Ajout – DÉFENSE 0001

EXTRAIT | L’Agression est une violence asymétrique de fait. La paix initiale est brisée par l’Agresseur. Cette violence volontaire place la personne subissionnaire en désavantage, car rien ne présage que la violence soit infligée. La paix est un œuf fragile. Il est assez facile de le briser, cependant il faut plus que de l’ouverture et des bons sentiments pour refermer l’œuf dans état de sécurité et de paix, l’humiliation foncière par l’Agression ne pourra jamais être guérie. Il va sans dire qu’aucune guérison ne peut advenir du retour de la paix, aucune blessure n’est monayable, on ne prostitue pas ses blessures en vue d’obtenir la paix, on prostitue ses blessures sous les diktats proxénètes du Capitalisme.

POUR CONNAÎTRE LA TOTALITÉ DE LA RÉÉCRITURE | https://clodius.blog/2019/11/16/defense-0001-la-posture-insurrectionnelle-ou-la-culture-de-la-defense-contre-la-culture-de-lautorite/

culture 0001 | le sens contre l’aliénation

|L’ART ET LA SPIRITUALITÉ CONTRE L’INDUSTRIE ET SES DÉCHETS| 1v1

Selon le postulat néo-béhavioriste de la primauté de l’environnement sur les êtres et les choses, on peut dire que la production culturelle est la base de la production spirituelle, en ce sens que la culture est un patrimoine de sens sociaux qui agissent sur le patrimoine de sens personnels qui font la spiritualité autonome d’un individu. Elle éveille un rapport du corps avec le monde.

La production industrielle qui répète les sensations sans construire de sens ni rien remettre en question participe de l’aliénation. La production industrielle n’a pour but que de reproduire le capitalisme et ses rapports anti-sociaux où nous sommes assujettis aux marchandises.

Il y a quelque chose que l’art « artistique » que le mode industriel de production n’a pas. Si le mode de production ne compte pas, alors la production de n’importe quelle marchandise sérielle est une œuvre d’art. Le pire serait de porter le travail mort et le travail vivant au même niveau. Il faudrait peut-être dire que l’art industriel n’a pas le rapport vivant de rechercher une construction de sens.

En étudiant la paralittératures, on arrive à cerner les tensions dans l’art populaire. Cette production du peuple pour le peuple a rapidement été récupérée par l’industrie qui possédait les moyens techniques de mécaniser la reproduction des œuvres. Ceci dit, il y a des génies de la littérature qui sont entrés dans un mode industriel de la production de récit concernant le contenu de tels produits. Dans les paralittératures, on répète les stratégies et des mécanismes narratifs pour multiplier l’offre marchande de récits. Bien entendu, il y a du génie dans les paralittératures, ce génie est de l’ordre du commerce. Des feuilletons des Mystères de Paris, nous sommes arrivés aux séries audiovisuelles de Netflix.

Je ne crois pas que la production en série relève de la recherche de sens, bien qu’elle en restitue des conventions. La production en série relève de la recherche de profit, de sorte que le profit est le strict contraire de la spiritualité, une quête de sens originale d’un corps qui se réfléchit dans le monde. Le nœud du problème met en tension l’intention et la production, en ce sens que l’intention de vendre l’art change le produit lui-même en dépit des méthodes de production. Entre une œuvre d’art et une marchandise, la perversion tient du marché qui les distribue. Une production spirituelle devrait, à mon sens, entretenir un rapport de sens, comme toute parole publique devrait être une recherche de dialogue. Car construire du sens, c’est construire de l’ordre : la culture structure la société.

Les ventes aux enchères ou les étagères du Dollarama ne sont pas très différentes, puisqu’il s’agit de se débarrasser d’une production pour générer un profit. La vente d’œuvres n’est pas tellement différente que la vente d’une camelote, car les affects en cause sont l’avarice et l’exploitation. On produit un objet à se débarrasser sans que l’on soit peiné, sans établir de contact social, car le client reste un inconnu sur le marché qui va probablement se débarrasser lui-même de la marchandise, fût-ce aux enchères ou aux ordures.

Finalement, l’industrie produit des déchets. Une anomie spirituelle, sociale et écologique.

Le travail de la culture est de construire du sens, d’apporter un ordre qui lie le corps, l’esprit, la société et le monde dans une expérience humaine digne.

don 0005 | Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LE TEMPS DE QUALITÉ CONTRE LE TEMPS COMPTABLE ET LA NOTION D’EMPRUNT|1v2

Je tente de contraster l’économie du don et l’économie de Marché, notamment en introduisant le concept des temps de qualité, les valeurs qualitatives du temps, contre le concept de temps comptable, les valeurs quantitatives du temps dont la nature est en contradiction avec les principes de confiance et d’engagement qui lient les acteurs de l’économie du don. Enfin, j’introduis la notion d’emprunt sous un regard qualitatif.

Moyennant l’usage d’outils pour dominer, il se peut qu’un primate en frappe un autre. C’est toujours dans la rareté – les limites matérielles des ressources – qu’apparaît la domination. La sédentarisation qui d’abord s’est produite par l’agriculture puis par l’urbanisation a donné lieu aux société de diviser le travail, d’essentialiser les travailleurs en fonction des privilèges que leur activités leur octroient, créant ainsi la hiérarchie entre les individus, une stratification sociale prétendument naturelle dont les affects envers les conditions matérielles sont construits socialement et entretenus matériellement.

