#ville

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personne ne parle cette langue putrescible
alors je vais vous la ramener avec ces bruits d’oiseaux
je vais vous parler de mars
de la boue
et des lombrics
car j’évite le visage inconnu des inconnus
j’évite les yeux des yeux
personne
c’est beaucoup de gens
qui ne parlent pas la langue des morts
celle qui répond par des échos
à quelques détails près
je n’ose pas investir
le passé
d’un regard optimiste
ni le leur
ni le mien
et pourtant
ces façades
où se rencontrent la vie et l’éternité du jour
et que l’on oublie une nuit le temps de se connaître

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#voyage

cette drôle de solitude
qui déambule
entre les foules
~ je l’attends à la maison

je vénère le soleil
les oiseaux
et le silence des non-lieux
– on ignore les mots sur les murs

il y a des sensations dans mon torse
entre le bourg et le ghetto
un transit difficile
qui traîne des pieds
parfois
les jours de lourdes pluies

le rapport à la ville
comme à la femme abstraite
entre l’ambivalence et l’amour
je cherche dans les yeux des lieux prochains
une escale où quelqu’un m’entourerait le cou

je m’exerce au poème
en attendant
un train
comme si c’était le nôtre