travail 0003 | la persistance du corps contre la culture de l’Autorité

|LE TRAVAIL ET LA DETTE|1v1

L’ALLÉGORIE DE LA SOUPE
Paul veut manger une soupe chez Julie. Pour en avoir une aujourd’hui, il doit s’engager à produire une soupe demain. C’est l’usage de la soupe d’aujourd’hui dont il n’est pas le producteur ni le propriétaire qui le force à emprunter sa soupe du jour. Mais la créancière, Julie, lui demande de lui rembourser deux soupes demain. Alors Paul s’engage à produire deux soupes pour la soupe du jour et deux soupes supplémentaires pour la soupe de demain. Si Paul représente le prolétariat, Julie représente la bourgeoisie qui détient la cuisine où sont produites les soupes. Paul est un débiteur, Julie est l’ensemble des corporations qui exploitent le travail de Paul dans ses cuisines. Il en est de même pour Roxanne, une autre prolétaire qui s’engage dans le marché du travail que représentent les cuisines de Julie. Julie devra veiller à la bonne santé de ses travailleurs, et qui sait, de leur descendance pour prospérer… elle et ses héritiers de la cuisine…

Pour équilibrer le travail en cuisine, Julie devra offrir quelques privilèges aux plus vaillants des employés et créer des postes cadres, et qui sait, donner quelques soupes aux plus méritants…

Quand vous donnez de l’argent, vous donnez une créance. Une créance engage une dette. Une dette est une reconnaissance de propriété privée. Ici, la soupe initiale produite chez Julie. La propriété, c’est le vol, ici c’est le travail concret de Paul et de Roxanne.

Quand vous donnez de l’argent, vous encouragez le VOL.

Le capitalisme n’est non seulement une économie du vol (du bien commun par la propriété) mais aussi du viol, puisque ce sont toujours nos corps qui sont exploités pour fournir du travail et consommer.

Plus un achat est coûteux au détail, plus le corps du travailleur-consommateur est exploité à travers sa production et à travers sa consommation.

Mais, du coup, que dire du discount (des petits prix)? me demanderez-vous.

Il est amorti sur les autres ventes d’une autre période, d’un autre produit, ou d’un autre détaillant. Dans la chaîne de transactions, il participe en dépit des choix individuels les plus responsables.

Il faut voir la relation entre la production et la consommation.

Un producteur de travail concret reçoit une rétribution : salaire, honoraires, cachet etc. Il redonne à l’économie la valeur abstraite que représente sa rétribution par sa consommation. Un paiement d’un consommateur est la remise en circulation de ses propres rétributions reçues. La monnaie transigée rend compte d’un travail concret. Ce travail concret reçoit une reconnaissance de dette comme rétribution. C’est du crédit ou de l’argent-dette.

Quand un détenteur de crédit rembourse ses propres dettes avec ce crédit, il rend compte de sa création concrète de valeur par le travail concret pour lequel il a obtenu ce crédit. La monnaie dette annule la créance et un équilibre entre la production du débiteur et l’émission de crédit devrait donner la valeur 0 $ dans le calcul.

L’usage de dette propulsera l’économie qui repose sur le crédit dans l’engagement des travailleurs à produire du travail concret. D’abord parce qu’une créance actuelle engage le crédit du travail concret dans l’avenir, ensuite parce qu’une créance constitue la spéculation d’une production de valeur concrète dont la valeur abstraite honore le crédit actuel. Le travail concret, c’est le travail qu’un humain effectue dans l’économie au jour le jour. La valeur de sa rétribution monétaire après la production concrète de travail correspond au travail concret effectué dans l’avenir. L’interface entre le travail d’aujourd’hui et le travail de demain est l’argent, créé par l’émission de crédit qui engage le travail futur des humains envers la richesse en circulation dans l’économie d’aujourd’hui. Payer avec cette monnaie-dette, c’est enchaîner les travailleurs au travail concret qui honorera les créances, qui font fonctionner l’économie d’aujourd’hui. Les économies mondiales d’aujourd’hui voient leurs dettes exploser par l’usure (cad le crédit et les intérêts) créant du même coup, l’asservissement des générations futures dans la production de travail concret et la dévaluation de la monnaie, une dette abondante, cad une valeur abstraite (ou symbolique du travail à venir) donc la baisse du pouvoir d’achat : l’inflation qui fait monter le prix des marchandises. On sait tous que les rétributions du peuple ne suivent pas les rétributions des hautes classes et des bourgeois… qui peu à peu colonisent les marchés où faisaient commerces les pauvres…