Même les sociétés nomades Autoritaires ont préalablement connu la hiérarchie à travers la sédentarité.

Techniquement, 20 à 30 % de la production mondiale ne se rend pas sur le marché. Il faut considérer le fait de notoriété publique que nous produisons pour nourrir 12 milliards d’humains alors que dans les faits, de façon globale, 6 milliards sur 8 sont effectivement et convenablement nourris, pas toujours les mêmes. Sans compter que jusqu’à 80% de la masse monétaire est enfouie dans les dépotoirs fiscaux, sous le couvert du secret bancaire. Cette rareté organisée me donne à penser que nous avons de bonnes raisons de croire que l’humanité est une jolie candidate à la paix dans l’abondance organisée.

Il est très raisonnable et très écologique de décroître la production et d’optimiser la production locale pour créer du temps citoyen, cad du temps d’entraide pour construire la solidarité et l’autonomie tout en gérant l’abondance hors des diktats délétères du Marché et de la globalisation autrement connue sous le nom d’impérialisme ou de colonialisme.

Les diktats du Marché « compétitif » multiplient les offres en dépit des besoins. C’est une logique retorse qui ne peut se conjuguer au don. La logique naturelle du don voudrait que le consommateur fasse appel au travail des autres. Mais dans la logique marchande, ni le besoin ni le travail n’existent au moment de conclure un marché, la spéculation fantasme sur le pari du désir à titiller chez les acheteurs inconnus qui souvent revendront les marchandises ou les services marchands en dehors de tout usage allongeant de façon indéterminée la chaîne des intermédiaires qui parasitent la production et aliènent le consommateur.

Le don fonctionne sur deux motivations : le besoin commande l’appel à la solidarité quand l’autonomie est impossible ou insuffisante, sa contrepartie est le principe de paresse par lequel le temps consacré à une activité doit être au mieux un temps de merveilleux, ou un temps dont la paresse préalable a suffisamment donné du merveilleux pour qu’un moment moins facile, qu’on appellera le temps de cauchemar, se passe dans l’entraide, le travail socialisé.

De façon détaillée, le besoin appelle l’expertise, la confiance appelle la guidance et l’autonomie appelle la solidarité. Le besoin et l’expertise, la confiance et la guidance, ainsi que l’autonomie et la solidarité revêtent une dimension affective. L’affect de confiance confie notre besoin de façon autonome à l’engagement des autres. L’engagement des autres se traduirait comme le fait que les autres s’engagent dans la guidance pour partager leur expertise de façon solidaire.

L’offre et la demande ne sont pas des logiques spéculatives utile dans une économie du don, car le besoin de solidarité et le besoin de merveilleux articulés dans le principe de paresse, au contraire, tiennent compte de la matérialité du monde qui prépare le repos par le travail et prépare le travail par le repos en multipliant le merveilleux dans le cycle autonome de la solidarité. Un affect agréable sera recherché à travers la répétition de l’entraide, si ce n’est par sa ritualisation.

Quant à la fatigue, le modèle que je propose utilise les principes de paresse et de travail conjugués aux principes de merveilleux et de cauchemar, où j’oppose au temps comptable, les temps de qualité, cad les temps dont la valeur qualitative organise de façon naturelle l’engagement et la confiance dont aucune comptabilité ne saurait rendre compte. En gros, tandis que le temps de paresse prépare le temps de travail, et vice versa, le temps de merveilleux est une recherche constante, qui rend possible le temps de travail ou même de paresse – forcée – lorsqu’ils sont cauchemardesques. Aussi le tout repose sur la solidarité matérialisée par l’entraide, dans un mode de production collectif où l’éducation populaire assure la polyvalence. La chanson dit : Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place…

La matérialité des corps qui portent les affects en jeu dans une économie du don se distingue du caractère arbitraire et idéel de l’économie de Marché où on joue les devins avec des symboles arbitraires.

LE CRÉDIT OU LA SPÉCULATION SUR L’ENGAGEMENT
Une nation qui confie sa création monétaire aux banques privées, via l’usure, cad le crédit et les intérêts, vit son présent sur la valeur du travail futur, cad un travail pour lequel aucun engagement ne se matérialise. Le crédit national reporte la charge de la consommation présente sur le dos des travailleurs à venir. Quand un pays emprunte à intérêt pour vivre, il enchaîne sa descendance aux travaux forcés, d’autant plus que la masse monétaire qui a cours est le cumul exponentiel des prêts de l’économie d’un pays, entraînant l’inflation sans que toutefois les salaires ne soient dûment indexés à la croissance. La stagnation des salaires face à l’inflation conjuguée à la monnaie-dette entraîne la paupérisation qui aménage les conditions difficiles propices à la contraction de dettes harnachant de plus en plus solidement les travailleurs de la Nation à l’esclavage. C’est l’institution de la Nation soumise aux traités internationaux qui scelle la soumission des corps et des peuples à la dictature des banques, aux monopoles du fric. Il est impératif que les corps et les peuples s’affranchissent d’une telle Dystopie et qu’ils décident en toute souveraineté du modèle économique qui les émancipera. Une économie du don, une société solidaire dans l’entraide gratuite et non payée semble l’avenue la plus réaliste (écologie 0001). Enfin, le caractère usurier de la dette force l’endoctrinement dans l’économie monétaire en dépit des affects de celleux qui s’y contraignent. Enfin, la paupérisation et la criminalisation opèrent en cercle vicieux, à renfort de toxicités, qui mène tôt ou tard à la marge, si ce n’est pas illico à la morgue.

