contrat 0004 | Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité

|LE CONSENTEMENT| 1v2
L’hétérogestion, c’est l’ingérance du corps des Autres, c’est la coercition aux intérêts d’un seul, contre l’idée du bien commun – de tous. La seule autorité qui fait loi, c’est celle à laquelle on accorde sa confiance. La confiance ne s’écrit pas par le haut… Elle se vit côte-à-côte.

L’Autorité d’un seul ou de quelques-uns est l’autorité non consentie. L’autorité de tous est l’autorité, qui par la délibération directe, la négociation directe et explicite, et le consentement exprès ou formel et au mieux documenté directement, fondent par l’autonomie de chacun.e l’autonomie de tous, la solidarité par l’entraide. Hors du consentement, tous les rapports forcés sont un viol. Même les activités humaines, la persistence des peuples dans le temps, qui se vivent dans l’improvisation devraient être sujette à un cadre qui prévient les préjudices (contrat 0001).

L’âge du consentement dépend de la maturité de chacunz. La limite d’alcool ou de THC dépend de l’accoutumance et du métabolisme de chacunz. Une démocratie capacitaire ne saurait imposer des lois ou des normes fondées sur des calculs statistiques, elle devrait plutôt donner à chacunz les moyens sécuritaires de vivre sa liberté à sa mesure et à son rythme.

La capacité au consentement (lucide et éclairé, pléonasme) est-elle une prérogative de la génétique ou le fruit d’une éducation populaire démocratique? Je crois qu’il s’agit d’un mélange des deux, certainz auront l’intuition juste de ce que constitue le consentement sans trop y être forméz, d’autres devront l’apprendre ou l’intellectualiser, le préciser. Le consentement n’est pas une question d’âge, mais de capacité. La démocratie capacitaire ne saurait le négliger.

En dehors du consentement, tous les rapports relèvent du viol, de la violence, de l’Autorité. Le consentement n’existe pas dans l’ignorance et dans l’acte de foi contraint par la manipulation, par la coercition, par la répression, par le jugement, par la punition et par l’exclusion, bref toutes postures Autoritaires invalident le consentement. L’Autorité est le stricte contraire du consentement. Est Autorité le rapport et ses conséquences non consentis.

Dans tous les rapports sociaux, agir sans consentement, c’est s’adonner au vice de l’Autoritarisme, donc à l’arbitraire narcissique et autocrate. L’Autorité est un fondement de la culture du viol, une culture de la Prédation où l’Un fait la loi aux corps des Autres, prend le pouvoir contre leur corps.

La pédophilie est une pratique sexuelle autoritaire, elle se pratique sur quiconque ne possède pas la capacité de donner son consentement. L’abus sur unz enfant dont la maturité n’est pas atteinte relève du même hiérarchisme que sur unz adulte dont le sens critique n’est pas sécuritaire pour ielle-même dans une pratique sexuelle.

L’IMMATURITÉ N’EST PAS UN GENRE, NI UNE ORIENTATION, NI UNE PRATIQUE!!!

Bien entendu, vendre son corps et ses possibilités sous les diktats du Capitalisme est une prostitution de survie. Mais pour discerner la prostitution du viol, il faut qu’il y ait un écart dans l’autonomie du corps exploité par le client-violeur sans parasite monétaire – cad le proxénète – et celle du corps exploité sans contrepartie tarifaire et par la fusion proxénète-client, donc par le violeur. J’entends proxénète dans les tous les cas comme celui qui tire un profit de l’exploitation du corps de l’Autre. Je rejette l’idée de l’argent, mais le tarif aux mains du corps exploité lui permettra de gérer son accès à ses privilèges marchands, son accès aux marchandises. Ce cas de soumission requiert un accompagnement vers la sortie et de l’éducation populaire par et pour les camarades, et cela, dès l’âge de la parole. En sciences cognitives, il est démontré que les enfants en bonne santé linguistique ont acquis toute leur syntaxe maternelle à quatre ans. Ils doivent être formés à reconnaître les situations où ils se sentent incapables d’accueillir la sollicitude des adultes politiques dans un domaine où ils sont appelés. Par ailleurs, s’il apparaît qu’un terme du contrat (anti)social qui vous lie au Capital vous est inconnu, cad que vous êtes aliéné à votre société par l’intermédiation d’un État – en ce qui concerne beaucoup d’entre nous, il s’agit de l’État bourgeois ; on peut soupçonner que vous êtes victime d’un viol. C’est cette prédation qui laisse à penser que la société capitaliste est fondée sur la culture du viol.

