éthique 0003 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Ces derniers temps, confinæ, j’ai participé à des cercles de parole autochtone. Il m’a semblé urgent de redéfinir certains concepts pour concilier l’anarchisme et la religion afin de réfléchir à une façon originale de réhabiliter la spiritualité dans le respect du principe d’autonomie, crucial dans ma démarche philosophique.

Je vous présente le résultat d’une réflexion qui devra être portée plus loin dans un travail ultérieur : ma troisième capsule de la rubrique ÉTHIQUE.

Bonne lecture!

ÉTHIQUE 0003 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

|LOIS ET LIBERTÉ| 1v1
Dans la foi pour le grand esprit, quoi que je fasse n’est ni légal, ni illégal : ce que je fais est juste au sens divin. Le grand esprit est partout, donc ici où que nous soyons et ailleurs où nous ne sommes pas. C’est ainsi que le grand esprit est doué d’ubiquité.

Les Faussaires prétendent que Dieu a une personnalité ; or, la personne répare une séparation des corps pour les confronter afin de faire advenir un consensus qui fonde une société, un peuple. Leur Dieu aurait des attitudes externes aux humains de sorte qu’il serait un Dieu Autoritaire.

Leur Dieu séparé des humains n’existe pas au sens de Spinoza, car dieu (je le note en minuscules et l’utilise concurremment avec le grand esprit et l’entité créatrice) n’exige rien de qui que soit : il est déjà toi, tout et quoi qui existât. C’est ainsi que sa réalité contient et dépasse la nôtre, de sorte qu’il est à la fois chaque individu derrière chaque personne, chaque chose, chaque événement du monde et l’infini.

La part informatique – que j’entends au sens du vivant – qui est donnée à l’individu est l’esprit. La part informatique qui le constitue mais dont les facultés vivantes en sont agnostiques, puisqu’elle dépasse le domaine du vivant, est à mon sens la part qui lie le corps et l’esprit de l’individu au grand esprit : l’âme.

Dans la foi Baha’i, l’âme voyage d’une station à l’autre, toutes créées par l’entité créatrice. Un travail de lecture et de parole me semble nécessaire, afin que je puisse approfondir la notion d’âme.

Le mode informatique de la substance serait la totalité de l’âme : le grand esprit.

Il serait élégant que l’âme voyage d’une station à l’autre et qu’ici dans cette station humaine, l’esprit nourrisse l’âme afin de la rendre gnostique de dieu, de l’entité créatrice, donc du grand esprit.

L’athéisme, au sens où le grand esprit est infini, est le déni de l’infinitude, dont le temps éternel est la preuve, et la fermeture de l’univers humain sur sa seule facette humaine. Or, cet univers humain est une station imbriquée dans l’infini où les frontières divines n’existeraient pas, puisque l’âme y voyagerait en cumulant l’expérience « stationelle » afin de savoir dieu. Cela pose la mémoire comme une pièce maîtresse dans le cadre conceptuel qui m’est donné de réfléchir.

Selon la subjectivité cartésienne, les choses n’existent pas exclusivement sous un classement humain, puisque ce classement est objectif. Les choses sous un classement humain sont une vision humaine conditionnée selon les propriétés que la condition humaine donne à voir à l’échelle humaine. Donc, les propriétés ne sont vraies que selon les référents humains.

La subjectivité cartésienne est immanente selon le cadre conceptuel de Spinoza. L’objectivité cartésienne est extrinsèque à l’objet et téléologique selon le cadre conceptuel de Spinoza.

La subjectivité cartésienne est l’information de la substance. L’objectivité cartésienne est l’information de ses modes.

Ainsi, les règles et les contraintes fussent-elles attribuées à la Nature ou aux Mortels sont toujours celles des humains, la substance n’a aucune attitude envers quoi que soit. Les sciences ne sont que des croyances humaines.

Est une Croyance un savoir cartésiennement objectif. Est la vérité ce que l’omniscience saurait depuis l’infini des référents (en mathématique, il y a une infinité de façons d’aborder l’infini, la vérité est une aporie sous notre condition humaine).

