éthique 0003 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Ces derniers temps, confinæ, j’ai participé à des cercles de parole autochtone. Il m’a semblé urgent de redéfinir certains concepts pour concilier l’anarchisme et la religion afin de réfléchir à une façon originale de réhabiliter la spiritualité dans le respect du principe d’autonomie, crucial dans ma démarche philosophique.

Je vous présente le résultat d’une réflexion qui devra être portée plus loin dans un travail ultérieur : ma troisième capsule de la rubrique ÉTHIQUE.

Bonne lecture!

ÉTHIQUE 0003 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

|LOIS ET LIBERTÉ| 1v1
Dans la foi pour le grand esprit, quoi que je fasse n’est ni légal, ni illégal : ce que je fais est juste au sens divin. Le grand esprit est partout, donc ici où que nous soyons et ailleurs où nous ne sommes pas. C’est ainsi que le grand esprit est doué d’ubiquité.

Les Faussaires prétendent que Dieu a une personnalité ; or, la personne répare une séparation des corps pour les confronter afin de faire advenir un consensus qui fonde une société, un peuple. Leur Dieu aurait des attitudes externes aux humains de sorte qu’il serait un Dieu Autoritaire.

Leur Dieu séparé des humains n’existe pas au sens de Spinoza, car dieu (je le note en minuscules et l’utilise concurremment avec le grand esprit et l’entité créatrice) n’exige rien de qui que soit : il est déjà toi, tout et quoi qui existât. C’est ainsi que sa réalité contient et dépasse la nôtre, de sorte qu’il est à la fois chaque individu derrière chaque personne, chaque chose, chaque événement du monde et l’infini.

La part informatique – que j’entends au sens du vivant – qui est donnée à l’individu est l’esprit. La part informatique qui le constitue mais dont les facultés vivantes en sont agnostiques, puisqu’elle dépasse le domaine du vivant, est à mon sens la part qui lie le corps et l’esprit de l’individu au grand esprit : l’âme.

Dans la foi Baha’i, l’âme voyage d’une station à l’autre, toutes créées par l’entité créatrice. Un travail de lecture et de parole me semble nécessaire, afin que je puisse approfondir la notion d’âme.

Le mode informatique de la substance serait la totalité de l’âme : le grand esprit.

Il serait élégant que l’âme voyage d’une station à l’autre et qu’ici dans cette station humaine, l’esprit nourrisse l’âme afin de la rendre gnostique de dieu, de l’entité créatrice, donc du grand esprit.

L’athéisme, au sens où le grand esprit est infini, est le déni de l’infinitude, dont le temps éternel est la preuve, et la fermeture de l’univers humain sur sa seule facette humaine. Or, cet univers humain est une station imbriquée dans l’infini où les frontières divines n’existeraient pas, puisque l’âme y voyagerait en cumulant l’expérience « stationelle » afin de savoir dieu. Cela pose la mémoire comme une pièce maîtresse dans le cadre conceptuel qui m’est donné de réfléchir.

Selon la subjectivité cartésienne, les choses n’existent pas exclusivement sous un classement humain, puisque ce classement est objectif. Les choses sous un classement humain sont une vision humaine conditionnée selon les propriétés que la condition humaine donne à voir à l’échelle humaine. Donc, les propriétés ne sont vraies que selon les référents humains.

La subjectivité cartésienne est immanente selon le cadre conceptuel de Spinoza. L’objectivité cartésienne est extrinsèque à l’objet et téléologique selon le cadre conceptuel de Spinoza.

La subjectivité cartésienne est l’information de la substance. L’objectivité cartésienne est l’information de ses modes.

Ainsi, les règles et les contraintes fussent-elles attribuées à la Nature ou aux Mortels sont toujours celles des humains, la substance n’a aucune attitude envers quoi que soit. Les sciences ne sont que des croyances humaines.

Est une Croyance un savoir cartésiennement objectif. Est la vérité ce que l’omniscience saurait depuis l’infini des référents (en mathématique, il y a une infinité de façons d’aborder l’infini, la vérité est une aporie sous notre condition humaine).

Nous n’avons aucun devoir envers le grand esprit. L’ingratitude est un grief que seules les choses douées d’affects humains peuvent éprouver. Les affects du grand esprit sont les affects de tous ses modes. Or, on ne peut restreindre les affects du grand esprit à celui d’un seul mode, ici, l’ingratitude selon l’humain. La prudence et la rigueur qui font l’humilité commandent de reconnaître l’ingratitude comme un affect humain selon les propriétés qui sont données à voir à l’esprit humain, donc au corps humain qui éprouve, somatise et adopte des comportements et des attitudes.

