défense 0001 – réécriture

Bisous! Une réécriture de la capsule Défense et démocratie 1 dans la rubrique défense 0000!

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https://clodius.blog/2019/11/16/defense-0001-la-posture-insurrectionnelle-ou-la-culture-de-la-defense-contre-la-culture-de-lautorite/

On pourra dire que la violence volontaire que l’on subit est dans tous les cas Autoritaire, si son cadre est non négocié explicitement et non consenti formellement depuis l’agression jusqu’à l’application d’une conséquence et cela de façon directe et documentée dans la mutualité des conventions, ici, l’arbitraire fait l’Autoritarisme, son autocratie et son narcissisme ; et surtout dans une optique de défense, puisque le cadre démocratique des violences admises de la défense se fait avec la société, ici, l’initiative volontaire fait l’illégitimité.

défense 0003 : La posture insurrectionnelle ou la culture de la défense contre la culture de l’Autorité

|PRAGMATISME ET SOLIDARITÉ, LA MESURE DE LA DÉFENSE|1v2

Après avoir lu Camara, on arrive à penser la violence autrement que par la violence elle-même. La défense combat les violences initiales et renforcées, volontaires et non consenties. La défense est la seule violence légitime, c’est celle des opprimés face aux postures de domination. La défense doit être à la mesure des armes ennemies. C’est du pragmatisme matérialiste. Pour estimer le degré de défense nécessaire, il faut considérer le cumul des violences Autoritaires : la violence à combattre est le cumul des violences systémiques et institutionnelles avec les violences informelles qui contribuent à les renforcer. La question de l’efficacité de la défense est dans l’asymétrie des forces opposées. Bien entendu, je suis pacifiste. C’est pourquoi je prône la défense à la mesure de la violence initiale et renforcée, volontaire et non consentie. Je crois qu’il n’appartient qu’aux opprimés de choisir comment ils obtiendront la paix.

Dans la matérialité de l’État, la violence initiale et renforcée, volontaire et non consentie est bien le seul contrat qui lie le corps à l’Autorité de l’État. On découvre la magie de l’Autorité avec le corps marginalisé. Bref, les violences initiales sont renforcées. Paupérisme, violences systémiques, tares sociales épigénétiques sont renforcées par la répression et la judiciarisation qui sitôt mènent au précariat, à l’itinérance et à l’exclusion, en affectant l’esprit et le corps duquel il émane. Les lésions, les maladies, les toxicomanies, les maladies mentales, les prostitutions et les autres exploitations du corps accompagnent toutes les étapes de la guerre de classes, la Spirale de la violence.

J’entends la violence « volontaire » au regard de l’initiateur.e de la violence, cet individu a l’intention d’exercer un pouvoir contre le corps de ses victimes. Je l’entends « non consentie », car si les violences initiées avaient été négociées explicitement et directement, puis soumises au consentement formel et direct, et au mieux, documentées, on les auraient rejetées.

Les violences informelles répondent aux discours d’exclusion qui visent d’abord à décridibiliser les opprimés dans leurs luttes populaires ou personnelles, puis à opposer les franges opprimées les unes contre les autres. Le travail des violences informelles fragilise les opprimés entre eux et va jusqu’à les priver de moyens de mener le combat contre les violences institutionnelles. D’abord en les détournant de la lutte contre l’instigation et le maintien de la société érigée sur la violence, puis en minant les moyens matériels de lutter : leur corps et ses possibilités étant sous l’emprise de la haine contre d’autres pauvres.

Pauvres, on se prostitue touz comme on peut sous les diktats du capitalisme. On doit monnayer notre corps et ses possibilités, sinon les bourgeois pour leur part monnayent le corps des autres. Il s’agit de la violence initiale, volontaire et non consentie la plus répandue. Toutes les prostitutions sont valides, dans la mesure où on ne s’en tient qu’à son propre corps, ses propres possibilités, donc à ses propres talents. Je respecte toutes les prostitutions. Il n’y a pas une prostitution plus noble qu’une autre. Comme on dit, il n’y a pas de sot métier. Par contre, je condamne le proxénétisme qui se fait hors du consentement. Pas la prostitution. Une prostitution condamnable serait celle du flic. Le flic bat, tue, mutile les gens sans leur consentement. Dans la mesure du non consentement, la prostitution du flic est invalide. Même s’il tue un terroriste, sa fonction n’est pas l’objet du consentement de la société, aucun consensus ne s’est fait sur les termes qui ont donné lieu à sa fonction d’exister. Ni vous, ni moi, n’avons connaissance, ni n’avons discuté de tous les termes nous concernant d’abord vis-à-vis du flic ni des termes concernant cette fonction (anti)sociale. La prostitution du flic, sa fonction, est une aberration. Il a délibérément choisi l’oppression. Il est de facto en conflit avec l’intérêt commun.

