esprit 0007 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES TEXTES ET LA VIOLENCE| 1v2

En cette heure d’antithéisme et de spiritophobie, il m’apparaît urgent de discerner les aspects du texte et leurs relations à la violence des corps. La lecture ex situ comporte une quantité de variables qu’un esprit critique doit discerner. J’en relève quelques unes.

1- Un texte est rédigé dans une langue humaine sur un territoire donné et à une époque donnée, donc un texte transporte avec lui une culture avec des références qui lui est propre et que souvent les dérivations, les interprétations et les traductions dénaturent à travers le prisme de leur propre culture.

2- Il y a des distinctions importantes entre un texte, son message (ses intentions de communication), ses interprétations humaines, leurs doxas et les praxis qui en découlent. Il y a autant de versions d’un texte qu’il y a de moments de lecture. Il y a autant de pratiques qu’il y a de moments du quotidien en contexte à un moment de l’histoire dans des lieux donnés.

3- Avec toutes ces variables et la richesse du comportement humain, il y a autant de « religions » qu’il y a de moments vécus au jour le jour.

4- Les religions se comportent comme les sciences, les arts et les philosophies, car il y a toujours transmissions, interprétations et expérimentations, à ceci près que la religion est aussi la hiérarchie.

5- Seuls les humains ont un corps, seuls les humains agissent, seuls les humains sont capables de violence.

6- Quand un texte exerce une violence, seule la main humaine lui en a donné le pouvoir.

L’ISLAMOPHOBIE

Si tu es contre l’Islam…

1- L’Islam que tu exècres est celui du Coran que tu as lu et compris en arabe classique.

Ou

2- L’Islam que tu exècres est celui de sa Culture que tu as vécu dans un milieu musulman.

1) Rejeter une personne sur le plan idéologique me porte à croire qu’il faut distinguer deux choses :

1a) la doxa = l’idéologie, le système de croyances, la morale et le système de valeurs qui constituent les repères de la pensée et de la représentation du Monde.

Les religions abrahamiques, qui incluent nos sociétés aux morales judéo-chrétiennes, sont le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Le cœur des fondements de nos sociétés font des humainz du globe des enfants de l’Histoire. La proportion abrahamique du globe est sans contredit importante.

1b) la praxis = la façon concrète dont s’exprime l’idéologie, par le comportement, les mœurs, les attitudes, les égards, le rapport aux autres et au Monde.

Si ce que tu exècres de l’Islam est la violence d’un homme contre une femme, l’Occident et l’Extrême-Orient ne sont pas blancs comme neige, pas plus que l’Orient ou le Proche-Orient.

Depuis l’usage de la monnaie, la stratification sociale sexiste s’est globalement renforcée sur la planète. L’Homme-Guerrier-Propriétaire investit les sphères du quotidien en ponctionnant de la valeur sur les échanges. Au final, la Femme-Matrice-Monnaie-d’Échange subit toutes les violences de façon intersectionnelle, qu’elle ait un voile ou pas. La violence faite au femme est le cœur d’un gros problème, c’est l’expression primordiale du système inique qui sévit sur Terre : le Patriarcat.

Le Patriarcat marchandise et objectifie le corps des exploités, dont le bout de la chaîne jugule la femme et les personnes ayant une dimension non-masculine de la périphérie.

Il faut arrêter de délirer et ne pas amalgamer la doxa et la praxis. L’alignement entre un texte, une idéologie et des mœurs n’est pas toujours parfait, et il faut savoir à quel niveau se trouve notre aversion.

Mon point n’est pas de dire que l’Islam n’est pas patriarcale. C’est de dire qu’il faut voir la relation entre les deux…

Toutes les religions à l’exception de quelques sectes sont patriarcales. Mais l’apparition des cultes précédent les religions abrahamiques, ainsi que l’organisation patrilinéaire de la société également. Les religions ne sont pas à l’origine du Patriarcat. Les Religions, au même titre que le matriarcat ou le capitalisme, sont des vecteurs du patriarcat, les Religions ne suivent que les systèmes de croyances desquelles elles sont issues : les cultures dont la construction repose sur les quêtes de sens et sur la façon dont les puissants les instrumentalisent.

