tableau de la foi


discussion pour la rubrique ESPRIT – Croyez-vous en l’argent? Croyez-vous aux mathématiques théoriques? Croyez-vous en votre grand-père plus qu’au président de la France? Savoir n’existe pas à l’échelle humaine, on ne fait jamais que croire savoir dans la cadre matériel de la genèse de la conscience. – tableau de la foi selon les connaissances, ceci dit, je suis spinoziste, animiste et déiste

travail 0004 | La persistance du corps contre la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES
Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur·rices sont appelé·e·s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Durant la saison des Fêtes, nous sommes conviæs à donner des denrées ou des sous aux plus démunis. J’encourage grandement les gens à donner de leur force de travail à des causes caritatives en première ligne avec les bénéficiaires. Le bénévolat et le militantisme sont de vraies formes de travail. La philanthropie, non.

Je vous présente la quatrième capsule de la rubrique TRAVAIL, dans sa troisième version.

Bonne lecture!

|REMARQUES SUR LA PHILANTHROPIE| 1v3

La philanthropie, ça n’existe pas. L’argent n’est jamais la propriété de qui que ce soit. C’est toujours une abstraction du travail concret du corps des exploités. L’argent est un symbole tiré d’une évaluation de la valeur du travail d’un corps dans les modes de production capitalistes. Ce que contient toute monnaie est le monnayage du corps des exploités.

C’est sur le travail des pauvres qu’est spéculé la valeur de l’argent. La valeur de l’argent est validé par le travail des pauvres. L’argent est toujours l’exploitation des pauvres. L’argent est toujours sale.

« Donner » de l’argent, c’est donner à bouffer la chair des pauvres. « Donner » par le mode de la philanthropie, c’est « donner » la chair des pauvres aux pauvres.

La philanthropie n’est pas « bien ». Un voleur qui rend les os de poulet, ce n’est pas « bien », rien de « bien » n’est la conséquence d’un crime. Les bourgeois ne font que tirer du profit du travail des exploités. On dépouille les bourgeois et on s’organise entre pauvres.

La philanthropie n’est ni un héritage, ni une aumône, ni un salaire, encore moins un travail et surtout pas un cadeau! Ça ne produit aucune valeur, ça restitue au peuple ce qui lui a été extorqué.

Donner des cours gratuits est possible quand tes besoins matériels sont comblés. Il ne s’agit pas de philanthropie au sens de Friot, mais de travail, car tu produis de la valeur en vivant. À mon sens, tant que la vie est maintenue, il y a production de valeur. Au delà de nos propres corps, cette production repose sur la reproduction, physique ou culturelle.

Sous le capitalisme, le fait de pouvoir enseigner « gratuitement » n’est possible seulement quand on bénéficie d’un salaire, ne serait-ce que celui de ses parents ou de ses mécènes etc. si ce n’est pas un salaire versé par l’État ou l’Entreprise. Ce que l’on partage d’un salaire, ce n’est pas de la philanthropie, c’est le produit socialisé d’un travail. Les Bourgeois ne touchent pas de salaire au prix de leur force de travail, ils capitalisent le fruit du travail des autres. Ce que dépense un Bourgeois est « au compte approchant » un BUTIN.

À mon sens, la philanthropie est un privilège pour les Bourgeois, qui leur octroie une aura de bienfaiteurs. C’est, à mon sens, la sacralisation des os de poulet.

Paul Lafargue écrivait en 1883 dans Le droit à paresse ces sages paroles :

« O idiots! c’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe lentement. »

[https://clodius.blog/2020/12/29/travail-0004-la-persistance-du-corps-contre-la-culture-de-lautorite/]

esprit 0008 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Ces derniers temps, confinæ, j’ai participé à des cercles de parole autochtone. Il m’a semblé urgent de redéfinir certains concepts pour concilier l’anarchisme et la religion afin de réfléchir à une façon originale de réhabiliter la spiritualité dans le respect du principe d’autonomie, crucial dans ma démarche philosophique.

Je vous présente le résultat d’une réflexion qui devra être portée plus loin dans un travail ultérieur : ma huitième capsule de la rubrique ESPRIT.