Enfin, pour compléter mes hypothèses, je vais développer l’articulation entre le consentement et l’autonomisation des corps, des candidats à l’autonomie dans une capsule à venir.

PERSPECTIVE DÉTERMINISTE
Sommes-nous soumiz à l’inconscient collectif? Il me semble que l’obéissance des corps à un corps collectif contient une dimension de consentement. Ce consentement peut-il être inconscient? Je trouve cette perspective dangereuse en matière de viol quel qu’il soit. Je ne sais pas, il faut avouer qu’au niveau subatomique tout est un plasma grouillant de vie sans frontière. L’astrophysicien Trinh Xuan Tuan (et d’autres de ses collègues) décrit trois facettes de la matière : la matière, l’énergie et l’information. Il croit également à la Nécessité des choses. Une force qui justifie les choses. Cet inconscient pourrait être la mémoire du cosmos codifiée dans la facette informatique de la matière. Mais je n’en sais pas plus à cette échelle. Sinon, il y a des neurologues et autres expertz du cerveau qui s’entendent sur le caractère déterminé des psychés et des comportements : les traumatismes et l’épigénétique qui transmet l’encodage des traumatismes psychosociaux de nos ascendants dans notre génome.

L’idéal égalitaire est de fonder une société qui permettra à chacunz de faire partie de l’Histoire collective en fonction et en dépit de ses déterminismes. J’entends en fonction, car la démocratie capacitaire reconnaît les limites de chacun des membres de la société. J’entends en dépit, car les membres de la société ne reproduisent pas la société de classes en fonction des limites des Autres. Il me semble que c’est ça, être pluraliste.

Sans consentement, tout rapport est un viol, une violence arbitraire, une violence autocrate, une violence narcissique, un hiérarchisme ou une Autorité. Ça croupit dans la même soupière!


contrat 0003| Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité|

|LE CONTRAT ANARCHISTE, LA NÉGOCIATION ET LE CONSENTEMENT| 1v2

Le contrat idéal est démocratique. Il fait appel au consentement unanime des parties intéressées. Ces personnes sont considérées assez adultes pour être candidates au consentement. Elles ont atteint un stade capacitaire de sens critique jugé suffisant pour que l’ensemble des adultes capacités puisse convenir à un consensus formel faisant suite à une négociation explicite. Dans ces termes, il est entendu qu’une personne intéressée inspire la confiance, et de ce fait, un sentiment de sécurité mutuel et partagé. Pour initier un tel sentiment, le regroupement par affinités semble le meilleur des prétextes pour faire société. Sinon, agir de façon éthique envers tous et chacun au quotidien déjà inspire un tel sentiment, qui s’inscrit dans un cercle vertueux.

Un contrat démocratique fait appel à une négociation directe et explicite. Je la pose comme directe, car ce sont les candidiats au consentement eux-mêmes qui sont investis d’un tel pouvoir de négociation en vertu du principe d’autonomie des corps autodéterminés et personne ne peut s’arroger le droit de négocier les termes d’un contrat au nom de quiconque. Je développerai la notion de procuration ultérieurement, un contrat en amont de l’imprévu.

La négociation, c’est l’action de délibérer les termes d’un contrat. Si le contrat est adopté, cela entend que le consentement est formel et unanime. Je le pose comme formel, car il doit être manifeste et au mieux documenté. Il s’impose comme unanime, car la divergence crée des zones d’incertitudes où l’imprévu et l’improviste laissent aux préjudices la possibilité de se produire. Le contrat et son application sans négociation sont un rapport de viol. Le contrat et son application sans consentement sont un rapport de viol aussi.

