don 0005 | Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LE TEMPS DE QUALITÉ CONTRE LE TEMPS COMPTABLE ET LA NOTION D’EMPRUNT|1v2

Je tente de contraster l’économie du don et l’économie de Marché, notamment en introduisant le concept des temps de qualité, les valeurs qualitatives du temps, contre le concept de temps comptable, les valeurs quantitatives du temps dont la nature est en contradiction avec les principes de confiance et d’engagement qui lient les acteurs de l’économie du don. Enfin, j’introduis la notion d’emprunt sous un regard qualitatif.

Moyennant l’usage d’outils pour dominer, il se peut qu’un primate en frappe un autre. C’est toujours dans la rareté – les limites matérielles des ressources – qu’apparaît la domination. La sédentarisation qui d’abord s’est produite par l’agriculture puis par l’urbanisation a donné lieu aux société de diviser le travail, d’essentialiser les travailleurs en fonction des privilèges que leur activités leur octroient, créant ainsi la hiérarchie entre les individus, une stratification sociale prétendument naturelle dont les affects envers les conditions matérielles sont construits socialement et entretenus matériellement.

Même les sociétés nomades Autoritaires ont préalablement connu la hiérarchie à travers la sédentarité.

Techniquement, 20 à 30 % de la production mondiale ne se rend pas sur le marché. Il faut considérer le fait de notoriété publique que nous produisons pour nourrir 12 milliards d’humains alors que dans les faits, de façon globale, 6 milliards sur 8 sont effectivement et convenablement nourris, pas toujours les mêmes. Sans compter que jusqu’à 80% de la masse monétaire est enfouie dans les dépotoirs fiscaux, sous le couvert du secret bancaire. Cette rareté organisée me donne à penser que nous avons de bonnes raisons de croire que l’humanité est une jolie candidate à la paix dans l’abondance organisée.

Il est très raisonnable et très écologique de décroître la production et d’optimiser la production locale pour créer du temps citoyen, cad du temps d’entraide pour construire la solidarité et l’autonomie tout en gérant l’abondance hors des diktats délétères du Marché et de la globalisation autrement connue sous le nom d’impérialisme ou de colonialisme.

Les diktats du Marché « compétitif » multiplient les offres en dépit des besoins. C’est une logique retorse qui ne peut se conjuguer au don. La logique naturelle du don voudrait que le consommateur fasse appel au travail des autres. Mais dans la logique marchande, ni le besoin ni le travail n’existent au moment de conclure un marché, la spéculation fantasme sur le pari du désir à titiller chez les acheteurs inconnus qui souvent revendront les marchandises ou les services marchands en dehors de tout usage allongeant de façon indéterminée la chaîne des intermédiaires qui parasitent la production et aliènent le consommateur.

Le don fonctionne sur deux motivations : le besoin commande l’appel à la solidarité quand l’autonomie est impossible ou insuffisante, sa contrepartie est le principe de paresse par lequel le temps consacré à une activité doit être au mieux un temps de merveilleux, ou un temps dont la paresse préalable a suffisamment donné du merveilleux pour qu’un moment moins facile, qu’on appellera le temps de cauchemar, se passe dans l’entraide, le travail socialisé.

De façon détaillée, le besoin appelle l’expertise, la confiance appelle la guidance et l’autonomie appelle la solidarité. Le besoin et l’expertise, la confiance et la guidance, ainsi que l’autonomie et la solidarité revêtent une dimension affective. L’affect de confiance confie notre besoin de façon autonome à l’engagement des autres. L’engagement des autres se traduirait comme le fait que les autres s’engagent dans la guidance pour partager leur expertise de façon solidaire.

L’offre et la demande ne sont pas des logiques spéculatives utile dans une économie du don, car le besoin de solidarité et le besoin de merveilleux articulés dans le principe de paresse, au contraire, tiennent compte de la matérialité du monde qui prépare le repos par le travail et prépare le travail par le repos en multipliant le merveilleux dans le cycle autonome de la solidarité. Un affect agréable sera recherché à travers la répétition de l’entraide, si ce n’est par sa ritualisation.

Quant à la fatigue, le modèle que je propose utilise les principes de paresse et de travail conjugués aux principes de merveilleux et de cauchemar, où j’oppose au temps comptable, les temps de qualité, cad les temps dont la valeur qualitative organise de façon naturelle l’engagement et la confiance dont aucune comptabilité ne saurait rendre compte. En gros, tandis que le temps de paresse prépare le temps de travail, et vice versa, le temps de merveilleux est une recherche constante, qui rend possible le temps de travail ou même de paresse – forcée – lorsqu’ils sont cauchemardesques. Aussi le tout repose sur la solidarité matérialisée par l’entraide, dans un mode de production collectif où l’éducation populaire assure la polyvalence. La chanson dit : Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place…

La matérialité des corps qui portent les affects en jeu dans une économie du don se distingue du caractère arbitraire et idéel de l’économie de Marché où on joue les devins avec des symboles arbitraires.

