*
personne ne parle cette langue putrescible
alors je vais vous la ramener avec ces bruits d’oiseaux
je vais vous parler de mars
de la boue
et des lombrics
car j’évite le visage inconnu des inconnus
j’évite les yeux des yeux
personne
c’est beaucoup de gens
qui ne parlent pas la langue des morts
celle qui répond par des échos
à quelques détails près
je n’ose pas investir
le passé
d’un regard optimiste
ni le leur
ni le mien
et pourtant
ces façades
où se rencontrent la vie et l’éternité du jour
et que l’on oublie une nuit le temps de se connaître
#réflexion
*
j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#réflexion
*
j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#drelinDrelinLeTéléphoneSonneCommeUnPoèteEngagé
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Tu perds les eaux
Pucelle
Déjà souillée
Déjà capitalisée
Un avorton à l’aviron
Entre tambour
Ailerons ou détritus
C’est l’égout qui chante
la pluie fait des claquettes sur une bombe
Ma femme a des gros seins qui explo- qui explosent!
C’est du c4 dans un 95b
Je chante sous l’acide
Je chante un air candide
Cultive ton jardin
Sème la semence stérile
Vole terre
Terrain privé
Jardine ma pine
Sous les pinèdes
Et suce mon piédestal
Confesse ta supériorité
jure sur ta pureté
fais-toi homme
le seul le pur
avec tous les javellisants
à ton pedigree
ta nature
Un con
Une conne
Un connard
Un corbeau
Une abeille
Un prêtre pédophile
À bicyclette
Une nonne qui hanonne
Une bonne troussee par un juge en culotte courte
La croisière des gens heureux
Une cire à barbe
un peigne à pelote
une trousse à manucure
une pub de rêve longtemps
et une baleine en haleine
Une cure de vieilles eaux usées
Un massage d’eau rousse
Sur la peau de l’oiseau
Une aile sur la langue d’Éloise
Tu vois le bruit de l’os
tu entends la couleur des tissus
tu admires la ligne complète du corps exposé
tu auscultes les tendances renouvelées
Un cube
Un curé hulule
À la lune
Un pape en robe de mariée
Pavoise
Mais l’oiseau ne sait plus voler
Il est gluant comme mon gland
Un clic un like une branlette dans la gamelle et le sommeil dans le satin terreux
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#laGare
Deux hommes sur un banc. En face d’eux, une voie ferrée, une seule. À dix mètres une fine plage déserte. Puis la mer jusqu’à l’horizon.
Gontran : Il me semble que c’était hier…
Une mouette passe et se fout d’un graffiti qui dit : « Sous les pavés la plage ».
Paulo le cafard amnésique se gratte la tête en se demandant pourquoi il y a deux cons sur un banc.
Lionel : T’en souvient-il, Rodolfe, des blés dorés avant le clônage?
Gontran : Je fus le roi Rolmopps premier. Je vais en transylvanie manger ma nièce Berthe aux grands pieds.
Lionel : Quelle heure il est chez toi?
Le chien pékinois : Wok! Wok!
Un cloporte colporteur sur un unijambiste cycliste : ¡No passaran!
Gontran : J’attends ma montre. Le train de la chance ne passe qu’une seule fois.
Le lapin rose qui sort du bordel. J’suis en retard. Où c’est le train fantôme qui m’a posé un lapin.
Deux lièvres courent devant un graffiti et se foutent du slogan qui dit : « L’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation. »
Lionel : J’ai joué aux billes avec Mathusalem, il trichait toujours.
Une blatte qui a le cafard vénère un scarabée.
Gontran: Tu te rappelles, Isidore, Mathilde de la Guilde lorsqu’elle roulait en patins?
Un essaim d’abeilles tague sur le mur derrière les vieux cons : À bas Mosanto. – Les intellectuels AUCHAN
Un bourdon qui a le bourdon passe devant le mur et se lamente sans voir le slogan qui dit : « Tout politicien rasoir doit être jetable. »
Lionel : J’ai voyagé avec Hercule Poirot dans l’Orient-Express. Maintenant c’est un légume.
Gontran : J’ai connu des pucelles aussi délurées que Sainte-Nitouche qui a été battue à plat de pine.
Lionel : J’ai été amoureux d’une cantatrice poilue. Elle avait des seins de rhinocéros.
Un vieux singe passe et fait la grimace sans piger que dalle à un graffiti qui dit : « Libertad o Muerte ».
La mouette muerte : Je trépasse!
Gontran : Tu te rappelles, Félicien, les boucles d’or d’Ursule la petite fille aux cigarettes.