2) invalider une personne sur la base de sa culture, n’est pas du racisme à proprement parler. On est d’accord… les races n’existent pas… donc ce ne pourrait être du racisme, mais cela revient au même :

Rejeter la culture de l’Autre est raciste, car la culture est une composante d’une ethnie. Une ethnie se distingue par sa langue et par sa culture. Une ethnie, autrefois, c’était une race, mais hey, on le sait, personne n’est raciste, les races n’existent pas…

Rejeter l’Autre sur quelques aspects de sa culture est une posture Autoritaire qui repose sur l’essentialisation de l’Autre sur les aspects qu’on déteste chez quelques individus. C’est souvent aliénéz que l’on ostracise un groupe en raison du comportement de certains membres, tandis que l’on reste aveugle aux mêmes comportements chez les membres de nos groupes identitaires. C’est pourquoi l’essentialisme est du registre de la psychose, de la névrose et de la perversion narcissique.

Si tu essentialises les croyants, tu es raciste. Si tu es islamophobe, tu es raciste.

Le capitalisme a causé plus de tort à la planète que les 300 000 ans d’Histoire qui précèdent la division du travail, déjà de confiner la femme au titre de monnaie-matrice-marchandise a été au sens anarchiste la pire injustice que l’humanité ait perpétrée.

LE MARXISME ET LA POSTURE RELIGIOPHOBE

Dès lors que l’on épouse toutes les thèses d’un cadre théorique ou d’une idéologie sans porter attention aux contradictions possibles, double standards, on devient dogmatique. Épouser aveuglément un dogme est un acte de foi, c’est adhérer à une Religion.

D’un point de vue anarchiste la position de Marx quant à la Religion est hiérarchiste, en ce qu’elle est une posture, une pratique ou une idéologie stratifiante d’unz adepte de Marx selon laquelle iel peut exercer une violence Autoritaire qui se traduit par des attitudes, des égards, des paroles voire des gestes, reposant sur l’ignorance des motifs personnels du croyant à pratiquer sa confession, causant ainsi préjudice.

Touz lecteuz novice de Marx, comprendra aisément que les travaux de ce penseur visent entre autres à abolir la société de classes où les bourgeois exercent des violences Autoritaires, privilèges octroyés par l’établissement des termes, violents, qui tiennent la société hiérarchiste. Or, l’islamophobie, ou quelconque religiosisme ou religiophobie, est un calque des rapports de domination qui prévalent dans la société de classes où règnent les bourgeois. Ce qui tient lieu de classe dans un cas de domination est une confession ou une non-confession, pour l’antithéiste, dans l’autre cas.

Cependant, les rapports de domination stratifient la société de la même manière que l’on soit bourgeois ou antithéiste (marxiste anti-religieux). Le marxisme, que même Marx désavouait, est un hiérarchisme étant donné qu’il adopte une posture de domination sur les croyantz. Cela relève du dogme, de la croyance, du religieux, de spéculer sur les raisons d’épouser une confession et sur les divers modes d’expression de cette croyance.

À titre personnel, j’étudie la critique marxiste du capitalisme à travers le discours de Bernard Friot. J’espère que nous explorerons les alternatives au productivisme et que nous instituerons les termes de notre individuation – solidaire.

Enfin, si je suis contre la Religion, c’est quand un corps manipule ou exerce de la coercition de façon méritocratique pour forcer l’endoctrinement. Je ne suis pas contre les quêtes de sens autonomes pour et par lesquels on étudie les textes religieux : je suis contre la culture de l’Autorité.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0006 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES RELIGIONS ET LA LAÏCITÉ ANARCHISTE|

Selon moi, est inconnu ce qui peut être connu, car foncièrement connaissable, puisque matériel. Par contre, est irréel ce qui n’appartient pas à la matière, à sa façon immanente de se manifester : la matière, l’énergie et l’information, trois grands modes d’Être de la réalité aurait dit Spinoza, s’il avait lu Trinh Xuan Thuan, l’astrophysicien bouddhiste. Bien sûr, c’est moi qui le postule.