LE CRÉDIT OU LA SPÉCULATION SUR L’ENGAGEMENT
Une nation qui confie sa création monétaire aux banques privées, via l’usure, cad le crédit et les intérêts, vit son présent sur la valeur du travail futur, cad un travail pour lequel aucun engagement ne se matérialise. Le crédit national reporte la charge de la consommation présente sur le dos des travailleurs à venir. Quand un pays emprunte à intérêt pour vivre, il enchaîne sa descendance aux travaux forcés, d’autant plus que la masse monétaire qui a cours est le cumul exponentiel des prêts de l’économie d’un pays, entraînant l’inflation sans que toutefois les salaires ne soient dûment indexés à la croissance. La stagnation des salaires face à l’inflation conjuguée à la monnaie-dette entraîne la paupérisation qui aménage les conditions difficiles propices à la contraction de dettes harnachant de plus en plus solidement les travailleurs de la Nation à l’esclavage. C’est l’institution de la Nation soumise aux traités internationaux qui scelle la soumission des corps et des peuples à la dictature des banques, aux monopoles du fric. Il est impératif que les corps et les peuples s’affranchissent d’une telle Dystopie et qu’ils décident en toute souveraineté du modèle économique qui les émancipera. Une économie du don, une société solidaire dans l’entraide gratuite et non payée semble l’avenue la plus réaliste (écologie 0001). Enfin, le caractère usurier de la dette force l’endoctrinement dans l’économie monétaire en dépit des affects de celleux qui s’y contraignent. Enfin, la paupérisation et la criminalisation opèrent en cercle vicieux, à renfort de toxicités, qui mène tôt ou tard à la marge, si ce n’est pas illico à la morgue.

LA NOTION D’EMPRUNT
Dans une économie du don, l’espace privé doit être aboli. Seul l’espace d’usage coupe et annihile la possibilité de thésauriser l’immobilier et le patrimoine à des fins de profit. L’espace d’usage est à l’usage de l’usager, pas à sa descendance, après la mort de l’usager ou après son départ définitif, signalé expressément, formellement et directement à une instance communautaire. L’espace d’usage est un bien d’usage que l’on emprunte au bien commun.

Si un bien n’est pas utilisé, il n’appartient à personne, il appartient au bien commun. Il y a l’usage personnel comme une assiette de spaghetti, disons (par contraste avec le bien d’usage collectif, la chaudronnée de spaghetti, disons et les ingrédients dans la cuisine collective…) l’usage quotidien ou régulier. Une brosse à dents est un bien d’usage personnel, quotidien ou régulier. Quand son usager la laisse sur son porte brosse à dents, il en est toujours l’usager exclusif.

On ne peut pas être l’usager de quoi que ce soit quand on est mort. On ne peut pas faire un usage quotidien d’une troisième villa à Saint-Tropez, non plus…

Le meilleur document qui atteste une adhésion ou un consentement en tout temps, en tout lieu, de votre vivant, à votre rythme et à votre mesure est votre esprit véhiculé dans votre corps au moment où il s’exprime expressément, formellement et directement. La procuration ou le testament se fera au regard de la collectivité où seuls les corps autonomes pourront en reconnaître la valeur. Aucun chef ne pouvant exister, aucune minorité ne pouvant se former ne pourra s’opposer au corps social uni dans le consentement exprès, formel et direct. Aucun patrimoine ne sera essentialisé à un corps. Tout bien d’usage hors de l’usage est un bien commun. Aucun profit ne peut se faire dans une économie du don, car le profit n’est possible que par l’exploitation dont les termes sont régis par les lois sur la propriété. Il n’existe aucune propriété dans une économie du don.

Par exemple, on ne peut pas dire qu’une récolte est un profit si l’on en fait usage. Il y a usage collectif et usage personnel. Ce qui est d’usage devient un bien d’usage, car il sort du bien commun. Un usage peut découler de l’emprunt. On emprunte au commun un bien d’usage temporaire qui d’une manière ou d’une autre retournera au bien commun. Un bien d’usage est foncièrement un bien d’emprunt qui retournera au bien commun, comme la poussière retournera à la poussière… en ce sens qu’on ne pourra pas privatiser les atomes de son corps, de ses déjections ou encore de ses productions de quelque nature qui soit! Tout est un emprunt à la matière! Votre bibelot ou votre tableau favoris seront vos biens d’usage au même titre votre maison ou votre vélo. L’artisanat et l’entraide veilleront à concevoir des biens d’usage qui plaisent aux usagers. Parfois, une production massive sera lancée sur la demande exprès, formelle et directe de la collectivité autonome. Le marché sera recadré en ce sens pour arrimer travail et besoins, non pas désir et exploitation.

L’emprunt n’est quantitatif que par rapport à la gestion logistique où les ressources sont gérées de façon matérielle (items, usagers, ressources produites etc.) Le volet qualitatif de l’emprunt est son caractère temporaire limité par le temps d’usage ou encore par les transformations que le bien d’usage subit selon ses caractéristiques naturelles, notamment, selon l’usure et selon la digestion…

L’économie de Marché est philosophiquement idéaliste, en ce sens qu’elle oriente sa production sur une idée : le pari sur un désir pour un objet inexistant pour lequel aucun travail n’a suscité l’engagement, c’est de la spéculation. Un marché de l’économie du don arrimera la production sur un besoin matériel réel, cad dont l’usage est commandé expressément, formellement et directement dans la mesure des conditions matérielles qui prévalent à un moment de l’histoire et en lieu donné. Si un usager autonome demande expressément, formellement et directement un bien d’usage, la collectivité en assurera ou en aura déjà assuré la production. Le bien commun restera toujours disponible pour l’artisanat et toutes les productions autonomes. L’économie du don est ainsi une économie philosophiquement matérialiste. Si un usager commande une licorne, les conditions matérielles de la biosphère à un moment de l’histoire et en un lieu donné seront de toute évidence les premières à orienter la production…

Dans ma façon de réfléchir l’économie du don, je n’emploie pas le mot recevoir. On reçoit toujours de quelqu’un des cadeaux qui sont de l’ordre du sacrifice et du mérite. J’emploie le verbe prendre, car on prend pour son usage le bien commun, naturel ou socialisé. Un bien d’usage reprend son statut de bien commun, dont l’usage est fini avant d’être donné sans contrepartie à un futur usager qui prend pour son usage le bien de l’ancien usager.