Ce qui organise le réel ne sont pas des contraintes. Ce sont des forces combinées dont celles qui font le vivant lui procurent son autonomie de sorte que le comportement animal, par exemple, fabrique de la liberté par des comportements autonomes. Il va sans dire que l’autonomie n’est pas la liberté puisque que l’autonomie est un rapport à l’environnement et que la liberté est un affect agréable qui résulte de l’exercice sans entrave de l’autonomie. Ainsi, il arrive au corps d’être libre dans des conditions particulières et il arrive que, dans d’autres conditions, il ne soit pas libre. Autant les forces liées au corps le libèrent qu’elles le contraignent. Et deux humains peuvent vivre ces forces différemment puisque leur corps est distinct dans les forces qui les font humains.

La liberté n’est vraie que pour l’humain selon la combinaison des forces qui lui donne à vivre l’affect agréable de la liberté.

Si les règles, les lois, les droits et libertés sont du ressort de l’humain. Il faut reconnaître que leur corps se distingue des autres à l’échelle humaine : il est donc crucial que ces systèmes d’organisation sociale n’entravent pas l’autonomie spirituelle, au sens du mode informatique de la substance, ou l’autonomie corporelle, au sens matériel de la substance, de sorte que l’autonomie fasse persister le corps dans l’environnement. Ainsi, pour minimiser les entraves, le consentement apparaît comme la seule modalité d’interaction humaine pour et par les humains.

Cette capsule renvoie à la rubrique CONTRAT.

Finalement, sous l’Hétéronomie et sa Culture de l’Autorité, les droits, proprement objectifs n’existent pas vraiment au sens que Descartes entend la subjectivité. Il n’y a que des lois qui organisent les privilèges marchands sous le sceau de la propriété, de la marchandise et de la romance du Mérite.

Frederick Bastiat disait il y a plus de 150 ans :
« Lorsque le détournement de fonds et le pillage deviennent des attitudes communes à un groupe d’hommes vivant au sein d’une même société, ce dernier finit par créer un système judiciaire qui autorise ses méfaits, et un code moral qui les glorifie. »

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éthique 0002 | L’éthique contre la culture de l’Autorité

ÉTHIQUE 0002 | L’ÉTHIQUE CONTRE LA CULTURE DE L’AUTORITÉ
|L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE ET L’ESSENTIALISME|1v2.1
Tandis que la Morale divise en autant de racismes et de nationalismes, seule l’éthique est capable de réfléchir la pluralité, car l’éthique accorde les affects aux stimuli du réel dans sa matérialité au lieu de spéculer sur l’objectivation des fantasmes d’un ENTRE SOI et d’un AUTRE fossilisés autour de particularités qui entretiennent les sophismes de la double faute et les fausses analogies. L’éthique cherche un NOUS.

Les moralistes veulent figer la marche du monde. Les morales sont toutes fausses, car elles se fichent du réel pour dicter un absolu, un ordre du monde fini, cad dont les limites du Bien et du Mal sont fixés dans une essence, cad une idée rigide de ce qu’un comportement ou de ce qu’un trait de l’identité dévoilent sur la prétendue définition d’un être, d’une chose, d’un lieu, d’un événement. La Morale est philosophiquement parfaite, ses limites sont définies.

L’éthique est philosophiquement imparfaite, elle se construit avec la matérialité mouvante du monde. Seule l’éthique est humainement viable, l’éthique est la recherche d’accord du corps avec les autres et l’environnement, c’est une démarche d’adaptation dans le consentement. L’éthique reconnaît les particularités des corps et des éléments qui les entourent : les êtres, les choses, les lieux, les événements.

Avant la pensée morale, la pensée idéaliste attribue une idée fixe à un objet du monde. Cette pensée prête une essence, ce procédé philosophique aboutit à l’essentialisme. L’essentialisation consiste à définir un groupe ou une classe selon les traits et les comportements de certains membres du groupe essentialisé.

L’essentialisme est le premier pas du nationalisme. Le nationalisme est le premier pas du nazisme, quand il oppose les identités pour dominer les corps. L’essentialisme amalgame les comportements de certains à la définition de tous. Cela permet de tenir un discours d’exclusion qui divise la société en classes sociales. C’est le concert du discours essentialiste avec les pratiques méritocratiques, où se mettent en jeu les sociodicées et l’Obéissance qui permettent à l’Autorité de définir les gagnants et les perdants et surtout de les marquer socialement par la qualité des privilèges marchands auxquels chaque classe a accès.

