#casse

*
la saison laisse choir l’haleine fétide de la neige éventrée
et mes yeux cherchent à oublier les conjectures économiques
les mauvaises nouvelles sont comment dire
mauvaises
j’écoute une guitare déraillée
dans mes oreilles coupées des voix étrangères
la rue traîne mes pieds comme de vulgaires moraines
je n’ai rien de l’activiste
je suis en vacance
dans l’attitude
dans la nonchalance triste
d’une Montréal usée
mes violences sont bonnes pour la casse

#opportunité

*

La tv sort du placard Et se met à la recherche du dormeur

– Sortez de vos boîtes à chaussures

C’est une belle journée pour se tuer au travail

Secouer le reste de vos vieux os

Souriez souriez

Marchez droit

 

Notre chef concocte des recettes

avec la chair des canons

Ce monde tout rose

Ce monde tout propre

La peau lisse

Qui matraque les os

Les dompte

À renfort de points bonis

 

Le poinçon est l’heure

Le poinçon est à l’heure

Ne souriez plus

Ne rêvez plus

Devenez machine

 

Dans nos bureaux un agent formé au bonheur vous dressera le bilan des marges marginales

Il saura vous accompagner en cas d’inconvénients hors du contrôle de notre système de récompense

Veuillez prendre note qu’un forum reste ouvert 24/24 pour vous offrir une meilleure couverture des zones d’inconfort

Nous sommes à vos côtés 7 jours sur 7 tous les jours de l’année

Nous savons où vous trouvez

Rêver n’aura jamais été aussi facile

 

Nous rappelons aux travailleurs de plus de cent dix ans

De changer de couche culotte une fois par trimestre

 

Une zone détente a été ajouté à notre complexe industriel

Tous les enfants recevront en prime une collation surprise qui correspond au plus hauts standards de l’industrie

Nous gardons à l’esprit de stimuler votre productivité avec des couleurs chaleureuses que même votre grand-mère ne saurait quitter

Vous êtes ici chez vous

 

L’enfance c’est la mort

Devenez productif au plus vite

Ne retombez pas dans l’enfance

Prenez votre cachet

Anti Alzheimer pour intégrer le plus vite les exigences nouvelles de la Machine

 

Nos services vous fait une offre imbattable

Adhérer dès aujourd’hui à notre programme de conditionnement

Il suffit de signer dès aujourd’hui votre contrat de licence

En quelques minutes vous pourrez commencer à construire avec nous un monde plus productif, plus sécuritaire, plus près de nos objectifs

Bâtissons le monde de demain

Marchez droit

Signez le formulaire

Une plume vous est offerte en cadeau

On se sent léger avec les plumes

J’ai signé un nouveau bail pour mille ans

Celui-ci est plus attractif
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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.

#hasard

*
je te retrouve dans tes yeux laconiques
un lagon au coin de la rue
tu restes plantée là
vivace
expectatrice de ma moue ahurie
Montréal est petite
comme une feinte
de ne pas se connaître
comment et où
tu vas
ça ne me regarde pas
ni lui

#punctum

*
nous avons la jeunesse du dos
et la morts dans les genoux
la tête à l’échafaudage fier
menottés aux tripes
nous ne sommes pas peuple pour les peuples
nous sommes à l’issue de l’histoire
à l’indéfectible défaillance
nous sommes à l’orée de dorénavant
comme toujours
comme jamais
point d’orgue
si un jour la chute
cycle de l’eau

#ville

*
personne ne parle cette langue putrescible
alors je vais vous la ramener avec ces bruits d’oiseaux
je vais vous parler de mars
de la boue
et des lombrics
car j’évite le visage inconnu des inconnus
j’évite les yeux des yeux
personne
c’est beaucoup de gens
qui ne parlent pas la langue des morts
celle qui répond par des échos
à quelques détails près
je n’ose pas investir
le passé
d’un regard optimiste
ni le leur
ni le mien
et pourtant
ces façades
où se rencontrent la vie et l’éternité du jour
et que l’on oublie une nuit le temps de se connaître

#réflexion

*
j’ai besoin des codes autour

pour construire les sens en dedans

j’ai besoin des sens en dedans

pour construire les codes autour

ce qui commence

se poursuit

et s’achève

je n’ai que des mots

pour descendance

#drelinDrelinLeTéléphoneSonneCommeUnPoèteEngagé

*

Tu perds les eaux

Pucelle 

Déjà souillée

Déjà capitalisée

Un avorton à l’aviron

Entre tambour

Ailerons ou détritus

C’est l’égout qui chante

la pluie fait des claquettes sur une bombe

Ma femme a des gros seins qui explo- qui explosent!

C’est du c4 dans un 95b

Je chante sous l’acide

Je chante un air candide

Cultive ton jardin

Sème la semence stérile

Vole terre 

Terrain privé

Jardine ma pine 

Sous les pinèdes

Et suce mon piédestal

Confesse ta supériorité 

jure sur ta pureté 

fais-toi homme

le seul le pur

avec tous les javellisants

à ton pedigree

ta nature

Un con 

Une conne 

Un connard 

Un corbeau

Une abeille 

Un prêtre pédophile

À bicyclette

Une nonne qui hanonne

Une bonne troussee par un juge en culotte courte

La croisière des gens heureux

Une cire à barbe

un peigne à pelote

une trousse à manucure 

une pub de rêve longtemps

et une baleine en haleine

Une cure de vieilles eaux usées

Un massage d’eau rousse

Sur la peau de l’oiseau

Une aile sur la langue d’Éloise

Tu vois le bruit de l’os

tu entends la couleur des tissus

tu admires la ligne complète du corps exposé

tu auscultes les tendances renouvelées

Un cube 

Un curé hulule 

À la lune

Un pape en robe de mariée

Pavoise

Mais l’oiseau ne sait plus voler

Il est gluant comme mon gland

Un clic un like une branlette dans la gamelle et le sommeil dans le satin terreux
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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.

