don 0002 – ajout

LES SERVICES AUX CITOYENS
On donne du gratuit. On prend du non payé. On vend des propriétés. On les achète. Les services publiques sont gratuits, car on donne les services. Mais ils sont payés, car on les finance.

Si un service se paye, on peut tout de même le donner. Cela rend compte de l’indépendance entre les contribuables qui tantôt côtisent pour un service sans pour autant en bénéficier directement à la hauteur de leur participation. C’est de cette façon qu’on socialise la solidarité, on la rend disponible sans condition sur la cotisation.

Un service gratuit payé ne se prend pas au sens du don. On en bénéficie comme d’un profit ou d’un privilège, car il intervient quelque chose de l’ordre de l’exploitation – le travail concret salarié – ou de l’ordre du sacrifice et du mérite – que l’Autorité de l’État prend en compte à travers les institutions qui reconnaissent le statut de bénéficiaire d’un service étatisé.

La confusion entre le gratuit et le non payé exclut la gratuité des services puisqu’ils sont payés. C’est la confusion nécessaire à inculquer le sentiment de culpabilité d’avoir bénéficié d’un service gratuit. En oblitérant la gratuité, on induit le sentiment de redevance ou dette, un artefact de la propriété.

L’impôt qu’il faut maintenir est celui sur les patrimoines et les entreprises. Les services sont de moins en moins payés par l’entreprise – qui d’ailleurs ne capitalise jamais que le travail des travailleurs – donc ils sont de plus en plus payants par le travailleur dans la logique individualiste des services privés.

J’entends gratuit ce que l’on donne sans contrepartie. J’entends non payé ce que l’on prend sans contrepartie. Ce qui est gratuit peut avoir été préalablement payé dans un système monétaire. Mais cela contrevient à l’esprit du don, si je peux me permettre l’usage de cette expression en dépit des travaux de Marcel Mauss.

En effet, la contrepartie pose un ordre social où une égalité est recherchée. Cela repose sur la notion préalable de propriété dont le « don » causerait la perte qui exige une contrepartie. C’est déjà la reproduction du capitalisme.

https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite-don0002/

travail 0003 | la persistance du corps contre la culture de l’Autorité

|LE TRAVAIL ET LA DETTE|1v1

L’ALLÉGORIE DE LA SOUPE
Paul veut manger une soupe chez Julie. Pour en avoir une aujourd’hui, il doit s’engager à produire une soupe demain. C’est l’usage de la soupe d’aujourd’hui dont il n’est pas le producteur ni le propriétaire qui le force à emprunter sa soupe du jour. Mais la créancière, Julie, lui demande de lui rembourser deux soupes demain. Alors Paul s’engage à produire deux soupes pour la soupe du jour et deux soupes supplémentaires pour la soupe de demain. Si Paul représente le prolétariat, Julie représente la bourgeoisie qui détient la cuisine où sont produites les soupes. Paul est un débiteur, Julie est l’ensemble des corporations qui exploitent le travail de Paul dans ses cuisines. Il en est de même pour Roxanne, une autre prolétaire qui s’engage dans le marché du travail que représentent les cuisines de Julie. Julie devra veiller à la bonne santé de ses travailleurs, et qui sait, de leur descendance pour prospérer… elle et ses héritiers de la cuisine…

Pour équilibrer le travail en cuisine, Julie devra offrir quelques privilèges aux plus vaillants des employés et créer des postes cadres, et qui sait, donner quelques soupes aux plus méritants…

Quand vous donnez de l’argent, vous donnez une créance. Une créance engage une dette. Une dette est une reconnaissance de propriété privée. Ici, la soupe initiale produite chez Julie. La propriété, c’est le vol, ici c’est le travail concret de Paul et de Roxanne.

Quand vous donnez de l’argent, vous encouragez le VOL.

Le capitalisme n’est non seulement une économie du vol (du bien commun par la propriété) mais aussi du viol, puisque ce sont toujours nos corps qui sont exploités pour fournir du travail et consommer.

Plus un achat est coûteux au détail, plus le corps du travailleur-consommateur est exploité à travers sa production et à travers sa consommation.

Mais, du coup, que dire du discount (des petits prix)? me demanderez-vous.

Il est amorti sur les autres ventes d’une autre période, d’un autre produit, ou d’un autre détaillant. Dans la chaîne de transactions, il participe en dépit des choix individuels les plus responsables.

Il faut voir la relation entre la production et la consommation.

Un producteur de travail concret reçoit une rétribution : salaire, honoraires, cachet etc. Il redonne à l’économie la valeur abstraite que représente sa rétribution par sa consommation. Un paiement d’un consommateur est la remise en circulation de ses propres rétributions reçues. La monnaie transigée rend compte d’un travail concret. Ce travail concret reçoit une reconnaissance de dette comme rétribution. C’est du crédit ou de l’argent-dette.

Quand un détenteur de crédit rembourse ses propres dettes avec ce crédit, il rend compte de sa création concrète de valeur par le travail concret pour lequel il a obtenu ce crédit. La monnaie dette annule la créance et un équilibre entre la production du débiteur et l’émission de crédit devrait donner la valeur 0 $ dans le calcul.

L’usage de dette propulsera l’économie qui repose sur le crédit dans l’engagement des travailleurs à produire du travail concret. D’abord parce qu’une créance actuelle engage le crédit du travail concret dans l’avenir, ensuite parce qu’une créance constitue la spéculation d’une production de valeur concrète dont la valeur abstraite honore le crédit actuel. Le travail concret, c’est le travail qu’un humain effectue dans l’économie au jour le jour. La valeur de sa rétribution monétaire après la production concrète de travail correspond au travail concret effectué dans l’avenir. L’interface entre le travail d’aujourd’hui et le travail de demain est l’argent, créé par l’émission de crédit qui engage le travail futur des humains envers la richesse en circulation dans l’économie d’aujourd’hui. Payer avec cette monnaie-dette, c’est enchaîner les travailleurs au travail concret qui honorera les créances, qui font fonctionner l’économie d’aujourd’hui. Les économies mondiales d’aujourd’hui voient leurs dettes exploser par l’usure (cad le crédit et les intérêts) créant du même coup, l’asservissement des générations futures dans la production de travail concret et la dévaluation de la monnaie, une dette abondante, cad une valeur abstraite (ou symbolique du travail à venir) donc la baisse du pouvoir d’achat : l’inflation qui fait monter le prix des marchandises. On sait tous que les rétributions du peuple ne suivent pas les rétributions des hautes classes et des bourgeois… qui peu à peu colonisent les marchés où faisaient commerces les pauvres…