Les Dieux téléologiques sont des dieux transcendants, qui, prétendument hors du réel, agissent sur lui. C’est l’hétéronomie des Dieux. L’hétéronomie, c’est faire la loi au corps de l’Autre. Le dieu de Spinoza est un dieu immanent de la matière. Pour Spinoza, il y a dieu, car il y a matière. Cette matière qui nous donne corps obéit aux mêmes forces de l’univers que nous. C’est une vision autonomiste de l’Ordre divin. dieu selon Spinoza est un ensemble universel ordonné par les lois de l’univers, son expression se fait par ses modes d’Être, chaque parcelle du cosmos participe au « concert total », il s’agit de la solidarité de la matière, de ses modes d’Être. Cet ensemble est matériel, même vos idées sont possibles, grâce à la matière, cad votre corps, un mode d’Être du dieu spinoziste. dieu est autrement connu sous le nom de réalité.

Les Dieux téléologiques sont des idées, qui appartiennent à des corps qui ont suffisament de preuves pour adhérer à la croyance en ces volontés immatérielles. Si l’éthique commande de partager leur vision, ils peuvent présenter leur idée de Dieu et leurs arguments dans la mesure du consentement, dans la négociation (contrat 0001, 0002, 0003 et 0004) et dans la controverse. Si la Morale commande de convertir les autres, ils emploieront des méthodes Autoritaires comme la manipulation par la romance du Mérite (Paradis, Enfer, réincarnation) et la coercition par l’initiative de la violence volontaire, cad l’agression (Croisades) et par ses renforcements comme la répression (Inquisition), la judiciarisation (cf. éthique 0002 : marquage social et profilage ; confesse), la détention (contention des sauvageaux/sauvagesses, ou Indigènes, ou Autochtones en Nouvelle-France) et l’exclusion (excommunion).

Les Pays, les États, les Nations, les Couronnes et les Marchés, bref, les Dieux téléologiques n’existent pas. Seuls les corps et les peuples (les corps rassemblés) existent, seuls les corps et les peuples sont doués de Parole et peuvent faire société, s’organiser dans une cohabitation d’un territoire aux contours poreux et mobiles au gré de l’usage du territoire. Un pays, un état, une nation, une couronne ou un marché ne parlent pas, ce sont des constructions immatérielles, intangibles et irréelles, on ne peut agir en leur nom, ni leur prêter une voix. Il y a un terme en psychiatrie quand l’irréel agit sur le réel : c’est la psychose.

La Hiérarchie est la Religion mondiale. Ce système qui nous tue porte plusieurs noms : culture du Viol, Patriarcat, Capitalisme, Colonialisme, Féodalisme, Nazisme, bref, il s’agit toujours de l’Autorité d’Un seul contre le corps des Autres, par l’exploitation du corps dans la romance du Mérite, et la Dystopie de classes qui engage la Spirale de la violence. La création de cloisons sociales qui stratifient la société en Dystopie de classes fait par les discours haineux, cad les discours d’exclusion qui essentialisent les corps pour engager les violences systémiques et interpersonnelles qui matérialisent le système hiérarchique, la culture de l’Autorité.

Croire en l’irréel pour asséner des coups de matraques est une sociopathie, la romance de la Nation est caduque. L’irréel est impossible… les Nations et les autres Dieux sont irréels. Ce qui est réel, c’est la matraque! Ce n’est pas la Nation qui parle dans la tête d’un Policier, c’est ses affects! Les CRS en France sont de dangereux sociopathes qui tuent au nom du Dieu État.

La laïcité anarchiste n’est pas la séparation de l’Église et de l’État : c’est l’abolition de l’État et des Religions. Mais pas la prohibition des cultes autonomes, la prohibition est une posture Autoritaire. C’est anti-anarchiste.

Tous les Dieux irréels comme le Pays, l’État, la Nation, la Couronne et le Marché doivent être abolis! Ces Dieux sont dépourvus de Parole, ils ne peuvent donner d’ordre aux corps et aux peuples.

Sur une note poétique, j’ajouterai que la nature ne se plie pas aux caprices des Rois, que tous les Pharaons meurent, et que les oiseaux ne migrent pas avec des papiers, mais avec leurs ailes…

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0005 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LA SPIRITUALITÉ, LE THÉISME ET LE DÉISME EN RAPPORT À L’ANARCHISME| 1v3

Les anarcho-théismes ne sont pas religieux, ils sont spirituels. Dans chacune de ces postures spirituelles, aucune divinité n’est humaine. Ces démarches spirituelles ne reproduisent pas la société de classes, mais placent les humainz en égalz. Les anarcho-théismes réfléchissent la liberté égalitaire en regard d’un ordre divin.