Négocier explicitement et consentir formellement, c’est ça, la démocratie directe.

La modalité de la délibération doit être la Parole de soi-même. La modalité du consentement doit être la Parole de tous. Sans le consentement, tributaire de la négociation par la délibération explicite, d’une seule partie intéressée, le contrat est « nul et non avenu ».

Cela s’entend sur la condition d’un consensus fondateur, fédérateur et solidarisant, le principe directeur de toute négociation subséquente. Une affinité peut constituer une amorce au rapport social formel dans le cadre contractuel ou informel dans un contexte d’improvisation.

Certains codes ou modèles existent déjà, à la condition de connaître les procédures du code ou du modèle, on peut l’utiliser comme consensus fondateur. Une nouvelle partie intéressée devra les étudier, dans la mesure de l’entraide gratuite et non-payée, j’entends ici la mesure de la solidarité et de l’éducation populaire.

L’éducation populaire n’est possible que grâce à l’aménagement de temps citoyen. Le temps citoyen comme les moments de droit à la paresse, au sens de Lafargue, ne sont possibles que parce que le travail est solidaire. Dans un monde où règne le profit, le surtravail nécessaire aux revenus d’entreprise, monopolise le temps citoyen. Dépourvus de temps libre, les travailleurs ne peuvent entreprendre leur formation citoyenne. D’une part, car personne ne peut assurer l’absence de l’un, d’autre part, car le travailleur est engagé dans la production de valeur capitaliste, de profits pour les Patrons et de la part de l’État.

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Une question demeure, est-ce que les revenus des Patrons et de l’État reviennent dans l’économie sociale, celle qui assure les services GRATUITS aux citoyens et aux travailleurs, aux producteurs de valeurs par la force de travail?

Pouvons-nous directement négocier explicitement le principe directeur des contrats qui nous engagent dans la production de valeur par notre force de travail ; et y consentir formellement? Qui décide?

Sans consentement, tout rapport est un viol, une violence arbitraire, une violence autocrate, une violence narcissique, un hiérarchisme ou une Autorité. Ça croupit dans la même soupière!


contrat 0002 | Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité|

|LE CONTRAT ANARCHISTE ET LE TRAVAIL| 1v2

Dans l’économie du vol, cad dans le système capitaliste, on ne peut pas logiquement s’engager sur le Marché du travail sans en connaître les rouages. On ne peut souscrire au Salariat sans en connaître tous les termes, toutes les conditions. Pour contracter un Emploi, il faut avoir étudié les contrats sociaux qui encadrent une telle activité, en négocier explicitement chaque terme en y consentant unanimement avec tous les acteurs reliés à cette activité, et cela de façon formelle et directe ; faute de quoi, on s’aventure dans un projet spéculatif qui exige de poser des actes de foi.

Aucun contrat ne peut être légitime si seulement un détail fait l’objet d’un acte de foi, et d’autant plus si ce détail est totalement laissé dans l’ignorance. Les actes de foi sont à proscrire dans quelque contrat qui soit. Sinon le contrat est nul et non avenu. Ce qui se fait hors du consentement est un acte de viol. Ce qui est ignoré relève de l’improviste tel que discuté précédemment.

Le travail au sens marxiste couvre tous les domaines du quotidien, de l’allaitement, au jardin en passant par l’étude et les secours…

Les conditions d’un tel contrat forcent l’organisation de plus petites sociétés que celles que nous connaissons, elles forcent l’organisation de sociétés sur de plus modestes étendues de territoire, de ce fait, elles forcent l’organisation de sociétés reliées, par opposition à aliénées, au territoire, forçant aussi une gestion écologique de celui-ci. Bien entendu, le fédéralisme est de mise pour les projets transsociétaux. Il faudra réfléchir à ne pas reproduire la géopolitique Autoritaire qui relève de la notion de frontière et de propriété.

