esprit 0007 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES TEXTES ET LA VIOLENCE| 1v2.1

En cette heure d’antithéisme et de spiritophobie, il m’apparaît urgent de discerner les aspects du texte et leurs relations à la violence des corps. La lecture ex situ comporte une quantité de variables qu’un esprit critique doit discerner. J’en relève quelques unes.

1- Un texte est rédigé dans une langue humaine sur un territoire donné et à une époque donnée, donc un texte transporte avec lui une culture avec des références qui lui est propre et que souvent les dérivations, les interprétations et les traductions dénaturent à travers le prisme de leur propre culture.

2- Il y a des distinctions importantes entre un texte, son message (ses intentions de communication), ses interprétations humaines, leurs doxas et les praxis qui en découlent. Il y a autant de versions d’un texte qu’il y a de moments de lecture. Il y a autant de pratiques qu’il y a de moments du quotidien en contexte à un moment de l’histoire dans des lieux donnés.

3- Avec toutes ces variables et la richesse du comportement humain, il y a autant de « religions » qu’il y a de moments vécus au jour le jour.

4- Les religions se comportent comme les sciences, les arts et les philosophies, car il y a toujours transmissions, interprétations et expérimentations, à ceci près que la religion est aussi la hiérarchie.

5- Seuls les humains ont un corps, seuls les humains agissent, seuls les humains sont capables de violence.

6- Quand un texte exerce une violence, seule la main humaine lui en a donné le pouvoir.

L’ISLAMOPHOBIE

Si tu es contre l’Islam…

1- L’Islam que tu exècres est celui du Coran que tu as lu et compris en arabe classique.

Ou

2- L’Islam que tu exècres est celui de sa Culture que tu as vécu dans un milieu musulman.

1) Rejeter une personne sur le plan idéologique me porte à croire qu’il faut distinguer deux choses :

1a) la doxa = l’idéologie, le système de croyances, la morale et le système de valeurs qui constituent les repères de la pensée et de la représentation du Monde.

Les religions abrahamiques, qui incluent nos sociétés aux morales judéo-chrétiennes, sont le judaïsme, le christianisme et l’Islam. Le cœur des fondements de nos sociétés font des humainz du globe des enfants de l’Histoire. La proportion abrahamique du globe est sans contredit importante.

1b) la praxis = la façon concrète dont s’exprime l’idéologie, par le comportement, les mœurs, les attitudes, les égards, le rapport aux autres et au Monde.

Si ce que tu exècres de l’Islam est la violence d’un homme contre une femme, l’Occident et l’Extrême-Orient ne sont pas blancs comme neige, pas plus que l’Orient ou le Proche-Orient.

Depuis l’usage de la monnaie, la stratification sociale sexiste s’est globalement renforcée sur la planète. L’Homme-Guerrier-Propriétaire investit les sphères du quotidien en ponctionnant de la valeur sur les échanges. Au final, la Femme-Matrice-Monnaie-d’Échange subit toutes les violences de façon intersectionnelle, qu’elle ait un voile ou pas. La violence faite aux femmes est le cœur d’un gros problème, c’est l’expression primordiale du système inique qui sévit sur Terre : le Patriarcat.

Le Patriarcat marchandise et objectifie le corps des exploités, dont le bout de la chaîne jugule la femme et les personnes ayant une dimension non-masculine de la périphérie.

Il faut arrêter de délirer et ne pas amalgamer la doxa et la praxis. L’alignement entre un texte, une idéologie et des mœurs n’est pas toujours parfait, et il faut savoir à quel niveau se trouve notre aversion.

Mon point n’est pas de dire que l’Islam n’est pas patriarcale. C’est de dire qu’il faut voir la relation entre les deux…

Toutes les religions à l’exception de quelques sectes sont patriarcales. Mais l’apparition des cultes précédent les religions abrahamiques, ainsi que l’organisation patrilinéaire de la société également. Les religions ne sont pas à l’origine du Patriarcat. Les Religions, au même titre que le matriarcat ou le capitalisme, sont des vecteurs du patriarcat, les Religions ne suivent que les systèmes de croyances desquelles elles sont issues : les cultures dont la construction repose sur les quêtes de sens et sur la façon dont les puissants les instrumentalisent.