La seule consommation, qu’importe qu’elle soit équitable ou pas, bio ou quoi que ce soit, contribue à l’usage de dettes qui repousse toujours plus à demain la solvabilité de l’économie d’aujourd’hui. Une économie nationale normale (avant Bâle 1,2 et 3) c’est une monnaie pleine, nationale qui d’un côté injecte de la valeur abstraite dans l’économie du pays et de l’autre la régule par l’impôt, des entreprises surtout, et par les taxes et par les divers péages. Les impôts rendent compte du travail concret réel. Quand le crédit plein rencontre la fiscalité, il y a un équilibre entre la colonne des dépenses anticipées de l’État et le travail effectué de la population. On peut dire que l’État a bien planifié son budget et le travail des travailleurs de son pays. C’est quand l’intérêt privé qui ne rend plus compte de rien sinon de la spéculation entre en jeu avec la privatisation des dettes publiques mondiales en 1973 que les dettes s’emballent et que le pouvoir d’achat des travailleurs péréclite. Plus de dettes, moins de salaire, plus d’impôts sur les travailleurs, moins d’impôts aux entreprises et secret bancaire sur les fortunes de l’évasion fiscale, voilà le fardeau de l’économie financiarisée sur la population qui travaille concrètement.

L’explosion de la dette et la stagnation des salaires ne peuvent plus s’équilibrer par le système de taxes et d’impôts. Non seulement les impôts sont trop lourds pour les travailleurs seuls avec la dette, mais ils sont insuffisants pour suivre l’explosion de la dette, dont la rhétorique sert à saboter les services publiques de moins en moins gratuits, donc de plus en plus en payants.

Enfin, avec la financiarisation des économies nationales, on a laissé le grand casino gérer notre table. De la folie au profit des grands joueurs.

L’économie monétaire, qu’elle soit pour des armes ou des semences, elle utilise de la dette, le travail à venir des travailleurs enchaînés au capitalisme. En gros, dépenser aujourd’hui, c’est exploiter demain. Je trouve ça inadmissible peu importe la qualité des marchandises.

Il y a plein de domaines où on peut éviter l’usage d’argent. C’est généraliser cet esprit, celui du gratuit(donné) et du non-payé(pris) qui m’importe le plus. Plusieurs façons de prendre sans payer existent, elles sont soit légales ou illégales. C’est une question d’audace et surtout de solidarité. La solidarité fera fléchir beaucoup de gens à la faveur d’un système de dons. Bien sûr, la solidarité étatisée est gratuite (et de plus en plus maigre) mais elle est payée (de plus en plus par les travailleurs seuls). C’est la logique individualiste de la privatisation des risques invididuels et la socialisation des risques et des profits corporatifs. Le retrait de l’impôt sur les grandes fortunes (qui capitalisent le travail concret des travailleurs!) est un exemple fulgurant. Et que dire du frère Olivier Sarkozy qui va vendre aux Français une assurance retraite (retraite privée). Au Canada, nous avons déjà le REER et les CELI qui privent l’économie de revenus par l’impôt, à cause de l’épargne et qui désolidarisent les travailleurs au profit des gros salaires. Une folie des gouvernements néolibéraux canadiens qui mettent entre les mains des banques l’épargne des travailleurs qui tentent de s’organiser une retraite décente.

En somme, plus on achète, plus ils exploitent. Plus on paie cher, plus on est exploités. En revanche, moins on paie cher, plus « les travailleurs du tiers-monde » sont exploités. La délocalisation aura pour effet magique d’exploiter au moins deux peuples avec une marchandise. La globalisation aura pour effet d’opposer les travailleurs du monde dans une logique de compétition où la demande de salaire augmente et le pouvoir d’achat baisse, où se raréfient le Salaire et les Emplois, par l’intermédiatisation du Marché mondial, tout en tirant vers le bas les conditions de travail et le pouvoir d’achat entraînant toujours plus de surtravail pour consommer et pour rester compétitif.

Le pari de l’économie du don sera de défaire la dépendance au salaire, dont la dépendance à l’Emploi devra être défaite dans un premier temps par le salaire inconditionnel d’une économie mutualisée, tout ceci reconnaît que Vivre en harmonie avec les Vivants dans l’environnement est déjà une production de valeur en soi au sens de la biosphère : faire persister la Vie est LE travail inhérent au Vivant.

SCIENCE FICTION DE L’ÉPIGÉNÉTIQUE
L’usage d’outils est le résultat de l’évolution. La domestication peut transformer le génôme. Le génôme des animaux domestiques après près de 30 000 ans les rend mésadaptés à la vie sauvage. L’argent existe depuis 5000 ans ou plus. Nous sommes en train de muter par l’épigénèse. Nous allons devenir probablement incapables de survivre sans la civilisation (Babylone) si notre génôme nous condamne à l’argent. C’est une hypothèse. Mais la domestication est le résultat de la centralisation des activités de notre espèce, on retrouve ces comportements chez les fourmis, elles aussi centralisées avec une division du travail, seulement cette division du travail est conditionnée par le régime alimentaire de la larve selon les besoins de la colonie. Pour l’humain, la domestication et la division du travail est fortement ou uniquement conditionnée par les patrimoines formels et informels acquis par la naissance dans une classe sociale, dans une société donnée, à une époque donnée et à un endroit donné.

Paul Lafargue écrivait en 1883 dans Le droit à paresse ces sages paroles :

« O idiots! c’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe lentement. »

esprit 0006 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LES RELIGIONS ET LA LAÏCITÉ ANARCHISTE|

Selon moi, est inconnu ce qui peut être connu, car foncièrement connaissable, puisque matériel. Par contre, est irréel ce qui n’appartient pas à la matière, à sa façon immanente de se manifester : la matière, l’énergie et l’information, trois grands modes d’Être de la réalité aurait dit Spinoza, s’il avait lu Trinh Xuan Thuan, l’astrophysicien bouddhiste. Bien sûr, c’est moi qui le postule.

Les Dieux téléologiques sont des dieux transcendants, qui, prétendument hors du réel, agissent sur lui. C’est l’hétéronomie des Dieux. L’hétéronomie, c’est faire la loi au corps de l’Autre. Le dieu de Spinoza est un dieu immanent de la matière. Pour Spinoza, il y a dieu, car il y a matière. Cette matière qui nous donne corps obéit aux mêmes forces de l’univers que nous. C’est une vision autonomiste de l’Ordre divin. dieu selon Spinoza est un ensemble universel ordonné par les lois de l’univers, son expression se fait par ses modes d’Être, chaque parcelle du cosmos participe au « concert total », il s’agit de la solidarité de la matière, de ses modes d’Être. Cet ensemble est matériel, même vos idées sont possibles, grâce à la matière, cad votre corps, un mode d’Être du dieu spinoziste. dieu est autrement connu sous le nom de réalité.

