*
la saison laisse choir l’haleine fétide de la neige éventrée
et mes yeux cherchent à oublier les conjectures économiques
les mauvaises nouvelles sont comment dire
mauvaises
j’écoute une guitare déraillée
dans mes oreilles coupées des voix étrangères
la rue traîne mes pieds comme de vulgaires moraines
je n’ai rien de l’activiste
je suis en vacance
dans l’attitude
dans la nonchalance triste
d’une Montréal usée
mes violences sont bonnes pour la casse
Mois: mars 2016
#opportunité
*
La tv sort du placard Et se met à la recherche du dormeur
– Sortez de vos boîtes à chaussures
C’est une belle journée pour se tuer au travail
Secouer le reste de vos vieux os
Souriez souriez
Marchez droit
Notre chef concocte des recettes
avec la chair des canons
Ce monde tout rose
Ce monde tout propre
La peau lisse
Qui matraque les os
Les dompte
À renfort de points bonis
Le poinçon est l’heure
Le poinçon est à l’heure
Ne souriez plus
Ne rêvez plus
Devenez machine
Dans nos bureaux un agent formé au bonheur vous dressera le bilan des marges marginales
Il saura vous accompagner en cas d’inconvénients hors du contrôle de notre système de récompense
Veuillez prendre note qu’un forum reste ouvert 24/24 pour vous offrir une meilleure couverture des zones d’inconfort
Nous sommes à vos côtés 7 jours sur 7 tous les jours de l’année
Nous savons où vous trouvez
Rêver n’aura jamais été aussi facile
Nous rappelons aux travailleurs de plus de cent dix ans
De changer de couche culotte une fois par trimestre
Une zone détente a été ajouté à notre complexe industriel
Tous les enfants recevront en prime une collation surprise qui correspond au plus hauts standards de l’industrie
Nous gardons à l’esprit de stimuler votre productivité avec des couleurs chaleureuses que même votre grand-mère ne saurait quitter
Vous êtes ici chez vous
L’enfance c’est la mort
Devenez productif au plus vite
Ne retombez pas dans l’enfance
Prenez votre cachet
Anti Alzheimer pour intégrer le plus vite les exigences nouvelles de la Machine
Nos services vous fait une offre imbattable
Adhérer dès aujourd’hui à notre programme de conditionnement
Il suffit de signer dès aujourd’hui votre contrat de licence
En quelques minutes vous pourrez commencer à construire avec nous un monde plus productif, plus sécuritaire, plus près de nos objectifs
Bâtissons le monde de demain
Marchez droit
Signez le formulaire
Une plume vous est offerte en cadeau
On se sent léger avec les plumes
–
J’ai signé un nouveau bail pour mille ans
Celui-ci est plus attractif
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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.
#niaiseries
Lecture d’extraits de mon écueil de poétises.
Pour m’encourager, procurez-vous le eBook ici :
#hasard
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je te retrouve dans tes yeux laconiques
un lagon au coin de la rue
tu restes plantée là
vivace
expectatrice de ma moue ahurie
Montréal est petite
comme une feinte
de ne pas se connaître
comment et où
tu vas
ça ne me regarde pas
ni lui
#punctum
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nous avons la jeunesse du dos
et la morts dans les genoux
la tête à l’échafaudage fier
menottés aux tripes
nous ne sommes pas peuple pour les peuples
nous sommes à l’issue de l’histoire
à l’indéfectible défaillance
nous sommes à l’orée de dorénavant
comme toujours
comme jamais
point d’orgue
si un jour la chute
cycle de l’eau
#ville
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personne ne parle cette langue putrescible
alors je vais vous la ramener avec ces bruits d’oiseaux
je vais vous parler de mars
de la boue
et des lombrics
car j’évite le visage inconnu des inconnus
j’évite les yeux des yeux
personne
c’est beaucoup de gens
qui ne parlent pas la langue des morts
celle qui répond par des échos
à quelques détails près
je n’ose pas investir
le passé
d’un regard optimiste
ni le leur
ni le mien
et pourtant
ces façades
où se rencontrent la vie et l’éternité du jour
et que l’on oublie une nuit le temps de se connaître
#réflexion
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j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#réflexion
*
j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#drelinDrelinLeTéléphoneSonneCommeUnPoèteEngagé
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Tu perds les eaux
Pucelle
Déjà souillée
Déjà capitalisée
Un avorton à l’aviron
Entre tambour
Ailerons ou détritus
C’est l’égout qui chante
la pluie fait des claquettes sur une bombe
Ma femme a des gros seins qui explo- qui explosent!
C’est du c4 dans un 95b
Je chante sous l’acide
Je chante un air candide
Cultive ton jardin
Sème la semence stérile
Vole terre
Terrain privé
Jardine ma pine
Sous les pinèdes
Et suce mon piédestal
Confesse ta supériorité
jure sur ta pureté
fais-toi homme
le seul le pur
avec tous les javellisants
à ton pedigree
ta nature
Un con
Une conne
Un connard
Un corbeau
Une abeille
Un prêtre pédophile
À bicyclette
Une nonne qui hanonne
Une bonne troussee par un juge en culotte courte
La croisière des gens heureux
Une cire à barbe
un peigne à pelote
une trousse à manucure
une pub de rêve longtemps
et une baleine en haleine
Une cure de vieilles eaux usées
Un massage d’eau rousse
Sur la peau de l’oiseau
Une aile sur la langue d’Éloise
Tu vois le bruit de l’os
tu entends la couleur des tissus
tu admires la ligne complète du corps exposé
tu auscultes les tendances renouvelées
Un cube
Un curé hulule
À la lune
Un pape en robe de mariée
Pavoise
Mais l’oiseau ne sait plus voler
Il est gluant comme mon gland
Un clic un like une branlette dans la gamelle et le sommeil dans le satin terreux
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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.