2) invalider une personne sur la base de sa culture, n’est pas du racisme à proprement parler. On est d’accord… les races n’existent pas… donc ce ne pourrait être du racisme, mais cela revient au même :

Rejeter la culture de l’Autre est raciste, car la culture est une composante d’une ethnie. Une ethnie se distingue par sa langue et par sa culture. Une ethnie, autrefois, c’était une race, mais hey, on le sait, personne n’est raciste, les races n’existent pas…

Rejeter l’Autre sur quelques aspects de sa culture est une posture Autoritaire qui repose sur l’essentialisation de l’Autre sur les aspects qu’on déteste chez quelques individus. C’est souvent aliénéz que l’on ostracise un groupe en raison du comportement de certains membres, tandis que l’on reste aveugle aux mêmes comportements chez les membres de nos groupes identitaires. C’est pourquoi l’essentialisme est du registre de la psychose, de la névrose et de la perversion narcissique.

Si tu essentialises les croyants, tu es raciste. Si tu es islamophobe, tu es raciste.

Le capitalisme a causé plus de tort à la planète que les 300 000 ans d’Histoire qui précèdent l’usage de la dette, déjà de confiner la femme au titre de monnaie-matrice-marchandise a été au sens anarchiste la pire injustice que l’humanité ait perpétrée.

LE MARXISME ET LA POSTURE RELIGIOPHOBE

Dès lors que l’on épouse toutes les thèses d’un cadre théorique ou d’une idéologie sans porter attention aux contradictions possibles, double standards, on devient dogmatique. Épouser aveuglément un dogme est un acte de foi, c’est adhérer à une Religion.

D’un point de vue anarchiste la position de Marx quant à la Religion est hiérarchiste, en ce qu’elle est une posture, une pratique ou une idéologie stratifiante d’unz adepte de Marx selon laquelle iel peut exercer une violence Autoritaire qui se traduit par des attitudes, des égards, des paroles voire des gestes, reposant sur l’ignorance des motifs personnels du croyant à pratiquer sa confession, causant ainsi préjudice.

Touz lecteuz novice de Marx, comprendra aisément que les travaux de ce penseur visent entre autres à abolir la société de classes où les bourgeois exercent des violences Autoritaires, privilèges octroyés par l’établissement des termes, violents, qui tiennent la société hiérarchiste. Or, l’islamophobie, ou quelconque religiosisme ou religiophobie, est un calque des rapports de domination qui prévalent dans la société de classes où règnent les bourgeois. Ce qui tient lieu de classe dans un cas de domination est une confession ou une non-confession, pour l’antithéiste, dans l’autre cas.

Cependant, les rapports de domination stratifient la société de la même manière que l’on soit bourgeois ou antithéiste (marxiste anti-religieux). Le marxisme, que même Marx désavouait, est un hiérarchisme étant donné qu’il adopte une posture de domination sur les croyantz. Cela relève du dogme, de la croyance, du religieux, de spéculer sur les raisons d’épouser une confession et sur les divers modes d’expression de cette croyance.

À titre personnel, j’étudie la critique marxiste du capitalisme à travers le discours de Bernard Friot. J’espère que nous explorerons les alternatives au productivisme et que nous instituerons les termes de notre individuation – solidaire.

Enfin, si je suis contre la Religion, c’est quand un corps manipule ou exerce de la coercition de façon méritocratique pour forcer l’endoctrinement. Je ne suis pas contre les quêtes de sens autonomes pour et par lesquels on étudie les textes religieux : je suis contre la culture de l’Autorité.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

esprit 0006 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES RELIGIONS ET LA LAÏCITÉ ANARCHISTE|

Selon moi, est inconnu ce qui peut être connu, car foncièrement connaissable, puisque matériel. Par contre, est irréel ce qui n’appartient pas à la matière, à sa façon immanente de se manifester : la matière, l’énergie et l’information, trois grands modes d’Être de la réalité aurait dit Spinoza, s’il avait lu Trinh Xuan Thuan, l’astrophysicien bouddhiste. Bien sûr, c’est moi qui le postule.

Les Dieux téléologiques sont des dieux transcendants, qui, prétendument hors du réel, agissent sur lui. C’est l’hétéronomie des Dieux. L’hétéronomie, c’est faire la loi au corps de l’Autre. Le dieu de Spinoza est un dieu immanent de la matière. Pour Spinoza, il y a dieu, car il y a matière. Cette matière qui nous donne corps obéit aux mêmes forces de l’univers que nous. C’est une vision autonomiste de l’Ordre divin. dieu selon Spinoza est un ensemble universel ordonné par les lois de l’univers, son expression se fait par ses modes d’Être, chaque parcelle du cosmos participe au « concert total », il s’agit de la solidarité de la matière, de ses modes d’Être. Cet ensemble est matériel, même vos idées sont possibles, grâce à la matière, cad votre corps, un mode d’Être du dieu spinoziste. dieu est autrement connu sous le nom de réalité.

