#textosDesMorts

*

Monsieur le président, est-ce que les morts sont anarchistes?

J’ai bien oui oui votre questionnement. Si tu ris tu auras une tapette de Boulogne.

Monsieur le président, est-ce que les morts sont en retard à l’usine?

Me diriez-vous cela si les totems de ma Mère pouvaient voter?

Monsieur le président, les morts ont-ils une meilleure cote de crédit en Enfer qu’au Paradis? Honorent-ils l’impôt?

Que voulez-vous que l’on fasse des vieux os qui ne savent plus se tenir droit face à l’adversité.
Faut pas exagérer tout de même.
Place aux banques.
Place place!
Les jeunes à la guerre.
Et vive la glace à la Chantilly!

Monsieur le président, est-ce que les morts préfèrent les couches mangeables aux couches collectionnables? Quelle saveurs ont-elles en bouche, les couches?

Toutes les saveurs, tout goutte comme ma jambe droite.
Et je vous parle pas des varices de ma femme.
Où en étions-nous?
C’est l’heure de mon goûter.
Où sont mes généraux?
Putain de bois!!!

Monsieur le président, les morts qui vous ont élu s’en retournent-ils dans leur tombe?

Et si j’en pisse au lit?
Les morts en morceaux en basses eaux?
Auront-t-ils vox chapitrus?
Allons donc!!!
Que vaillent la glotte et vieilles guiboles!!!
L’avenir appartient Aux Vieilles BADERNES.
Olé! olé! jeunesse!
Suivez ma bite toute flétrie!!!

 

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#opportunité

*

La tv sort du placard Et se met à la recherche du dormeur

– Sortez de vos boîtes à chaussures

C’est une belle journée pour se tuer au travail

Secouer le reste de vos vieux os

Souriez souriez

Marchez droit

 

Notre chef concocte des recettes

avec la chair des canons

Ce monde tout rose

Ce monde tout propre

La peau lisse

Qui matraque les os

Les dompte

À renfort de points bonis

 

Le poinçon est l’heure

Le poinçon est à l’heure

Ne souriez plus

Ne rêvez plus

Devenez machine

 

Dans nos bureaux un agent formé au bonheur vous dressera le bilan des marges marginales

Il saura vous accompagner en cas d’inconvénients hors du contrôle de notre système de récompense

Veuillez prendre note qu’un forum reste ouvert 24/24 pour vous offrir une meilleure couverture des zones d’inconfort

Nous sommes à vos côtés 7 jours sur 7 tous les jours de l’année

Nous savons où vous trouvez

Rêver n’aura jamais été aussi facile

 

Nous rappelons aux travailleurs de plus de cent dix ans

De changer de couche culotte une fois par trimestre

 

Une zone détente a été ajouté à notre complexe industriel

Tous les enfants recevront en prime une collation surprise qui correspond au plus hauts standards de l’industrie

Nous gardons à l’esprit de stimuler votre productivité avec des couleurs chaleureuses que même votre grand-mère ne saurait quitter

Vous êtes ici chez vous

 

L’enfance c’est la mort

Devenez productif au plus vite

Ne retombez pas dans l’enfance

Prenez votre cachet

Anti Alzheimer pour intégrer le plus vite les exigences nouvelles de la Machine

 

Nos services vous fait une offre imbattable

Adhérer dès aujourd’hui à notre programme de conditionnement

Il suffit de signer dès aujourd’hui votre contrat de licence

En quelques minutes vous pourrez commencer à construire avec nous un monde plus productif, plus sécuritaire, plus près de nos objectifs

Bâtissons le monde de demain

Marchez droit

Signez le formulaire

Une plume vous est offerte en cadeau

On se sent léger avec les plumes

J’ai signé un nouveau bail pour mille ans

Celui-ci est plus attractif
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#drelinDrelinLeTéléphoneSonneCommeUnPoèteEngagé

*

Tu perds les eaux

Pucelle 

Déjà souillée

Déjà capitalisée

Un avorton à l’aviron

Entre tambour

Ailerons ou détritus

C’est l’égout qui chante

la pluie fait des claquettes sur une bombe

Ma femme a des gros seins qui explo- qui explosent!

C’est du c4 dans un 95b

Je chante sous l’acide

Je chante un air candide

Cultive ton jardin

Sème la semence stérile

Vole terre 

Terrain privé

Jardine ma pine 

Sous les pinèdes

Et suce mon piédestal

Confesse ta supériorité 

jure sur ta pureté 

fais-toi homme

le seul le pur

avec tous les javellisants

à ton pedigree

ta nature

Un con 

Une conne 

Un connard 

Un corbeau

Une abeille 

Un prêtre pédophile

À bicyclette

Une nonne qui hanonne

Une bonne troussee par un juge en culotte courte

La croisière des gens heureux

Une cire à barbe

un peigne à pelote

une trousse à manucure 

une pub de rêve longtemps

et une baleine en haleine

Une cure de vieilles eaux usées

Un massage d’eau rousse

Sur la peau de l’oiseau

Une aile sur la langue d’Éloise

Tu vois le bruit de l’os

tu entends la couleur des tissus

tu admires la ligne complète du corps exposé

tu auscultes les tendances renouvelées

Un cube 

Un curé hulule 

À la lune

Un pape en robe de mariée

Pavoise

Mais l’oiseau ne sait plus voler

Il est gluant comme mon gland

Un clic un like une branlette dans la gamelle et le sommeil dans le satin terreux
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En passant

#laGare

Deux hommes sur un banc. En face d’eux, une voie ferrée, une seule. À dix mètres une fine plage déserte. Puis la mer jusqu’à l’horizon.