Le cas de la chemise favorite de votre oncle est techniquement un bien d’usage dont le testament prévoit votre usage. Mais théoriquement, il faut réfléchir le don comme un transfert qui reconnaît comme commun un bien que l’on peut prendre pour son usage.

Si vous garder la chemise favorite de votre oncle par amour, il y a fort à parier que la communauté entière constituée dans la solidarité affectionne votre oncle tout comme vous. L’idée d’encenser les morts est humaine, autant rendre hommage aux anciens de façon communautaire.

Je pense réfléchir théoriquement le don pour éviter la constitution de patrimoine qui matériellement crée l’inégalité selon la filiation et le nombre d’héritiers, dont le bout des branches généalogiques octroierait un monopole.

Le bien commun se réfléchit dans son usage. Si un bien transféré par le testament et la filiation n’aboutit pas à l’usage, il y a risque de profit.

Le don est inconditionnel. L’offre est optative. Le sacrifice est de l’ordre de l’imploration et du bon vouloir méritocratique de l’Autorité, ce sont les conditions du cadeau. Je pense que l’on emprunte au bien commun notre condition matérielle. Je crois qu’un corps peut prendre du bien commun ce qui sera donné sans contrepartie à un usager. Cet usager prend ou non sans obligation ni contrepartie. Il n’y a pas de dette, de sacrifice ou de Mérite, le refus n’est pas une offense. Les corps prennent du bien commun un bien d’emprunt qui sera un bien d’usage. Les corps donnent pour l’usage. Dans une économie du don, tout est commun, tout est emprunt au commun. Le don est temporaire, il se réalise dans l’usage, qui sitôt après retourne au commun – la matière ou les artefacts…

Bien entendu, il faut garder à l’esprit que Vivre est le travail du Vivant. Si le travail de Vivre est insuffisant ou cesse, c’est la maladie ou la mort. C’est pourquoi je pose le travail de Vivre comme une condition matérielle d’existence. Ce travail de Vivre est l’ensemble des comportements qui répondent aux affects induits par l’environnement en dialogue avec les affects inscrits dans le corps assurant la persistance – heureuse – du corps dans l’environnement. Parfois, la perspective de persistance malheureuse du corps pousse à l’irréparable.

Enfin, nous explorerons des solutions agraires en matière d’abondance au regard de l’écologie dans une capsule à venir.


“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”
Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

don 0002 – ajout

LES SERVICES AUX CITOYENS
On donne du gratuit. On prend du non payé. On vend des propriétés. On les achète. Les services publiques sont gratuits, car on donne les services. Mais ils sont payés, car on les finance.

Si un service se paye, on peut tout de même le donner. Cela rend compte de l’indépendance entre les contribuables qui tantôt côtisent pour un service sans pour autant en bénéficier directement à la hauteur de leur participation. C’est de cette façon qu’on socialise la solidarité, on la rend disponible sans condition sur la cotisation.

Un service gratuit payé ne se prend pas au sens du don. On en bénéficie comme d’un profit ou d’un privilège, car il intervient quelque chose de l’ordre de l’exploitation – le travail concret salarié – ou de l’ordre du sacrifice et du mérite – que l’Autorité de l’État prend en compte à travers les institutions qui reconnaissent le statut de bénéficiaire d’un service étatisé.

La confusion entre le gratuit et le non payé exclut la gratuité des services puisqu’ils sont payés. C’est la confusion nécessaire à inculquer le sentiment de culpabilité d’avoir bénéficié d’un service gratuit. En oblitérant la gratuité, on induit le sentiment de redevance ou dette, un artefact de la propriété.

L’impôt qu’il faut maintenir est celui sur les patrimoines et les entreprises. Les services sont de moins en moins payés par l’entreprise – qui d’ailleurs ne capitalise jamais que le travail des travailleurs – donc ils sont de plus en plus payants par le travailleur dans la logique individualiste des services privés.

J’entends gratuit ce que l’on donne sans contrepartie. J’entends non payé ce que l’on prend sans contrepartie. Ce qui est gratuit peut avoir été préalablement payé dans un système monétaire. Mais cela contrevient à l’esprit du don, si je peux me permettre l’usage de cette expression en dépit des travaux de Marcel Mauss.

En effet, la contrepartie pose un ordre social où une égalité est recherchée. Cela repose sur la notion préalable de propriété dont le « don » causerait la perte qui exige une contrepartie. C’est déjà la reproduction du capitalisme.

https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite-don0002/

don 0002 – ajout


Un nouveau commentaire sur ma capsule don 0002!

https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite-don0002/

L’État est articulé autour de la notion de propriété. C’est dans ce sens que l’État et son exercice de pouvoir sur notre quotidien est anti-démocratique. C’est ce mécanisme qui entre techniquement en contradiction stricte avec la solidarité et l’entraide gratuite et non-payée, car c’est deux notions sont le stricte contraire de la propriété et de la notion de dette qui reconnaît à un bien transféré une compensation obligatoire. La propriété ne se donne guère sans sacrifice et on prend rarement ce qui est dû sous l’égide de la propriété sans payer une contrepartie pour honorer une dette. C’est le système propriété-sacrifice-dette-contrepartie qui annihile tout ce qui semble être un don dans une économie monétaire. Ce système s’articule autour d’un affect fondamental la peur de la perte. Il est alors dans l’intérêt de l’État par le truchement de ses appareils idéologiques de semer la peur par la fabrication de la culture de la Compétition sous une culture plus large encore : la culture de l’Autorité.

don 0004 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

CAPSULES PHILOSOPHIQUES ET POLITIQUES
Le but de ces capsules regroupées en rubriques est un exercice d’argumentation. Les lecteur.rices sont appelé.e.s à me donner la controverse, afin que j’améliore mes arguments. Quand j’aurai une thèse, je travaillerai sur l’articulation d’un argumentaire contre ce que j’appelle pour le moment « la culture de l’Autorité ». Enfin, si une conclusion advenait de ce processus philosophique, je tâcherai de produire un travail de vulgarisation destiné à tout public. Bien entendu, tous.tes sont les bienvenu.e.s sur ce blog.

