*
nous avons la jeunesse du dos
et la morts dans les genoux
la tête à l’échafaudage fier
menottés aux tripes
nous ne sommes pas peuple pour les peuples
nous sommes à l’issue de l’histoire
à l’indéfectible défaillance
nous sommes à l’orée de dorénavant
comme toujours
comme jamais
point d’orgue
si un jour la chute
cycle de l’eau
Non classé
#ville
*
personne ne parle cette langue putrescible
alors je vais vous la ramener avec ces bruits d’oiseaux
je vais vous parler de mars
de la boue
et des lombrics
car j’évite le visage inconnu des inconnus
j’évite les yeux des yeux
personne
c’est beaucoup de gens
qui ne parlent pas la langue des morts
celle qui répond par des échos
à quelques détails près
je n’ose pas investir
le passé
d’un regard optimiste
ni le leur
ni le mien
et pourtant
ces façades
où se rencontrent la vie et l’éternité du jour
et que l’on oublie une nuit le temps de se connaître
#réflexion
*
j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#réflexion
*
j’ai besoin des codes autour
pour construire les sens en dedans
j’ai besoin des sens en dedans
pour construire les codes autour
ce qui commence
se poursuit
et s’achève
je n’ai que des mots
pour descendance
#sourire
dans la gorge du journal
les saletés se vendent comme des petits cerveaux
il y a tant de beauté dans une information
sculptée comme un camée
on fabrique l’essentiel
mais pas plus
les slogans vont au fond des choses
philo-radio
2 balles
et un doigt dans l’œil
je ne me rappelle plus la traversée du lac
je ne reconnais plus l’envers du miroir
je ne regarde plus le caractère gras
des collations astucieuses
dans la tête de ma jeunesse
les héros se battaient du bon côté de la médaille
dans mes yeux télévisuels
il n’y avait que des histoires
à pisser debout
à vomir à gorge déployée
#hypertextualisation
il y a bien des choses inutiles
à l’intérieur de ma peau
mon cœur est un amalgame de smegma
qui n’apprend pas de ses terreurs
il faut se dévoiler régulièrement
quitte à magasiner des maladies
comme des claques
qui claquent à tout vent
à tout va
tu admets l’inadmissible
incruste rustre
on vous tends la carotte
et le piège
nous
l’autre joue
au jeu qui rira le dernier
l’incohérence des uns
fait l’intelligence des autres
et on se met à glousser
quand l’intertexte est apôtre
#bonheur
on s’élance en grappe de soleil
du haut de l’hiver
marcher le cœur léger
comme après avoir vomi
le soir de nos 16 ans
je t’ai pogné une fesse
pis le reste
d’un coup parti
tous nos cheveux entre les botches
#bris
je connais à l’instant
la matière des hublots
~ éclats au sol
je rampe sur ta carlingue
et le monde mue
hors de sa peau ignoble
de slogans récupérés
les images circulent
hors de ton propos
que diront les collages aux infos
Hollywood, mon amour…
il y a un brasier
étouffant
sur le creux de ma langue
ça me brûle
de te parler
de coquille à coquille
#engagement
puisque
le fermier et le corps
le penseur et l’esprit
toi le lien
qu’importe le discours
faire parole
à point nommé déjà
#caresse
j’organise mes déchets en ordre de douleur
je leur trouve des noms de guingois
un peu frivoles
un peu gentils
quel cinéma alors
et ta main disparue de ma poitrine