Les Dieux téléologiques sont des idées, qui appartiennent à des corps qui ont suffisament de preuves pour adhérer à la croyance en ces volontés immatérielles. Si l’éthique commande de partager leur vision, ils peuvent présenter leur idée de Dieu et leurs arguments dans la mesure du consentement, dans la négociation (contrat 0001, 0002, 0003 et 0004) et dans la controverse. Si la Morale commande de convertir les autres, ils emploieront des méthodes Autoritaires comme la manipulation par la romance du Mérite (Paradis, Enfer, réincarnation) et la coercition par l’initiative de la violence volontaire, cad l’agression (Croisades) et par ses renforcements comme la répression (Inquisition), la judiciarisation (cf. éthique 0002 : marquage social et profilage ; confesse), la détention (contention des sauvageaux/sauvagesses, ou Indigènes, ou Autochtones en Nouvelle-France) et l’exclusion (excommunion).

Les Pays, les États, les Nations, les Couronnes et les Marchés, bref, les Dieux téléologiques n’existent pas. Seuls les corps et les peuples (les corps rassemblés) existent, seuls les corps et les peuples sont doués de Parole et peuvent faire société, s’organiser dans une cohabitation d’un territoire aux contours poreux et mobiles au gré de l’usage du territoire. Un pays, un état, une nation, une couronne ou un marché ne parlent pas, ce sont des constructions immatérielles, intangibles et irréelles, on ne peut agir en leur nom, ni leur prêter une voix. Il y a un terme en psychiatrie quand l’irréel agit sur le réel : c’est la psychose.

La Hiérarchie est la Religion mondiale. Ce système qui nous tue porte plusieurs noms : culture du Viol, Patriarcat, Capitalisme, Colonialisme, Féodalisme, Nazisme, bref, il s’agit toujours de l’Autorité d’Un seul contre le corps des Autres, par l’exploitation du corps dans la romance du Mérite, et la Dystopie de classes qui engage la Spirale de la violence. La création de cloisons sociales qui stratifient la société en Dystopie de classes fait par les discours haineux, cad les discours d’exclusion qui essentialisent les corps pour engager les violences systémiques et interpersonnelles qui matérialisent le système hiérarchique, la culture de l’Autorité.

Croire en l’irréel pour asséner des coups de matraques est une sociopathie, la romance de la Nation est caduque. L’irréel est impossible… les Nations et les autres Dieux sont irréels. Ce qui est réel, c’est la matraque! Ce n’est pas la Nation qui parle dans la tête d’un Policier, c’est ses affects! Les CRS en France sont de dangereux sociopathes qui tuent au nom du Dieu État.

La laïcité anarchiste n’est pas la séparation de l’Église et de l’État : c’est l’abolition de l’État et des Religions. Mais pas la prohibition des cultes autonomes, la prohibition est une posture Autoritaire. C’est anti-anarchiste.

Tous les Dieux irréels comme le Pays, l’État, la Nation, la Couronne et le Marché doivent être abolis! Ces Dieux sont dépourvus de Parole, ils ne peuvent donner d’ordre aux corps et aux peuples.

Sur une note poétique, j’ajouterai que la nature ne se plie pas aux caprices des Rois, que tous les Pharaons meurent, et que les oiseaux ne migrent pas avec des papiers, mais avec leurs ailes…

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

défense 0001 – réécriture

Bisous! Une réécriture de la capsule Défense et démocratie 1 dans la rubrique défense 0000!

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https://clodius.blog/2019/11/16/defense-0001-la-posture-insurrectionnelle-ou-la-culture-de-la-defense-contre-la-culture-de-lautorite/

On pourra dire que la violence volontaire que l’on subit est dans tous les cas Autoritaire, si son cadre est non négocié explicitement et non consenti formellement depuis l’agression jusqu’à l’application d’une conséquence et cela de façon directe et documentée dans la mutualité des conventions, ici, l’arbitraire fait l’Autoritarisme, son autocratie et son narcissisme ; et surtout dans une optique de défense, puisque le cadre démocratique des violences admises de la défense se fait avec la société, ici, l’initiative volontaire fait l’illégitimité.

éthique 0002 | L’éthique contre la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES

Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Dans ma politisation, je voudrais comprendre le phénomène de la violence, la route est longue. Il me semble important de poser ma vision de la Morale et de l’éthique, qui toutes deux cherchent à orienter les comportements. La violence étant dans son acception microsystémique un type de comportement, la Morale et l’éthique m’offrent de la matière à réflexion pour poser les bases de ce qui devra aboutir sur un travail sur les comportements personnels ou sociaux autonomes, Hétéronomes et Hétérogérés.

Cette capsule est la deuxième de la rubrique ÉTHIQUE après sa troisième réécriture. J’y articule comment la Morale procède par Essentialisme, donc comment la Morale idéalise les comportements en dépit de leurs conditions matérielles d’adoption.

éthique 0002 | L’éthique anarchiste contre la culture de l’Autorité

|L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE ET L’ESSENTIALISME|1v3
Tandis que la Morale divise en autant de racismes et de nationalismes, seule l’éthique est capable de réfléchir la pluralité, car l’éthique accorde les affects aux stimuli du réel dans sa matérialité au lieu de spéculer sur l’objectivation des fantasmes d’un ENTRE SOI et d’un AUTRE fossilisés autour de particularités qui entretiennent les sophismes de la double faute et les fausses analogies. L’éthique cherche un NOUS.

Les Moralistes veulent figer la marche du monde. Les morales sont toutes fausses, car elles se fichent du réel pour dicter un absolu, un ordre du monde fini, cad dont les limites du Bien et du Mal sont fixés dans une Essence. Une Essence morale au sens philosophique est une idée rigide de ce qu’un comportement ou de ce qu’un trait de l’identité dévoilent sur la prétendue définition d’un être, d’une chose, d’un lieu, d’un événement. La Morale est philosophiquement parfaite, ses limites sont définies.

L’éthique est philosophiquement imparfaite, elle se construit avec la matérialité mouvante du monde. Seule l’éthique est humainement viable, l’éthique est la recherche d’accord du corps avec les autres et l’environnement, c’est une démarche d’adaptation dans le consentement. L’éthique reconnaît les particularités des corps et des éléments qui les entourent : les êtres, les choses, les lieux, les événements.

Avant de produire une Pensée morale, une Pensée essentialiste idéalise une un objet du monde : les êtres, les choses, les lieux. Cette Pensée morale prête une Essence fixée selon les caprices du penseur son groupe identitaire, ce procédé philosophique aboutit à l’Essentialisme. L’Essentialisation consiste à définir un groupe ou une classe selon les traits et les comportements de certains membres du groupe essentialisé.