Pour accéder à la marchandise ou les privilèges de la classe, il faut détenir du crédit, ou de l’argent, dont la création repose sur un système usuraire, cad un système de crédit. Le système usuraire planche sur l’engagement du débiteur pour créer à travers le prêt de la monnaie-dette, notre modèle de création monétaire. Le débiteur, disons, souvent, le prolétaire, rembourse des intérêts liberticides à la force de son travail tout juste suffisant à lui fournir la force d’opérer les outils du patron. La force du prolétaire est tout juste ce qu’il faut pour l’enchaîner à sa caste. La dette aura un effet de marquage social. Un peu comme l’étoile jaune et les travaux forcés, le jaune de la fumette, le surpoids du fast food, les vêtements bas de gamme, sinon la contrefaçon, le smartphone obsolète ou l’écran cassé etc. marquent socialement les pauvres. Donc, l’usure extorque la force de travail de l’employé tout en le marquant socialement.

Le marquage social facilite les violences informelles qui renforcent les violence institutionnelles, cad les violences organisées par l’État et les systèmes d’Exploitation (des corps, des peuples et des territoires) qui tirent un bénéfice du Monde capitaliste. L’État donne une assise légale, à notre époque, aux Bourgeois, cad les propriétaires du Monde capitaliste, à leurs sbires et à leurs larbins tout en fabriquant une aura Morale à leurs violences grâce aux Appareils idéologiques d’État. Le marquage social facilite le profilage des milices répressives de l’État, cela préside au jugement sur les corps et à l’exécution de la violence contre eux. Le marquage social et le profilage participent de l’essentialisation des corps dans des castes bien définies du système de violences organisées afin de les exploiter, de les contrôler dans la romance du Mérite. Il faut se DÉMARQUER.

L’esprit essentialiste est une réduction des êtres, des objets, des lieux et des événements à une essence, une Vérité verrouillée, absolue. L’essentialisme fixe le Monde dans sa vision, l’empêche de suivre son libre cours. L’essentialisme classe chaque parcelle de vie selon sa grille de vérité comme si un absolu, un Dieu, l’avait pourvu d’omniscience. Fixer la vérité, c’est en quelque sorte, tuer le Monde en pleine marche. C’est vain, fat et narcissique.

La pensée essentialiste justifie l’Autorité. C’est en construisant des frontières sociales qu’on peut hiérarchiser la société. L’essentialisme social est antianarchiste. J’entends social, car les limites de cet essentialisme concerne la vie en société. Je le contraste avec les domaines du savoir qui par un souci de transmission doivent fixer les concepts et les mots à un ensemble contextuel donné : les êtres, les choses, les lieux et les événements dans la matérialité du Monde. La langue fixe pour traduire en symboles transmissibles l’expérience matérielle du monde.

L’esprit essentialiste est toujours valeureux. Les critères de l’esprit essentialiste sont toujours arbitraires, c’est en quelque sorte des généralisations fallacieuses qui procèdent à la discrimination, c’est en cela que le jugement essentialiste est Autoritaire, voire opportuniste, son discours conforte ses abus et tient les Autres pour coupables. Quand l’esprit essentialiste n’est pas sexiste, il est raciste, ou transphobe, ou islamophobe etc. L’esprit essentialiste est le candidat parfait au nationalisme qui valorise le narcissisme et mène sans ambages au nazisme. Le terrain de guerre de l’esprit essentialiste est sans contredit l’Identité, la pierre angulaire des discours identitaires et d’exclusion. Les discours identaires définissent par essentialisation un Entre soi supérieur aux autres définis par les discours – essentialisant – d’exclusion.

Les discours définissent les doxas, cad les idéologies. L’Obéissance matérialise la pratique violente des doxas d’exclusion, les discours essentialisants qui admettent les Uns aux privilèges et excluent les Autres dans les logiques Autoritaires d’oppression, d’exploitation et de paupérisation ; puis de punitions : la répression, la judiciarisation et finalement l’exclusion, et parfois elle enfonce dans la gorge le pardon, la réconciliation et la collaboration sous forme de délation ou de répression.

La logique essentialiste fixe le classement des objets du Monde avant l’existence des choses et des êtres. C’est un ordre rigide conservateur qui impose les violences institutionnalisées (hiérarchismes systémiques ou inégalités systémiques) et les racismes (hiérarchismes interpersonnels ou les inégalités personnelles) comme des fatalités commandées par un absolu indiscutable et indépassable comme les Dieux des cultes Autoritaires comme l’État, la Couronne, ou même des sottises (c’est mon jugement de valeur) comme la Tradition (mimétique) ou la Morale.