Gontran : Il me semble que c’était hier…

Une mouette passe et se fout d’un graffiti qui dit : « Sous les pavés la plage ».

Paulo le cafard amnésique se gratte la tête en se demandant pourquoi il y a deux cons sur un banc.

Lionel : T’en souvient-il, Rodolfe, des blés dorés avant le clônage?

Gontran : Je fus le roi Rolmopps premier. Je vais en transylvanie manger ma nièce Berthe aux grands pieds.

Lionel : Quelle heure il est chez toi?

Le chien pékinois : Wok! Wok!

Un cloporte colporteur sur un unijambiste cycliste : ¡No passaran!

Gontran : J’attends ma montre. Le train de la chance ne passe qu’une seule fois.

Le lapin rose qui sort du bordel. J’suis en retard. Où c’est le train fantôme qui m’a posé un lapin.
Deux lièvres courent devant un graffiti et se foutent du slogan qui dit : « L’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation. »

Lionel : J’ai joué aux billes avec Mathusalem, il trichait toujours.

Une blatte qui a le cafard vénère un scarabée.

Gontran: Tu te rappelles, Isidore, Mathilde de la Guilde lorsqu’elle roulait en patins?

Un essaim d’abeilles tague sur le mur derrière les vieux cons : À bas Mosanto. – Les intellectuels AUCHAN

Un bourdon qui a le bourdon passe devant le mur et se lamente sans voir le slogan qui dit : « Tout politicien rasoir doit être jetable. »

Lionel : J’ai voyagé avec Hercule Poirot dans l’Orient-Express. Maintenant c’est un légume.

Gontran : J’ai connu des pucelles aussi délurées que Sainte-Nitouche qui a été battue à plat de pine.

Lionel : J’ai été amoureux d’une cantatrice poilue. Elle avait des seins de rhinocéros.

Un vieux singe passe et fait la grimace sans piger que dalle à un graffiti qui dit : « Libertad o Muerte ».

La mouette muerte : Je trépasse!

Gontran : Tu te rappelles, Félicien, les boucles d’or d’Ursule la petite fille aux cigarettes.

Le mur derrière ces très vieux cons : J’étais enfant. Je faisais le mur et l’école buissonnière. Te rappelles-tu de Berlin et de la Palestine?

Lionel : Te souviens-tu, Ignace, la fois où j’ai vu les flics abattre un Blanc dans la neige?

Le chat noir et blanc pissant sur le mur : Faudra faire lever la patte à ces chiens de fascistes!

Une colombe passe et chie sur un graffiti comme une mouette chie sur un président qui se fout du slogan qui dit : « Liberté, égalité, fraternité. »

Gontran : Te rappelles-tu, Boniface, ma main dans ta gueule de farce?

Lionel : As-tu souvenance, Casimir, des bons du Trésor de l’enfance. Tu trichais aux billes.

La jument grise passe au galop sans se soucier du graffiti qui scande : « Ni pute, ni soumise! »

La bonne du curé passe sans chemise, sans pantalon.

Une cigale criant famine se désole sans voir le graffiti qui dit : « Élections piège à cons ».

Gontran : Jamais, je n’ai eu un ami comme vous attendant ma perte.

Lionel : J’ai toujours cru en ma bonne Étoile. Elle ramasse toute la poussière.

Un aigle à deux têtes passe en se fichant du graffiti qui dit : « Si je n’étais pas reine, je serais anarchiste. En sommes, je suis une reine anarchiste. C’est ce qui fait que la cour me dénigre et ce qui fait que le peuple m’aime. »
Un paquebot au pied beau passe en se rappelant un poème de Jean Cocteau.

La marésalope passe et ratisse les algues sans se soucier du graffiti qui dit : « Je suis un anarchiste qui traverse dans les clous pour ne pas avoir d’ennuis avec la maréchaussée.

Une hirondelle passe sans faire le printemps.

Une fourmi féministe : La foule est punaise. Vive l’âne et l’anarchie!

Gontran : Savais-tu, Elzéar, comme le disait George Brassens, le véritable anarchiste marche toujours entre les clous parce qu’il a horreur de discuter avec les flics.

Lionel : La mouche se mouche. Touché coulé!

Deux pies verts qui s’épivardent sur le beurre et l’argent du beurre passe sans prêter attention aux vieux cons sur le banc.

Trois naïades à genoux sur une vague, une policière en jarretière. Une infirmière infirme.
L’autre plombière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons.

Trois sirènes à la course les suivent : Cunégonde la policière en polissonne.
Eulalie l’ambulancière ambulante.
Hildegarde la pompière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons!

Gontran : Les coquelicots sont à la lune ce que sont les amis à l’oubli.

Le vent passe. Un cul en cache un autre. Sous l’effet du Papillon, survient la chute du mur.

*****

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En passant

#cEstArrivéAujourdHui

Dans un carton, en bordure de route, le Merveilleux quémande des Yeux, afin de déjouer les publicités ambiantes.