L’Essentialisme est le premier pas du Nationalisme. Le Nationalisme est le premier pas du Nationalisme xénophobe, qui mène au Nazisme quand il oppose les identités pour dominer les corps. L’Essentialisme amalgame les comportements de certains à la définition de tous. Cela permet de tenir un discours d’exclusion qui divise la société en classes sociales. C’est le concert du discours essentialiste avec les pratiques méritocratiques, où se mettent en jeu les Sociodicées et l’Obéissance qui permettent à l’Autorité de définir les Vainqueurs et les perdants ; et surtout de les marquer socialement par la qualité des Privilèges marchands auxquels chaque classe a accès.

Pour accéder à la Marchandise ou aux privilèges de la classe, il faut détenir du Crédit, ou de l’Argent, dont la création repose sur un Système usuraire, cad un Système de crédit. Le Système usuraire planche sur l’engagement du débiteur pour créer à travers le mécanisme du prêt de la Monnaie-dette. Notre modèle de création monétaire crée la monnaie en prenant pour garantie l’engagement du débiteur à honorer la dette avec le travail vivant des corps exploités.

Le débiteur, disons, souvent, le prolétaire, rembourse des Intérêts liberticides à la force de son travail tout juste suffisant à lui fournir la force d’opérer les outils du Patron. La force du prolétaire est tout juste ce qu’il faut pour l’enchaîner à sa caste. La Dette aura un effet de Marquage social. Un peu comme l’Étoile jaune et les Travaux forcés, le jaune de la fumette, le surpoids du fast food, les vêtements bas de gamme, sinon la contrefaçon, le smartphone obsolète ou l’écran cassé etc. marquent socialement les pauvres. Donc, l’Usure extorque la force de travail de l’employé tout en le marquant socialement.

Le marquage social facilite les Violences informelles qui renforcent les Violence institutionnelles, cad les Violences organisées par l’État et les organes d’Exploitation (des corps, des peuples et des territoires) qui tirent un bénéfice du Monde capitaliste. L’État donne une assise légale, à notre époque, aux Bourgeois, cad les propriétaires du Monde capitaliste, à leurs Sbires et à leurs Larbins tout en fabriquant une aura Morale à leurs violences grâce aux Appareils idéologiques d’État. Le Marquage social facilite le Profilage des Milices répressives de l’État, cela préside au Jugement sur les corps et à l’exécution de la Violence contre eux. Le Marquage social et le Profilage participent de l’Essentialisation des corps dans des Castes bien définies du système de Violences organisées afin de les Exploiter, de les Contrôler dans la romance du Mérite. Il faut se DÉMARQUER.

L’Esprit essentialiste est une réduction des êtres, des objets, des lieux et des événements à une Essence, à une Vérité verrouillée, absolue. L’Essentialisme fixe le Monde dans sa vision, l’empêche de suivre son libre cours. L’Essentialisme classe chaque parcelle de vie selon sa grille de Vérité comme si un absolu, un Dieu, l’avait pourvu d’omniscience. Fixer la vérité, c’est en quelque sorte, tuer le Monde en pleine marche. C’est vain, fat et narcissique.

La Pensée essentialiste justifie l’Autorité. C’est en construisant des frontières sociales qu’on peut hiérarchiser la société. L’Essentialisme social est antianarchiste. J’entends social, car les limites de cet Essentialisme concerne la vie en société. Je le contraste avec les domaines du savoir qui par un souci de transmission doivent fixer les concepts et les mots à un ensemble contextuel donné : les êtres, les choses, les lieux et les événements dans la matérialité du Monde. La langue fixe pour traduire en symboles transmissibles l’expérience matérielle du monde. Transmettre l’éthique est un geste moral en ce sens qu’il fixe un ordre et cherche à le perpétuer. Il faudra donc distinguer la morale de transmission de l’éthique et la Morale de transmission de la Morale dans un travail ultérieur.

L’ENTRE-SOI ET L’AUTRE
L’Esprit essentialiste est toujours valeureux. Les critères de l’Esprit essentialiste sont toujours arbitraires, c’est en quelque sorte des généralisations fallacieuses qui procèdent à la Discrimination, c’est en cela que le Jugement essentialiste est Autoritaire, voire opportuniste, son discours glorifie ses Abus et tient les autres pour coupables. Quand l’Esprit essentialiste n’est pas Sexiste, il est Raciste, ou Transphobe, ou Islamophobe etc. L’Esprit essentialiste est le candidat parfait au Nationalisme xénophobe qui valorise le Narcissisme et mène sans ambages au Nazisme. Le terrain de guerre de l’Esprit essentialiste est sans contredit l’Identité, la pierre angulaire des Discours identitaires et d’Exclusion. Les Discours identaires définissent par Essentialisation un Entre soi supérieur aux autres définis par les discours – ESSENTIALISANT – d’exclusion.

Les discours définissent les doxas, cad les idéologies. L’Obéissance matérialise la pratique violente des Doxas d’exclusion, les Discours essentialisants qui admettent les Uns aux privilèges et excluent les Autres dans les logiques Autoritaires d’Oppression, d’Exploitation et de Paupérisation ; puis de Punitions : la Répression, la Judiciarisation et finalement l’Exclusion, et parfois elle enfonce dans la gorge le Pardon, la Réconciliation et la Collaboration sous forme de Délation ou de Coercition.

La Logique essentialiste fixe le classement des objets du Monde avant l’existence des choses et des êtres. C’est un Ordre rigide conservateur qui impose les Violences institutionnalisées (hiérarchismes systémiques ou inégalités systémiques) et les Racismes (hiérarchismes interpersonnels ou les inégalités personnelles) comme des fatalités commandées par un Absolu indiscutable et indépassable comme les Dieux des cultes Autoritaires, nommément l’État, la Couronne, ou même des sottises (c’est mon jugement de valeur) comme la Tradition (mimétique) ou la Morale.

L’Esprit essentialiste définit les Autres par les comportements – de certains – que sa Morale juge inférieurs pour les exclurent ou supérieurs pour les admettre. C’est le mécanisme même de la romance du Mérite. C’est par la logique de la double faute et c’est parce que l’Autre nous semble moralement inférieur par ses prétendues fautes que l’on peut l’Exploiter et l’Oppresser. La vilaine bête ne sait pas se gouverner…

Les Nazis ont mené un discours d’exclusion jusqu’à Auschwitz. On l’appelle communément l’antisémitisme. Aucun discours d’exclusion n’est admissible ou anodin.

Je serai toujours contre l’essentialisation et contre l’exclusion! Contre les gauches et les droites identitaires, et les nationalismes renouvelés à saveur sociale…

|EXEMPLES DE PROBLÈME ÉTHIQUE ESSENTIALISTES|

CONTRE L’ESSENTIALISATION DU COMMUNISME
Je ne crois pas que les comportements de Staline, de Lénine ou de Mao discréditent tous les fondements communistes. Le penser est une Pensée authoritative, une Pensée essentialiste qui pense les objets et les êtres sous des cloisons hermétiques! Seuls les Autoritaires jugent les idées selon les gens!