Le mur derrière ces très vieux cons : J’étais enfant. Je faisais le mur et l’école buissonnière. Te rappelles-tu de Berlin et de la Palestine?
Lionel : Te souviens-tu, Ignace, la fois où j’ai vu les flics abattre un Blanc dans la neige?
Le chat noir et blanc pissant sur le mur : Faudra faire lever la patte à ces chiens de fascistes!
Une colombe passe et chie sur un graffiti comme une mouette chie sur un président qui se fout du slogan qui dit : « Liberté, égalité, fraternité. »
Gontran : Te rappelles-tu, Boniface, ma main dans ta gueule de farce?
Lionel : As-tu souvenance, Casimir, des bons du Trésor de l’enfance. Tu trichais aux billes.
La jument grise passe au galop sans se soucier du graffiti qui scande : « Ni pute, ni soumise! »
La bonne du curé passe sans chemise, sans pantalon.
Une cigale criant famine se désole sans voir le graffiti qui dit : « Élections piège à cons ».
Gontran : Jamais, je n’ai eu un ami comme vous attendant ma perte.
Lionel : J’ai toujours cru en ma bonne Étoile. Elle ramasse toute la poussière.
Un aigle à deux têtes passe en se fichant du graffiti qui dit : « Si je n’étais pas reine, je serais anarchiste. En sommes, je suis une reine anarchiste. C’est ce qui fait que la cour me dénigre et ce qui fait que le peuple m’aime. »
Un paquebot au pied beau passe en se rappelant un poème de Jean Cocteau.
La marésalope passe et ratisse les algues sans se soucier du graffiti qui dit : « Je suis un anarchiste qui traverse dans les clous pour ne pas avoir d’ennuis avec la maréchaussée.
Une hirondelle passe sans faire le printemps.
Une fourmi féministe : La foule est punaise. Vive l’âne et l’anarchie!
Gontran : Savais-tu, Elzéar, comme le disait George Brassens, le véritable anarchiste marche toujours entre les clous parce qu’il a horreur de discuter avec les flics.
Lionel : La mouche se mouche. Touché coulé!
Deux pies verts qui s’épivardent sur le beurre et l’argent du beurre passe sans prêter attention aux vieux cons sur le banc.
Trois naïades à genoux sur une vague, une policière en jarretière. Une infirmière infirme.
L’autre plombière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons.
Trois sirènes à la course les suivent : Cunégonde la policière en polissonne.
Eulalie l’ambulancière ambulante.
Hildegarde la pompière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons!
Gontran : Les coquelicots sont à la lune ce que sont les amis à l’oubli.
Le vent passe. Un cul en cache un autre. Sous l’effet du Papillon, survient la chute du mur.
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#trucs
#cEstArrivéAujourdHui
Dans un carton, en bordure de route, le Merveilleux quémande des Yeux, afin de déjouer les publicités ambiantes.
C’est un poisson qui miaule.
Dans la vitrine du maraîcher, une fraise a appris à nager dans l’eau saline du Gulf Stream.
C’est du miel sur un blé d’or.
Un chauve souris dans sa caverne.
Dans les livres pour enfants, un milliardaire se fait justice au nom de la veuve et le chou.
C’est du vin qui coule dans les catacombes de Paris.
Dans les colonnes d’un quotidien, un consensus fabrique des contrepieds aux vacuités à la mode.
C’est la lune dans le bleu de tes yeux.
Dans les boucles de Rosette, les doigts d’un poupon se noient comme une marée noire dans un carton qui s’ouvre comme le ciel qui quémande l’innocence après le Déluge.
C’est une perle, une bille.
C’est l’enfance pas encore assassinée.
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Crédit photo : Henry « box » Brown, by Collectie Stichting Nationaal Museum van Wereldculturen, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38618231
#offreSpéciale
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L’anachronisme, c’est l’anarchie en paquets de dix! 😉
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#sourire
dans la gorge du journal
les saletés se vendent comme des petits cerveaux
il y a tant de beauté dans une information
sculptée comme un camée
on fabrique l’essentiel
mais pas plus
les slogans vont au fond des choses
philo-radio
2 balles
et un doigt dans l’œil
je ne me rappelle plus la traversée du lac
je ne reconnais plus l’envers du miroir
je ne regarde plus le caractère gras
des collations astucieuses
dans la tête de ma jeunesse
les héros se battaient du bon côté de la médaille
dans mes yeux télévisuels
il n’y avait que des histoires
à pisser debout
à vomir à gorge déployée