C’est un poisson qui miaule.

Dans la vitrine du maraîcher, une fraise a appris à nager dans l’eau saline du Gulf Stream.

C’est du miel sur un blé d’or.
Un chauve souris dans sa caverne.

Dans les livres pour enfants, un milliardaire se fait justice au nom de la veuve et le chou.

C’est du vin qui coule dans les catacombes de Paris.

Dans les colonnes d’un quotidien, un consensus fabrique des contrepieds aux vacuités à la mode.

C’est la lune dans le bleu de tes yeux.

Dans les boucles de Rosette, les doigts d’un poupon se noient comme une marée noire dans un carton qui s’ouvre comme le ciel qui quémande l’innocence après le Déluge.

C’est une perle, une bille.
C’est l’enfance pas encore assassinée.

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Crédit photo : Henry « box » Brown, by Collectie Stichting Nationaal Museum van Wereldculturen, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38618231

En passant

#offreSpéciale

Venez au marché de la Mort!
Moins 50% pendant la quinzaine commerciale tombale!
Les vieux os sont gratuits!

Veuve à vendre. Les vieux meubles sont en option. Recevez en prime une boîte de lettres d’amour!

Oyez! Oyez!
Moins 200 % sur le sperme du Diable.
Tout est à vendre,
Même toi, mon amour!

Abonnez-vous dès aujourd’hui à votre petit pain quotidien. 10% de réduction à la présentation du coupe-gorge!

Tout doit disparaître!
Liquidation totale!
Même les pauvres!

Cette semaine, chez Tout ce qui bouge! Le dernier album de Nique ta mère.
Et aussi chez les productions de la Soupe Populeuse, le Bal au trou!

Attention! Attention!
Il n’y a plus rien à vendre dans mon lit!
Mon cœur est fermé
Par injonction judiciaire!

Viens profiter du sot à la corde.
Le pont est ouvert aux chômeurs!
Ce soir, la fête des Morts fera ta fête!
Plus festif que ça, tu meurs!

L’anachronisme, c’est l’anarchie en paquets de dix! 😉

On vend tout! Même nos amis!

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En passant

#contePourNenfants

J’ai déposé un canard dans ma baignoire
Et une radio dans mon eau

Mon lit est suspect
Je le soupçonne de faire double-je

L’arbre m’épie
Il chuchote des commérages aux écureuils

Mon lit se prend pour un corsaire
Des fois il vogue et vague
Parmi les corsetières

Mon lavabo se plaint de toute la vaisselle
Une poêle, une casserole et une cuillère
Un bol, une assiette et un verre

Julie est partie sans faire le ménage
Ma baignoire a un bébé qui fait de la pub à radio France

Mes chemises sont sur le plancher
La penderie est libre pour un flirt
Je reluque ma ceinture

J’ai grossi depuis que Bernadette est partie avec Julie
Ma graisse engraisse le frigo

La pipe s’est cassée avec Julie
On est loin de la pute aux lèvres

J’suis malade et un peu cubiste
Y a ma grippe qui a fait une plume à Picasso le torero

Je plie les langes dans les selles
Que Julie revienne dans mes draps

Faut tout lessiver
J’ai le cerveau en composite

La nuit est toujours blanche comme neige
Je n’ai plus de péchés capiteux

J’m’en branle comme ma première soupière
J’ai les fois en dehors de mon cul

C’est dans les vieux pots qu’on pose les vieilles chattes

Ceci est un conte pour nenfants

PS : ne pas nous signaler à la police FB

***
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Crayonnages

Crayonnages

Isoloir et peau de banane

Une pièce exiguë sans fenêtre, un lavabo, un lit de camp, des magazines pornographiques.

Un homme se lève du lit. Il prend une craie blanche de sa poche et dessine une fenêtre. Il l’ouvre. Une mouette entre et lui chie sur la tête. Un nuage entre et il pleut dans la pièce. L’homme efface la fenêtre.

– Ça va être un grand jour aujourd’hui. Je le sens, l’air est frais comme un petit téton.

– Mais qu’est-ce qu’il fout mon humain? se demande Clodius le chat. J’ai faim moi. Tiens! Un rhinocéros à la télé!
– Hello! Hello! Jour d’élection! Tous les articles jaunes et rouge de plus de vingt ans doivent se rendre aux isoloirs! Sinon, c’est un temps de merde pour une vie de merde, beugle la télé.
L’homme dessine une peau de banane pour la pâtée du chat.
– Connard! Dessine-moi une souris verte avec des gros lolos et en portes-jarretelles hongroises, et talons aiguilles! Siffle le chat entre ses crocs.
– Salut, le chat! Si tu veux je te lis un poème! Propose Guy Livingston le goéland.
Clodius pense en lui-même : « Mais qu’est-ce qu’il veut ce piaf? »
Guy scande quelques vers :
Sous un ciel paresseux
Un soleil échoué
Un enfant lit le message des Dieux
Puis le souffle court ,
il court, il court
après la Vie.
L’homme dessine une porte pour se rendre à L’ISOLOIR.
La pièce s’effondre de solitude.

Le petit chat est mort mangé par la télé mangée par le goéland.