LA NOTION D’EMPRUNT
Dans une économie du don, l’espace privé doit être aboli. Seul l’espace d’usage coupe et annihile la possibilité de thésauriser l’immobilier et le patrimoine à des fins de profit. L’espace d’usage est à l’usage de l’usager, pas à sa descendance, après la mort de l’usager ou après son départ définitif, signalé expressément, formellement et directement à une instance communautaire. L’espace d’usage est un bien d’usage que l’on emprunte au bien commun.

Si un bien n’est pas utilisé, il n’appartient à personne, il appartient au bien commun. Il y a l’usage personnel comme une assiette de spaghetti, disons (par contraste avec le bien d’usage collectif, la chaudronnée de spaghetti, disons et les ingrédients dans la cuisine collective…) l’usage quotidien ou régulier. Une brosse à dents est un bien d’usage personnel, quotidien ou régulier. Quand son usager la laisse sur son porte brosse à dents, il en est toujours l’usager exclusif.

On ne peut pas être l’usager de quoi que ce soit quand on est mort. On ne peut pas faire un usage quotidien d’une troisième villa à Saint-Tropez, non plus…

Le meilleur document qui atteste une adhésion ou un consentement en tout temps, en tout lieu, de votre vivant, à votre rythme et à votre mesure est votre esprit véhiculé dans votre corps au moment où il s’exprime expressément, formellement et directement. La procuration ou le testament se fera au regard de la collectivité où seuls les corps autonomes pourront en reconnaître la valeur. Aucun chef ne pouvant exister, aucune minorité ne pouvant se former ne pourra s’opposer au corps social uni dans le consentement exprès, formel et direct. Aucun patrimoine ne sera essentialisé à un corps. Tout bien d’usage hors de l’usage est un bien commun. Aucun profit ne peut se faire dans une économie du don, car le profit n’est possible que par l’exploitation dont les termes sont régis par les lois sur la propriété. Il n’existe aucune propriété dans une économie du don.

Par exemple, on ne peut pas dire qu’une récolte est un profit si l’on en fait usage. Il y a usage collectif et usage personnel. Ce qui est d’usage devient un bien d’usage, car il sort du bien commun. Un usage peut découler de l’emprunt. On emprunte au commun un bien d’usage temporaire qui d’une manière ou d’une autre retournera au bien commun. Un bien d’usage est foncièrement un bien d’emprunt qui retournera au bien commun, comme la poussière retournera à la poussière… en ce sens qu’on ne pourra pas privatiser les atomes de son corps, de ses déjections ou encore de ses productions de quelque nature qui soit! Tout est un emprunt à la matière! Votre bibelot ou votre tableau favoris seront vos biens d’usage au même titre votre maison ou votre vélo. L’artisanat et l’entraide veilleront à concevoir des biens d’usage qui plaisent aux usagers. Parfois, une production massive sera lancée sur la demande exprès, formelle et directe de la collectivité autonome. Le marché sera recadré en ce sens pour arrimer travail et besoins, non pas désir et exploitation.

L’emprunt n’est quantitatif que par rapport à la gestion logistique où les ressources sont gérées de façon matérielle (items, usagers, ressources produites etc.) Le volet qualitatif de l’emprunt est son caractère temporaire limité par le temps d’usage ou encore par les transformations que le bien d’usage subit selon ses caractéristiques naturelles, notamment, selon l’usure et selon la digestion…

L’économie de Marché est philosophiquement idéaliste, en ce sens qu’elle oriente sa production sur une idée : le pari sur un désir pour un objet inexistant pour lequel aucun travail n’a suscité l’engagement, c’est de la spéculation. Un marché de l’économie du don arrimera la production sur un besoin matériel réel, cad dont l’usage est commandé expressément, formellement et directement dans la mesure des conditions matérielles qui prévalent à un moment de l’histoire et en lieu donné. Si un usager autonome demande expressément, formellement et directement un bien d’usage, la collectivité en assurera ou en aura déjà assuré la production. Le bien commun restera toujours disponible pour l’artisanat et toutes les productions autonomes. L’économie du don est ainsi une économie philosophiquement matérialiste. Si un usager commande une licorne, les conditions matérielles de la biosphère à un moment de l’histoire et en un lieu donné seront de toute évidence les premières à orienter la production…

Dans ma façon de réfléchir l’économie du don, je n’emploie pas le mot recevoir. On reçoit toujours de quelqu’un des cadeaux qui sont de l’ordre du sacrifice et du mérite. J’emploie le verbe prendre, car on prend pour son usage le bien commun, naturel ou socialisé. Un bien d’usage reprend son statut de bien commun, dont l’usage est fini avant d’être donné sans contrepartie à un futur usager qui prend pour son usage le bien de l’ancien usager.

Le cas de la chemise favorite de votre oncle est techniquement un bien d’usage dont le testament prévoit votre usage. Mais théoriquement, il faut réfléchir le don comme un transfert qui reconnaît comme commun un bien que l’on peut prendre pour son usage.