Les violences ne se valent pas, la défense est toujours légitime dans la mesure des violences initiales et renforcées. Un cocktail molotov, c’est peu de dommage contre la pauvreté organisée.

Je ne rejette aucune méthode de lutte, aucune tactique qui soit le choix des opprimés. On appelle ça le respect de la diversité des tactiques. Du graffiti au cacatov et passant par les pavés, pas de souci : ceux qui luttent contre l’Autorité sont mes camarades et leur choix sont les meilleurs s’ils sont massifs et concertés. J’entends massifs, car seule la solidarité garantit l’efficacité d’une action ; j’entends concertés, car la coordination et la convergence des luttes contre l’oppression seront garantes du renversement de l’Autorité. L’expérience révolutionnaire sera dès lors précurseure de la concorde construite dans la solidarité et l’entraide.

La défense sans solidarité a peu de chance de remporter des victoires. Mais des actions concertées comme la grève générale internationale, et c’est possible. La seule condition, c’est la solidarité. Violence ou pas…


Il faut savoir qu’une violence consentie renvoie à deux possibilités, à ma connaissance. Le premier cas de violence consentie est un terme d’un contrat explicite démocratique qui définit par quelle violence défensive une violence initiale ou renforcée, volontaire et non consentie (violences Autoritaires, ou violences formelles, ou violences institutionnelles) est réprimée. Le second cas de violence est dans les termes qui m’ont inspiré le contrat anarchiste, ceux qui procèdent par le consentement des violences récréatives et érotiques. Le cadre stricte de ces violences est garant du rapport démocratique du sport ou du BDSM.

France, 1793

défense 0002 | La posture insurrectionnelle ou la culture de la défense contre la culture de l’Autorité

|DÉFENSE ET DÉMOCRATIE| 2v2

J’ai mis de l’eau dans mon vin pacifiste.

Il y a près de deux ans, nous avons eu le plaisir de recevoir Stephane à la soirée de prises de parole, La Tribune anarchiste.

Pour résumer la chose, Stephane est un fervent défenseur de l’accès aux armes létales, car l’usage de la violence est garante de la démocratie. Cela peut choquer les plus pacifistes d’entre nous, cependant, la posture insurectionnelle, la culture de la défense, commande par pur pragmatisme de considérer les armes des ennemis du bien commun, bref tous les instruments d’oppression dont disposent les sbires de l’État et les fachos qui font le jeu de l’oppression.

Ceux qui nous suivent depuis longtemps ont compris l’argumentaire de Stephane. Si une personne brise le contrat social qui nous UNIRAIT, il est sans aucun doute nécessaire de se défendre en appliquant, pour reprendre les idées d’une camarade, une force égale ou supérieure à la menace.

Voilà qui pose une brique dans notre schème insurrectionnel de pensée.

La déclaration des droits l’Homme dit en préambule : Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’Homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.

Cet article comporte disons quatre unités de sens :

  • Le régime de droit (regere = recturum = right/droit = diriger, dominer)
  • La contrainte en ultime recours
  • La révolte (l’insurrection)
  • La tyrannie et l’oppression (le patriarcat, le capitalisme, etc.)

Je les reformule en déplaçant les unités de sens : La tyrannie et l’oppression doivent être protégées de la révolte comme dernier recours par un Régime défendant les droits de l’Homme.

Là où la magie s’opère, c’est l’identité entre la tyrannie et le régime Autoritaire. C’est en cela que les instances Autoritaires des États sont autocrate, bref qu’ils exercent leur Autorité par et pour eux-mêmes contre et sans le peuple.

Prenez le temps d’intégrer le revirement sémantique.

Donc, en discutant avec une autre camarade, nous en sommes venu à se dire qu’une démocratie digne de ce nom, n’a pas à craindre l’insurrection. Que bien au contraire, elle doit garantir, advenant qu’un acteur de la société exerce par collusion, monopole ou violence un pouvoir sur les autres acteurs, leur droit à l’usage de force insurrectionnelle.

Enfin, nous n’avons pas besoin de corps policier pour protéger la démocratie, tant et aussi longtemps que l’insurrection est à la portée de la main. Dans une démocratie digne de ce nom (cad démocratie directe) tous sont en sécurité. La posture insurrectionnelle sous un contrat social démocratique garantit notre sécurité dans le consentement qui fait notre autonomie et notre solidarité.