Bonne lecture!

esprit 0008 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|RELIAISON ET RELIGION : LA SPIRITUALITÉ AU REGARD DU MATÉRIALISME| 1v1

LE GRAND ESPRIT| La culture indigéniste ne saurait se priver de spiritualité. Afin d’affirmer la pertinence de la spiritualité dans les luttes autochtones, je trouve urgent de recadrer le concept de religion selon le critère de l’autonomie contre l’Hétéronomie, le seul critère qui me sert à juger du caractère anarchiste de tout objet politique.

À mon sens, au regard du néo-béhaviorisme et des sciences comportementales, la spiritualité serait l’usage de l’esprit, cad de l’interface informatique ancrée dans le corps, pour agir sur le réel. L’esprit est l’ensemble des informations que fabriquent les affects et les comportements en interaction avec l’information de l’environnement, les stimuli.

Tous les corps sont des candidats à la construction de sens, tous les corps procèdent par quêtes de sens pour se représenter l’environnement et agir sur lui. Tous les corps reçoivent les stimuli de l’environnement et les assimilent aux affects encodés dans leur biochimie. C’est dans « la réflexion du monde » que le corps choisis ses comportements. L’usage de cette « représentation du monde », ou de cette « mimesis », diraient les littéraires, fait de tout corps un être doté d’un esprit. C’est dans cette perspective que tout être qui évalue, réfléchit, réagit et autorégule sa réflexion dans l’autonomie est un être SPIRITUEL.

Si la spiritualité est l’usage de l’esprit pour agir sur le réel, les principes qui sous-tendent la spiritualité est une éthique qui oriente les comportements dans l’environnement. Ces comportements sont toujours portés par la matière. Les comportements sont matériels. Les principes et les concepts sont construits dans la mémoire par l’expérience matérielle du corps dans l’environnement : les comportements, les événements et leur passage symbolique dans la culture.

Ainsi, les phéromones, les hormones, les neurotransmetteurs, le système endocrinien, les organes, l’ADN etc. entretiennent un dialogue avec l’environnement. Ce dialogue entre le corps et l’environnemnt est l’esprit, cad la représentation biochimique des liens du corps avec l’environnement.

Or, dans le cadre néo-béhavioriste, le corps, c’est déjà l’environnement. C’est donc que de l’environnement émane son esprit : je pose que l’environnement baigne dans un grand esprit.

RELIAISON CONTRE RELIGION| La Religion autoritaire est la Hiérarchie selon l’expérience du sacré que la Tradition transmet selon des méthodes hétérogestionnaires. Sous l’Hétérogestion, la quête de sens n’est pas nécessairement satisfaite par le sens imposé de l’Autorité partiale. On ne peut construire réellement le juste sens du monde sous le chantage, la manipulation et la répression, des méthodes d’influence Autoritaires.

Cependant, la spritualité procède par quêtes de sens, la posture spirituelle est une recherche personnelle d’expériences sacrées. Lorsque deux esprits autonomes négocient la culture et les représentations du monde, il se crée une liaison des esprits mis en tension dans l’environnement. J’appelle cette tension des esprits « la reliaison ». Pour que la communion des esprits ait lieu, il faut que les symboles du sacré concordent. Alors, l’harmonie des esprits est scellée : l’expérience matérielle du monde se trouve en partage. La reliaison, c’est la liaison des esprits, des corps, des choses, du territoire et des événements dans le récit commun sous le sceau du consentement, de la concorde, de l’unité.

Est SACRÉ le passage de l’expérience matérielle du corps dans l’environnement dans la représentation symbolique, ou abstraite, dans l’interface spirituelle : le miroitement stimuli-affects.

Est HIÉRARCHIE le divorce de l’expérience du sacré d’avec le monde matériel. La séparation Idées-Matière est la première étape de toute Religion idéaliste. Ce qui semble « unir » ou « relier », toutefois sépare distinctement le sacré du réel, et les Initiés se distinguent des néophytes, car ils sont les dépositaires privilégiés du sacré. La Religion autoritaire crée la Hiérarchie, elle crée la Culture de l’Autorité.