Si vous garder la chemise favorite de votre oncle par amour, il y a fort à parier que la communauté entière constituée dans la solidarité affectionne votre oncle tout comme vous. L’idée d’encenser les morts est humaine, autant rendre hommage aux anciens de façon communautaire.

Je pense réfléchir théoriquement le don pour éviter la constitution de patrimoine qui matériellement crée l’inégalité selon la filiation et le nombre d’héritiers, dont le bout des branches généalogiques octroierait un monopole.

Le bien commun se réfléchit dans son usage. Si un bien transféré par le testament et la filiation n’aboutit pas à l’usage, il y a risque de profit.

Le don est inconditionnel. L’offre est optative. Le sacrifice est de l’ordre de l’imploration et du bon vouloir méritocratique de l’Autorité, ce sont les conditions du cadeau. Je pense que l’on emprunte au bien commun notre condition matérielle. Je crois qu’un corps peut prendre du bien commun ce qui sera donné sans contrepartie à un usager. Cet usager prend ou non sans obligation ni contrepartie. Il n’y a pas de dette, de sacrifice ou de Mérite, le refus n’est pas une offense. Les corps prennent du bien commun un bien d’emprunt qui sera un bien d’usage. Les corps donnent pour l’usage. Dans une économie du don, tout est commun, tout est emprunt au commun. Le don est temporaire, il se réalise dans l’usage, qui sitôt après retourne au commun – la matière ou les artefacts…

Bien entendu, il faut garder à l’esprit que Vivre est le travail du Vivant. Si le travail de Vivre est insuffisant ou cesse, c’est la maladie ou la mort. C’est pourquoi je pose le travail de Vivre comme une condition matérielle d’existence. Ce travail de Vivre est l’ensemble des comportements qui répondent aux affects induits par l’environnement en dialogue avec les affects inscrits dans le corps assurant la persistance – heureuse – du corps dans l’environnement. Parfois, la perspective de persistance malheureuse du corps pousse à l’irréparable.

Enfin, nous explorerons des solutions agraires en matière d’abondance au regard de l’écologie dans une capsule à venir.


“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”
Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

esprit 0007 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES TEXTES ET LA VIOLENCE| 1v2.1

En cette heure d’antithéisme et de spiritophobie, il m’apparaît urgent de discerner les aspects du texte et leurs relations à la violence des corps. La lecture ex situ comporte une quantité de variables qu’un esprit critique doit discerner. J’en relève quelques unes.

1- Un texte est rédigé dans une langue humaine sur un territoire donné et à une époque donnée, donc un texte transporte avec lui une culture avec des références qui lui est propre et que souvent les dérivations, les interprétations et les traductions dénaturent à travers le prisme de leur propre culture.

2- Il y a des distinctions importantes entre un texte, son message (ses intentions de communication), ses interprétations humaines, leurs doxas et les praxis qui en découlent. Il y a autant de versions d’un texte qu’il y a de moments de lecture. Il y a autant de pratiques qu’il y a de moments du quotidien en contexte à un moment de l’histoire dans des lieux donnés.

3- Avec toutes ces variables et la richesse du comportement humain, il y a autant de « religions » qu’il y a de moments vécus au jour le jour.

4- Les religions se comportent comme les sciences, les arts et les philosophies, car il y a toujours transmissions, interprétations et expérimentations, à ceci près que la religion est aussi la hiérarchie.

5- Seuls les humains ont un corps, seuls les humains agissent, seuls les humains sont capables de violence.

6- Quand un texte exerce une violence, seule la main humaine lui en a donné le pouvoir.

L’ISLAMOPHOBIE

Si tu es contre l’Islam…

1- L’Islam que tu exècres est celui du Coran que tu as lu et compris en arabe classique.

Ou

2- L’Islam que tu exècres est celui de sa Culture que tu as vécu dans un milieu musulman.

1) Rejeter une personne sur le plan idéologique me porte à croire qu’il faut distinguer deux choses :

1a) la doxa = l’idéologie, le système de croyances, la morale et le système de valeurs qui constituent les repères de la pensée et de la représentation du Monde.

Les religions abrahamiques, qui incluent nos sociétés aux morales judéo-chrétiennes, sont le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Le cœur des fondements de nos sociétés font des humainz du globe des enfants de l’Histoire. La proportion abrahamique du globe est sans contredit importante.

1b) la praxis = la façon concrète dont s’exprime l’idéologie, par le comportement, les mœurs, les attitudes, les égards, le rapport aux autres et au Monde.

Si ce que tu exècres de l’Islam est la violence d’un homme contre une femme, l’Occident et l’Extrême-Orient ne sont pas blancs comme neige, pas plus que l’Orient ou le Proche-Orient.

Depuis l’usage de la monnaie, la stratification sociale sexiste s’est globalement renforcée sur la planète. L’Homme-Guerrier-Propriétaire investit les sphères du quotidien en ponctionnant de la valeur sur les échanges. Au final, la Femme-Matrice-Monnaie-d’Échange subit toutes les violences de façon intersectionnelle, qu’elle ait un voile ou pas. La violence faite aux femmes est le cœur d’un gros problème, c’est l’expression primordiale du système inique qui sévit sur Terre : le Patriarcat.

Le Patriarcat marchandise et objectifie le corps des exploités, dont le bout de la chaîne jugule la femme et les personnes ayant une dimension non-masculine de la périphérie.