En passant

#laGare

Deux hommes sur un banc. En face d’eux, une voie ferrée, une seule. À dix mètres une fine plage déserte. Puis la mer jusqu’à l’horizon.

Gontran : Il me semble que c’était hier…

Une mouette passe et se fout d’un graffiti qui dit : « Sous les pavés la plage ».

Paulo le cafard amnésique se gratte la tête en se demandant pourquoi il y a deux cons sur un banc.

Lionel : T’en souvient-il, Rodolfe, des blés dorés avant le clônage?

Gontran : Je fus le roi Rolmopps premier. Je vais en transylvanie manger ma nièce Berthe aux grands pieds.

Lionel : Quelle heure il est chez toi?

Le chien pékinois : Wok! Wok!

Un cloporte colporteur sur un unijambiste cycliste : ¡No passaran!

Gontran : J’attends ma montre. Le train de la chance ne passe qu’une seule fois.

Le lapin rose qui sort du bordel. J’suis en retard. Où c’est le train fantôme qui m’a posé un lapin.
Deux lièvres courent devant un graffiti et se foutent du slogan qui dit : « L’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation. »

Lionel : J’ai joué aux billes avec Mathusalem, il trichait toujours.

Une blatte qui a le cafard vénère un scarabée.

Gontran: Tu te rappelles, Isidore, Mathilde de la Guilde lorsqu’elle roulait en patins?

Un essaim d’abeilles tague sur le mur derrière les vieux cons : À bas Mosanto. – Les intellectuels AUCHAN

Un bourdon qui a le bourdon passe devant le mur et se lamente sans voir le slogan qui dit : « Tout politicien rasoir doit être jetable. »

Lionel : J’ai voyagé avec Hercule Poirot dans l’Orient-Express. Maintenant c’est un légume.

Gontran : J’ai connu des pucelles aussi délurées que Sainte-Nitouche qui a été battue à plat de pine.

Lionel : J’ai été amoureux d’une cantatrice poilue. Elle avait des seins de rhinocéros.

Un vieux singe passe et fait la grimace sans piger que dalle à un graffiti qui dit : « Libertad o Muerte ».

La mouette muerte : Je trépasse!

Gontran : Tu te rappelles, Félicien, les boucles d’or d’Ursule la petite fille aux cigarettes.

Le mur derrière ces très vieux cons : J’étais enfant. Je faisais le mur et l’école buissonnière. Te rappelles-tu de Berlin et de la Palestine?

Lionel : Te souviens-tu, Ignace, la fois où j’ai vu les flics abattre un Blanc dans la neige?

Le chat noir et blanc pissant sur le mur : Faudra faire lever la patte à ces chiens de fascistes!

Une colombe passe et chie sur un graffiti comme une mouette chie sur un président qui se fout du slogan qui dit : « Liberté, égalité, fraternité. »

Gontran : Te rappelles-tu, Boniface, ma main dans ta gueule de farce?

Lionel : As-tu souvenance, Casimir, des bons du Trésor de l’enfance. Tu trichais aux billes.

La jument grise passe au galop sans se soucier du graffiti qui scande : « Ni pute, ni soumise! »

La bonne du curé passe sans chemise, sans pantalon.

Une cigale criant famine se désole sans voir le graffiti qui dit : « Élections piège à cons ».

Gontran : Jamais, je n’ai eu un ami comme vous attendant ma perte.

Lionel : J’ai toujours cru en ma bonne Étoile. Elle ramasse toute la poussière.

Un aigle à deux têtes passe en se fichant du graffiti qui dit : « Si je n’étais pas reine, je serais anarchiste. En sommes, je suis une reine anarchiste. C’est ce qui fait que la cour me dénigre et ce qui fait que le peuple m’aime. »
Un paquebot au pied beau passe en se rappelant un poème de Jean Cocteau.

La marésalope passe et ratisse les algues sans se soucier du graffiti qui dit : « Je suis un anarchiste qui traverse dans les clous pour ne pas avoir d’ennuis avec la maréchaussée.

Une hirondelle passe sans faire le printemps.

Une fourmi féministe : La foule est punaise. Vive l’âne et l’anarchie!

Gontran : Savais-tu, Elzéar, comme le disait George Brassens, le véritable anarchiste marche toujours entre les clous parce qu’il a horreur de discuter avec les flics.

Lionel : La mouche se mouche. Touché coulé!

Deux pies verts qui s’épivardent sur le beurre et l’argent du beurre passe sans prêter attention aux vieux cons sur le banc.

Trois naïades à genoux sur une vague, une policière en jarretière. Une infirmière infirme.
L’autre plombière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons.

Trois sirènes à la course les suivent : Cunégonde la policière en polissonne.
Eulalie l’ambulancière ambulante.
Hildegarde la pompière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons!

Gontran : Les coquelicots sont à la lune ce que sont les amis à l’oubli.

Le vent passe. Un cul en cache un autre. Sous l’effet du Papillon, survient la chute du mur.

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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius  : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.