Je vous présente quelques solutions contre le Capitalisme et sa Dictature de la propriété dans la capsule don 0004, une sixième réécriture qui inclut quelques pistes sur la décroissance. C’est le résultat de jolies conversations. Je vous remercie!

Bonne lecture!

don 0004 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|DES PISTES POUR INSTAURER L’ÉCONOMIE DU DON| 1v6

À mon avis, pour aider la planète à guérir, il faut sortir du Capitalisme et de sa Dictature de la propriété. Trois ingrédients me semblent incontournables : la transition institutionnelle, la guérilla du don et la décroissance.

Une méthode soft pour instaurer l’économie du don par le #réformisme et l’#étapisme pour ceux dont la lutte reste insitutionnelle.

Les étapes vers le don, c’est

1- La monnaie pleine (arrimé au travail concret d’un territoire) et étatisation de la monnaie,

2- 15$/h (valide pour le Québec, 2008 ; voir l’indexation au coût réel de la vie d’aujourd’hui)

3- Travail équitable et capacitaire :

3.a salaire à la personne, basé sur la mutualisation du capital ; sur la formation et sur l’expérience en moins de 10 palliers dans un rapport 1:4 (les chiffres sont à titre d’indication ; lire les travaux de Bernard Friot)

3.b réduction du rapport, puis réduction du nombre de palliers,

3.c travail équitable et capacitaire avec un revenu universel et les moyens collectifs d’inclure tous le monde au récit collectif ;

4- Révolution économique :

4.a abolition de la propriété privée et de l’économie qui en découle,

4.b abolition de la monnaie et des Institutions qui en dépendent,

4.c institutionnalisation du bien commun, du bien d’usage, personnel ou collectif – il faudra travailler la notion de bien d’emprunt au sens matérialiste,

4d- Révolution sociale :

4.d.1 autonomisation des peuples sur des zones géographiques poreuses par l’abolition des États et des Nations, et des classes issues de cette stratification sociale, abolition des frontières,

4.d.2 société du don telle qu’étudiée par les chercheurs du MAUSS (Caillé, Mauss et al.) et sur les travaux de Gibson & Graham et bien sûr sur mes travaux… un peu quand même!

Et selon la taille de la collectivité, cela se combine à la stochocratie, cad le tirage au sort qui repose sur la formation citoyenne et sur la polyvalence (consulter les travaux d’Étienne Chouard, ne me faites pas le coup de la politique ad personam et du délit par association)

Une méthode hardcore, en parallèle à la méthode soft pour les plus hardiz qui feront l’#insurrection.

À défaut de réussir une réforme étapiste des institutions, je prône la guérilla du don, cad la guérilla par le gratuit ET par le non-payé. C’est le boycott et la désobéissance au Capitalisme et à ses Institutions.

Chaque transaction monétisée contribue au PIB, donc au Capital, le monopole, la mainmise, plutôt, sur la valeur concrète de notre Travail.

Pour briser la chaîne monétaire >>>

  • sabotage et vandalisme des outils et des lieux de domination
  • vol (à l’exploiteur)
    (reprendre TOUS les outils et les lieux)
  • multiplier les TAZ et les squattes
  • piratage des savoirs
  • don (du bien commun de tous à tous)
  • déchétisme (usage gratuit et non-payé des déchets)
  • autosuffisance, solidarité et entraide
    (maraudes, rond-point, communes etc.)
    (polyvalence et éducation populaire)
  • jardinage,
  • artisanat, réutilisation et réparation
  • décroissance*

J’en oublie sûrement.

Voilà des façons de briser les chaînes monétaires qui engraissent le grand Monopole.

* En gros, voilà ce que j’entends par « décroissance » :

1- l’économie locale :

1.a ruralisation du bitume et du béton inutiles
en espaces verts et horticoles urbains
(potagers communs)
(abolition de la propriété),

1.b l’éducation (populaire)
gratuite et non payée, décloisonnée de la propriété,
et donc, la polyvalence,

1.c réparation des marchandises,
réutilisation des matières et artisanat,

1.d organisation municipale en lieux communs
de production marchande – au sens de Gibson & Graham –
cad que les besoins commandent l’entraide gratuite et non payée, culturelle et sociale – contre l’Entreprise ;

2- la production écologique :

2.a la production pérenne contre l’obsolescence,

2.b la standardisation et la modularisation de l’électronique
et des technologies de pointe,

2.c la fin de la surproduction de marchandises et de déchets,

2.d la priorité au compostage contre le recyclage,

2.e le recyclage au bilan énergétique favorable ;

3- et la revitalisation des sols, la sortie du carbone
et de l’urbanisme pour la voiture.


“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”
Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

[https://clodius.blog/2019/11/03/838/]

don 0003 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|L’ÉCONOMIE DU DON CONTRE L’ÉCONOMIE DE LA PROPRIÉTÉ OU L’ÉCONOMIE DU VOL| 1v5

COMPARAISONS EN CONTEXTE

||Les quatre premiers exemples sont des faits, des qualités et des transactions de l’économie du don.