Il faut arrêter de délirer et ne pas amalgamer la doxa et la praxis. L’alignement entre un texte, une idéologie et des mœurs n’est pas toujours parfait, et il faut savoir à quel niveau se trouve notre aversion.

Mon point n’est pas de dire que l’Islam n’est pas patriarcale. C’est de dire qu’il faut voir la relation entre les deux…

Toutes les religions à l’exception de quelques sectes sont patriarcales. Mais l’apparition des cultes précédent les religions abrahamiques, ainsi que l’organisation patrilinéaire de la société également. Les religions ne sont pas à l’origine du Patriarcat. Les Religions, au même titre que le matriarcat ou le capitalisme, sont des vecteurs du patriarcat, les Religions ne suivent que les systèmes de croyances desquelles elles sont issues : les cultures dont la construction repose sur les quêtes de sens et sur la façon dont les puissants les instrumentalisent.

2) invalider une personne sur la base de sa culture, n’est pas du racisme à proprement parler. On est d’accord… les races n’existent pas… donc ce ne pourrait être du racisme, mais cela revient au même :

Rejeter la culture de l’Autre est raciste, car la culture est une composante d’une ethnie. Une ethnie se distingue par sa langue et par sa culture. Une ethnie, autrefois, c’était une race, mais hey, on le sait, personne n’est raciste, les races n’existent pas…

Rejeter l’Autre sur quelques aspects de sa culture est une posture Autoritaire qui repose sur l’essentialisation de l’Autre sur les aspects qu’on déteste chez quelques individus. C’est souvent aliénéz que l’on ostracise un groupe en raison du comportement de certains membres, tandis que l’on reste aveugle aux mêmes comportements chez les membres de nos groupes identitaires. C’est pourquoi l’essentialisme est du registre de la psychose, de la névrose et de la perversion narcissique.

Si tu essentialises les croyants, tu es raciste. Si tu es islamophobe, tu es raciste.

Le capitalisme a causé plus de tort à la planète que les 300 000 ans d’Histoire qui précèdent l’usage de la dette, déjà de confiner la femme au titre de monnaie-matrice-marchandise a été au sens anarchiste la pire injustice que l’humanité ait perpétrée.

LE MARXISME ET LA POSTURE RELIGIOPHOBE

Dès lors que l’on épouse toutes les thèses d’un cadre théorique ou d’une idéologie sans porter attention aux contradictions possibles, double standards, on devient dogmatique. Épouser aveuglément un dogme est un acte de foi, c’est adhérer à une Religion.

D’un point de vue anarchiste la position de Marx quant à la Religion est hiérarchiste, en ce qu’elle est une posture, une pratique ou une idéologie stratifiante d’unz adepte de Marx selon laquelle iel peut exercer une violence Autoritaire qui se traduit par des attitudes, des égards, des paroles voire des gestes, reposant sur l’ignorance des motifs personnels du croyant à pratiquer sa confession, causant ainsi préjudice.

Touz lecteuz novice de Marx, comprendra aisément que les travaux de ce penseur visent entre autres à abolir la société de classes où les bourgeois exercent des violences Autoritaires, privilèges octroyés par l’établissement des termes, violents, qui tiennent la société hiérarchiste. Or, l’islamophobie, ou quelconque religiosisme ou religiophobie, est un calque des rapports de domination qui prévalent dans la société de classes où règnent les bourgeois. Ce qui tient lieu de classe dans un cas de domination est une confession ou une non-confession, pour l’antithéiste, dans l’autre cas.

Cependant, les rapports de domination stratifient la société de la même manière que l’on soit bourgeois ou antithéiste (marxiste anti-religieux). Le marxisme, que même Marx désavouait, est un hiérarchisme étant donné qu’il adopte une posture de domination sur les croyantz. Cela relève du dogme, de la croyance, du religieux, de spéculer sur les raisons d’épouser une confession et sur les divers modes d’expression de cette croyance.

À titre personnel, j’étudie la critique marxiste du capitalisme à travers le discours de Bernard Friot. J’espère que nous explorerons les alternatives au productivisme et que nous instituerons les termes de notre individuation – solidaire.

Enfin, si je suis contre la Religion, c’est quand un corps manipule ou exerce de la coercition de façon méritocratique pour forcer l’endoctrinement. Je ne suis pas contre les quêtes de sens autonomes pour et par lesquels on étudie les textes religieux : je suis contre la culture de l’Autorité.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

don 0002 – ajout

LES SERVICES AUX CITOYENS
On donne du gratuit. On prend du non payé. On vend des propriétés. On les achète. Les services publiques sont gratuits, car on donne les services. Mais ils sont payés, car on les finance.

Si un service se paye, on peut tout de même le donner. Cela rend compte de l’indépendance entre les contribuables qui tantôt côtisent pour un service sans pour autant en bénéficier directement à la hauteur de leur participation. C’est de cette façon qu’on socialise la solidarité, on la rend disponible sans condition sur la cotisation.

Un service gratuit payé ne se prend pas au sens du don. On en bénéficie comme d’un profit ou d’un privilège, car il intervient quelque chose de l’ordre de l’exploitation – le travail concret salarié – ou de l’ordre du sacrifice et du mérite – que l’Autorité de l’État prend en compte à travers les institutions qui reconnaissent le statut de bénéficiaire d’un service étatisé.