L’esprit essentialiste définit les Autres par les comportements – de certains – que sa Morale juge inférieurs pour les exclurent ou supérieurs pour les admettre. C’est le mécanisme même de la romance du Mérite. C’est par la logique de la double faute et c’est parce que l’Autre nous semble moralement inférieur par ses prétendues fautes que l’on peut l’exploiter et l’oppresser. La bête ne sait pas se gouverner…

Les nazis ont mené un discours d’exclusion jusqu’à Auschwitz. On l’appelle communément l’antisémitisme. Aucun discours d’exclusion n’est admissible ou anodin.

Je serai toujours contre l’essentialisation et contre l’exclusion! Contre les gauches et les droites identitaires, et les nationalismes renouvelés à saveur sociale…

|CONTRE L’ESSENTIALISATION DU COMMUNISME|
Je ne crois pas que les comportements de Staline, Lénine ou Mao discréditent tous les fondements communistes. Le penser est une pensée authoritative, une pensée essentialiste qui pense les objets comme des cloisons hermétiques! Seuls les Autoritaires jugent les idées selon les gens!

|CONTRE LE FÉMINISME RADICAL|
Le féminisme radical et l’essentialisme amalgame violences, hommes et transidentité au Patriarcat.

Selon Virginie Despentes, dans King Kong théorie, avant sa sortie spectaculaire d’un bal de finissants, la lutte se fera avec la collaboration des hommes, pas dans l’inversion stupide de l’oppression. Exclure les hommes, puis par la bande les transgenres, de la lutte féministe est un essentialisme qui reproduit la société de classes pour soi-disant la combattre.


Frederick Bastiat disait il y a plus de 150 ans :
« Lorsque le détournement de fonds et le pillage deviennent des attitudes communes à un groupe d’hommes vivant au sein d’une même société, ce dernier finit par créer un système judiciaire qui autorise ses méfaits, et un code moral qui les glorifie. »

[https://clodius.blog/2020/01/06/ethique-0002-lethique-contre-la-culture-de-lautorite/]

éthique 0001 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

|L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE| 1v2.1

Tous les rapports sociaux ont une base philosophique que l’on nomme éthique, c’est ce qui oriente nos choix de comportements conscients en rapport aux autres, on ne peut pas cohabiter un espace sans cette dimension politique de la vie en société.

Il faut distinguer le Spectacle : la Politique du peu ; et la politique : celle de tous. La politique du Peu nous est enfoncée dans la gorge par les exploiteurs et leurs vainqueurs de la romance du Mérite, tandis que la politique de tous organise la société par opposition à la Dystopie – dans le consentement qui fait l’autonomie et la solidarité.

Le Spectacle est une projection hétéronome. On subit la gueule ouverte le Spectacle des vainqueurs qui font des orgies ostentatoires de luxe et d’opulence. Dans la Politique des vainqueurs, les autres sont les perdants. Si on voit des vainqueurs à la télévision, on ne voit pas toujours nos Démiurges.

En revanche, la politique est l’ensemble des rapports égalitaires et autonomes dans une cohabitation solidaire, par l’entraide, du territoire sain. Hors de ces dimensions, c’est la Dystopie qui nous aliène avec le Spectacle constant du Peu qui fait bombance et nous enjoint à nous endoctriner dans la romance du Mérite en exploitant notre narcissisme. Car on le sait, nous aussi on le VAUT bien, un crédo qui pose la base affective de nos rapports marchands.

La culture du travail ou la romance du Mérite, c’est le leitmotiv de la culture de l’Autorité. Bref, techniquement, ce qui distingue la politique de tous contre la Politique du Peu, c’est l’argent, l’un organise les rapports sociaux dans la confiance et l’engagement, l’autre parasite ces deux affects par l’intermédiatisation de l’argent, qui soudainement de façon généralisée fait office de véritable contrat (anti)social, puisqu’il travestit le profit et l’exploitation en confiance et en engagement. Mais on peut dire d’emblée que l’argent est la perversion du lien social de confiance vis-à-vis de l’engagement. Le profit, qui souvent est monétisé, est un abus de confiance et l’exploitation, qui s’institue dans la rétribution, est un abus de l’engagement. C’est dire que nous n’accordons pas de confiance au travail de l’autre, mais à l’argent. On ne s’engage pas dans un travail pour l’autre, mais pour l’argent. Ces abus sont la preuve que si nous avions eu à les négocier, nous ne les aurions pas intégrés dans notre culture. Bref, la Politique du Peu est une forfaiture sans l’objet d’un moindre consentement (cf. contrat 0001, 0002, 0003) bref, il viole notre vie, un don de la nature.