France, 1793

défense 0001 |La posture insurrectionnelle ou la culture de la défense contre la culture de l’Autorité

|DÉFENSE ET DÉMOCRATIE| 1v2

En s’inspirant de la Spirale de la violence de Helder Camara, on arrive à distinguer de façon critique les violences. Elles ne se valent pas : elles sont séquentielles et dépendamment du temps auquel elles ont lieu, elles sont légitimes dans les cas de défense et illégitimes dans les cas de violences Autoritaires initiales ou renforcées. Cette perspective invalide le centrisme, les postures de réconciliation et les autres types de collaborations, puisqu’il s’agit toujours d’un renforcement de la culture de l’Autorité, si ce n’est que la fabrication d’un consensus autour de l’injustice.

En somme, on distingue trois temps de violence. Le premier temps est la violence initiale organisée, la violience institutionnelle qui aménage les contextes précurseurs des autres violences. Il va sans dire que la violence organisée est de facto volontaire. Le second temps consiste en une réponse à la violence initiale, la violence défensive qui tente de rétablir la paix, la justice. Le troisième temps est la violence renforcée, qui se décline en deux sous-types : la violence répressive et la violence judiciaire, deux violences punitives qui s’inscrivent dans la logique coercitive de la violence initiale organisée par les institutions.

1- Coercition-Agression
paupérisation, culture du viol, fascisme etc.

2- Défense
combat, désobéissance, vandalisme etc.

3a- Punition-Répression
matraquage, interpellation, profilage etc.

3b- Punition-Judiciarisation
incarcération, conditions, amendes etc.

Dans l’ordre, il y a l’agression, la défense, puis la punition. L’agression est toujours initiale et Autoritaire (puisque que l’agression initiale du malade psychique n’est ni volontaire ni narcissique), c’est une violence qui se justifie pour et par elle-même, comme l’État (ou le monopole du Droit) et l’austérité, qui constituent des hiérarchismes systémiques ; ou bien le viol et les insultes, qui constituent des hiérarchismes interpersonnels. La défense peut être dans un cas du vandalisme, de la désobéissance dans la perspective la plus large, ou dans le cas du viol, une dénonciation publique en bonne et due forme, et dans le cas des insultes, on peut retourner la situation verbalement etc. Le troisième temps, la punition, existe sous forme de vengeance contre la deuxième violence, soit la matraque et le poivre, puis la judiciarisation, que j’ose croire assez différente de la répression autoritaire par la nature des outils qu’elle emploie, la première et la troisième violences sont intégrés à la culture de l’Autorité grâce à la sociodicée, discours autocrate, de l’agresseur qui exerce la violence initiale Autoritaire. On n’ose pas imaginer la troisième violence aux mains du violeur… mais la culture du viol y veille…

Le premier et le troisième temps de la violence sont hétéronomes, ils ne sont jamais l’objet d’un consentement, le second est autonome individuellement ou socialement, la nature défensive de ce type de violence entend qu’aucun consentement à la violence initiale n’a été advenu, ce qui atteste qu’aucun contrat ne tient l’initiateur de la violence et les personnes en situation de défense. C’est dire que la révolution ne peut être qu’autonome et qu’on ne demande JAMAIS la permission à l’oppresseur de se défendre.

LE PARADOXE DE LA TOLÉRANCE

Quand on analyse les choses sous la logique de la Spirale, on peut juger le nazisme, ou le capitalisme, comme des postures de violence initiale Autoritaire et narcissique, donc autocrate, par opposition à démocratique, cad qui fait appel au consensus fondateur, que je développerai plus loin. J’entends Autoritaire, car cette posture coercitive ne fait pas l’objet d’un consentement au sens du contrat anarchiste (cf. contrat 0001, 0002, 0003) il s’agit d’une violence arbitraire, d’une culture du viol. J’entends narcissique, car cette posture coercitive ignore la limite de son pouvoir, en ce sens que le Monde est le prolongement de l’agresseur, il s’agit d’une sociopathie. J’entends autocrate, car l’agresseur tient son Autorité de son exercice de violence et que la violence qu’il exerce tient de son Autorité, il s’agit d’une tyrannie.

Ce nazisme, comme le capitalisme, est au premier temps de la Spirale de la violence, c’est donc une posture de violence illégitime, il faut aussi comprendre que d’y répondre par quelque moyen qui soit, c’est une posture de défense, cad la violence, qui par son caractère autonome et solidaire est égalitaire, donc légitime.