*

L’ISOLOIR, un café de rue, sympatique. Robert de Fesse Blanche se plaint : « J’ai perdu ma femme! T’imagines!? Elle portait des portes-jarretelles hongroises et talons aiguilles! Je ne l’ai plus revue. » Robert sanglote sans pause, sans sucre, sans rien. Sang d’encre.
L’homme lui dessine une souris verte qui glisse sur une peau de banane.
– Tu vas voter? demande Lionel à Robert. Moi, je suis perdu! J’irai bien aux îles Mouk-Mouk danser le Hula Hoop avec Julie.
L’homme lui dessine une île déserte avec Julie dans un isoloir mangeant des peaux de bananes.
L’homme dessine une porte et va aux toilettes.
Guy Livingston le goéland entre par la fenêtre et chie dans la cuvette.
*
Gontran et Églantine se trouvent à la plage des îles Mouk-Mouk. Il y a des grains de sable, des miettes de pain, de la poussière et des regrets partout dans les cheveux de la Folle aux Shahs. Mais ça ne regarde pas nos deux amoureux, pour peu qu’ils soient amoureux, ou qu’ils le veuillent, ou qu’on le prétende, ou à ce qu’il puisse paraître, là maintenant en les regardant se regarder.
– As-tu des nouvelles des élections? demande Gontran à Églantine.
– J’ai loué un voilier pour notre promenade. Il s’appelle « Le goéland qui chie sur la cuvette » Quel drôle de nom! s’exclame Églantine en posant sa tête et son livre sur les genoux de Gontran.
– Il faudra demander à ta tante Julie de garder Clodius. Tu connais les chats, ils foutent le bordel dès qu’on a le dos tourné!
– T’inquiète, elle va te le tenir serré.
– Quoi ça? Dit Gontran coquin.
À l’embarcadère, le capitaine refuse d’emmener Églantine à la raison qu’elle a une souris verte dessinée sur sa robe. L’homme gomme la robe d’Églantine qui se retrouve toute nue. Le capitaine la kidnappe et s’enfuit avec le voilier.
L’homme dessine un dauphin. Il grimpe sur son dos. Rattrape le voilier et y dessine une écoutille. Il entre.
– Un dindon à bord! d’alerter la vigie alarmée.
La télé de la cabine du capitaine gueule : « Avis de tempête dans la culotte d’un zouave. Les femmes et les enfants d’abord! Mille sabords! »
– Dis maman, c’est quoi la dictature des Médias? grésille la télé miniature du bosco.
Guy le goéland entre par l’écoutille et chie sur la mappe-monde.
Au loin la tempête s’annonce comme un festival de F1.
Un tsunami balaie tout sur son passage. L’homme dessine une arche de Noël et y dépose Églantine et Gontran en leur laissant un régime de bananes et un paquet de capotes.
L’homme dessine une porte.
*
L’ISOLOIR, boîte de nuit, sympathique.
– Putain, je suis trop vieille pour ce genre de truc, pense Julie. Elle rafraîchit son rouge sur les lèvres à l’aide du miroir de poche. Au bar, un jeune homme s’ennuie.
– J’vous sers un Goéland qui chie! dit la serveuse sortie du brouillard comme un iceberg. C’est du rhum avec un nuage de lait de coco.
– C’est quoi ton nom? de demander le jeune homme surpris. Il sourit enfin.
Églantine de Pinardière. Je sers ici le soir pour payer mes études en sciences politiques. Mais je parle jamais de politique, mais j’aime bien sucer les marins, chuchotte-t-elle de façon à se faire bien entendre.
– Wow! Politique! C’est pas un milieu d’homme la politique? J’veux dire, c’est pas dur contre les femmes? Hé! Je suis marin de bar en bar. Moi, c’est Barnabé.
Gontran arrive au bar soûl comme un chat perdu. Qui est-ce qu’a vu…  Burp! Hips! Ma guenon? S’appelle… Hips! Julie… Hips!
– Coucou Tantan! Je t’attendais… ment Julie qui se sent coupable.
– Bah! Je reviens te chercher… Hips! Je sa… savais que… que tu m’attendais.
– Ben mon salaud! T’en tiens une foutre bonne comme un goéland bourré au Prozac. Ben pour la bagatelle, tu peux te taper la bite sul’front.
L’homme dessine une boîte de Viagra dans la main de Gontran et efface les rides du vieux couple.
La télé de l’ISOLOIR annonce : « Nous rappelons qu’après minuit, les prix augmentent de trois cent pour cent pour les célibataires. »
– Tu finis à quelle heure, Églantine? de demander Barnabé.
– Je fais la fermeture… de répondre Églantine avec une moue embarrassée.
Une hongroise s’approche de Barnabé : « Hé! Marin! Hips! T’m’offres une souris verte… Hé! dis? »
La télé ayant la diarrhée avertit les hynoptisés.
– Paraît que c’est la grippe des îles Mouk-Mouk! Aux abris!
– Hé marin! C’est ton jour je vous offre une souris verte (elle regarde à gauche puis à droite) elle glisse un paquet de capotes La souris verte : « On l’aime sous la couverte! »
La hongroise vomi dans le verre de Barnabé. Le jeune homme sort son schlass et trucide la pute. L’homme sort sa gomme et efface les dommages et intérêts.
Horloge : 22h. Églantine se fait chier.
Le marin gonfle les capotes et tire la voile.
L’homme dessine une porte et va au guichet du coin. Le guichet automatique invite l’homme comme une hôtesse de l’air : « Veuillez insérer de la monnaie : 2$/crédit. »
L’homme ajoute mille zéros. Prends la tune. Nique la banque. Efface la machine.
L’homme dessine une porte et va porter une part à Églantine, qui fout le camp aux îles Mouk-Mouk et invite tous ces amis au restaurant Le goéland qui chie sur la cuvette sauf  bien-sûr qu’Églantine part aux îles Mouk-Mouk.
La télé du restaurant chiale : « Tout est foutu! Personne n’a voté! »
*
Ruelle sombre. Sympathique. Clodius le chat de ruelle fouille dans une poubelle. Il trouve une Bible et trois bouteilles vides. Clodius est déçu : « J’irai pas chier loin avec 15 cents! »
Une porte en or s’ouvre . L’homme appelle Clodius. Le chat court le rejoindre. La porte se ferme avec un salut militaire.
Clodius au Banquet des Dieux s’écrie heureux : « Nom d’une souris verte! Vise-moi toute cette boustifaille! »
Guy le goéland entre par la fenêtre et chie sur un portrait de la Reine.
***
Image