Nous n’avons aucun devoir envers le grand esprit. L’ingratitude est un grief que seules les choses douées d’affects humains peuvent éprouver. Les affects du grand esprit sont les affects de tous ses modes. Or, on ne peut restreindre les affects du grand esprit à celui d’un seul mode, ici, l’ingratitude selon l’humain. La prudence et la rigueur qui font l’humilité commandent de reconnaître l’ingratitude comme un affect humain selon les propriétés qui sont données à voir à l’esprit humain, donc au corps humain qui éprouve, somatise et adopte des comportements et des attitudes.

Ce qui organise le réel ne sont pas des contraintes. Ce sont des forces combinées dont celles qui font le vivant lui procurent son autonomie de sorte que le comportement animal, par exemple, fabrique de la liberté par des comportements autonomes. Il va sans dire que l’autonomie n’est pas la liberté puisque que l’autonomie est un rapport à l’environnement et que la liberté est un affect agréable qui résulte de l’exercice sans entrave de l’autonomie. Ainsi, il arrive au corps d’être libre dans des conditions particulières et il arrive que, dans d’autres conditions, il ne soit pas libre. Autant les forces liées au corps le libèrent qu’elles le contraignent. Et deux humains peuvent vivre ces forces différemment puisque leur corps est distinct dans les forces qui les font humains.

La liberté n’est vraie que pour l’humain selon la combinaison des forces qui lui donne à vivre l’affect agréable de la liberté.

Si les règles, les lois, les droits et libertés sont du ressort de l’humain. Il faut reconnaître que leur corps se distingue des autres à l’échelle humaine : il est donc crucial que ces systèmes d’organisation sociale n’entravent pas l’autonomie spirituelle, au sens du mode informatique de la substance, ou l’autonomie corporelle, au sens matériel de la substance, de sorte que l’autonomie fasse persister le corps dans l’environnement. Ainsi, pour minimiser les entraves, le consentement apparaît comme la seule modalité d’interaction humaine pour et par les humains.

Cette capsule renvoie à la rubrique CONTRAT.

Finalement, sous l’Hétéronomie et sa Culture de l’Autorité, les droits, proprement objectifs n’existent pas vraiment au sens que Descartes entend la subjectivité. Il n’y a que des lois qui organisent les privilèges marchands sous le sceau de la propriété, de la marchandise et de la romance du Mérite.

Frederick Bastiat disait il y a plus de 150 ans :
« Lorsque le détournement de fonds et le pillage deviennent des attitudes communes à un groupe d’hommes vivant au sein d’une même société, ce dernier finit par créer un système judiciaire qui autorise ses méfaits, et un code moral qui les glorifie. »

[https://clodius.blog/2020/09/08/ethique-0003-lethique-anarchiste-contre-la-culture-de-lautorite/]


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esprit 0008 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Ces derniers temps, confinæ, j’ai participé à des cercles de parole autochtone. Il m’a semblé urgent de redéfinir certains concepts pour concilier l’anarchisme et la religion afin de réfléchir à une façon originale de réhabiliter la spiritualité dans le respect du principe d’autonomie, crucial dans ma démarche philosophique.

Je vous présente le résultat d’une réflexion qui devra être portée plus loin dans un travail ultérieur : ma huitième capsule de la rubrique ESPRIT.

Bonne lecture!

esprit 0008 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|RELIAISON ET RELIGION : LA SPIRITUALITÉ AU REGARD DU MATÉRIALISME| 1v1

LE GRAND ESPRIT| La culture indigéniste ne saurait se priver de spiritualité. Afin d’affirmer la pertinence de la spiritualité dans les luttes autochtones, je trouve urgent de recadrer le concept de religion selon le critère de l’autonomie contre l’Hétéronomie, le seul critère qui me sert à juger du caractère anarchiste de tout objet politique.

À mon sens, au regard du néo-béhaviorisme et des sciences comportementales, la spiritualité serait l’usage de l’esprit, cad de l’interface informatique ancrée dans le corps, pour agir sur le réel. L’esprit est l’ensemble des informations que fabriquent les affects et les comportements en interaction avec l’information de l’environnement, les stimuli.