1a. Le bien commun est gratuit. (Eau potable)

1b. Le bien d’usage est pris. (Prendre de l’eau potable pour la consommation ou pour l’usage)

2a. Le gratuit se donne. (Donner de l’eau pour la consommation ou pour l’usage)

2b. Le non-payé se prend. (Prendre l’eau pour la consommation ou pour l’usage)



||Avec une condition monétaire, on obtient la logique mercantile.

3a. Le bien commun est vendu. (Nestlé)

3b. Le bien d’usage est acheté. (Bouteille d’eau)

4a. (!) Le gratuit se vend. (Il s’agit d’une FRAUDE dont le seul but est de tirer PROFIT en vendant le bien commun qui appartient d’emblée à tous.)

4b. (!) Le non-payé s’achète. (Il s’agit d’un achat sur le « marché noir » = on extorque un PROFIT qui commande l’EXPLOITATION de l’acheteur pour un accès à l’usage d’un bien qui provient du bien commun.)



||Tout ceci est incohérent avec l’emploi de la propriété.

1aa. La propriété est gratuite. (Pas toujours, sinon certaines conditions légales font office de contrepartie, notamment en matière d’héritage. Sinon, il faudra payer « un dollar symbolique », afin d’enregistrer la transaction.)

1bb. La propriété est prise. (Difficilement, certaines conditions légales en contrepartie s’appliquent. En cas de squattes, il en coûtera des violences policières ou d’autres fascismes.)

2aa. La propriété se donne. (Pas nécessairement, certaines conditions légales en contrepartie s’appliquent, ne serait-ce qu’un dollar symbolique. En cas de squattes, il en coûtera des violences policières ou d’autres fascismes.)

2bb. La propriété se prend. (Pas nécessairement, certaines conditions légales en contrepartie s’appliquent. En cas de squattes, il en coûtera des violences policières ou d’autres fascismes.)



||Mais avec la condition monétaire, on comprend mieux.

3aa. La propriété est vendue ou léguée.*

3bb. La propriété est achetée ou acquise.*

4aa. La propriété se vend ou se lègue. (=! DONNER)*

4bb. La propriété s’achète ou s’acquiert. (=! PRENDRE)*

* Les lois de l’État conditionnent la transaction. Désigner un héritier prive le commun d’un bien et perpétue la propriété.



COMMENTAIRE 1 | Ce qu’on observe en contrastant 4a. – 4aa. et 4b. – 4bb. est la légalisation de la fraude, de l’extorsion et du marché noir au sens du bien commun, car les cas de figure 4aa. et 4bb. sont neutralisés par leur assimilation avec les cas légaux de 3aa. et 3bb. sous l’égide capitaliste de la propriété.

3a. est la légalisation de la fraude mise au jour sous 4a. dont le commentaire est une déconstruction communiste de 3aa.

3b. est la légalisation de l’extorsion mise au jour sous 4b. dont le commentaire est une déconstruction communiste de 3bb.

COMMENTAIRE 2 | C’est de cette façon que doit être pensée la propriété, le profit et l’exploitation : c’est le vol, la fraude, l’extorsion et le marché noir. La privatisation par la propriété est le vol du bien commun.



||Tentons d’appliquer ces contextes à la marchandise.

1aaa. La marchandise est gratuite. (Faux, même sans contrepartie, la marchandise est vendue ne serait-ce qu’au prix de vos données.)

2aaa. La marchandise est prise. (Difficilement vrai : dans certains cas, on vous prendra la main dans le sac de la propriété = CRIMINALISATION DE L’ACCÈS AU BIEN COMMUN)

1bbb. La marchandise se donne. (Pas nécessairement, sinon elle devient un cadeau au prix d’un sacrifice, une contrepartie relevant de la notion de perte, de dette et de propriété.)

2bbb. La marchandise se prend. (Difficilement vrai : dans certains cas, on vous prendra la main dans le sac de la propriété = CRIMINALISATION DE L’ACCÈS AU BIEN COMMUN)



||Mais avec la condition monétaire, on comprend mieux.

3aaa. La marchandise est vendue ou cédée.

3bbb. La marchandise est achetée ou acquise.

4aaa. La marchandise se vend.

4bbb. La marchandise s’achète.

COMMENTAIRE 3 | L’État bourgeois sacralise la propriété par laquelle une marchandise est la vôtre. La preuve est qu’un voleur au sens capitaliste risque son intégrité face aux lois et aux conséquences que prévoit l’État.

En observant les cas 2aaa. et 2bbb., on voit que l’accès au bien commun est criminalisé par la logique de la marchandise, produit de la propriété garantie par les lois liberticides de l’État, la répression et la judiciarisation. C’est une violence initiale volontaire de l’État bourgeois qui par le chantage et la logique de punition force les pauvres à s’endoctriner dans la romance du mérite pour gagner leurs privilèges puisque vivre est devenu un combat au lieu d’un don de la Nature. Dans tous les cas où des conditions s’appliquent, il s’agit d’un chantage sur le bien commun comme le feraient des terroristes avec la prise d’otages. L’économie de la propriété-vol (l’économie du vol) c’est une prise d’otage du bien commun pour lesquelles la rançon est votre corps et ses possibilités mis à prix et confinés aux travaux forcés, au surtravail, pour un soi-disant salaire. En fait, votre surtravail fournit aux bourgeois l’opulence qui les fait dominer le Monde. Le surtravail est à la mesure des privilèges qu’octroie la production. Si un patron se tape des esclaves sexuelles mineures sur le marché noir, il y a fort à parier que votre surtravail lui en donne les moyens, TOUS les moyens.