On peut être

— anarcho-théiste : un seul maître ou plusieurs = un ou des dieu.x (non-humain)

  • anarcho-musulman : un seul maître = Allah, donc aucun humain
  • anarcho-chrétien : un seul maître = Dieu, donc aucun humain
  • anarcho-juif : un seul maître = Yahweh, donc aucun humain
  • anarcho-polythéiste : plusieurs maîtres = plusieurs divinités (non-humainz!)

Toutes ces postures ci-haut, place une volonté divine qui agit sur le réel, elle constitue la seule Autorité, mais ne donne lieu à AUCUNE hiérarchie humaine.

— anarcho-déiste (agnostique faible) : PEUT-ÊTRE un maître = PEUT-ÊTRE un.e dieu.déesse (non-humain.e!)

  • anarcho-polydéiste : PEUT-ÊTRE des maître.s = PEUT-ÊTRE plusieurs dieux (non-humains)

— anarcho-agnostique (agnostique fort) : ne sait pas si un ou des dieu.x existe.nt, et on vit très bien avec le doute.

Je suis spinoziste, car je n’ai pas de raison de croire en Dieu, mais dieu pourrait être la réalité, soit la matière elle-même, le cosmos lui-même, aucune volonté divine n’émane de cette réalité. Je suis anarcho-déiste.

Cela semble contradictoire pour le dogme ni Dieu, ni maître, en effet. Mais on peut être spirituelz et anarchiste en s’appropriant ce qui est en accord avec sa spiritualité dans la mesure où cela ne reproduit pas la société de classes : ministre d’un culte, fidèles et profanes.

On n’est pas obligé de tout prendre d’un texte, je prends ce qui me plaît de Spinoza ou de Marx, un texte n’est pas un dogme, seuls les Autoritaires le croient.

Ce que j’appelle l’anarchoclassisme, c’est un hiérarchisme qui consiste à reproduire la société de classes sur des bases prétendument anarchistes. (cf. Vrais anarchistes (fidèles), penseurs autorisés (ministres du culte), Maîtres à penser (saints, Dieux), martyrs, profanes et excommuniés).

Il peut y avoir des rapports non théistes ou non déistes avec l’anarchisme spirituel. Ces rapports étudient les sagesses du Monde, leurs traditions, leurs discours et leurs littératures sans adhérer à l’hypothèse divine ou à sa croyance.

À consulter : SUR L’AGNOSTICISME https://youtu.be/09Fgix9yqbk
SUR L’ANARCHISME CHRÉTIEN https://www.facebook.com/anarchismechretien/ ET https://youtu.be/oZbged7edHY
SUR L’ISLAM ET L’ANARCHISME http://www.socialisme-libertaire.fr/2017/11/islam-et-anarchisme.html
SUR LES JUIFS ET L’ANARCHISME http://www.socialisme-libertaire.fr/2017/12/questionnements-sur-juifs-et-anarchistes.html

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0004 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|NI DIEU (QUOIQUE) NI MAÎTRE : SPINOZA, L’ANARCHISME ET LE NÉO-BÉHAVIORISME| 1v2.1 Une capsule pour de la transparence idéologique

Le travail du philosophe, si ce n’est pas seulement de conceptualiser des réalités, c’est aussi de recadrer les concepts dans une pensée cohérente.

Le travail de Spinoza subvertit le concept de Dieu, en l’extirpant du domaine abstrait et immatériel par un recadrage dans la matérialité du Monde.

Pour Spinoza, dieu, c’est la matière, qu’il appelle substance, elle est organisée par les lois de l’Univers. Cette substance Est, sans exercer de force sur le Réel, puisqu’elle en est l’identique. Le dieu selon Spinoza est une entité matérielle, totale au sens cosmique.

Les Dieux téléologiques sont des créations de l’homme pour justifier un Ordre Autoritaire sacré, indépassable, indiscutable et intangible. Parfois, c’est l’État, la Couronne ou encore la main invisible du Marché. Pour Spinoza dieu, c’est la matière. La matière, c’est le réel. Par contre, pour les théocrates, les Dieux téléologiques sont en dehors du Monde et leur Autorité agit sur le réel. Les Dieux Autoritaires hétérogèrent le réel. L’État, la Couronne ou encore la main invisible du Marché seraient des entités immatérielles en dehors du Monde et leur Autorité façonnerait le réel. En dehors du réel, se trouve l’irréel. La performativité du discours Autoritaire, cad sa matérialisation, s’opère par la magie de la matraque, bref de l’obéissance des larbins et des sbires de l’Autorité – HUMAINE!