#laGare
Deux hommes sur un banc. En face d’eux, une voie ferrée, une seule. À dix mètres une fine plage déserte. Puis la mer jusqu’à l’horizon.
Gontran : Il me semble que c’était hier…
Une mouette passe et se fout d’un graffiti qui dit : « Sous les pavés la plage ».
Paulo le cafard amnésique se gratte la tête en se demandant pourquoi il y a deux cons sur un banc.
Lionel : T’en souvient-il, Rodolfe, des blés dorés avant le clônage?
Gontran : Je fus le roi Rolmopps premier. Je vais en transylvanie manger ma nièce Berthe aux grands pieds.
Lionel : Quelle heure il est chez toi?
Le chien pékinois : Wok! Wok!
Un cloporte colporteur sur un unijambiste cycliste : ¡No passaran!
Gontran : J’attends ma montre. Le train de la chance ne passe qu’une seule fois.
Le lapin rose qui sort du bordel. J’suis en retard. Où c’est le train fantôme qui m’a posé un lapin.
Deux lièvres courent devant un graffiti et se foutent du slogan qui dit : « L’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation. »
Lionel : J’ai joué aux billes avec Mathusalem, il trichait toujours.
Une blatte qui a le cafard vénère un scarabée.
Gontran: Tu te rappelles, Isidore, Mathilde de la Guilde lorsqu’elle roulait en patins?
Un essaim d’abeilles tague sur le mur derrière les vieux cons : À bas Mosanto. – Les intellectuels AUCHAN
Un bourdon qui a le bourdon passe devant le mur et se lamente sans voir le slogan qui dit : « Tout politicien rasoir doit être jetable. »
Lionel : J’ai voyagé avec Hercule Poirot dans l’Orient-Express. Maintenant c’est un légume.
Gontran : J’ai connu des pucelles aussi délurées que Sainte-Nitouche qui a été battue à plat de pine.
Lionel : J’ai été amoureux d’une cantatrice poilue. Elle avait des seins de rhinocéros.
Un vieux singe passe et fait la grimace sans piger que dalle à un graffiti qui dit : « Libertad o Muerte ».
La mouette muerte : Je trépasse!
Gontran : Tu te rappelles, Félicien, les boucles d’or d’Ursule la petite fille aux cigarettes.
Le mur derrière ces très vieux cons : J’étais enfant. Je faisais le mur et l’école buissonnière. Te rappelles-tu de Berlin et de la Palestine?
Lionel : Te souviens-tu, Ignace, la fois où j’ai vu les flics abattre un Blanc dans la neige?
Le chat noir et blanc pissant sur le mur : Faudra faire lever la patte à ces chiens de fascistes!
Une colombe passe et chie sur un graffiti comme une mouette chie sur un président qui se fout du slogan qui dit : « Liberté, égalité, fraternité. »
Gontran : Te rappelles-tu, Boniface, ma main dans ta gueule de farce?
Lionel : As-tu souvenance, Casimir, des bons du Trésor de l’enfance. Tu trichais aux billes.
La jument grise passe au galop sans se soucier du graffiti qui scande : « Ni pute, ni soumise! »
La bonne du curé passe sans chemise, sans pantalon.
Une cigale criant famine se désole sans voir le graffiti qui dit : « Élections piège à cons ».
Gontran : Jamais, je n’ai eu un ami comme vous attendant ma perte.
Lionel : J’ai toujours cru en ma bonne Étoile. Elle ramasse toute la poussière.
Un aigle à deux têtes passe en se fichant du graffiti qui dit : « Si je n’étais pas reine, je serais anarchiste. En sommes, je suis une reine anarchiste. C’est ce qui fait que la cour me dénigre et ce qui fait que le peuple m’aime. »
Un paquebot au pied beau passe en se rappelant un poème de Jean Cocteau.
La marésalope passe et ratisse les algues sans se soucier du graffiti qui dit : « Je suis un anarchiste qui traverse dans les clous pour ne pas avoir d’ennuis avec la maréchaussée.
Une hirondelle passe sans faire le printemps.
Une fourmi féministe : La foule est punaise. Vive l’âne et l’anarchie!
Gontran : Savais-tu, Elzéar, comme le disait George Brassens, le véritable anarchiste marche toujours entre les clous parce qu’il a horreur de discuter avec les flics.
Lionel : La mouche se mouche. Touché coulé!
Deux pies verts qui s’épivardent sur le beurre et l’argent du beurre passe sans prêter attention aux vieux cons sur le banc.
Trois naïades à genoux sur une vague, une policière en jarretière. Une infirmière infirme.
L’autre plombière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons.
Trois sirènes à la course les suivent : Cunégonde la policière en polissonne.
Eulalie l’ambulancière ambulante.
Hildegarde la pompière de bites : Qu’est-ce qu’ils sont cons ces cons!
Gontran : Les coquelicots sont à la lune ce que sont les amis à l’oubli.
Le vent passe. Un cul en cache un autre. Sous l’effet du Papillon, survient la chute du mur.
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Guy Lechevallier : https://www.facebook.com/profile.php?id=100006769757122&fref=ts et Clodius : https://www.facebook.com/clodius.rimailleuxfref=ts, 2016.