L’économie du don est une économie de la liberté, puisqu’aucune condition n’enfreint l’usage du bien commun ; tandis que l’économie du vol, est une anti-économie, qui correspond à une économie carcérale, puisqu’elle est un mode coercitif de chantage sur l’usage du bien commun dans une perspective de profit. L’économie du vol ne fait jamais économiser, bien au contraire, elle coûte toujours quelque chose à titre de contrainte, il s’agit là de la substance même du profit qui justifie l’exploitation. L’économie du vol est une économie carcérale. La planète gratuite est une prison globale. Ainsi l’économie du vol conditionne toujours l’usage du bien commun comme le ferait un propriétaire-proxénète-esclavagiste avec ce que la Vie donne d’emblée aux corps dans l’environnement.

Bien entendu, le travail est une condition de la Vie. Sans travail, pas de vie, car vivre est le travail du Vivant. C’est l’abstraction d’un Patrimoine bourgeois qui fait de la Vie un camp de travail forcé. La démesure et l’hybris des bourgeois, c’est la substance même de la fraude capitaliste.

*


Acquérir et requérir sont dans la même famille lexicale où la notion de quête intervient.

On acquiert une marchandise ou une propriété, car il y a réception. Dans le sens que l’on reçoit des choses qui relève du cadeau à première vue, il y a un sacrifice à l’œuvre.

On requisitionne des richesses et des ressources, car il y a la notion de commande. Dans le sens, qu’en vertu d’une Autorité hétéronome ou d’une autorité autonome qui planifie l’exécution de l’ordre (en anglais on connaît un mot comme to order something to someone).

La requisition solidaire, au sens anarchiste, socialiste ou communiste, c’est PRENDRE LES MOYENS DE PRODUCTIONS (et occuper les territoires). C’est socialiser l’activité humaine, le principe même de la solidarité.



La propriété est une contradiction logique au sens du bien commun. C’est une notion foncièrement confuse et insuffisante pour réfléchir la cohabitation de la planète.

Sur une note poétique, n’oubliez pas d’offrir des marchandises et du crédit à Noël!



“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”
Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.


don 0002 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LA SOLIDARITÉ, L’ÉLECTION ET L’ÉCONOMIE DU DON| 2v5

|QUESTION|

Est-ce que le l’élection fait entrave à l’économie du don?

|RÉPONSE|

À petite échelle non, mais les schèmes Autoritaires du gouvernement « par les autres » – l’hétéronomie – reproduisent la société capitaliste qui nous emprisonne dans la logique monétaire et toutes les violences nécessaires à maintenir les schèmes de violence qui organisent la société de classes sous la logique du mérite foncièrement compétitive. Dans ce genre de (anti)société, les privilèges sont protégés par la matraque et la violence de la punition judiciaire. C’est dire, qu’un individu qui crève de faim dans la rue sera lourdement pénalisé s’il se permet de prendre, sans payer, ce qui lui faut pour se nourir, sans permis de pêche, sans contrepartie monétaire pour manger la nourriture disponible sur nos étals… bien entendu, les ordures sont disponibles, mais peu de choses qui s’y trouvent sont nécessairement cuisinés.

Pour pulvériser le capitalisme, à notre échelle, il faut s’entraider dans le gratuit et le non-payé, mais de façon massive, il faut désobéir aux schèmes de violence, sociaux, économiques, politiques du capitalisme. Pour donner – gratuitement – du non-payé, il faut d’abord procéder mentalement à la déconstruction de la propriété, qui met entre les mains des riches ce qu’il faut aux pauvres pour rester au service du capitalisme.

L’État est articulé autour de la notion de propriété. C’est dans ce sens que l’État et son exercice de pouvoir sur notre quotidien est anti-démocratique. C’est ce mécanisme qui entre techniquement en contradiction stricte avec la solidarité et l’entraide gratuite et non-payée, car c’est deux notions sont le stricte contraire de la propriété et de la notion de dette qui reconnaît à un bien transféré une compensation obligatoire. La propriété ne se donne guère sans sacrifice et on prend rarement ce qui est dû sous l’égide de la propriété sans payer une contrepartie pour honorer une dette. C’est le système propriété-sacrifice-dette-contrepartie qui annihile tout ce qui semble être un don dans une économie monétaire. Ce système s’articule autour d’un affect fondamental la peur de la perte. Il est alors dans l’intérêt de l’État par le truchement de ses appareils idéologiques de semer la peur par la fabrication de la culture de la Compétition sous une culture plus large encore : la culture de l’Autorité.

Par ailleurs, le cannibalisme social est possible en aménageant la rareté monétaire, des ressources, donc en aménageant la misère, l’exclusion et la pauvreté par la violence institutionnelle : lois d’austérité, répression armée et judiciarisation, et dans une autre mesure, par le biais des catastrophes naturelles ou socio-économiques (Cf. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Radeau_de_La_M%C3%A9duse ; https://youtu.be/NAwtph5PMh4 ; https://youtu.be/si12yPyTnSs) Il faut relire à ce titre La stratégie du choc de Naomi Klein, une lecture par laquelle on comprend la nature opportuniste du capitalisme dont les épithètes « sauvage » ou « débridé » opèrent le pléonasme.

Les paradis fiscaux sous le sceau de la propriété sont largement responsables de la raréfaction de l’argent qui donne accès à ce que les exploités produisent. D’où l’intérêt d’avoir des gauchistes au gouvernement qui taxent les riches. Dans cette mesure, la solidarité étatisée est gratuite, mais payée : dans cette logique retorse, le gratuit dépend de l’argent… C’est une contradiction sous laquelle la tension entre le don et la propriété est favorable aux monopoles.

LES SERVICES AUX CITOYENS

On donne du gratuit. On prend du non payé. On vend des propriétés. On les achète. Les services publics sont gratuits, car on donne les services. Mais ils sont payés, car on les finance.