Les Dieux téléologiques sont des idées, qui appartiennent à des corps qui ont suffisament de preuves pour adhérer à la croyance en ces volontés immatérielles. Si l’éthique commande de partager leur vision, ils peuvent présenter leur idée de Dieu et leurs arguments dans la mesure du consentement, dans la négociation (contrat 0001, 0002, 0003 et 0004) et dans la controverse. Si la Morale commande de convertir les autres, ils emploieront des méthodes Autoritaires comme la manipulation par la romance du Mérite (Paradis, Enfer, réincarnation) et la coercition par l’initiative de la violence volontaire, cad l’agression (Croisades) et par ses renforcements comme la répression (Inquisition), la judiciarisation (cf. éthique 0002 : marquage social et profilage ; confesse), la détention (contention des sauvageaux/sauvagesses, ou Indigènes, ou Autochtones en Nouvelle-France) et l’exclusion (excommunion).

Les Pays, les États, les Nations, les Couronnes et les Marchés, bref, les Dieux téléologiques n’existent pas. Seuls les corps et les peuples (les corps rassemblés) existent, seuls les corps et les peuples sont doués de Parole et peuvent faire société, s’organiser dans une cohabitation d’un territoire aux contours poreux et mobiles au gré de l’usage du territoire. Un pays, un état, une nation, une couronne ou un marché ne parlent pas, ce sont des constructions immatérielles, intangibles et irréelles, on ne peut agir en leur nom, ni leur prêter une voix. Il y a un terme en psychiatrie quand l’irréel agit sur le réel : c’est la psychose.

La Hiérarchie est la Religion mondiale. Ce système qui nous tue porte plusieurs noms : culture du Viol, Patriarcat, Capitalisme, Colonialisme, Féodalisme, Nazisme, bref, il s’agit toujours de l’Autorité d’Un seul contre le corps des Autres, par l’exploitation du corps dans la romance du Mérite, et la Dystopie de classes qui engage la Spirale de la violence. La création de cloisons sociales qui stratifient la société en Dystopie de classes fait par les discours haineux, cad les discours d’exclusion qui essentialisent les corps pour engager les violences systémiques et interpersonnelles qui matérialisent le système hiérarchique, la culture de l’Autorité.

Croire en l’irréel pour asséner des coups de matraques est une sociopathie, la romance de la Nation est caduque. L’irréel est impossible… les Nations et les autres Dieux sont irréels. Ce qui est réel, c’est la matraque! Ce n’est pas la Nation qui parle dans la tête d’un Policier, c’est ses affects! Les CRS en France sont de dangereux sociopathes qui tuent au nom du Dieu État.

La laïcité anarchiste n’est pas la séparation de l’Église et de l’État : c’est l’abolition de l’État et des Religions. Mais pas la prohibition des cultes autonomes, la prohibition est une posture Autoritaire. C’est anti-anarchiste.

Tous les Dieux irréels comme le Pays, l’État, la Nation, la Couronne et le Marché doivent être abolis! Ces Dieux sont dépourvus de Parole, ils ne peuvent donner d’ordre aux corps et aux peuples.

Sur une note poétique, j’ajouterai que la nature ne se plie pas aux caprices des Rois, que tous les Pharaons meurent, et que les oiseaux ne migrent pas avec des papiers, mais avec leurs ailes…

La Religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

Yves-Marie Abraham : Pour une décroissance soutenable et solidaire

*** Quelques arguments pour la décroissance.

Le Marché n’existe pas, il est immatériel, seule l’Entreprise est incarnée par des humains colonisés. C’est à mon sens encore la preuve que l’organisation Autoritaire est la matérialisation de la hiérarchie par l’obéissance des humains à une entité irréelle. C’est le propre de notre aliénation, de notre dépossession du Monde par la colonisation de nos esprits. Nous admettons le pouvoir de l’irréel sur notre réalité en obéissant au discours Autoritaire. Prétendre que l’irréel agit sur le réel, notamment par l’exercice de la violence, est aisément psychiatrisable.

Wizenne : exposé sur l’anarchisme

*** Écoutez les commentaires sur Ni Dieu, ni maître, Chomsky et le ciel 😉

Je suis anarchiste au sens que l’explique Wizenne. Et puis, « la liberté des autres étend la mienne à l’infini ».

Là où la religion est néfaste, c’est quand des humains l’instrumentalisent pour exercer un pouvoir contre les autres. L’exercice du pouvoir contre l’autre est l’expression de deux choses que les anarchistes considèrent la même : l’Autorité et la violence (initiale, volontaire et non-consentie), en un mot, le hiérarchisme.