La Morale est Autoritaire, mais l’éthique relève de la liberté au moindre sens et de l’égalité aussi dans son sens le plus fort. Si la « morale n’est pas fixiste », qu’elle ne fixe pas d’essence aux comportements, c’est une éthique. Si la morale est fixiste, elle fixe le Bien et le Mal comme le ferait un livre de recettes. Connaissant la variabilité des Morales à travers les lieux et les époques, on peut dire que de commander la Morale est une posture arbitraire, puisque toute Morale appartient à un groupe, à un endroit du Monde et à une époque donnée, cette Morale ne fait pas consensus à travers ces variables de l’expérience humaine. Sans consentement, c’est l’Autorité.

Il existe forcément une éthique naturelle, elle ne se négociera pas, elle sera raffinée à l’aune de notre existence. Je propose le lien biosphère-vivant. Car le corps n’existe que parce que l’environnement lui donne une vie. Le Cosmos précède le vivant. Le Monde précède l’humain. La matière précède le corps. Ce qui apparaît comme un esprit est le fruit de la matière qui prête vie à un corps en processus d’autonomisation, un candidat à l’autonomie dans un environnement donné. Votre corps vous accompagne votre vie durant, les environnements – et toutes leurs composantes – où vous vivrez changeront. Voilà la tension qui met en jeu vos affects et le Monde.

La Morale commande les comportements de façon rigide. L’éthique oriente les comportements dans une logique d’adaptation. L’éthique garde comme constante votre propre corps avec son vécu et ses affects. Les contextes où nous orientons nos comportements sont variés, autant par les personnes qui cohabitent les lieux que par ces lieux mêmes en partage et par les objets du décor. L’éthique comporte une part organisée des choix de comportements, vos valeurs, votre histoire, vos affects ; et une part improvisée, les êtres, les choses et les lieux qui diffèrent. Bref, nous sommes la constante de nos rapports aux autres par notre vécu qui se transforme avec le temps. Le langage capitaliste vous taxerait d’opportuniste, tandis que le langage anarchiste vous reconnaîtrait un sens pragmatique, or dans le renversement capitaliste du langage, les Autoritaires, en dépit du caractère arbitraire, donc non consenti, de leur pouvoir, se targuent d’être pragmatique, et les libertaires sont taxés d’opportunistes.

Le pragmatisme anarchiste, à mon sens, se fait dans la concorde, le consentement, la conscience (de classe) sociale. L’opportunisme se fiche de la réalité, c’est le credo de l’égoïsme qui préside à ce que j’appelle l’économie du vol, la propriété, la thésaurisation, l’usure et l’exploitation.

L’Autoritarisme est la subversion de la Morale, car elle ne s’applique pas à celleux qui la prêchent ; et par le fait même de l’éthique et du langage.

La méthode anarchiste, selon moi, c’est la désobéissance et l’organisation horizontale plus ou moins spontanée. Ça se fait selon une éthique du consentement qui fait l’autonomie et la solidarité pour la liberté égalitaire et écologique.

L’environnement nous prête de la matière pour exister. Nous n’avons pas choisi de vivre. Il faut en finir avec l’essentialisme et l’innéisme. Tout nous est donné, acquis. Rien n’est notre propriété par essence. À la rigueur, le corps est un bien d’emprunt, si on prévoit se reproduire, il faut savoir que l’épigénétique se chargera de transmettre l’encodage de nos affects et de nos traumatismes. Il nous appartient de prendre soin de nos corps, les uns les autres. C’est l’éthique solidaire qui nous le recommande. (La plasticité et l’évolution https://youtu.be/m6QCrrnByoM)

EXEMPLES DE PROBLÈME ÉTHIQUE EN REGARD DE L’ANARCHISME

|AVORTEMENT| La question de l’avortement pose de façon catégorique l’opposition entre le corps de l’embryon et le corps de la personne qui le porte. Regardons le cas le plus extrême : celui du viol qui provoque la fécondation.