La confusion entre le gratuit et le non payé exclut la gratuité des services puisqu’ils sont payés. C’est la confusion nécessaire à inculquer le sentiment de culpabilité d’avoir bénéficié d’un service gratuit. En oblitérant la gratuité, on induit le sentiment de redevance ou dette, un artefact de la propriété.

L’impôt qu’il faut maintenir est celui sur les patrimoines et les entreprises. Les services sont de moins en moins payés par l’entreprise – qui d’ailleurs ne capitalise jamais que le travail des travailleurs – donc ils sont de plus en plus payants par le travailleur dans la logique individualiste des services privés.

J’entends gratuit ce que l’on donne sans contrepartie. J’entends non payé ce que l’on prend sans contrepartie. Ce qui est gratuit peut avoir été préalablement payé dans un système monétaire. Mais cela contrevient à l’esprit du don, si je peux me permettre l’usage de cette expression en dépit des travaux de Marcel Mauss.

En effet, la contrepartie pose un ordre social où une égalité est recherchée. Cela repose sur la notion préalable de propriété dont le « don » causerait la perte qui exige une contrepartie. C’est déjà la reproduction du capitalisme.

https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite-don0002/

travail 0003 | la persistance du corps contre la culture de l’Autorité

|LE TRAVAIL ET LA DETTE|1v1

L’ALLÉGORIE DE LA SOUPE
Paul veut manger une soupe chez Julie. Pour en avoir une aujourd’hui, il doit s’engager à produire une soupe demain. C’est l’usage de la soupe d’aujourd’hui dont il n’est pas le producteur ni le propriétaire qui le force à emprunter sa soupe du jour. Mais la créancière, Julie, lui demande de lui rembourser deux soupes demain. Alors Paul s’engage à produire deux soupes pour la soupe du jour et deux soupes supplémentaires pour la soupe de demain. Si Paul représente le prolétariat, Julie représente la bourgeoisie qui détient la cuisine où sont produites les soupes. Paul est un débiteur, Julie est l’ensemble des corporations qui exploitent le travail de Paul dans ses cuisines. Il en est de même pour Roxanne, une autre prolétaire qui s’engage dans le marché du travail que représentent les cuisines de Julie. Julie devra veiller à la bonne santé de ses travailleurs, et qui sait, de leur descendance pour prospérer… elle et ses héritiers de la cuisine…

Pour équilibrer le travail en cuisine, Julie devra offrir quelques privilèges aux plus vaillants des employés et créer des postes cadres, et qui sait, donner quelques soupes aux plus méritants…

Quand vous donnez de l’argent, vous donnez une créance. Une créance engage une dette. Une dette est une reconnaissance de propriété privée. Ici, la soupe initiale produite chez Julie. La propriété, c’est le vol, ici c’est le travail concret de Paul et de Roxanne.

Quand vous donnez de l’argent, vous encouragez le VOL.

Le capitalisme n’est non seulement une économie du vol (du bien commun par la propriété) mais aussi du viol, puisque ce sont toujours nos corps qui sont exploités pour fournir du travail et consommer.

Plus un achat est coûteux au détail, plus le corps du travailleur-consommateur est exploité à travers sa production et à travers sa consommation.

Mais, du coup, que dire du discount (des petits prix)? me demanderez-vous.

Il est amorti sur les autres ventes d’une autre période, d’un autre produit, ou d’un autre détaillant. Dans la chaîne de transactions, il participe en dépit des choix individuels les plus responsables.

Il faut voir la relation entre la production et la consommation.

Un producteur de travail concret reçoit une rétribution : salaire, honoraires, cachet etc. Il redonne à l’économie la valeur abstraite que représente sa rétribution par sa consommation. Un paiement d’un consommateur est la remise en circulation de ses propres rétributions reçues. La monnaie transigée rend compte d’un travail concret. Ce travail concret reçoit une reconnaissance de dette comme rétribution. C’est du crédit ou de l’argent-dette.

Quand un détenteur de crédit rembourse ses propres dettes avec ce crédit, il rend compte de sa création concrète de valeur par le travail concret pour lequel il a obtenu ce crédit. La monnaie dette annule la créance et un équilibre entre la production du débiteur et l’émission de crédit devrait donner la valeur 0 $ dans le calcul.

L’usage de dette propulsera l’économie qui repose sur le crédit dans l’engagement des travailleurs à produire du travail concret. D’abord parce qu’une créance actuelle engage le crédit du travail concret dans l’avenir, ensuite parce qu’une créance constitue la spéculation d’une production de valeur concrète dont la valeur abstraite honore le crédit actuel. Le travail concret, c’est le travail qu’un humain effectue dans l’économie au jour le jour. La valeur de sa rétribution monétaire après la production concrète de travail correspond au travail concret effectué dans l’avenir. L’interface entre le travail d’aujourd’hui et le travail de demain est l’argent, créé par l’émission de crédit qui engage le travail futur des humains envers la richesse en circulation dans l’économie d’aujourd’hui. Payer avec cette monnaie-dette, c’est enchaîner les travailleurs au travail concret qui honorera les créances, qui font fonctionner l’économie d’aujourd’hui. Les économies mondiales d’aujourd’hui voient leurs dettes exploser par l’usure (cad le crédit et les intérêts) créant du même coup, l’asservissement des générations futures dans la production de travail concret et la dévaluation de la monnaie, une dette abondante, cad une valeur abstraite (ou symbolique du travail à venir) donc la baisse du pouvoir d’achat : l’inflation qui fait monter le prix des marchandises. On sait tous que les rétributions du peuple ne suivent pas les rétributions des hautes classes et des bourgeois… qui peu à peu colonisent les marchés où faisaient commerces les pauvres…