Tous les corps sont des candidats à la construction de sens, tous les corps procèdent par quêtes de sens pour se représenter l’environnement et agir sur lui. Tous les corps reçoivent les stimuli de l’environnement et les assimilent aux affects encodés dans leur biochimie. C’est dans « la réflexion du monde » que le corps choisis ses comportements. L’usage de cette « représentation du monde », ou de cette « mimesis », diraient les littéraires, fait de tout corps un être doté d’un esprit. C’est dans cette perspective que tout être qui évalue, réfléchit, réagit et autorégule sa réflexion dans l’autonomie est un être SPIRITUEL.

Si la spiritualité est l’usage de l’esprit pour agir sur le réel, les principes qui sous-tendent la spiritualité est une éthique qui oriente les comportements dans l’environnement. Ces comportements sont toujours portés par la matière. Les comportements sont matériels. Les principes et les concepts sont construits dans la mémoire par l’expérience matérielle du corps dans l’environnement : les comportements, les événements et leur passage symbolique dans la culture.

Ainsi, les phéromones, les hormones, les neurotransmetteurs, le système endocrinien, les organes, l’ADN etc. entretiennent un dialogue avec l’environnement. Ce dialogue entre le corps et l’environnemnt est l’esprit, cad la représentation biochimique des liens du corps avec l’environnement.

Or, dans le cadre néo-béhavioriste, le corps, c’est déjà l’environnement. C’est donc que de l’environnement émane son esprit : je pose que l’environnement baigne dans un grand esprit.

RELIAISON CONTRE RELIGION| La Religion autoritaire est la Hiérarchie selon l’expérience du sacré que la Tradition transmet selon des méthodes hétérogestionnaires. Sous l’Hétérogestion, la quête de sens n’est pas nécessairement satisfaite par le sens imposé de l’Autorité partiale. On ne peut construire réellement le juste sens du monde sous le chantage, la manipulation et la répression, des méthodes d’influence Autoritaires.

Cependant, la spritualité procède par quêtes de sens, la posture spirituelle est une recherche personnelle d’expériences sacrées. Lorsque deux esprits autonomes négocient la culture et les représentations du monde, il se crée une liaison des esprits mis en tension dans l’environnement. J’appelle cette tension des esprits « la reliaison ». Pour que la communion des esprits ait lieu, il faut que les symboles du sacré concordent. Alors, l’harmonie des esprits est scellée : l’expérience matérielle du monde se trouve en partage. La reliaison, c’est la liaison des esprits, des corps, des choses, du territoire et des événements dans le récit commun sous le sceau du consentement, de la concorde, de l’unité.

Est SACRÉ le passage de l’expérience matérielle du corps dans l’environnement dans la représentation symbolique, ou abstraite, dans l’interface spirituelle : le miroitement stimuli-affects.

Est HIÉRARCHIE le divorce de l’expérience du sacré d’avec le monde matériel. La séparation Idées-Matière est la première étape de toute Religion idéaliste. Ce qui semble « unir » ou « relier », toutefois sépare distinctement le sacré du réel, et les Initiés se distinguent des néophytes, car ils sont les dépositaires privilégiés du sacré. La Religion autoritaire crée la Hiérarchie, elle crée la Culture de l’Autorité.

Cela pose comme religion – en dépit de l’autonomie ou de son contraire, l’Hétéronomie – la culture dès lors que les corps se comportent dans une conformité de mœurs sous l’Hétéronomie, et dans la consensëualité dans l’autonomie sociale, territoriale, corporelle et réflexive (détails à venir dans la rubrique CONTRAT).

Est le Commis celui qui se prétend le seul dépositaire de l’expérience du sacré. J’entends par Commis la fonction qui rassemble toutes les postures de Soumission, celles par laquelle un corps exerce la violence volontaire renforcée sur les corps qui subissent, qui sont sous l’effet de la subission (contrat 0004).