#affaires

Une table rase à mon chevet,

Je fais main basse sur tes mollets.

J’ai déshabillé le rasoir électrique

Il m’a parlé de toi.

L’abat-jour rougis

au souvenir de tes nuits contre moi.

Le linge seul a gardé la fragrance de ton cadavre.

La prise du téléphone

et mon index pris comme une bondieuserie dans mes appels.

Ma gamelle n’est pas remplie d’eau bénite.

Demain il fera beau

C’est une grenouille à genoux qui me l’a dit.

Tes grimaces s’effacent des Photomatons.

Tu as au grenier le grimoire des grimaces.

Vas avec à l’assemblée des limaces

Et joue de l’accordéon.

Porte à ton cœur un coup de voix et gueule comme un hippodrome à la radio.

Mes lacets attendent leur pendu du jour.

Ils font acte de bienfaisance.

Il faut bien désengorger l’humanité comme les escargots.

Un petit peu de pep pour les penseurs

pendus aux pendules toujours en retard.

Mon lit est une brocante.

On y trouve de tout

Même des cercueils pas chers. 


Guy Lechevallier (en gras) et Clodius, 2016

#lesJuponsDuDiableRose

Les jupons du Diable Rose

Une pièce pour la visite

Acte premier

Chez Julie. Architecture de Cortone. Horloge : 19h. Meubles de chez BC Bertrand. Décor blanc, chrome et boiserie. Télévision dans chaque pièce : émission de décoration d’intérieur. À l’écran : Décor blanc, chrome et boiserie. Télévision dans chaque pièce, etc. Sourdine.

Scène une

Julie (habit de bonne, robe noire, tablier blanc, plumeau)

Lionel (soutane généralement noire, Bible habituellement biblique)

Julie (époussetant la table de la salle à manger)
Bien. (Se cure le nez. S’essuie contre son tablier, décolle la chose et se frotte les doigts pour la faire tomber sur la table et continue l’époussetage) Ben voyons, mettons nos Morts à table! Que de poussières! (Temps) Lionel!

Lionel (face à la fenêtre, un bras dans le dos, mi-Napoléon mi-Bonaparte)
Les rats sont cuits comme des flemmards dans l’eau creuse. J’entends les hiboux chanter. Est-ce déjà la saison des amours?

Julie (lovant le torse de Lionel, derrière lui)
Tu vois le cerisier qui secoue la prune, c’est aussi ça la dévotion. Un peu de faim et beaucoup de gourmandise. (En murmurant dans la nuque) À quoi bon rêver de glaces à la famille, si c’est pour coudre le feu au foutre? (Elle mets brusquement une main sur le sexe de Lionel)

Lionel (le sang à la tête)
La lune se lève. Je sens déjà les squelettes de nos invités s’approcher. Il me faut courir la soubrette. J’tiens plus. J’veux d’la chair fraîche! (Il repousse Julie)

Julie (Vexée en narguant Lionel en l’époussetant, il bat l’air comme un chat qui fait aller ses pattes contre une plume au bout d’une corde élastique, que l’on trouve chez toutes les bonnes boutiques d’animaux dans la section des accessoires pour chats)
Eh! Bonjour monsieur du Corniaud! Que vous êtes poli! Que vous me semblez gros! Sans hennir, si votre carcasse se rapporte à votre cuirasse, vous êtes au zénith des os sur ce tas! (Elle crache par terre)

Lionel (replaçant son col)
Mais quelle est cette manie d’engager des gens de maison qui datent de Mathusalem? (Julie touche à son visage cherchant les terribles marques infâmes du temps dans son reflet de la fenêtre trop occupée à méditer sur le sens caché des pièces de théâtre qui ne nous enseignent rien au sujet du vieillissement de Julie, mais qu’il faut lire à la lumière de ce que l’on sait déjà, bien qu’il pourrait être utile d’en savoir un peu plus sur le sujet… Okay, je n’ai rien à ajouter. Merci de votre attention.)