Dès maintenant, ce contrat type, sera l’objet de plus d’études, je propose de le nommer le « contrat anarchiste ». Idéalement, je souhaite argumenter en faveur d’un contrat parfait quand de telles conditions sont préférables à l’improvisation. Enfin, vous aurez compris que l’Emploi et le Salariat sont consubstantiels au capitalisme…

Sans consentement, tout rapport est un viol, une violence arbitraire, une violence autocrate, une violence narcissique, un hiérarchisme ou une Autorité. Ça croupit dans la même soupière!


contrat 0001 | Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité|


contrat 0001 | Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité|

|LE CONTRAT ANARCHISTE ET LE CONSENTEMENT CONTRE L’ACTE DE FOI| 1v2

Poser un acte de foi, c’est s’exposer volontairement à des conditions, des postures, des attitudes, des (anti)paroles ou des actes que, s’ils avaient été soumis à une négociation explicite, on les auraient refuser. Si nous n’aurions pas pu les imaginer, il s’agit de conditions ou de comportements dont on ignorait la possibilité.

En cas d’ignorance, deux avenues sont possibles : la faveur, dans des activités improvisées, ou le préjudice, puisqu’il est commis. Considérant ces avenues vis-à-vis de l’improviste et pour assurer le rejet de possibles préjudices, un cadre contractuel doit être préalablement défini dans une structure enchâssante démocratique objet d’une négociation (donc d’une étude) explicite et d’un consentement formel et unanime. Chaque nouveau membre d’une société devra suivre une formation (gratuite et non payée) en ce sens.

De tels cadres doivent être démocratiquement capacitaires, en ce sens que chaque individu se les approprie à son rythme et à sa mesure et avec les outils lui sont adaptés.

La proscription de l’acte de foi, forcera l’élaboration de cadres et de contrats accessibles à tous. Cela pose déjà un premier jalon à savoir comment départager l’enfance politique du stade d’adulte politique, celui où les consentements sont lucides dans les domaines qui nécessitent un tel consentement.

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Être au stade d’adulte politique, c’est être candidat au consentement. Nous ne sommes pas adulte de façon monolithique, nous sommes adultes dans les domaines où nous sommes candidats au consentement lucide. Ce concept de stade adulte est indépendant de l’âge biologique, il n’est pas conditionnel aux connaissances, quoiqu’il soit en fonction de celles-ci. Il s’agit d’un stade capacitaire où le sens critique de l’individu inspire la confiance et donne un sentiment de sécurité personnelle et collective dans un domaine donné.

Le consentement n’est pas unidirectionnel, c’est le ciment qui nous fait faire société – et sur une formule pléonastique – de façon démocratique, autonome et solidaire, libertaire et égalitaire, et capacitaire.

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Je contraste le consentement éclairé, dont les termes consentis sont clairs, avec le consentement lucide, dont la capacité de consentir est adulte, en ce sens qu’une maturité du jugement est atteintes, notamment grâce aux modes capacitants de l’apprentissage et grâce au jugement des pairs adultes capacités, cad ceux pour qui le stade du consentement est acquis dans le domaine précis. Si le consentement n’est pas éclairé, au sens que les termes du contrat négocié sont obscures, il ne peut aucunement y avoir de consentement lucide.

Le consentement éclairé relève de l’entraide, de la guidance et de l’expertise des pairs adultes capacités ; le consentement lucide relève de l’autonomie, de la confiance et du besoin du candidat au consentement. Le projet d’arrimer ces deux contreparties du consensus explicite et formel sera tributaire de la solidarité, une vertu de base qui se vit par l’exercice et l’expérience de l’entraide, un cercle vertueux qui cimente au cœur des affects des candidats au consensus explicite et formel l’engagement préalable à un tel projet.

Ici, se combinent l’entraide et l’autonomie ; la guidance et la confiance ; l’expertise et le besoin. Ce sont les pièces maîtresses d’un contrat qui exclut l’acte de foi.

La proscription de l’acte de foi, vous l’aurez compris, proscrit déjà l’endoctrinement à des notions sacrées, intangibles, indémontrables, indiscutables, immatérielles et irréelles sur lesquels s’échafaudent les hiérarchismes.

Sans consentement, tout rapport est un viol, une violence arbitraire, une violence autocrate, une violence narcissique, un hiérarchisme ou une Autorité. Ça croupit dans la même soupière!