L’expérience puissante du sacré, celle qui trouve un effet sur le réel, fait souvent l’objet d’une ritualisation, cad qu’une expérience matérielle offre un apprentissage qui sera tôt répétée pour revivre le sacré et son épiphanie pour agir sur le réel. Répéter des gestes pour obtenir ces résultats, c’est pratiquer un rituel. L’obtention d’un double résultat est l’aboutissement du rituel. L’aspect symbolique de ce résultat est la mémorisation du sens par l’épiphanie, l’aspect matériel est l’entrée du rituel scénarisé dans la mémoire procédurale, les neurotransmetteurs et le système de récompense. Ici, le système mnémonique est littéralement la table de travail ou l’usine qui fabrique de façon dynamique l’esprit, les représentations du monde qui forgent la culture, à travers de laquelle les événements à venir seront filtrés et interprétés pour construire le sens vivant du monde.

Sont des rituels autant le brossage quotidien des dents que le paiement à la caisse ou le vendredi amoureux. Le problème se trouve dans le Chantage, la Manipulation et la Coercition qui forcent la pratique du rituel en dépit du consentement. Dès lors, le rituel hétéronome est au moins un Viol politique.

La spiritualité est l’usage de l’esprit pour se représenter le réel et agir sur lui, il est émulé par l’interaction des stimuli et des affects. Stimulus et affects sont matériels. L’esprit est matériel. Je le distingue de l’âme qui est la part divine de tout esprit. Pour reprendre le concept de « mode de la substance » chez Spinoza, je pose que l’âme est un mode du grand esprit, cad l’une de ses facettes : l’âme serait la part de chaque esprit qui dans la collectivité forme avec toute chose le grand esprit.

L’ESPRIT ET LA SCIENCE| L’esprit est l’outil qui permet de se représenter le monde pour agir sur lui. L’éthique est l’ensemble des principes philosophiques qui permettent à l’esprit autonome de sélectionner ses comportmenents pour que le corps persiste le mieux possible dans l’environnement.

Dans les études comportementales, on classe les comportements selon qu’ils sont internalisés ou externalisés, cela pose le corps comme critère de classement. On classe également les comportements selon les fonctions du corps :

C’est une façon d’étudier le comportement, cad les façons du corps d’appliquer par l’action les représentations du monde qui forgent l’esprit.

La spiritualité est une démarche autonome de quête de sens. La tension autonome entre deux esprits est la reliaison, une démarche solidaire de quête de sens. La Religion autoritaire est un Ordre hétéronome. Le cadre théorique du néo-béhaviorisme et le cadre conceptuel de Spinoza, contribuent à mettre au jour des arguments pour réhabiliter la spiritualité, un concept clé pour réfléchir l’indigénisme en accord avec la philosophie anarchiste.

Il faudra distinguer de la spiritualité, le spiritisme et le spiritualisme, qui sont des cultes et des pratiques ésotériques dont je ne discuterai pas dans cette capsule, mais dans un travail ultérieur.

La Religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

[https://clodius.blog/2020/09/01/esprit-0008-la-liberte-de-conscience-contre-lendoctrinement-dans-la-culture-de-lautorite/]

Ajout – DÉFENSE 0001

EXTRAIT | L’Agression est une violence asymétrique de fait. La paix initiale est brisée par l’Agresseur. Cette violence volontaire place la personne subissionnaire en désavantage, car rien ne présage que la violence soit infligée. La paix est un œuf fragile. Il est assez facile de le briser, cependant il faut plus que de l’ouverture et des bons sentiments pour refermer l’œuf dans état de sécurité et de paix, l’humiliation foncière par l’Agression ne pourra jamais être guérie. Il va sans dire qu’aucune guérison ne peut advenir du retour de la paix, aucune blessure n’est monayable, on ne prostitue pas ses blessures en vue d’obtenir la paix, on prostitue ses blessures sous les diktats proxénètes du Capitalisme.

POUR CONNAÎTRE LA TOTALITÉ DE LA RÉÉCRITURE | https://clodius.blog/2019/11/16/defense-0001-la-posture-insurrectionnelle-ou-la-culture-de-la-defense-contre-la-culture-de-lautorite/