Julie (laisse tomber son plumeau les doigts tendus, écartés, figés)
Mon doux Lionel (entre les dents), fais-moi plaisir et ouvre deux boîtes de sardines pour chaque invité. (En piquant à répétition d’un doigt accusateur, ou en piquant frénétiquement d’un doigt accusateur, ou en piquant intempestivement d’un doigt accusateur) Ils ne tarderont pas à surgir intempestivement contre les carreaux. (Gifle)

Scène deux

Julie, Lionel,
Gontran (un froc de bure, deux crucifix, trois dents, quatre cheveux, cinq taches de rousseur, six verrues, sept clés, huit pièces d’or, neuf vies, dix doigts de pied, etc.)

Lionel (détroussant Gontran)
Ha! Gontran, laissez ces crucifix! Et venez me lustrer le vit. Il me faut gicler jusqu’au Ciel.

Gontran (cachant son malaise)
Julie, que vous êtes ravissante ce soir! On jurerait Audrey Hepburn dans Dallas! (embrassade, à ne pas confondre avec ambassade, ou encore Bachar à la plage ou Babar à la Sade!) Et vous, cher Lionel (ton plus grave, d’une tierce tout au plus), et vous… Oh! Mais serait-ce 20 centimes sur la moquette? (Ton de fausset, pas de castrat. Soyons réalistes!)

Julie (ébahie comme une veuve devant la saine verge)
Nous en avons de la chance! (On voit sa craque de seins)

Lionel (avec un pli coupable à la lèvre)
Môa! J’vous laisse… (se passant la langue sur les babines) J’vais donner une petite leçon de morale au fils du charpentier (sourire en coin).

Scène trois

Julie, Gontran,
Marquis de la Saute (toge blanche, sandales montantes, grappe de raisins verts, dague dans un fourreau et puis quoi d’autre encore de fourré quelque part)

Gontran (attrapant Julie par les épaules, les genoux fléchis d’excitation)
J’entends sonner! (en claquant ses mains remplies d’expectative)

Marquis de la Saute (sur un ton jovial en espérant vous instruire sur son identité)
Hé! hé! les amis! Je suis le Marquis de la Saute! Est-ce bien ici la petite sauterie existentielle? (en claquant ses mains remplies d’expectative)

Julie (faisant un pet de dessous de bras, la main coincée sous son aisselle, les spectateurs sont perplexes et doutent de notre santé mentale)
Marquis! Quel plaisir de vous avoir à dîner. Nous commencions à avoir faim depuis… (Elle insiste sur le mot “faim” langoureusement.)

Marquis (dansant le Charleston)
Ha! Chère Julie! Je me réjouis d’avance de vous retrousser les babines! Et mon ami, mon cher Gontran, avez-vous toujours cette appendice en boute-feu? (Il remue les hanches de droite à gauche.)

Gontran (ayant un air piteux)
Je ne saurais dire… c’est que depuis… depuis la mort de Grise-Mine — Grise-Mine c’est mon concombre de mer, une espèce rare, un bijou, que dis-je, c’est une péninsule, un cap! Les Holothuries (Holothuroidea) sont une classe d’animaux marin de l’embranchement des échinodermes au corps mou et oblong, et possédant un cercle de tentacules autour de la bouche. Elles sont aussi appelées Concombres de mer ou Bêches de mer (voire biche de mer par déformation en Nouvelle-Calédonie) mais également vier marin sur la côte marseillaise (du provençal viech marin, sexe marin) — depuis la mort de Grise-Mine, je nique la bonne… (il fourre son nez entre les seins de Julie) Voilà, c’est dit! (Sanglots longs des violons des Pucelles.)

Julie (tripotant la nuque de Gontran)
Ho! Ne vous en faites pas mon ami : elle nous tripote tous cette gueuse. En ce qui me concerne, je préfère le taureau du Père François.

Marquis (enjoué, oui, oui, il a arrêté de danser le Charleston depuis un temps déjà :-p 😉 😀 X-D ^_^ =^x^= )
Ça sent la poule! Julie, la porte… On sonne. (signe d’impatience)

Scène quatre, tant attendue par la critique

Julie, Gontran, Marquis de la Saute,
Isabiau (femme fatale robe-poisson rouge, nageant dans le bonheur, fume-cigarette long, 2,99 €, livraison gratuite avec achat de plus de 50,00 €, chapeau à plume, boa assorti)

Isabiau
(glissant aérienne, ondulant des hanches comme une danseuse de carnaval)
Hello. Hello. Excusez-moi, mais auriez-vous aperçu mon époux le comte Robert de Fesse Blanche? (aucune réponse, son auditoire est tout aussi subjugué que ses protagonistes, gloussement de sentiment de puissance) Puis-je danser avec vous cette gigue du cul endiablée? (friture vocale, tessiture profonde et inimitable) Je me nomme Isabiau, pucelle ou presque du comté ou presque.

Marquis (s’imaginant au lit avec Isabiau, c’est le moment critique… )
Gente demoiselle, je me dois de me montrer flatteur devant votre exquise beauté : Tu suces-tu?