CONTRE LE FÉMINISME RADICAL
Le féminisme radical et l’essentialisme amalgame violences, hommes et transidentité au Patriarcat.

Selon l’auteure Virginie Despentes, dans King Kong théorie, bien avant sa sortie spectaculaire d’un bal de finissants, la lutte se fera avec la l’entraide des hommes, pas dans l’inversion stupide de l’Oppression. Exclure les hommes, puis par la bande les transgenres, de la lutte féministe est un essentialisme qui reproduit la Société de classes pour soi-disant la combattre.


Frederick Bastiat disait il y a plus de 150 ans :
« Lorsque le détournement de fonds et le pillage deviennent des attitudes communes à un groupe d’hommes vivant au sein d’une même société, ce dernier finit par créer un système judiciaire qui autorise ses méfaits, et un code moral qui les glorifie. »

[https://clodius.blog/2020/01/06/ethique-0002-lethique-contre-la-culture-de-lautorite/]

contrat 0004 | Le contrat anarchiste contre la culture de l’Autorité

|LE CONSENTEMENT COMME PIERRE ANGULAIRE DU CONTRAT ANARCHISTE| 1v5
L’hétérogestion, c’est l’ingérance sur le corps des autres, c’est la coercition aux intérêts d’un seul, contre le bien commun, autrement dit, contre le bien de tous. La seule autorité qui fait loi, c’est celle à laquelle on accorde sa confiance. La confiance ne s’écrit pas par le haut… Elle se vit côte-à-côte.

L’Autorité d’un seul ou de quelques-uns est l’autorité non consentie. L’autorité de tous est l’autorité qui advient par la délibération directe, la négociation directe et explicite, et le consentement exprès ou formel et au mieux documenté directement, où l’autonomie de chacun.e fonde l’autonomie de tous, la solidarité par l’entraide foncièrement consensuelle. Le consentement garantit l’autonomie corporelle et fonde la solidarité de tous.tes. Le consentement opère comme la pierre angulaire du contrat anarchiste et du temps d’improvisation, un temps que je développerai dans une prochaine capsule.

J’emploierai des binomes qui dans le premier terme comporte le pouvoir du consentement et qui dans le second terme comporte le pouvoir non consenti. J’opposerai donc « l’autonomie » contre « l’hétéronomie » ; « l’anarchie » contre « la hiérarchie » ; « l’anarchisme » contre « le hiérarchisme » ; « l’autorité de tous » contre « l’Autorité d’un seul », « l’autorité impartiale » contre « l’Autorité partiale » ou « l’autorité consensuelle » contre « l’Autorité non consensuelle » et toutes ces Autorités seront concurremment utilisées avec le concept de « l’Autocratie ». À cela, il faudra voir si l’on peut opposer « la solidarité » ou « la démocratie capacitaire » qui reconnaît l’autonomie corporelle de chaque personne unie dans le contrat social, autant leurs possibilités que leurs limites.

Enfin, je propose d’opposer « la liberté égalitaire » contre « la Méritocratie », un concept avec lequel j’emploierai concurremment celui de « la romance du Mérite » qui appelle « la romance de la Liberté » et la « romance de l’Égalité » toutes deux ineptes à réfléchir le consentement par lequel se soude la solidarité. Il n’existe pas de solidarité dans la hiérarchie, ni dans les privilèges de classe. Si l’une est Liberticide, les autres sont Inégalitaires. J’aurai comme tâche de démontrer que la romance du Mérite repose sur le Liberticide pour creuser les Inégalités.

Je distinguerai deux volets de « la culture du Travail » par « la romance de l’Emploi » et la « romance de la Marchandise », si la première construit les actes de foi contraints par la manipulation sur le récit des classes ou leur sociodicée, la seconde construit les actes de foi par la manipulation des appareils idéologiques d’État, qui enjoignent le travailleur à idéaliser le consumérisme comme la réalisation de « la romance de la Liberté » et la concrétisation du récit des classes, bref des privilèges marchands octroyés par les déterminants sociaux, une clé de voûte de la Méritocratie romantisée. C’est en quelque sorte le fétichisme de la Marchandise qui de concert avec l’argent-dette renouvellent la dépendance à l’Emploi romantisé. La duperie du Mérite se traduirait ainsi : Plus on travaille, plus on se libère…

Il faudra voir s’il est juste d’opposer « la solidarité » ou « l’autonomie sociale » contre « la culture de l’Autorité », ceci poserait la solidarité parmi l’ensemble que constituent les cultures, puis « la culture du consentement » contre « la culture du Viol » ; « le consentement » contre « le Viol ». Il faudra également voir si le fait d’être infantilisé par le Patriarcat ne mette au jour « le viol politique sur des enfants politiques », ceci donnerait à penser « la culture de l’Autorité » comme « un Inceste politique », si ce n’est pas « une Pédophilie politique ». Il faudra étudier si toutes ces cultures Autoritaires renvoient à « une culture de la Prédation » qui raconte une sociodicée pour que la Dystopie revêt une Auréole morale, « légale » donc « acceptable ».

Hors du consentement, tous les rapports forcés sont un viol. Même les activités humaines, cad la persistence des peuples dans le temps, qui se vivent dans l’improvisation devraient être sujettes à un cadre qui prévient les préjudices que je recadrerai dans le concept de blessure (préjudice : contrat 0001). Je pose que ce cadre opère par le consentement, la pierre angulaire du contrat anarchiste.

LE CONSENTEMENT ET LA SORTIE DE L’ENFANCE POLITIQUE DANS UN DOMAINE DONNÉ OU AFFINITAIRE
L’âge du consentement dépend de la maturité de chacunz. La limite d’alcool ou de THC dépend de l’accoutumance et du métabolisme de chacunz. Une démocratie capacitaire ne saurait imposer des lois ou des normes fondées sur des calculs statistiques, elle devrait plutôt donner à chacunz les moyens sécuritaires de vivre sa liberté à sa mesure et à son rythme. Cela pose le corps comme une condition sine qua non de la liberté et de l’égalité. (éthique 0001, esprit 0003)

La capacité au consentement, lucide et éclairé (pléonasme) est-elle une prérogative de la génétique ou le fruit d’une éducation populaire démocratique? Je crois qu’il s’agit d’un mélange des deux. Certainz auront l’intuition juste de ce que constitue le consentement sans trop y être forméz, d’autres devront l’apprendre ou l’intellectualiser, le préciser. Le consentement n’est pas une question d’âge, mais de capacité. La démocratie capacitaire ne saurait le négliger. (contrat 0001)

Pour distinguer l’utopie de la Dystopie, il faut réfléchir la démocratie capacitaire en opposition contre la Méritocratie. En gros, la démocratie capacitaire est un ordre où les membres de la société peuvent agir sur l’environnement et sur le récit commun à la mesure de leur capacité et à leur rythme. Cela suppose déjà que les membres de cette société égalitaire consentent aux termes d’un contrat social qui prévoit les accommodements nécessaires à rendre puissants politiquement ses signataires. La Méritocratie considère plutôt que les libertés s’octroient à la mesure et au rythme de chacun de ses membres en dépit de leurs différences et sans nécessairement accomoder leurs besoins particuliers. Si une démocratie capacitaire reconnaît le consentement comme une condition nécessaire à reconnaître chaque individu dans la diversité et l’égalité, une méritocratie exclut les uns ou les autres selon les termes hétérogestionnaires qu’impose l’Autorité partiale afin de maintenir la stratification sociale dont est issue la hiérarchie.