écologie 0001 | L’écologie libertaire contre la culture de l’Autorité

|L’ÉCOLOGIE CONTRE L’ALIÉNATION ET LE CAPITALISME| 1v2

Ce qui m’attriste, c’est que le productivisme a quasiment détruit la biosphère et on l’élève au rang de martyre de nos excès de pauvres pécheurs. Je n’ai pas choisi de vivre dans le capitalisme. On hérite d’un monde organisé par des siècles d’exploitation et de course au profit, où tous avons un rôle en dépit de nos valeurs et de nos projets de société. Mais le pragmatisme commande de relocaliser la production. De créer du sol en rabattant le carbone avec les espèces locales. De laisser la planète créer de la diversité. Nous sommes petits, bien entendu, l’heure n’est pas au mea culpa, il me semble que l’urgence est à l’organisation du gratuit et du non-payé, car déjà ne plus surproduire par le surtravail pour la surconsommation – qui sont des injonctions de la croissance capitaliste – ça va donner du temps citoyen et un répit surtout à notre maison, la Terre. Bref, sortir de la culture de l’Autorité sera le seul destin viable pour les Vivants.

Comment enclencher la décroissance? Si nous étions moins gourmands en ressources nous pourrions ménager les territoires et créer des communautés fédérées sur des objectifs consensuels. Mais infantilisés dans la romance du Mérite – par l’Emploi, le Salariat, le productivisme, le fétichisme de la marchandise, la course à l’argent et au Patrimoine, et le Marché, qui est LE logiciel de la compétition – nous nous comportons comme des bêtes qui élevons les schèmes de la violence Autoritaire et sa logique de prédation en horizons indépassables.

Notre société productiviste entrepose les marchandises – sur des kilomètres, car la spéculation, assurant pratiquement à elle seule la croissance, exempte les industriels de vendre ces marchandises, unique terrain marchand où nous, consommateurs, pourrions exercer un quelconque pouvoir par l’achat ou le boycott. Voilà une première facette de notre aliénation. Une autre facette me semble importante également. La rareté organisée de l’argent, qui d’emblée intermédiatise notre accès à la marchandise, en coupe l’accès par le pouvoir (impuissance) d’achat. Voilà la facette que tentent de corriger certains mouvements sociaux qui ne recherchent pas l’émancipation réelle des aliénations monétaires, mais recherche la démocratie dans le consumérisme. C’est à mon sens l’écueil du réformisme, qui au lieu d’organiser la décroissance – et l’abondance alimentaire hors du Marché – tente d’améliorer les conditions matérielles d’existence des prolétaires en conservant les rapports violents sur lesquels s’échafaude la société de classes. Aller au bout de la révolution ne saurait se faire sans lutter contre la division du travail qui relègue des coins du globe qu’à un secteur de l’économie, à une spécialité qui renforce la globalisation et surtout la dépendance au pétrole par laquelle on fait circuler les marchandises d’une zone spécialisée à une autre, et cela, dans la grande chaîne d’intermédiaires qui aliène le consommateur à sa consommation.

Ainsi, une zone du globe se trouve à être confinée à l’extraction de ressources premières. L’autre zone est reléguée à la seule transformation des ressources, et dans un coin du globe prétendument riche, on ne se charge que de l’organisation de la production, cela sans parler des dépotoirs fiscaux qui se spécialisent dans la finance et les services banquiers. Que se passe-t-il quand le territoire de la production mondiale est la planète globale, que la spécialisation divise le travail? Eh! Bien! TOUT voyage sur des kilomètres de routes, de mers ou de voies aériennes.

Et nous? L’individualisme est une aliénation intermédiatisée par la logique du profit, l’argent, la méritocratie et le consumérisme (marchand), le tout exacerbé par le narcissisme : le degré zéro de l’aliénation, à cause de laquelle l’individu embrigadé dans l’individualisme ignore les limites de son champ d’action sur le Monde (note à moi-même : lire Anselm Jappe). Cette prise sur l’individu le coupe de la société transformée en Marché, où il devra affronter ses semblables, sur les routes, à l’école, à l’usine, dans tous les lieux d’enfermement – la voiture enferme ses usagers sur l’asphalte – où le dernier rempart sont les médias (anti)sociaux. À cela, il faut proposer l’individuation par laquelle l’individu fait histoire avec la société qui reconnaît à sa souveraineté individuelle un rôle participatif à sa mesure et à son rythme.