Isabiau (fière, souveraine, dominante : Qui ça? Moi?)
Cette pratique me fut enseignée naguère sur la route de Damas. C’est alors que Marquis ne put cacher son érection. Julie ne se sentait plus la vedette, ainsi elle pensa : « Cette Isabiau, quelle garce, alors! » Mais l’auteur de la pièce rectifia comme suit : « Cette Isabiau, quelle petite dévergondée, alors! »

Julie (¿¡Mais c’est moi qui décide Isabiau! Depuis quand tu écris un roman dans MA pièce!?)
Oh! Vous avez donc voyagé, comtesse Isabiau! Comme c’est pratique! Il ne s’en fait plus des voyages semblables! (En espérant regagner l’attention des mâles) Marquis, Gontran… (Puis ne voulant pas faire sentir la compétition, ajouta Isabiau se prenant pour une dramaturge, du coup, tu ne comprends plus rien… ) Comtesse Isabiau… Je vous offre du Coca Light?

Tous en coeur
(comme des mômes modèles dans une pub américaine de mauvaise qualité des années 80)
Jamais! Jamais! Mais que du foutre et du bon! (sourires niais et forcés (y) )

Acte second
(NDLR : Ne pas confondre les actes et les états.)

Dans la chaumière du charpentier. Horloge : je ne sais pas. Éléments de décor supplémentaires si le metteur en scène le désire. Si tu lis, imagine des trucs, je n’ai pas que ça à faire décrire des décors!

Scène une

Lionel
Messi du jupon (déguisé en dépressif, mais le plafond ne s’en rend pas compte)

Messi aux jupons
Ô Lionel! Que vois-tu dans ton horoscope?

Lionel (Ne pensant pas à Isabiau)
Ah! mon cher enfant. Mon cher petit Jésus qu’on caresse au coin du feu. Voudrais-tu sucer une queue de cerise?

Messi SANS jupons
À l’Halloween, on peut se pendre à qui on veut. J’ai connu des sangsues qui ne te lâche pas d’une séquelle. Alors, cet horoscope, il est gentil avec toi?

Lionel (Ne pensant pas à Julie)
Vois-tu ma p’tite couille, l’avenir est le contour du Temps. (Temps) Oh! comme tes fesses sont tendres à souhait! Miam! Miam!

Mais si, Messi avec jupons!
Ô Lionel! J’irai bien à Damas avec toi, mais les poules, ça mange… comme… des hommes, comme…

Lionel (Ne pensant pas plus loin que le bout de son appendice, qu’il voudrait qu’on lise sur les lèvres)

Mon p’tit fripon, vois-tu l’échangisme est le fondement de la mondialisation. Il faut viser la jouissance globale.

Pendant ce temps là, dans les caves du Vatican, on compte des bonbons à l’eau de rose…

Okay, pourquoi pas Messi qui court après les jupons?
Ô Lionel, quand j’irai demander des friandises sur les genoux du Pape, mon bon Lionel?

Lionel (absorbé par les jupons de Messi)
Ha! mais faut être un bon suceur de cierges auparavant.

Moi, je dis Messi qui se cache dans les jupons de sa mère…
Tu vas me le montrer comme sur la route de Damas, dis Ô mon doux Lionel?

Lionel (Soucieux de se faire sucer sous sa soutane)
Tu es l’élu parmi les benêts. Voudrais-tu aller à une petite fête chez moi?

Que dis-tu de “Messi qui ne voit pas que le jupon dépasse”, dernière offre, après je me barre?
Oui, je pourrai voir les lolos de Julie. Ils sont si juteux! Ô mon tout gentil Lionel!

Lionel (Obsédé par sa petite affaire, qui grandit dans sa tête et son froc)
Bien. Monte sur mes ailes et allons faire ton éducation.

Le Messi qui laisse des jupons tout le long de ses aventures, pour garder en vue le droit chemin. Et ça, c’est romantique.
Hop! Au galop!

Acte troisième

Dans la caverne de Lionel. Un arbre habillé pour le carnaval de Rio. Des paquets de viande froide au pied du Vésuve. Un rossignol qui chantait le temps des cerises le temps de mettre l’eau à bouillir et de lire une pièce de théâtre près de l’âtre dans une pelisse douce comme sa première fois avec Rosette qui aimait les rouflaquettes et sucer les caramels au beurre chauds des petits garçons qui lui couraient après en lançant des cailloux sur les rossignols qui chantaient le temps des cerises. Dis, Isabiau? Est-ce que demain, c’est carnaval?

Scène une

Marquis, Julie, Isabiau, Gontran

 

La dinde (se secouant les plumes)
Meuh!

Julie (chevauchant le cerbère du marquis)
Ventre saint gris! Quelles belles galipettes que celles-ci!

La dinde (se secouant la tête. Et la tête!)
Meuh! Meuh!

Marquis (filmant les prouesses de Julie)
Tu es chienne! Tu es chienne! Fais-moi mal! Souris, regarde la caméra!

La chienne (qui se rince l’os, comme un rhinencéphal)
Wouf! Wouf!

Gontran
Ah! Mais que je raffole de ces mégères transgéniques!

Acte quatrième

Sur le chemin.

Et je ne sais pas moi, mon trésor, quand se passe la pièce? Et puis c’est toi l’auteur!

Scène une

Messi, Lionel

Messi
Dis, Lionel, je voudrais devenir une Rock star et finir punaisée sur les fesses des pucelles! Que de cocaïne je snifferais dans la raie des fesses!

La vache (avec la voix d’une commère qui aime les commérages)
La vache!

Messi
Dis, elle est encore loin ta crèche? Moi, j’en ai marre de marcher sur les flots du Désert.