Tandis qu’en dehors du consentement, tous les rapports relèvent du Viol, de la violence volontaire initiale ou renforcée – auxquelles il faut opposer la défense – de l’Autorité ; le consentement n’existe pas dans l’ignorance et dans l’acte de foi contraint par la manipulation, par la coercition et leur renforcement par la répression, par le jugement, par la punition, par l’exclusion, par la collaboration, par la délation et par la réconciliation.

J’introduirai le concept de « subission » pour le contraster avec le concept de « Soumission » qui englobera les actes d’Obéissance qui donnent corps à l’Autorité tels que « la collobaration », « la délation », « la réconciliation » et tous les travestissements par le Langage, les rhétoriques comme « les Révisions » « les Négations », bref les discours des Vainqueurs et autres Héros sur lesquels s’érigent les Républiques et les Empires qui ne tiennent qu’à la romance du Mérite. J’entends « la subission » le fait d’être un corps qui subit l’Autorité. Je n’emploierai plus les termes République Démocratique dans le cadre du capitalisme sans la majuscule. Dorénavant, sera une république un territoire – physique ou virtuel – restitué aux corps rassemblés en « peuples » au sein duquel ils seront des « personnes » les unes au regard des autres à leur « entendement ». Dorénavant, sera une démocratie, l’ordre libertaire et égalitaire à la mesure et au rythme des corps rassemblés dans leur autonomie corprelle et sociale. J’emploierai « démocratie » au sens que le pensent les tenants de « la démocratie capacitaire ».

Bref, toutes les postures Autoritaires invalident le consentement : elles donnent lieu à la Spirale de la Violence de maintenir le pouvoir d’un Seul contre l’intérêt commun. L’Autorité est le stricte contraire du consentement. Est Autorité le rapport et ses conséquences non consentis, cad une situation où la prise de pouvoir se fait par l’Agresseur, celui qui exerce une Domination, celui qui cause volontairement une blessure affective, corporelle ou matérielle, celui qui force la subission du corps de l’autre, celui qui fait subir la violence volontaire initiale ou renforcée.

Je tiens à dédier cette citation à ma camarade Gabrielle formulée par Dom Hélder Pessoa Câmara, qui résume la Spirale de la Violence :

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Dans tous les rapports sociaux, agir sans consentement, c’est s’adonner à la violence de l’Autoritarisme, donc à l’Arbitraire Narcissique et Autocrate. L’Autoritarisme est un cas particulier de la culture de l’Autorité, il renvoie à l’idéologie et à l’exercice du pouvoir du parti Dominant, de l’Agresseur. L’Autorité est un fondement de la culture du Viol, une culture de la Prédation où l’Un fait la loi aux corps des autres, prend le pouvoir contre leur corps.

Je retranscris cette citation, à la demande de Gabrielle, formulée par Anselm Jappe dans La société autophage, qui explique l’appétit cannibal et autophage du narcissique pour le consumérisme, le fétichisme de la marchandise où même le corps des autres est à consommer et à jeter :

« Bien sûr, le narcissisme dont on parle ici ne consiste pas seulement dans un excès d’amour-propre, dans la vanité et le culte du corps, ni même dans le culte du moi et dans l’égoïsme, comme le veut l’usage populaire du terme. Le narcissisme, au sens psychanalytique, est au contraire une faiblesse du moi : l’individu reste confiné à un stade archaïque du développement psychique. Il ne parvient même pas au stade du conflit œdipien, qui donne accès aux « relations d’objet ». C’est le contraire d’un moi fort et glorieux : ce moi est pauvre et vide car il est incapable de s’épanouir dans de véritables relations avec des objets et des personnes extérieurs. Il se limite à revivre toujours les mêmes pulsions primitives. »

Pour illustrer ce cannibalisme, prenons cet exemple, la pédophilie est une pratique sexuelle Autoritaire, elle se pratique sur quiconque ne possède pas la capacité de donner son consentement. L’abus sur unz enfant dont la maturité n’est pas atteinte relève du même hiérarchisme que sur unz adulte handicapéz.

L’IMMATURITÉ N’EST PAS UN GENRE, NI UNE ORIENTATION, NI UNE PRATIQUE!! DE L’IMMATURITÉ N’ADVIENT AUCUN CONSENTEMENT!! IL N’Y A PAS D’ADULTES POLITIQUES SANS CONSENTEMENT!!

LE CONSENTEMENT CONTRE LE PROXÉNÉTISME
La question du proxénétisme et du travail du sexe trouve une piste de réponse dans la notion de consentement. Le rapport hétérogestionnaire du proxénétisme met en rapport le rôle du proxénète, le rôle du client et le rôle de violeur en regard de la notion de profit, de la notion de tarif, de la notion d’hétéronomie en ce qu’elle implique un non consentement et viole l’autonomie du corps marchandisé.

Si le proxénétisme met en jeu la marchandisation du corps au même titre que le travail du sexe, le premier cas de figure est un rapport hétérogestionnaire où le corps qui fait la Loi et qui exerce un Pouvoir exploite le corps marchandisé pour tirer un Profit. Si parfois le proxénète est le client, proxénète et client sont toujours les violeurs en ce qu’ils font la loi au corps marchandisé. Si le proxénète marchandise le corps en échange d’un tarif, le client jouit du corps contre la contrepartie que représente le tarif.

On dira que vendre son corps et ses possibilités sous les diktats du Capitalisme est une prostitution de survie, que le corps qui se marchandise lui-même jouit d’une certaine « liberté ». Là où opère le diktat du Marché n’est pas du ressort du corps marchandisé, il relève du pouvoir du capitalisme de mettre sur le Marché le commerce de la force de travail du corps des exploités. C’est dans cette mesure, que le corps marchandisé pour le travail du sexe est exploité au même titre que le corps de tous les travailleurs dans la production de valeur capitalisée. Cela pose le Capitalisme comme le Proxénète systémique. En d’autres termes les Proxénètes sont les Bourgeois.