Sur une note poétique, un discours qui prétend que l’irréel agit sur le réel est aisément psychiatrisable. Je suis schizophrène, j’en sais quelque chose…

Le dieu de Spinoza n’est pas le maître du Monde. C’est le Monde lui-même dans lequel notre liberté peut agir sur la matière dans la mesure des lois qui l’organisent. À notre échelle, le Vivant est conditionné par la matière et ses possibilités, là où la magie s’opère, c’est que notre corps et ses possibilités sont en relation directe à la matière. La mesure de notre liberté est de caractère éthique : c’est notre capacité de choisir nos actions pour faire société dans un environnement à préserver.

Pour m’improviser philosophe, je postule que dans la mesure de l’égalité, l’ENVIRONNEMENT, c’est toute la matière, donc déjà nous tous, soumis aux mêmes forces qui organisent la matière, c’est en cela que nous sommes matériellement égaux, ce n’est pas au Marché et à la romance du Mérite d’en déterminer conditions, car la vie est un don inconditionnel ; dans la mesure de la liberté, le corps et ses possibilités, sont chacun.e de nous, dans notre dimension foncièrement autonome, doués de jugement à la base de nos choix de comportement, donc de nos actes, de nos Paroles et de nos consentements. Je dis foncièrement, car les interdits sociaux sont des construits, seul le consentement, au minimum préétabli explicitement et formellement, de manière directe, par toutes les parties intéressées, mesure le possible. Ici, j’invalide les Morales, les stéréotypes et la logique manichéenne, bref le classement essentialiste (catégorique et fixiste) des comportements. La mesure de l’écologie, je vous le donne en mille…

Pour finir sur une note poétique, le corps de l’Autre, c’est déjà l’environnement, ne serait-ce que pour l’embryon et le fœtus.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0003 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|MON ESPRIT| 1v2 Une capsule pour de la transparence idéologique.

Pour moi, la spiritualité est indissociable de la politique, de l’éthique et de toutes les formes de domaines du savoir qui cherchent un sens à notre existence et à ses conditions.

La spiritualité, c’est rechercher à se connaître soi-même comme un corps avec des affects et des possibilités qui donnent une assise matérielle à notre esprit. C’est la conscience de soi qui déjà nous distingue, à cette échelle, du Monde.

Nous sommes un corps partageant des communautés d’affects dans un environnement. Déjà pour cohabiter l’espace avec les autres corps affectifs, il faut une conscience sociale, une éthique qui oriente nos choix de comportements pour assurer notre bien-être avec autrui dans un environnement sain. Il en va de l’autonomie sociale, de la souveraineté du corps qui, autodéterminé, prend en charge son existence dans la mesure d’un environnement à garder sain. La défense n’est légitime qu’en cas d’agression, d’où la recherche d’ouverture d’esprit et de non jugement président à l’entraide qui matérialise la solidarité. L’éthique, c’est la conscience politique, qui aujourd’hui, dans la société stratifiée par les schèmes de violences formelles et informelles, est, à ce stade de l’histoire, la conscience de classe.

Le corps dépend d’une maison, la Terre, la biosphère où toutes les synergies façonnent notre évolution parmis d’autres espèces. Cette cohabitation écologique nous ramène à la conscience d’espèce et à l’interdépendance des Vivants. C’est la conscience écologique.

Au delà de l’habitus et du corps, se trouve l’immensité du ciel, du cosmos et des lois de l’infiniment grand, nous quittons la fenêtre du Vivant pour se rendre compte qu’une multitude de réalités nous échappent, et quand dans l’infiniment petit les chercheurs cherchent à concilier les forces qui organisent l’Univers, nous espérons que dans le continuum du Réel, nous parviendrons à briser la solitude de notre espèce narrative et à unifier le Vivant dans un sens consolant. C’est ici que doit faire écho notre spiritualité. C’est à dire que nous habitons le même cosmos du clochard et du bourgeois, quand bien même tous les hiérarchistes nous diraient le contraire. Cette spiritualité, c’est l’humilité essentielle à ce que notre esprit, notre individualité individuée, soit en paix avec le Monde.