La clé du problème ci-haut est l’égalitarisme. Une posture égalitaire face à l’intolérance est l’intolérance, face au mépris, c’est le mépris, etc. Mais de façon plus libertaire, il appartient aux personnes en situation de défense d’en choisir les moyens. Dans l’absolu, la posture insurrectionnelle est une posture qui recherche la paix par l’usage de la force face aux crimes envers les membres de la communauté. Une autre clé tient dans le consensus – formel – qui scelle le contrat social. Actuellement, aucun contrat social démocratique ne tient personne envers qui ou quoi que ce soit. Seule la démocratie directe est garante d’un véritable contrat social, puisque la société elle-même est appelée à rédiger les termes de son contrat. On ne peut rédiger un contrat social sans la société.

EXEMPLES DE SPIRALES

La culture de l’Autorité, c’est un système de pensée où l’on prend pour naturelles la domination, la soumission et la violence coercitive et manipulatrice nécessaire à les maintenir, ainsi que l’Autorité, l’obéissance et le système méritocratique de récompenses et de punitions qui les consacre. L’Autorité choisit de façon arbitraire les schèmes de violences. J’entends arbitraire, car non négociée explicitement directement et non consentie formellement directement, et surtout pas de façon documentée. Les violençes formelles sont organisées par les institutions ; les violences informelles sont pratiquées sans l’aval explicite de l’Autorité, mais dans l’intérêt de celle-ci. Violences formelles et informelles se nourrissent en boucle pour maintenir la division en classes de la société. C’est dans l’application de la violence que se matérialise la domination-soumission, en ce sens que l’obéissance opère la violence commandée par l’Autorité pour fragiliser les classes dominées qui n’auront que la prostitution de leur force de travail pour maintenir ou gagner leurs privilèges. Plus une classe sera fragilisée plus son surtravail produira du capital.

Une spirale de violence formelle peut être l’organisation de la pauvreté par les mesures austères figurant comme agression initiale (Autoritaire) ; puis prendre la rue pour manifester son opposition aux gouvernements figurera comme défense ; et matraquer, poivrer les manifestants dans une souricière pour enfin les judiciariser moyennant une loi liberticide comme violences punitives, donc la répression et la judiciarisation qui renforcent la violence institutionnelle initiale de l’austérité et peuvent mener dans bien des cas à une séquestration d’État, cad une détention. Le tout s’inscrit dans une logique de paupérisation, une violence (anti)économique, (anti)politique et (anti)sociale.

Une spirale de violence informelle peut être du harcèlement sexuel comme agression initiale ; une défense par dénonciation à quelques instances appropriées ; à la suite de laquelle il y aura des représailles ou des menaces de morts ou de l’intimidation qui visent à décrédibiliser lz plaignantz pour renforcer la violence initiale, volontaire et non consentie que constitue le harcèlement sexuel. Il faut noter que cette boucle initiée et renforcée dans l’informel repose sur une violence systémique plus large : la culture du Viol, culture dont la pierre angulaire est le non consentement (contrat 0004).

On pourra dire que la violence volontaire que l’on subit est dans tous les cas Autoritaire, si son cadre est non négocié explicitement et non consenti formellement depuis l’agression jusqu’à l’application d’une conséquence et cela de façon directe et documentée dans la mutualité des conventions, ici, l’arbitraire fait l’Autoritarisme, son autocratie et son narcissisme ; et surtout dans une optique de défense, puisque le cadre démocratique des violences admises de la défense se fait avec la société, ici, l’initiative volontaire fait l’illégitimité.

Selon moi, pour encadrer la violence de façon démocratique, il faut que minimalement les parties intéressées aient négocié explicitement et consenti formellement chaque terme du contrat social. En aval, avant la violence, cela se traduit par des textes de lois qui font explicitement et formellement consensus, à mon sens cela appelle la notion de société. En amont, après la violence, il est impératif que le tribunal où se rassemble le peuple – peut-être de façon spontanée et non territoriale – négocie explicitement et consente formellement le consensus fondateur, celui qui déterminera les modalités du consensus populaire, cad le seuil d’une majorité si ce n’est pas l’unanimité pour les décisions subséquentes. Un consensus fondateur peut être un code de procédures prééxistant qu’en collectivité on revendique et applique pour abréger les procédures. La complexité des enjeux ici est tellement importante qu’il faut prévoir une formation populaire gratuite pour tous.tes. En somme, puisqu’une société soumise aux aléas de l’environnement peut subir des violences hors de son contrôle, il faut qu’elle se dote d’une éthique qui s’adapte à la matérialité du monde. La vie n’étant pas fixée, elle devra prendre en charge dans la solidarité les risques, les imprévus et les préjudices.