Pour discerner la prostitution du Viol, il faut qu’il y ait un écart dans l’autonomie du corps exploité et le violeur. J’entends proxénète dans les tous les cas comme celui qui tire un profit de l’exploitation du corps de l’autre. C’est celui qui exerce la violence Autoritaire. Le corps prostitué n’a seulement accès aux privilèges que prévoit sa classe dominée.

Une utopie anarchiste où l’argent n’existe plus redéfinirait les rapports qu’entretiendront les corps entre eux. Seulement, le pragmatisme commande de reconnaître les privilèges marchands issus de la prostitution, seule consolation – dérisoire – possible d’une telle violence. Bien entendu, je rejette l’idée de l’argent, mais le tarif aux mains du corps exploité lui permettra de gérer son accès à ses privilèges marchands, son accès aux marchandises. Or, ce cas de soumission requiert un accompagnement vers la sortie et commande que l’éducation populaire par et pour les camarades, et cela, dès l’âge de la parole outille les corps pour protéger leur autonomie préalable à tout consentement. Cette soumission matérialise la subission du corps marchandisé.

En sciences cognitives, il est démontré que les enfants en bonne santé linguistique ont acquis toute leur syntaxe maternelle à quatre ans. Ils doivent être formés à reconnaître les situations où ils se sentent incapables d’accueillir la sollicitude des adultes politiques dans un domaine où ils sont appelés…

Par ailleurs, s’il apparaît qu’un terme du contrat (anti)social qui vous lie au Capital vous est inconnu, cad que vous êtes aliéné à votre société par l’intermédiation d’un État – en ce qui concerne beaucoup d’entre nous, il s’agit de l’État bourgeois ; on peut soupçonner que vous êtes victime d’un viol, fut-il spirituel. C’est cette prédation qui laisse à penser que la société capitaliste est fondée sur la Culture du Viol.

Enfin, pour compléter mes hypothèses, je devrai développer l’articulation entre le consentement et l’autonomisation des corps des candidats à l’autonomie dans une capsule à venir. Je tâcherai d’assembler mes arguments sous la rubrique CORPS.

LE CONSENTEMENT AU CONTRAT SOCIAL
Le non consentement fait basculer les rapports sociaux dans la Domination-Soumission-subission, car il y a hétérogestion du corps des autres, et dans la Soumission puisque le corps soumis a abdiqué sa liberté. La Soumission n’est pas un consentement : il relève davantage de l’adhésion ou de l’acte de foi contraint (esprit 0002). J’entends la Soumission comme une posture qui à la fois est un « bourreau » et une « victime ». J’entends la subission comme le fait de subir les violences volontaires et initiales (ou renforcées dans le cas de la Vengeance : défense 0001) et comme le fait de subir la Soumission des corps qui exercent les violences renforcées. (cf. SOUMISSION = action de faire subir les conséquences de l’obéissance)

Il est dit que « Nul n’est censé ignorer la loi. » Pourtant, nous avons besoin des avocats et des juges pour la comprendre. À ceci, je dirais qu’il ne peut advenir de contrat social dans l’ignorance. Le contrat actuel antisocial ne tient la Dystopie que par la violence des armées et par la menace de la pauvreté en regard de laquelle les banques monopolisent le médium de la richesse : l’argent.

Si le peuple, la société, écrivait son contrat social pour et par lui-même, il n’écrirait pas que par un « consentement tacite » un nouveau né accepterait magiquement un contrat soi-disant « social » dont il ignore tout. Je parle d’un contrat qui fait du corps du nouveau-né la propriété de l’État qui se réserve le droit de vie ou de mort sur celui-ci si une fois grand l’État lui impute un crime dont les critères de jugement n’ont jamais été négociés sans les autres membres de cette (anti)société.

Si le flic tue, c’est l’État, croit-on, qui lui en donne le privilège, mais au sens de Spinoza, on dira que le flic tue, car il est un corps qui se comporte dans un environnement qui lui fait vivre les stimuli sous forme d’affects, qui se conjuguent à son Endoctrinement, et pour lesquels, dans la pratique, on lui a octroyé les conditions matérielles d’une telle violence : cad les armes et l’entraînement. Le flic fait partie d’un système ou sa fonction s’explique par sa seule présence dans ce système qui sacralise la propriété – à laquelle j’oppose l’autonomie corprelle et sociale.

Ce qui a donné lieu à la fonction du flic d’exister, c’est sa construction dans un société déterminée par l’Histoire. La fonction policière n’est pas une fatalité, c’est plutôt un construit social que l’environnement actuel donne comme soi-disant « naturel ».

L’Histoire nous aura enseigné que ceux qui veulent nous faire la loi, nous font la guerre.

Les conditions matérielles de la démocratie capacitaire doit établir les conditions de l’égalité et garantir la liberté. C’est en ce sens que je pense que l’anarchisme est le discours le plus cohérent pour construire et défendre des arguments en faveur de la liberté et de l’égalité. Une démocratie capacitaire se matérialise par les actions autonomes des corps à leur mesure et à leur rythme. C’est grâce à l’autonomie corporelle et sociale que se fabrique la liberté et que se matérialise l’égalité.

La question du tirage au sort est très apéritive pour fédérer des peuples. Mais l’économie locale commande que des communautés peu peuplées soit autonomes sur la portion du territoire qu’elles occupent. L’autonomie sociale devrait commencer par l’autonomie corporelle de chacune des personnes liées délibérément par le contrat social.

Le consentement apparaît comme une assise affective à la solidarité et à l’entraide, pour lesquelles les affinités tiennent de terrain commun au consentement qui favorisera les affects positifs par lesquels se vit le sentiment de solidarité.

On ne peut s’unir à contre cœur ou sous la Coercition. C’est malheureusement le cas des Nations actuelles. Il ne s’agit pas tout à fait d’union sous l’Hétérogestion, il s’agit plutôt d’un cauchemar systémique, d’une Dystopie, bref, d’un Viol.

L’utopie que je tente de réfléchir devra articuler l’individualisme et le collectivisme ou le pluralisme en regard de la démocratie capacitaire, tributaire du consentement. C’est par l’autonomie corporelle que je recadrerai cet individualisme souvent confondu avec le Narcissisme ou l’Égotisme.

Il y a du bon chez Stirner, mais je ne suis pas fan du dogme du relativisme des égos, car à l’échelle phylogénétique, il y a beaucoup en commun entre les humains, les conditions biologiques qui font notre espèce devraient faire consensus. Nous avons tous des besoins d’animaux et des besoins anthropologiques ou sociaux comme l’appartenance. Oui, nous sommes d’abord un corps autonome ou candidat à l’autonomie dans les domaines de nos intérêts, mais qui parfois en rencontrant les affects des autres se posent comme une base affinitaire à construire et à organiser du commun, et cela, sur la pierre angulaire du consentement qui protège l’indépendance et soude les solidarités – cad l’autonomie du groupe. Alors, on vit une expérience solitaire ou intime, quand la liberté d’association ne nous appelle pas à coordonner le travail, à le socialiser, efforts, talents comme produits.