Mais sans justice, pas de paix ; pas de guerre entre prolétaires, pas de paix entre les classes. À notre échelle sociale, se trouve l’aboutissement de notre destin d’espèce, serons-nous en guerre les uns contre les autres sur un Marché qui exploite notre narcissisme ou cohabiterons-nous le Monde, libres et égaux?

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0002 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LA QUÊTE DE SENS ET LES ACTES DE FOI| 1v2.1

Toutes les façons de réfléchir le monde sont exactement la même. Il s’agit toujours de quête de sens qui invitent l’esprit, donc la spiritualité, à se représenter les faits de la science, les concepts de la philosophie ou les affects des arts, il ne s’agit jamais que de systèmes de croyances pour se représenter le réel et agir sur lui.

LE problème, à mon avis, c’est que les humains aiment le POUVOIR!

Puisque le pouvoir est narcissique, il ignore la limite de ses actions sur le réel. Le pouvoir, tout narcissique qu’il est, empiète sur la société en la fragmentant par l’instauration violente de classes soumises à son Autorité (cf. défense 0001, esprit 0001 : violences institutionnelles, violences formelles, violences initiales et volontaires). Il fera tout hors du consentement pour coloniser du même front l’esprit et le corps dans un environnement confisqué par la propriété.

On assiste alors à l’institutionnalisation de la violence qui structure la société Autoritaire.

Cette violence ne concerne que les humains, puisque ce sont toujours eux qui l’exercent ou la subissent. Les Dieux Autoritaires ne laissent pas de preuves pour croire en eux. Ces considérations seront discutées en dépit de la question animale et des autres vivants.

LES ACTES DE FOI ENTRE SPIRITUALITÉ ET RELIGION

On peut poser un acte de foi délibéré sur la base d’indices. Par exemple, vous lisez un article sur des travaux en neurosciences. La qualité de l’exposé et de l’argumentation vous indique qu’il y a de quoi fonder une croyance sur les conclusions de l’étude. Vous faites un acte de foi délibéré, car les indices vous le permettent. Vous adhérez à une thèse ou une théorie que vous n’avez pas vous-même expérimentées, votre esprit est autonome dans sa quête de sens. Par contre, la méthodologie qui permet de trouver des indices est reproductible, cela fait la différence entre un acte de foi contraint et un acte de foi délibéré. Dans un cas, les contraintes ne sont pas souhaitables, car il s’agit de méthodes violentes, donc arbitraires, donc Autoritaires, bref coercitives exposées ci-bas. Tandis que la méthode scientifique, dans ce cas précis, est souhaitable et reproductible sans coercition.

L’usage de la coercition par la manipulation et les logiques de punition contraignent l’acte de foi. Ils s’agit de contraintes Autoritaires. Par exemple, les Morales sont des contraintes Autoritaires, elles sont au cœur de la Religion.

L’adhérant contraint et l’adhérant libre sont tous deux valides, ce qui ne l’est pas, c’est l’usage de la coercition et de la manipulation pour forcer les actes de foi, dès lors on fait la Religion contre l’esprit des autres.

Toutes les postures Autoritaires contraignent les actes de foi, il s’agit là d’une méthode qui permet l’exploitation et le profit, d’où le danger d’élire des bons Maîtres ou encore d’éterniser la Dictature du prolétariat.

Une étude neurologique sur le cerveau des singes pose un problème éthique pour l’humanité, car la reproductibilité de l’expérience ne fait pas consensus en regard de la violence faite aux animaux. À titre personnel, ce débat reste ouvert, car l’organisation de l’abondance agraire commande l’usage de la vie animale ne serait-ce que pour féconder les fleurs ou aménager des écosystèmes en sols vivants, dessus ou dessous la surface du sol, et si vous gérez une population bovine, l’équarisseur ne laissera pas pourrir leurs corps…

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0001 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LA QUÊTE DE SENS| 1v3