Cela pose comme religion – en dépit de l’autonomie ou de son contraire, l’Hétéronomie – la culture dès lors que les corps se comportent dans une conformité de mœurs sous l’Hétéronomie, et dans la consensëualité dans l’autonomie sociale, territoriale, corporelle et réflexive (détails à venir dans la rubrique CONTRAT).

Est le Commis celui qui se prétend le seul dépositaire de l’expérience du sacré. J’entends par Commis la fonction qui rassemble toutes les postures de Soumission, celles par laquelle un corps exerce la violence volontaire renforcée sur les corps qui subissent, qui sont sous l’effet de la subission (contrat 0004).

L’expérience puissante du sacré, celle qui trouve un effet sur le réel, fait souvent l’objet d’une ritualisation, cad qu’une expérience matérielle offre un apprentissage qui sera tôt répétée pour revivre le sacré et son épiphanie pour agir sur le réel. Répéter des gestes pour obtenir ces résultats, c’est pratiquer un rituel. L’obtention d’un double résultat est l’aboutissement du rituel. L’aspect symbolique de ce résultat est la mémorisation du sens par l’épiphanie, l’aspect matériel est l’entrée du rituel scénarisé dans la mémoire procédurale, les neurotransmetteurs et le système de récompense. Ici, le système mnémonique est littéralement la table de travail ou l’usine qui fabrique de façon dynamique l’esprit, les représentations du monde qui forgent la culture, à travers de laquelle les événements à venir seront filtrés et interprétés pour construire le sens vivant du monde.

Sont des rituels autant le brossage quotidien des dents que le paiement à la caisse ou le vendredi amoureux. Le problème se trouve dans le Chantage, la Manipulation et la Coercition qui forcent la pratique du rituel en dépit du consentement. Dès lors, le rituel hétéronome est au moins un Viol politique.

La spiritualité est l’usage de l’esprit pour se représenter le réel et agir sur lui, il est émulé par l’interaction des stimuli et des affects. Stimulus et affects sont matériels. L’esprit est matériel. Je le distingue de l’âme qui est la part divine de tout esprit. Pour reprendre le concept de « mode de la substance » chez Spinoza, je pose que l’âme est un mode du grand esprit, cad l’une de ses facettes : l’âme serait la part de chaque esprit qui dans la collectivité forme avec toute chose le grand esprit.

L’ESPRIT ET LA SCIENCE| L’esprit est l’outil qui permet de se représenter le monde pour agir sur lui. L’éthique est l’ensemble des principes philosophiques qui permettent à l’esprit autonome de sélectionner ses comportmenents pour que le corps persiste le mieux possible dans l’environnement.

Dans les études comportementales, on classe les comportements selon qu’ils sont internalisés ou externalisés, cela pose le corps comme critère de classement. On classe également les comportements selon les fonctions du corps :

C’est une façon d’étudier le comportement, cad les façons du corps d’appliquer par l’action les représentations du monde qui forgent l’esprit.

La spiritualité est une démarche autonome de quête de sens. La tension autonome entre deux esprits est la reliaison, une démarche solidaire de quête de sens. La Religion autoritaire est un Ordre hétéronome. Le cadre théorique du néo-béhaviorisme et le cadre conceptuel de Spinoza, contribuent à mettre au jour des arguments pour réhabiliter la spiritualité, un concept clé pour réfléchir l’indigénisme en accord avec la philosophie anarchiste.

Il faudra distinguer de la spiritualité, le spiritisme et le spiritualisme, qui sont des cultes et des pratiques ésotériques dont je ne discuterai pas dans cette capsule, mais dans un travail ultérieur.

La Religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

[https://clodius.blog/2020/09/01/esprit-0008-la-liberte-de-conscience-contre-lendoctrinement-dans-la-culture-de-lautorite/]

Ajout – DÉFENSE 0001

EXTRAIT | L’Agression est une violence asymétrique de fait. La paix initiale est brisée par l’Agresseur. Cette violence volontaire place la personne subissionnaire en désavantage, car rien ne présage que la violence soit infligée. La paix est un œuf fragile. Il est assez facile de le briser, cependant il faut plus que de l’ouverture et des bons sentiments pour refermer l’œuf dans état de sécurité et de paix, l’humiliation foncière par l’Agression ne pourra jamais être guérie. Il va sans dire qu’aucune guérison ne peut advenir du retour de la paix, aucune blessure n’est monayable, on ne prostitue pas ses blessures en vue d’obtenir la paix, on prostitue ses blessures sous les diktats proxénètes du Capitalisme.

POUR CONNAÎTRE LA TOTALITÉ DE LA RÉÉCRITURE | https://clodius.blog/2019/11/16/defense-0001-la-posture-insurrectionnelle-ou-la-culture-de-la-defense-contre-la-culture-de-lautorite/

culture 0001 | le sens contre l’aliénation

|L’ART ET LA SPIRITUALITÉ CONTRE L’INDUSTRIE ET SES DÉCHETS| 1v1

Selon le postulat néo-béhavioriste de la primauté de l’environnement sur les êtres et les choses, on peut dire que la production culturelle est la base de la production spirituelle, en ce sens que la culture est un patrimoine de sens sociaux qui agissent sur le patrimoine de sens personnels qui font la spiritualité autonome d’un individu. Elle éveille un rapport du corps avec le monde.

La production industrielle qui répète les sensations sans construire de sens ni rien remettre en question participe de l’aliénation. La production industrielle n’a pour but que de reproduire le capitalisme et ses rapports anti-sociaux où nous sommes assujettis aux marchandises.

Il y a quelque chose que l’art « artistique » que le mode industriel de production n’a pas. Si le mode de production ne compte pas, alors la production de n’importe quelle marchandise sérielle est une œuvre d’art. Le pire serait de porter le travail mort et le travail vivant au même niveau. Il faudrait peut-être dire que l’art industriel n’a pas le rapport vivant de rechercher une construction de sens.

En étudiant la paralittératures, on arrive à cerner les tensions dans l’art populaire. Cette production du peuple pour le peuple a rapidement été récupérée par l’industrie qui possédait les moyens techniques de mécaniser la reproduction des œuvres. Ceci dit, il y a des génies de la littérature qui sont entrés dans un mode industriel de la production de récit concernant le contenu de tels produits. Dans les paralittératures, on répète les stratégies et des mécanismes narratifs pour multiplier l’offre marchande de récits. Bien entendu, il y a du génie dans les paralittératures, ce génie est de l’ordre du commerce. Des feuilletons des Mystères de Paris, nous sommes arrivés aux séries audiovisuelles de Netflix.

Je ne crois pas que la production en série relève de la recherche de sens, bien qu’elle en restitue des conventions. La production en série relève de la recherche de profit, de sorte que le profit est le strict contraire de la spiritualité, une quête de sens originale d’un corps qui se réfléchit dans le monde. Le nœud du problème met en tension l’intention et la production, en ce sens que l’intention de vendre l’art change le produit lui-même en dépit des méthodes de production. Entre une œuvre d’art et une marchandise, la perversion tient du marché qui les distribue. Une production spirituelle devrait, à mon sens, entretenir un rapport de sens, comme toute parole publique devrait être une recherche de dialogue. Car construire du sens, c’est construire de l’ordre : la culture structure la société.

Les ventes aux enchères ou les étagères du Dollarama ne sont pas très différentes, puisqu’il s’agit de se débarrasser d’une production pour générer un profit. La vente d’œuvres n’est pas tellement différente que la vente d’une camelote, car les affects en cause sont l’avarice et l’exploitation. On produit un objet à se débarrasser sans que l’on soit peiné, sans établir de contact social, car le client reste un inconnu sur le marché qui va probablement se débarrasser lui-même de la marchandise, fût-ce aux enchères ou aux ordures.

Finalement, l’industrie produit des déchets. Une anomie spirituelle, sociale et écologique.

Le travail de la culture est de construire du sens, d’apporter un ordre qui lie le corps, l’esprit, la société et le monde dans une expérience humaine digne.