Pour obtenir une société solidaire, cad autonome socialement, il faut que chaque membre qui constitue la base de cette société soit autonome.

Puisqu’un contrat social pour et par la société est un projet dont l’autonomie du groupe repose sur l’autonomie de chacun.e, il ne peut se former de groupe autonome avec un ou des individus hétérogérés ou Autoritaires. L’autonomie que j’entends est préalable à la liberté d’association. La liberté repose sur l’autonomie et l’association repose sur le consentement lui-même tributaire de l’autonomie corporelle. Bien sûr, il y a l’autre qui dans l’égalitarisme est tout aussi libre que le corps des autres de s’associer ou pas.

Je devrai développer mes arguments pour défendre que le consentement affectif est le premier pas vers l’autonomie, vers le stade des adultes politiques.

La liberté est une dimension inéluctable de l’humain sans laquelle, l’autonomisation du corps humain dans l’environnement serait impossible. L’environnement habité par les autres corps, c’est aussi leur culture qui forge la nôtre avec le concours de l’expérience du corps. À ma connaissance, aucun absolu ne commande que nous fassions société de façon égalitaire ou que nous subissions l’Autorité partiale. Seulement, j’adopte et défends l’anarchisme : je pense que la liberté est égalitaire.

D’ailleurs, l’égalité se mesure par la liberté. C’est parce que tous sommes libres que nous sommes égaux. Et si l’un.e de nous n’est pas égal.e, nul.le n’est libre. C’est parce que nous sommes sous les mêmes lois de l’univers que sommes foncièrement égaux, c’est parce que chaque corps doit persister dans la matière que chacun.e est matériellement et nécessairement libre. Une démocratie capacitaire ne légifère pas sur des statistiques, elle organise la liberté de chacun.e de vivre à sa mesure et à son rythme pour se réaliser dans des possibilités auxquelles tous.tes accordent leur consentement.

ÉPIGÉNÉTIQUE ET PERSPECTIVE DÉTERMINISTE
Sommes-nous soumiz à l’inconscient collectif? Il me semble que l’obéissance des corps à un corps collectif contient une dimension de consentement. Ce consentement peut-il être inconscient? Je trouve cette perspective dangereuse en matière de Viol quel qu’il soit.

Or, il faut avouer qu’au niveau subatomique tout est un plasma grouillant de vie sans frontière. Tout est lié. L’astrophysicien Trinh Xuan Tuan (et d’autres de ses collègues) décrit trois facettes de la substance : la matière, l’énergie et l’information. Il croit également à la « nécessité des choses ». Une force qui justifierait les choses. Cet inconscient pourrait être la mémoire du cosmos codifiée dans la facette informatique de la matière. Mais, je n’en sais pas plus à cette échelle.

Sinon, il y a des neurologues et autres expertz du cerveau qui s’entendent sur le caractère déterminé des psychés et des comportements : l’épigénétique transmet l’encodage des traumatismes psychosociaux et des plaisirs de nos ascendants à notre génome. Dans cette mesure, les traumatismes sont des facteurs de risque et les plaisirs, des facteurs de protection pour les générations qui nous suivent.

L’égalité est de fonder une société qui permettra à chacunz de faire partie de l’Histoire collective en fonction et en dépit de ses déterminismes. J’entends en fonction, car la démocratie capacitaire reconnaît les limites de chacune des personnes de la société. J’entends en dépit, car les personnes de la société ne reproduisent pas la Société de classes en fonction des limites des autres. Il me semble que c’est ça, être pluraliste : c’est reconnaître la diversité et lui donner la liberté d’exister en toute égalité.

L’ENFANCE ET LE CONTRAT ANARCHISTE
Il faudra, il me semble, faire advenir une société par un contrat social délibéré directement, négocié directement et explicitement, puis consenti expressément et dont les termes sont documentés par et pour chaque personne qui le signeront et qui accueilleront les nouveaux candidats à la signature. Cela pose les enfants politiques comme étant liés aux adultes politiques non pas sur les termes du contrat social, mais seulement et uniquement sur les bases affinitaires que constituent les affects agréables et consensuels. Cela pose également hors de tout doute que l’innocence est le propre de l’enfance politique, cela pose finalement que les inflictions de blessures sont inacceptables. Une démocratie capacitaire ne juge pas, ne corrige pas, ni ne punit : elle accompagne et guide les enfants politiques et partage le monde avec l’enfance sur la pierre angulaire du consentement.

Si le réflexe est une façon de répondre aux stimuli, le réflexe de la tétée est la première façon de réfléchir le monde en sortant de l’utérus. Cela entend que le réflexe de la tétée témoigne de l’autonomisation du corps dès l’apparition de la bouche et du pouce chez le fœtus. Enfin, si un enfant politique a ce qui lui faut pour réfléchir, il sera un candidat responsable à la démocratie capacitaire, à la liberté égalitaire.

Je tâcherai d’étudier de sorte à réflechir un contrat sur le mode de la liberté et de l’égalité, un contrat anarchiste.

Sans consentement, tout rapport est un viol, une violence arbitraire, une violence autocrate, une violence narcissique, un hiérarchisme ou une Autorité. Ça croupit dans la même soupière!

[https://clodius.blog/2020/01/04/contrat-0004-le-contrat-anarchiste-contre-la-culture-de-lautorite/]

don 0002 – ajout


Un nouveau commentaire sur ma capsule don 0002!

https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite-don0002/

L’État est articulé autour de la notion de propriété. C’est dans ce sens que l’État et son exercice de pouvoir sur notre quotidien est anti-démocratique. C’est ce mécanisme qui entre techniquement en contradiction stricte avec la solidarité et l’entraide gratuite et non-payée, car c’est deux notions sont le stricte contraire de la propriété et de la notion de dette qui reconnaît à un bien transféré une compensation obligatoire. La propriété ne se donne guère sans sacrifice et on prend rarement ce qui est dû sous l’égide de la propriété sans payer une contrepartie pour honorer une dette. C’est le système propriété-sacrifice-dette-contrepartie qui annihile tout ce qui semble être un don dans une économie monétaire. Ce système s’articule autour d’un affect fondamental la peur de la perte. Il est alors dans l’intérêt de l’État par le truchement de ses appareils idéologiques de semer la peur par la fabrication de la culture de la Compétition sous une culture plus large encore : la culture de l’Autorité.