La seule consommation, qu’importe qu’elle soit équitable ou pas, bio ou quoi que ce soit, contribue à l’usage de dettes qui repousse toujours plus à demain la solvabilité de l’économie d’aujourd’hui. Une économie nationale normale (avant Bâle 1,2 et 3) c’est une monnaie pleine, nationale qui d’un côté injecte de la valeur abstraite dans l’économie du pays et de l’autre la régule par l’impôt, des entreprises surtout, et par les taxes et par les divers péages. Les impôts rendent compte du travail concret réel. Quand le crédit plein rencontre la fiscalité, il y a un équilibre entre la colonne des dépenses anticipées de l’État et le travail effectué de la population. On peut dire que l’État a bien planifié son budget et le travail des travailleurs de son pays. C’est quand l’intérêt privé qui ne rend plus compte de rien sinon de la spéculation entre en jeu avec la privatisation des dettes publiques mondiales en 1973 que les dettes s’emballent et que le pouvoir d’achat des travailleurs péréclite. Plus de dettes, moins de salaire, plus d’impôts sur les travailleurs, moins d’impôts aux entreprises et secret bancaire sur les fortunes de l’évasion fiscale, voilà le fardeau de l’économie financiarisée sur la population qui travaille concrètement.

L’explosion de la dette et la stagnation des salaires ne peuvent plus s’équilibrer par le système de taxes et d’impôts. Non seulement les impôts sont trop lourds pour les travailleurs seuls avec la dette, mais ils sont insuffisants pour suivre l’explosion de la dette, dont la rhétorique sert à saboter les services publiques de moins en moins gratuits, donc de plus en plus en payants.

Enfin, avec la financiarisation des économies nationales, on a laissé le grand casino gérer notre table. De la folie au profit des grands joueurs.

L’économie monétaire, qu’elle soit pour des armes ou des semences, elle utilise de la dette, le travail à venir des travailleurs enchaînés au capitalisme. En gros, dépenser aujourd’hui, c’est exploiter demain. Je trouve ça inadmissible peu importe la qualité des marchandises.

Il y a plein de domaines où on peut éviter l’usage d’argent. C’est généraliser cet esprit, celui du gratuit(donné) et du non-payé(pris) qui m’importe le plus. Plusieurs façons de prendre sans payer existent, elles sont soit légales ou illégales. C’est une question d’audace et surtout de solidarité. La solidarité fera fléchir beaucoup de gens à la faveur d’un système de dons. Bien sûr, la solidarité étatisée est gratuite (et de plus en plus maigre) mais elle est payée (de plus en plus par les travailleurs seuls). C’est la logique individualiste de la privatisation des risques invididuels et la socialisation des risques et des profits corporatifs. Le retrait de l’impôt sur les grandes fortunes (qui capitalisent le travail concret des travailleurs!) est un exemple fulgurant. Et que dire du frère Olivier Sarkozy qui va vendre aux Français une assurance retraite (retraite privée). Au Canada, nous avons déjà le REER et les CELI qui privent l’économie de revenus par l’impôt, à cause de l’épargne et qui désolidarisent les travailleurs au profit des gros salaires. Une folie des gouvernements néolibéraux canadiens qui mettent entre les mains des banques l’épargne des travailleurs qui tentent de s’organiser une retraite décente.

En somme, plus on achète, plus ils exploitent. Plus on paie cher, plus on est exploités. En revanche, moins on paie cher, plus « les travailleurs du tiers-monde » sont exploités. La délocalisation aura pour effet magique d’exploiter au moins deux peuples avec une marchandise. La globalisation aura pour effet d’opposer les travailleurs du monde dans une logique de compétition où la demande de salaire augmente et le pouvoir d’achat baisse, où se raréfient le Salaire et les Emplois, par l’intermédiatisation du Marché mondial, tout en tirant vers le bas les conditions de travail et le pouvoir d’achat entraînant toujours plus de surtravail pour consommer et pour rester compétitif.

Le pari de l’économie du don sera de défaire la dépendance au salaire, dont la dépendance à l’Emploi devra être défaite dans un premier temps par le salaire inconditionnel d’une économie mutualisée, tout ceci reconnaît que Vivre en harmonie avec les Vivants dans l’environnement est déjà une production de valeur en soi au sens de la biosphère : faire persister la Vie est LE travail inhérent au Vivant.

SCIENCE FICTION DE L’ÉPIGÉNÉTIQUE
L’usage d’outils est le résultat de l’évolution. La domestication peut transformer le génôme. Le génôme des animaux domestiques après près de 30 000 ans les rend mésadaptés à la vie sauvage. L’argent existe depuis 5000 ans ou plus. Nous sommes en train de muter par l’épigénèse. Nous allons devenir probablement incapables de survivre sans la civilisation (Babylone) si notre génôme nous condamne à l’argent. C’est une hypothèse. Mais la domestication est le résultat de la centralisation des activités de notre espèce, on retrouve ces comportements chez les fourmis, elles aussi centralisées avec une division du travail, seulement cette division du travail est conditionnée par le régime alimentaire de la larve selon les besoins de la colonie. Pour l’humain, la domestication et la division du travail est fortement ou uniquement conditionnée par les patrimoines formels et informels acquis par la naissance dans une classe sociale, dans une société donnée, à une époque donnée et à un endroit donné.

