! Quelles belles galipettes que celles-ci!

La dinde (se secouant la tête. Et la tête!)
Meuh! Meuh!

Marquis (filmant les prouesses de Julie)
Tu es chienne! Tu es chienne! Fais-moi mal! Souris, regarde la caméra!

La chienne (qui se rince l’os, comme un rhinencéphal)
Wouf! Wouf!

Gontran
Ah! Mais que je raffole de ces mégères transgéniques!

Acte quatrième

Sur le chemin.

Et je ne sais pas moi, mon trésor, quand se passe la pièce? Et puis c’est toi l’auteur!

Scène une

Messi, Lionel

Messi
Dis, Lionel, je voudrais devenir une Rock star et finir punaisée sur les fesses des pucelles! Que de cocaïne je snifferais dans la raie des fesses!

La vache (avec la voix d’une commère qui aime les commérages)
La vache!

Messi
Dis, elle est encore loin ta crèche? Moi, j’en ai marre de marcher sur les flots du Désert.

Acte cinquième

Pendant ce temps là, la vieille Chouette s’ennuie sur un atome d’uranium. Messi et Lionel arrivent à dos de dindons à la sauterie.

Au loin, un tremblement de vers de terre…

Ah! Non, tu voulais t’immiscer dans l’écriture de la pièce : tu continues!

Chez Julie, Messi et Lionel sonnent à la porte.

Scène une

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel

Sonnette aux sornettes
Dindons! Dindons! (Temps) Dindons! Dindons! Dindons!

La dinde et les dindons (en choeur, se secouant les puces comme un cocotier)
Meuh! Meuh! Meuh!

La fenêtre
Y a rien à voir! Passez votre chemin!

Julie
Ferme-la, la fenêtre! Ho! Hé! Non mais! Eh bien! Venez faire bonne chair avec nos vieux os Lionel ne traînez pas! Bonjour Messi, tu es beau à croquer, mon petit suçon!

Scène deux

Derrière le décor un vaisseau blanc accoste, mais il a rien à voir ici bas.

Oh! L’auteur est un patriarche, on dirait!

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel,
Comte de Fesse Blanche (justaucorps blanc, maillot blanc, espadrilles blanches, bandeau blanc, bracelets blancs)

Gontran
J’ai besoin d’une moule fraîche!

Le vaisseau exhale une fumée sulfureuse qui s’échappe d’une écoutille. Un son de pression accompagne la sortie du comte de Fesse Blanche qui saute hors du vaisseau.

Isabiau (qui a pris du gras)
Buuurrrppppp!

Lionel (qui marche sur des œufs)
Faisons un bûcher pour le nouveau gland!

Isabiau (la bouche pleine)
Slurrp! Sluuurp! Slurrrrp! Buuuurppppp!

Gontran (la main à la pâte)
Vous faites des progrès chère Isabiau!

Isabiau (qui aime le gros lard)
Please Sir Gontran, just a laterine latine. Give me a break!

Julie (qui a du pain sur la planche)
Ho! Mais que voilà un doux jésus à pendre!

Messi (ça roule dans la farine)
La pendaison est facile avec tes nichons Ô douce Julie!

Marquis (sortant du cul de Lionel)
Et si on inventait un nouveau culte?

Julie (bouffant Isabiau qui fait la planche)
Ho! Ho! Oui! Oui! Oui! Mais faudra manger un goûteux.

Comte de Fesse Blanche
Salut! Peuple de la Terre! Je suis venu en paix pour vous niquer!

Lionel (qui se fait la planche)
Nous allons sacrifier de la chair fraîche qui sent le riz au lait!

Messi (qui saute sur le coq de l’âne)
Et si on allait faire une partie?

Isabiau (le cul contre la jatte de Julie)
Oui mon lapin! Viens sauter sur mes cuisses!

Acte sixième
Tous droits réservés aux adultes.

Mais soudain dans un hurlement inconcevable et incongru, nos héros et concubines se trouvèrent dans le désert de Bellezébite.

Oh! Pardon Isabiau, pardon à toute la gente féminine.

Scène une

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel, Comte de Fesse Blanche,
Bellezébite (nu comme un vers)

Bellezébite
Venez à moi petits rongeurs affamés ma bite est en flammes juste pour vos jolies quenottes!

La dinde (se secouant le bas des reins et fait coin coin)
Meuh!

Julie (pointant Bellezébite avec son plumeau, l’air vindicateur, les cheveux dans le vent)
J’ai du bon Coca Light dans mes tétons. Venez à mes mamelles mes enfants! Ne transigez pas avec ce scélérat!

Messi (qui avance vers Bellzébite, recule vers Julie puis retourne vers Bellezébite)
Flûte! Je connais pas les règles du jeu.

Julie (une coulisse rouge à l’intérieur de la cuisse)
Dieu soit troué! Mes règles reviennent!

Lionel
(un tampon hygiénique, la corde pincée entre le pouce et l’index, l’auriculaire en l’air)
J’ai ici des petits sablés qui seront succulents avec votre sang, Julie.

Gontran
Vade Méat-Cum Santa Claus!

Bellezébite (en aparté)
Heureusement que j’ai pris mon Viagra pour tenir le coup!

Le Saint Esprit (en costume de bain Speedo et en sueur)
Il fait chaud ici! Où est l’idiot du village?

Messi (dansant la danse de Saint Guy)
C’est môa! C’est môa! (À califourchon sur Bellezébite. Les flammes sortent de ses yeux.)

Isabiau (le cul sur le visage de Bellezébite)
Suce mes lolos de Sainte Vierge mon petit, mon lait est frais de ce matin!

La dinde
Jouez au bois! Résonnez musette!

Acte septième

Scène une

Julie (nuisette)

Lionel (caleçon)

Et comme une porte qui claque à la gueule. Chez Julie. Horloge : 7h. Télévision dans la chambre. À l’écran : neige. Sourdine.

Okay. Ne recommence pas.

Julie (au réveil)
Oh! Lionel! J’ai fait un drôle de rêve. Et si on faisait un enfant? On l’appellerait Messi; il serait joueur de football comme toi à Barcelone.

Deux chats à la fenêtre. Rideaux.

 

#bris

je connais à l’instant
la matière des hublots
~ éclats au sol

je rampe sur ta carlingue
et le monde mue
hors de sa peau ignoble
de slogans récupérés

les images circulent
hors de ton propos
que diront les collages aux infos

Hollywood, mon amour…

il y a un brasier
étouffant
sur le creux de ma langue
ça me brûle
de te parler
de coquille à coquille