Si un service se paye, on peut tout de même le donner. Cela rend compte de l’indépendance entre les contribuables qui tantôt côtisent pour un service sans pour autant en bénéficier directement à la hauteur de leur participation. C’est de cette façon qu’on socialise la solidarité, on la rend disponible sans condition sur la cotisation.

Un service gratuit payé ne se prend pas au sens du don. On en bénéficie comme d’un profit ou d’un privilège, car il intervient quelque chose de l’ordre de l’exploitation – le travail concret salarié – ou de l’ordre du sacrifice et du mérite – que l’Autorité de l’État prend en compte à travers les institutions qui reconnaissent le statut de bénéficiaire d’un service étatisé.

La confusion entre le gratuit et le non payé exclut la gratuité des services puisqu’ils sont payés. C’est la confusion nécessaire à inculquer le sentiment de culpabilité d’avoir bénéficié d’un service gratuit. En oblitérant la gratuité, on induit le sentiment de redevance ou dette, un artefact de la propriété.

L’impôt qu’il faut maintenir est celui sur les patrimoines et les entreprises. Les services sont de moins en moins payés par l’entreprise – qui d’ailleurs ne capitalise jamais que le travail des travailleurs – ainsi ils sont de plus en plus payants par le travailleur dans la logique individualiste des services privés.

J’entends gratuit ce que l’on donne sans contrepartie. J’entends non payé ce que l’on prend sans contrepartie. Ce qui est gratuit peut avoir été préalablement payé dans un système monétaire. Mais cela contrevient à l’esprit du don, si je peux me permettre l’usage de cette expression en dépit des travaux de Marcel Mauss.

En effet, la contrepartie pose un ordre social où une égalité est recherchée. Cela repose sur la notion préalable de propriété dont le « don » causerait la perte qui exige une contrepartie. C’est déjà la reproduction du capitalisme. Le troc, c’est déjà du capitalisme.

Cette égalité recherchée est truquée d’avance, car on sait tous que les bourgeois vivent de privilèges extorqués dans le travail concret des exploités duquel est abstrait le Patrimoine. Cette inégalité – injuste – est bel et bien une fraude au sens communiste du bien commun.

Imaginons le pouvoir exorbitant d’un monopole sur le bois d’œuvre. Seulement, l’homme le plus puissant du monde ne tient pas l’inventaire du bois pour exercer son chantage et tirer des faveurs et des profits : il tient le monopole des Patrimoines…

|À LIRE|

Capitalisme de désastre ou écosocialisme ?

“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”

Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

don 0001 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LA SOLIDARITÉ, L’ÉLECTION ET L’ÉCONOMIE DU DON| 1v3.1

La solidarité du peu ne vaut rien… Il y en a deux en concurrence actuellement. La solidarité des exploités, celleux qui s’organisent dans le gratuit et le non-payé, et la solidarité des exploiteurs, ils s’organisent par le truchement de la propriété privée et des privilèges que leur classe leur octroie. Ces deux catégories de gens forment deux groupes minoritaires qui ont conscience que la survie de leur groupe repose sur l’entraide. Sinon, la majorité des exploités vivent de façon atomisée, à travers les modes de production et de consommation que les différents appareils idéologiques d’État inculquent, se relayant les uns les autres dans le quotidien des consommateurs. Il s’agit d’un monopole de la Parole qui agitant le spectre constant d’un ennemi fabriqué sidère les masses exploitées et les endoctrine dans la romance du Mérite – la méritocratie – selon laquelle, l’obéissance est garante de privilèges, dont le maintien dans la classe sociale et la survie dans le capitalisme dépendent. Pourtant, les minorités solidaires ont bien compris les enjeux de la marchandisation du monde, les uns pour la combattre, les autres pour en tirer un profit.

Socialiser la solidarité des exploités est un travail lent de conscientisation de classe qui peine à convaincre les hautes classes exploitées, car c’est par le consentement à l’exploitation qu’elles ont atteint une part du capital. Je n’utilise pas le terme « méritocratie », car le mot « mérite » occulte le sens violent que contient l’exploitation.

Il y aura donc plein de gouvernements oppressifs (pléonasme) pour freiner, voire réprimer la solidarité de tous qui se matérialise par l’entraide, gratuite et non-payée – bien entendu – car, hors de ces deux conditions, nous sommes encore sous les diktats du capitalisme. Dans cet économie du vol (don 0003) la vente du bien commun, des ressources, des outils et de la force de travail reste un proxénétisme de la matière et du corps et de leurs possibilités.

Pour observer un laboratoire vivant de la solidarité de tous, sur un territoire donné, il suffit de tourner le regard vers le quartier autogéré d’Athènes, Exárcheia. Mais l’État grec n’aime pas la solidarité, car elle court-circuite les schèmes violents du Marché et de son État bourgeois. La solidarité est anticapitaliste, elle détruit de la valeur marchande, monétaire, elle détruit le capitalisme. Toutes les normes arbitraires de l’État seront brandies pour détruire l’ennemi des capitalistes : le peuple uni. Ils détruisent les squattes et les ZAD où s’organise de façon horizontal la gestion des communs.

L’organisation de la solidarité dans le gratuit (on le donne) et le non-payé (on le prend, et dans son extrémité, on prend les moyens de production et les territoires) sera toujours la seule lutte matérielle contre le capitalisme. Le don est à la fois gratuit – car on le donne ET non-payé, ni en amont – car il n’est pas financé, ni en aval – car on le prend sans contrepartie. Ce qui finance le BÉNÉVOLAT, c’est les salaires que prévoient l’État et l’Entreprise.