Acte cinquième

Pendant ce temps là, la vieille Chouette s’ennuie sur un atome d’uranium. Messi et Lionel arrivent à dos de dindons à la sauterie.

Au loin, un tremblement de vers de terre…

Ah! Non, tu voulais t’immiscer dans l’écriture de la pièce : tu continues!

Chez Julie, Messi et Lionel sonnent à la porte.

Scène une

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel

Sonnette aux sornettes
Dindons! Dindons! (Temps) Dindons! Dindons! Dindons!

La dinde et les dindons (en choeur, se secouant les puces comme un cocotier)
Meuh! Meuh! Meuh!

La fenêtre
Y a rien à voir! Passez votre chemin!

Julie
Ferme-la, la fenêtre! Ho! Hé! Non mais! Eh bien! Venez faire bonne chair avec nos vieux os Lionel ne traînez pas! Bonjour Messi, tu es beau à croquer, mon petit suçon!

Scène deux

Derrière le décor un vaisseau blanc accoste, mais il a rien à voir ici bas.

Oh! L’auteur est un patriarche, on dirait!

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel,
Comte de Fesse Blanche (justaucorps blanc, maillot blanc, espadrilles blanches, bandeau blanc, bracelets blancs)

Gontran
J’ai besoin d’une moule fraîche!

Le vaisseau exhale une fumée sulfureuse qui s’échappe d’une écoutille. Un son de pression accompagne la sortie du comte de Fesse Blanche qui saute hors du vaisseau.

Isabiau (qui a pris du gras)
Buuurrrppppp!

Lionel (qui marche sur des œufs)
Faisons un bûcher pour le nouveau gland!

Isabiau (la bouche pleine)
Slurrp! Sluuurp! Slurrrrp! Buuuurppppp!

Gontran (la main à la pâte)
Vous faites des progrès chère Isabiau!

Isabiau (qui aime le gros lard)
Please Sir Gontran, just a laterine latine. Give me a break!

Julie (qui a du pain sur la planche)
Ho! Mais que voilà un doux jésus à pendre!

Messi (ça roule dans la farine)
La pendaison est facile avec tes nichons Ô douce Julie!

Marquis (sortant du cul de Lionel)
Et si on inventait un nouveau culte?

Julie (bouffant Isabiau qui fait la planche)
Ho! Ho! Oui! Oui! Oui! Mais faudra manger un goûteux.

Comte de Fesse Blanche
Salut! Peuple de la Terre! Je suis venu en paix pour vous niquer!

Lionel (qui se fait la planche)
Nous allons sacrifier de la chair fraîche qui sent le riz au lait!

Messi (qui saute sur le coq de l’âne)
Et si on allait faire une partie?

Isabiau (le cul contre la jatte de Julie)
Oui mon lapin! Viens sauter sur mes cuisses!

Acte sixième
Tous droits réservés aux adultes.

Mais soudain dans un hurlement inconcevable et incongru, nos héros et concubines se trouvèrent dans le désert de Bellezébite.

Oh! Pardon Isabiau, pardon à toute la gente féminine.

Scène une

Gontran, Marquis, Julie, Isabiau, Messi, Lionel, Comte de Fesse Blanche,
Bellezébite (nu comme un vers)

Bellezébite
Venez à moi petits rongeurs affamés ma bite est en flammes juste pour vos jolies quenottes!

La dinde (se secouant le bas des reins et fait coin coin)
Meuh!

Julie (pointant Bellezébite avec son plumeau, l’air vindicateur, les cheveux dans le vent)
J’ai du bon Coca Light dans mes tétons. Venez à mes mamelles mes enfants! Ne transigez pas avec ce scélérat!

Messi (qui avance vers Bellzébite, recule vers Julie puis retourne vers Bellezébite)
Flûte! Je connais pas les règles du jeu.

Julie (une coulisse rouge à l’intérieur de la cuisse)
Dieu soit troué! Mes règles reviennent!

Lionel
(un tampon hygiénique, la corde pincée entre le pouce et l’index, l’auriculaire en l’air)
J’ai ici des petits sablés qui seront succulents avec votre sang, Julie.

Gontran
Vade Méat-Cum Santa Claus!

Bellezébite (en aparté)
Heureusement que j’ai pris mon Viagra pour tenir le coup!

Le Saint Esprit (en costume de bain Speedo et en sueur)
Il fait chaud ici! Où est l’idiot du village?

Messi (dansant la danse de Saint Guy)
C’est môa! C’est môa! (À califourchon sur Bellezébite. Les flammes sortent de ses yeux.)

Isabiau (le cul sur le visage de Bellezébite)
Suce mes lolos de Sainte Vierge mon petit, mon lait est frais de ce matin!

La dinde
Jouez au bois! Résonnez musette!

Acte septième

Scène une

Julie (nuisette)

Lionel (caleçon)

Et comme une porte qui claque à la gueule. Chez Julie. Horloge : 7h. Télévision dans la chambre. À l’écran : neige. Sourdine.

Okay. Ne recommence pas.

Julie (au réveil)
Oh! Lionel! J’ai fait un drôle de rêve. Et si on faisait un enfant? On l’appellerait Messi; il serait joueur de football comme toi à Barcelone.

Deux chats à la fenêtre. Rideaux.