L’intermédiation causant notre aliénation est un vecteur de destruction individuelle, sociale et écologique. Plus l’assouvissement d’un besoin est intercepté par un intermédiaire – voie maritime, revendeur, morcellement d’un service dans le software par l’abonnement à des outils provisoires etc. – plus cette distance spirituelle, matérielle et sociale est un facteur de risque sous lequel nous sommes soumis à la consommation de « services » léonins. En adhérant au consumérisme, nous cédons notre autonomie, nous nous rendons incapables de liberté par le fait même que nous perdons des savoir-faire, une logique tayloriste de la division du travail, bref nous perdons en polyvalence ce que nous gagnons en spécialisation. Ce faisant, cette consommation exerce une pression sur les ressources de la planète, car elle force le transport de notre consommation sur de plus longues distances au fur et à mesure que l’économie globale crée des mono-économies dans des régions de plus en plus éloignées. Relocaliser la production de biens et de services près de leur consommation aura un double effet, raviver le lien entre le consommateur et les produits du travail tout en réduisant leur impact sur la biosphère.

L’ÉCOLOGIE, C’EST D’ABORD LE LIEN AU TERRITOIRE

Quand on est lié à son territoire, on occupe le territoire pour y vivre. On ne mange pas des légumes qui ont poussé sur une terre volée (privatisée) à un peuple qu’on ne connais pas, forcé de subir l’exploitation du capitalisme contre leur gré, leur esprit et leur corps.

On s’organise avec son territoire localement, car relocaliser la production, c’est économique en terme de moyens déployés, mais surtout, c’est autonomiser les peuples là où ils vivent en fonction des conditions matérielles de l’environnement.

L’import/export est une intermédiatisation qui ne sert qu’à mobiliser l’exploitation, la marchandiser dans le casino de la globalisation coloniale. Les monoéconomies sont dans la logique de la monoculture, elle fragilise le territoire et les peuples qui y vivent en les soumettant à la logique cannibale du Marché.

C’est dans la diversité des productions qu’on pérennise la souveraineté du peuple. La souveraineté locale en dépit des identités politiques, c’est gérer les ressources, les besoins et le travail collectifs. C’est s’occuper du bien commun dans l’entraide gratuite et non-payée sur la base que la confiance règne dans l’abondance organisée.

L’abondance qu’organise le capitalisme est la production de déchets. Une production locale force la parcimonie en regard des ressources, car en sortant de la logique coloniale, on apprend à soigner son petit bout de planète.

L’argent est une intermédiation qui capture le lien confiance/engagement qui devraient tenir lieu de contrat entre les humains capables d’amour. Les intermédiations sont des appareils d’aliénation entre les mains des technocrates – ou tout simplement des hiérarchistes, dont certains sont les bourgeois au sens de Marx – qui séparent les humains en brisant les liens entre eux, et entre les objets et les humains. Ces hiérarchistes ont le monopole des moyens de productions, du patrimoine et du Capital. Un singe peut être éduqué à la monnaie, mais dans un monde idéal, on souhaite que nul n’ait recours à la monnaie de singe, le truchement par lequel, les hiérarchistes raréfient l’accès aux richesses produites ou recueillies. Ainsi la monnaie intermédiatise les rapports sociaux à tous les niveaux et c’est sur sa valeur d’échange que les intermédiaires s’éloignent les uns des autres. La monnaie est un vecteur d’atomisation sociale.

En outre, les hiérarchistes détestent l’autonomie des autres. En peu de mots, la solidarité, c’est l’autonomie sociale. Financer l’autonomie sociale, donc monnayer la solidarité, c’est l’intermédiatiser, c’est déjà la rendre dépendante de la monnaie. C’est de facto la briser. Quand la banque finance le social, elle le met à sa botte grâce au monopole de l’argent. La banque nous déteste. L’argent est une logique mortifère de haine organisée où chacun est un ennemi potentiel, même votre conjoint.e…

L’aliénation causée par l’intermédiation peut trouver une réponse en ce que nous devons devenir polyvalents et autonomes en petites communautés pour les besoins lo tech. Sinon, l’agriculture en milieu « hostile » s’est avérée un succès grâce à la création d’humus (du sol vivant, mycelium etc.) en plantant des espèces appropriées. Donc, beaucoup de formation populaire est nécessaire pour 1- inculquer la conscience de classe : je ne serai jamais Will Smith 2- transmettre des savoir-faire 3- donner sa force, donc son corps et ses possibilités (temps, talents, affects) dans l’autonomie et la solidarité sur la base du consentement où président la confiance et l’engagement grâce à la boucle vertueuse de la solidarité 4- faire de l’éducation populaire gratuite et non payée, inclusive et participative, ce point est la mission que nous tentons de donner à la Tribune anarchiste depuis 2016, un projet socioconstructiviste.

Un camarade biologiste m’a dit un jour : « Pas de société sans biosphère. »