Dans cet esprit, des réformes et des services gratuits ont été arrachés par les luttes ouvrières aux mains des exploiteurs, les capitalistes, qui par la propriété s’arroge un droit d’exploitation du bien commun. Proudhon disait que cet accaparement, l’exploitation, est bel et bien un vol légalisé de ce qui appartient d’emblée à tous.tes.

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Aucun vote n’a forcé quelque gouvernement qui soit à aménager notre émancipation. « Seule la lutte libère. »

Au Canada, c’étaient les élections le lundi 21 octobre 2019. Un camarade utilise ce terme qui me convient, et j’expliquerai pourquoi : *le vote tactique*. Il s’oppose au *vote stratégique* par lequel on encourage le moins pire candidat à gagner son comté contre le pire candidat. Le vote tactique est le vote naïf – ce n’est pas un usage péjoratif de naïf – celui par lequel on vote pour le candidat qui représente nos valeurs, cela, pour le peu de partisanerie qui m’affecte, entend que j’encourage les électeurs à voter pour les candidats qui véhiculent le maximum de mes valeurs antisectaristes, contre la stratification sociale, érigée sur les violences formelles et informelles auxquelles nous enjoint l’Autorité dans la romance du Mérite et dans la culture de l’Autorité. Je sais pertinemment que tout gouvernement canadien sera, par l’institution même de l’État, Autoritaire.

Mon camp, c’est la liberté égalitaire et écologique que l’Autorité détruit dans toutes ses expressions. Je ne pourrai donc pas participer à l’élection d’un maître, car l’essence de ce Spectacle, par la mise en œuvre de l’Autorité, est la stricte négation de la liberté ; car la domination appelle la soumission ; car le chantage méritocratique enlève et octroie les privilèges qui dès lors annule toute égalité ; et car les injonctions au surtravail pour la surproduction et la surconsommation sont à l’origine du désastre amorcé de l’écologie.

L’Autorité est une sociopathie en ce sens qu’elle dit aux malades, qu’ils ne vivent pas dans le même monde, donc dans les mêmes conditions matérielles que les autres, et, dans cet essentialisme, les frontières ad hoc sont prétendument « naturelles ». C’est ce qui crée les cloisons entre les classes, c’est la haine de l’Autre. L’Autorité est une misanthropie. Elle est persuadée que l’Autre est une vilaine bête qu’il faut dresser.

Seuls les peuples autonomes sont capables d’amour, s’aimer les uns les autres, c’est le consentement qui rend vertueux la solidarité de tous. Sans consentement, les nouveaux liens ne se font pas, sans consentement, les chaînes réduisent à la soumission. Donner et prendre dans *l’économie du don* se fait sans aucune autre condition que le consentement.

Aucun parti ne l’instaurera. Le don est le stricte contraire de la propriété, garantie par les schèmes violents de l’État, du capitalisme et de ses sbires. Le don, c’est reconnaître la liberté égalitaire et écologique. Le don permet de vivre sans condition, de vivre libres.

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L’ÉCONOMIE DU DON EN BREF

Dans une économie du don, on n’a rien mais on a tout, ou on utilise un bien d’usage. Il n’y a pas de propriété. Le bien commun est à tous, et quand il est donné ou pris, il est un bien d’usage, personnel ou collectif. Dans cette économie, on t’a donné et tu as pris des lunettes ou une brosse à dents, ou encore du spaghetti et tu les utilises ou tu le manges. Personne ne prend un bien d’usage personnel à autrui ou monopolise un bien d’usage collectif, personne ne profite de quoi ou de qui que ce soit, on utilise le bien d’usage ou on s’entraide. Nous sommes adultes. Je traiterai de l’enfance politique plus loin.

Tous ont accès au bien commun, territoire et ressources, produits du travail collectif sur les outils socialisés étant des biens d’usage collectif. Les savoirs et les savoir-faire sont donnés, enseignés dans le gratuit et le non-payé. En dehors de l’usage, une richesse est à tous, à quiconque et à personne. Si tu te sers de lunettes, tu es seul.e à t’en servir et à en disposer en les donnant. Le travail et les fruits de la terre sont socialisés, on ne peut produire des légumes, sous brevet pour des fins mercantiles… conserver et puis jeter ceux dont on ne fait pas usage pour un motif mercantile de spéculation. Une économie du don devra prévoir la production à la nécessité, pas au profit.

Notre équilibre entre solidarité et paresse régulera la motivation, cad la mobilisation des affects qui nous engagera dans l’économie du don. La valeur produite sous l’appel de la solidarité sera réalisée parce que l’interaction même nous fait faire société. Un coiffeur te coiffera pour 2 raisons. La raison matérielle : une coupe de cheveu, c’est sain ; la raison affective : être solidaire, c’est aimer, aimer son prochain, aimer être bienveillant, aimer faire société là où je suis en sécurité auprès des miens et surtout rendre l’amabilité aimable, encourager l’amabilité des membres de sa société par ma propre amabilité. La solidarité se matérialise par l’entraide. En sommes, la solidarité est un cercle vertueux – sous la condition d’organiser l’abondance, sans surproduire et sans gaspiller.

Le droit à la paresse commandera de ne pas faire des coupes de cheveux malsaines sous la contrainte ou avec des sentiments moins amènes. Il faudra du repos pour faire une coupe efficace. Travailler, c’est aménager la paresse. Paresser, c’est aménager les conditions physiques et psychologiques d’un travail bienveillant.

Pour donner, il faut produire par nécessité, pas pour le profit… Le profit ne donne rien dans tous les sens du terme : Le profit extorque le travail des autres!

Sur une note poétique, j’ajouterai que tous les dons dans la biosphère et dans le cosmos transforment le Monde et le pérennise. Donner, c’est vivre.

— “donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”

Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

[https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite/]