L’éthique commande d’évaluer au regard des conditions matérielles des deux corps la situation la plus humainement acceptable : 1- la survie des deux corps, mais dans quelles conditions matérielles tangibles et au mieux solidarisées ; 2- la survie du corps porteur dans les meilleures conditions matérielles possibles? Il faudra déterminer si le fruit d’un viol sur le corps exclut tous les autres corps de la négociation des corps en jeu étant donné le caractère criminel de la cause. Cela pose le problème du rapport de l’embryon à la violence dont il est conçu. Deux violences sont en rapport, l’une commise, l’autre envisagée, quel corps fait autorité? L’embryon est-il un corps au premier gradient de l’autonomie?

Il faudra envisager la question de l’enfance politique en regard des stades et du processus d’autonomisation du corps et de ses affects. Il faut aussi considérer que la violence commise appelle à la défense, qui décide ce qui est humainement recevable en matière de défense? Est-ce qu’un corps rejeté affectivement ou matériellement bénéficie d’un destin supportable? Peut-on contrôler les destins inégaux par la naissance? Quel contrat social encadre autant d’imprévus? Peut-on s’approprier un tel contrat au bon moment de notre destin et en être maître au même titre que les corps qui nous précèdent par la naissance ou par l’autonomisation?

Le fœtus n’est pas pleinement autonome, c’est un candidat à l’autonomie des vivants, son statut légal est une question épineuse qui l’exclut par sa nature incomplète du débat. Une question éthique, toujours incomplète et dont le consensus est difficilement possible au regard des institutions qui fondent ou fonderont LA démocratie, c’est en ce sens que la politique n’est pas une science, mais un domaine du quotidien qui doit tenir compte des discours tels que les quêtes de sens comme la philosophie, les arts et la science. L’éthique anarchiste est une quête de sens dans ses pratiques, une quête d’équilibre entre la doxa et la praxis, une question tout à fait spirituelle.

|NATIONALISME| La Charte des valeurs québécoises et le test des valeurs québécoises aux candidats de l’immigration, deux projets portés par les gouvernements nationalistes péquistes et caquistes, et le fanatisme religieux reposent sur le même ordre d’idées : la Morale, du moins celle que l’on croit la seule et la vraie au sein de la Nation (québécoise ou du Moyen-Orient). En effet, dans les deux cas de figure, l’un étatique, l’autre religieux, on retrouve une instrumentalisation de la Morale pour remplir un agenda politique.

|LAÏCITÉ| La laïcité qui me semble la seule valide, est la neutralité, non pas de l’État, il faut l’abolir pour des raisons que je n’exposerai pas ici, mais la neutralité du citoyen vis-à-vis de ses concitoyens. Ceci se traduit par la non-intervention de quiconque dans la spiritualité des autres. Une intervention anti-laïque est la prescription d’ordre moral, qu’elle soit religieuse ou athée. Toute moralisation d’autrui est anti-anarchiste. La laïcité anarchiste que je considère en accord avec l’opposition aux hiérarchismes est toute simple : c’est l’amoralité des rapports formels. L’idéal libertaire!

La Morale est un code binaire pour classer les comportements. Tantôt à une géotemporalité donnée une gifle à un femme est bien, tantôt non. La Morale est un construit qui varie selon l’espace, le temps, les groupes, les individus. L’éthique viendrait en amont des comportements sociaux pour les orienter. La Morale, plus rapide, vient tant en amont qu’en aval pour produire des comportements manichéens par le chantage et la punition.

Pour m’improviser philosophe, je dirais que puisque le monde est une aporie, dans le sens qu’en conciliant tous les paradoxes, on obtient que tout est égal dans l’absolu, on ne peut pas fixer la réalité en une seule de ses facettes et la présenter comme supérieure. Dans une perspective anarchiste, l’éthique et la rencontre de son prochain passe par la non-intervention dans sa morale, mais plutôt dans une recherche d’espace où la réalité est la mise en commun des choses négociées. Seuls l’ouverture et le dialogue dans le miroitement des choses peuvent réunir. De ce principe, la recherche d’un consensus fondateur à une démocratie anarchiste (pléonasme) sera la recherche d’une rencontre d’idées entre tous les intéressés. Que le dialogue s’ouvre, qu’il soit populaire et consenti, qu’il soit volontaire et inclusif, à la mesure de chacun.e et à son rythme.

Enfin, pour délibérer, il faut être libre.

Frederick Bastiat disait il y a plus de 150 ans :

« Lorsque le détournement de fonds et le pillage deviennent des attitudes communes à un groupe d’hommes vivant au sein d’une même société, ce dernier finit par créer un système judiciaire qui autorise ses méfaits, et un code moral qui les glorifie. »