Un cadre démocratique devrait faire autorité au sens que tous.tes sont interpelléz dans la négociation explicite directe et le consentement formel et direct. J’oppose ici l’Autorité d’un seul, cad sans négociation ni consentement, à l’autorité de tous.tes, cad grâce à la négociation explicite et directe et le consentement formel et direct et au mieux documentés. J’entends directs, car toute intermédiation est proscrite, l’intermédiation est aliénante et hétérogestionnaire en ce sens que l’Un fait la loi à l’Autre, c’est antianarchiste. Je développerai la notion de procuration ultérieurement. Je développerai la notion d’improvisation ultérieurement.

En dehors de ces deux conditions, nous ne sommes pas en démocratie, nous sommes dans une dystopie qui divise la société en classes par des schèmes de violences formelles et informelles. Je nomme ce cauchemar la Dystopie de classes.

LA DÉMOCRATIE ET LA SPIRALE

La légitimité d’un contrat social peut être homogène ou hétérogène. J’entends homogène en ce sens que les termes sont soit consentis, soit non consentis de bout en bout. J’entends hétérogène en ce sens que les termes sont parfois consentis et d’autres fois non consentis.

Une société anti-démocratique pose un cadre arbitraire à la violence. Autocratique, elle impose sa domination, puisque sans l’aval du peuple. Dans ces termes, le premier temps de la violence à s’inscrire dans la Spirale est l’agression – institutionnelle comme celle de l’État. Le deuxième temps de Spirale est la défense – populaire comme celle des ouvriers. Le troisième temps de la Spirale est la punition, qu’elle soit physique par l’usage de la matraque, psychologique par l’usage de l’intimidation ou judiciaire par les conséquences que nous imposent les lois non consenties. La punition surenchérit l’agression primaire pour réprimer la défense. La punition est une violence Autoritaire.

Dans une société dotée d’un cadre démocratique entourant certaines violences ou toutes les formes possibles de la violence, le premier temps de la Spirale est l’infraction, un individu brise le contrat social, il s’arroge un droit arbitraire, sa posture est Autoritaire puisqu’il cherche à imposer sa domination. Le deuxième temps est aussi la défense populaire dans le cadre que la collectivité a discuté auparavant dans le contrat social qui l’unit, cette posture est une réponse autonome face l’arbitraire qui par le fait de sa violence initiale dissocie l’agresseur de la communauté. Le troisième temps est la vengeance, l’individu donne la surenchère de son crime, dans une posture de domination, donc Autoritaire.

Que la société soit fondamentalement Autoritaire, cad qu’elle repose sur des rapports de force auquel nul ne consentirait ou que la société soit fondamentalement égalitaire, cad qu’elle repose sur le consentement formel ; la défense (ou la désobéissance, la révolte et l’insurrection) sont les postures égalitaires légitimes de la violence, les seules qui soient valides. Autrement, le caractère arbitraire de la violence, en dépit de quelconque caractère légal, est foncièrement illégitime.

Toutes les violences Autoritaires placent la collectivité en posture de défense. Chacun pourra adopter l’abstention, la désobéissance, la révolte et l’insurrection de façon autonome individuellement ou socialement. Au contraire, l’obéissance matérialisera le pouvoir l’Autorité sous la forme de collaboration et de réconciliation avec l’oppresseur, cette affiliation est une trahison au profit de l’oppresseur. C’est en cette tension que la posture insurrectionnelle et la collaboration se font face pour établir l’ordre égalitaire par la défense ou l’ordre Autoritaire par l’obéissance.

EXEMPLE DE COMMUNAUTÉ ÉGALITAIRE

Lorsqu’une commune se dote de règlements et qu’elle doive bannir un membre pour violation du contrat social (par exemple, il thésaurise le sucre, ou autre ressource à des fins mercantiles de profit…) il ne faut pas considérer le bannissement comme une punition (violence autoritaire) puisque cette violence se trouve à être au deuxième temps de la Spirale de la violence, telle que développée par Camara. Il s’agit plus à proprement parler de défense collective. Les règlements sont de toute évidence les termes de l’autonomie sociale de la commune, objets d’une décision démocratique, donc antiautoritaire. L’autonomie sociale se manifeste par la solidarité. La solidarité fait l’autorité de tous.tes contre l’Autorité d’un seul, en cas de violation du contrat social.

La posture insurrectionnelle est en soi une posture pacifiste, car par la défense, les insurgés souhaitent réprimer la violence initiale des hiérarchistes, donc, des capitalistes, des monopoles du Droit, des violeurs, des patriarcaux, des homophobes, des racistes, des islamophobes etc. jusqu’à l’obtention de l’anarchie – la liberté égalitaire – seule forme de paix possible.

France, 1793