Paul Lafargue écrivait en 1883 dans Le droit à paresse ces sages paroles :

« O idiots! c’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe lentement. »

esprit 0006 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES RELIGIONS ET LA LAÏCITÉ ANARCHISTE|

Selon moi, est inconnu ce qui peut être connu, car foncièrement connaissable, puisque matériel. Par contre, est irréel ce qui n’appartient pas à la matière, à sa façon immanente de se manifester : la matière, l’énergie et l’information, trois grands modes d’Être de la réalité aurait dit Spinoza, s’il avait lu Trinh Xuan Thuan, l’astrophysicien bouddhiste. Bien sûr, c’est moi qui le postule.

Les Dieux téléologiques sont des dieux transcendants, qui, prétendument hors du réel, agissent sur lui. C’est l’hétéronomie des Dieux. L’hétéronomie, c’est faire la loi au corps de l’Autre. Le dieu de Spinoza est un dieu immanent de la matière. Pour Spinoza, il y a dieu, car il y a matière. Cette matière qui nous donne corps obéit aux mêmes forces de l’univers que nous. C’est une vision autonomiste de l’Ordre divin. dieu selon Spinoza est un ensemble universel ordonné par les lois de l’univers, son expression se fait par ses modes d’Être, chaque parcelle du cosmos participe au « concert total », il s’agit de la solidarité de la matière, de ses modes d’Être. Cet ensemble est matériel, même vos idées sont possibles, grâce à la matière, cad votre corps, un mode d’Être du dieu spinoziste. dieu est autrement connu sous le nom de réalité.

Les Dieux téléologiques sont des idées, qui appartiennent à des corps qui ont suffisament de preuves pour adhérer à la croyance en ces volontés immatérielles. Si l’éthique commande de partager leur vision, ils peuvent présenter leur idée de Dieu et leurs arguments dans la mesure du consentement, dans la négociation (contrat 0001, 0002, 0003 et 0004) et dans la controverse. Si la Morale commande de convertir les autres, ils emploieront des méthodes Autoritaires comme la manipulation par la romance du Mérite (Paradis, Enfer, réincarnation) et la coercition par l’initiative de la violence volontaire, cad l’agression (Croisades) et par ses renforcements comme la répression (Inquisition), la judiciarisation (cf. éthique 0002 : marquage social et profilage ; confesse), la détention (contention des sauvageaux/sauvagesses, ou Indigènes, ou Autochtones en Nouvelle-France) et l’exclusion (excommunion).

Les Pays, les États, les Nations, les Couronnes et les Marchés, bref, les Dieux téléologiques n’existent pas. Seuls les corps et les peuples (les corps rassemblés) existent, seuls les corps et les peuples sont doués de Parole et peuvent faire société, s’organiser dans une cohabitation d’un territoire aux contours poreux et mobiles au gré de l’usage du territoire. Un pays, un état, une nation, une couronne ou un marché ne parlent pas, ce sont des constructions immatérielles, intangibles et irréelles, on ne peut agir en leur nom, ni leur prêter une voix. Il y a un terme en psychiatrie quand l’irréel agit sur le réel : c’est la psychose.

La Hiérarchie est la Religion mondiale. Ce système qui nous tue porte plusieurs noms : culture du Viol, Patriarcat, Capitalisme, Colonialisme, Féodalisme, Nazisme, bref, il s’agit toujours de l’Autorité d’Un seul contre le corps des Autres, par l’exploitation du corps dans la romance du Mérite, et la Dystopie de classes qui engage la Spirale de la violence. La création de cloisons sociales qui stratifient la société en Dystopie de classes fait par les discours haineux, cad les discours d’exclusion qui essentialisent les corps pour engager les violences systémiques et interpersonnelles qui matérialisent le système hiérarchique, la culture de l’Autorité.

Croire en l’irréel pour asséner des coups de matraques est une sociopathie, la romance de la Nation est caduque. L’irréel est impossible… les Nations et les autres Dieux sont irréels. Ce qui est réel, c’est la matraque! Ce n’est pas la Nation qui parle dans la tête d’un Policier, c’est ses affects! Les CRS en France sont de dangereux sociopathes qui tuent au nom du Dieu État.

La laïcité anarchiste n’est pas la séparation de l’Église et de l’État : c’est l’abolition de l’État et des Religions. Mais pas la prohibition des cultes autonomes, la prohibition est une posture Autoritaire. C’est anti-anarchiste.

Tous les Dieux irréels comme le Pays, l’État, la Nation, la Couronne et le Marché doivent être abolis! Ces Dieux sont dépourvus de Parole, ils ne peuvent donner d’ordre aux corps et aux peuples.

Sur une note poétique, j’ajouterai que la nature ne se plie pas aux caprices des Rois, que tous les Pharaons meurent, et que les oiseaux ne migrent pas avec des papiers, mais avec leurs ailes…

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.