Je tente de distinguer la spiritualité comme « quête de sens » à la religion comme « endoctrinement » qui oppose la liberté de conscience à la manipulation et la coercition. La liberté de conscience relève de l’autonomie ; la manipulation et la coercition est une hétéronomie. Dans ce cas précis, la religion qui est une hiérarchie stratifiante manipule l’esprit pour en tirer un profit. C’est des mêmes procédés qu’a recours le capitalisme, les nationalismes ou les fascismes. Il suffit de lire Orwell ou Huxley pour saisir la similitude des méthodes Autoritaires dans les sociétés de contrôle, telles que discutées par Deleuze. Avec l’ubérisation du prolétariat nous sommes passéz des sociétés d’enfermement à ce que j’appelle les sociétés d’itinérance. Dans toutes ces sociétés, la méthode Autoritaire conditionne l’esprit à se soumettre au pouvoir de l’Autorité dans des formes d’exploitations dont le langage, une pastorale, transfigurerait la Dystopie carcérale en un soi-disant univers de liberté, d’entreprise responsable et de récompenses multiples.

À mon sens, la position éthique de l’anarchisme spirituel est de distinguer la quête de sens relevant de l’autonomie individuelle ou sociale de la manipulation et la coercition, deux formes d’hétéronomie qui forcent l’endoctrinement par un rapport de domination-soumission et des rapports de violence formelles et informelles. Au sens de la Spirale (cf défense 0001), l’endoctrinement et ses méthodes Autoritaires par tous les appareils idéologiques d’État constituent des violences spirituelles initiales volontaires qui participent de la violence institutionnelle qui aménage la culture de l’Autorité en colonisant les systèmes de croyances, cela même que Chomsky nommerait la fabrication du consentement.

Les quêtes de sens dans la mesure de la démocratie anarchiste sont valides. Parfois, la quête d’un sens concourt avec une adhésion par un acte de foi délibéré. Je n’explicite pas, ici, tous les rapports possibles entre la quête et l’adhésion, mais l’humain en question est valide malgré ses contradictions. L’humain dont la foi ne serait pas éthique au sens de l’anarchisme, c’est celui qui exploite les actes de foi des autres. C’est une attitude qui est le propre de tout Autoritarisme. Pouvons-nous alors parler de mauvaise foi?

Toutes les quêtes de sens sont valides dans la mesure où le projet de faire signifier l’expérience humaine est autonome, individuellement et socialement, c’est-à-dire dans la mesure du consentement éclairé et lucide (cf. contrat 0001, 0002, 0003) La quête de sens est spirituelle, car elle fait faire récit à la multitude des expériences humaines dans le consentement. La quête philosophique de sens fait négocier les concepts. La quête scientifique de sens fait négocier les faits. La quête artistique de sens fait négocier les affects.

Par contre, l’art contemporain tel que discuté par Annie Le Brun est un capitalisme, en ce sens, qu’il nous sidère de son gigantisme et de son hybris nihilistes en échange de monnaie à titre de propriété privée, une marchandise sous le jeu marchand des transactions. L’œuvre, ou plutôt dire l’excès de technique pour l’excès de technique, est un déchet qui à chaque débarras est un projet de création de valeur abstraite. Le déchet concret de l’œuvre n’est plus qu’une devise dont le taux de change dépend de construits sociaux, un consentement fabriqué.

Le cas de la banane collée et vendue à 120 000 $ est une subversion de la subversion contemporaine, la banane jetée aux ordures fait partie de la prestation du Rien pour le Rien, bref 120 000 $ qui ne montre que sa valeur abstraite, une création monétaire ex nihilo ou ex banana!

On a fait divorcé l’art , par la contemporanéité, cad le rapport au présent totalitaire, de sa construction de sens et de son historicisation sociale et individuelle. Le capitalisme n’est pas une quête de sens, mais plutôt un endoctrinement dans l’aliénation, autant dans la subversion de l’art, de la science et de la philosophie, donc en somme, de l’esprit comme interface informatique du corps et ses possibilités avec l’environnement.

L’aliénation est une maladie de l’esprit qui le rend étranger à son corps dans l’environnement, tant naturel que culturel, c’est une déportation spirituelle qui préside à la colonisation du corps, à sa tarification et à son commerce. C’est de cette manière que le capitalisme s’inscrit dans les névroses et les psychoses, c’est la destruction spirituelle, le viol de toute quête de sens.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.