La seule consommation, qu’importe qu’elle soit équitable ou pas, bio ou quoi que ce soit, contribue à l’usage de dettes qui repousse toujours plus à demain la solvabilité de l’économie d’aujourd’hui. Une économie nationale normale (avant Bâle 1,2 et 3) c’est une monnaie pleine, nationale qui d’un côté injecte de la valeur abstraite dans l’économie du pays et de l’autre la régule par l’impôt, des entreprises surtout, et par les taxes et par les divers péages. Les impôts rendent compte du travail concret réel. Quand le crédit plein rencontre la fiscalité, il y a un équilibre entre la colonne des dépenses anticipées de l’État et le travail effectué de la population. On peut dire que l’État a bien planifié son budget et le travail des travailleurs de son pays. C’est quand l’intérêt privé qui ne rend plus compte de rien sinon de la spéculation entre en jeu avec la privatisation des dettes publiques mondiales en 1973 que les dettes s’emballent et que le pouvoir d’achat des travailleurs péréclite. Plus de dettes, moins de salaire, plus d’impôts sur les travailleurs, moins d’impôts aux entreprises et secret bancaire sur les fortunes de l’évasion fiscale, voilà le fardeau de l’économie financiarisée sur la population qui travaille concrètement.

L’explosion de la dette et la stagnation des salaires ne peuvent plus s’équilibrer par le système de taxes et d’impôts. Non seulement les impôts sont trop lourds pour les travailleurs seuls avec la dette, mais ils sont insuffisants pour suivre l’explosion de la dette, dont la rhétorique sert à saboter les services publiques de moins en moins gratuits, donc de plus en plus en payants.

Enfin, avec la financiarisation des économies nationales, on a laissé le grand casino gérer notre table. De la folie au profit des grands joueurs.

L’économie monétaire, qu’elle soit pour des armes ou des semences, elle utilise de la dette, le travail à venir des travailleurs enchaînés au capitalisme. En gros, dépenser aujourd’hui, c’est exploiter demain. Je trouve ça inadmissible peu importe la qualité des marchandises.

Il y a plein de domaines où on peut éviter l’usage d’argent. C’est généraliser cet esprit, celui du gratuit(donné) et du non-payé(pris) qui m’importe le plus. Plusieurs façons de prendre sans payer existent, elles sont soit légales ou illégales. C’est une question d’audace et surtout de solidarité. La solidarité fera fléchir beaucoup de gens à la faveur d’un système de dons. Bien sûr, la solidarité étatisée est gratuite (et de plus en plus maigre) mais elle est payée (de plus en plus par les travailleurs seuls). C’est la logique individualiste de la privatisation des risques invididuels et la socialisation des risques et des profits corporatifs. Le retrait de l’impôt sur les grandes fortunes (qui capitalisent le travail concret des travailleurs!) est un exemple fulgurant. Et que dire du frère Olivier Sarkozy qui va vendre aux Français une assurance retraite (retraite privée). Au Canada, nous avons déjà le REER et les CELI qui privent l’économie de revenus par l’impôt, à cause de l’épargne et qui désolidarisent les travailleurs au profit des gros salaires. Une folie des gouvernements néolibéraux canadiens qui mettent entre les mains des banques l’épargne des travailleurs qui tentent de s’organiser une retraite décente.

En somme, plus on achète, plus ils exploitent. Plus on paie cher, plus on est exploités. En revanche, moins on paie cher, plus « les travailleurs du tiers-monde » sont exploités. La délocalisation aura pour effet magique d’exploiter au moins deux peuples avec une marchandise. La globalisation aura pour effet d’opposer les travailleurs du monde dans une logique de compétition où la demande de salaire augmente et le pouvoir d’achat baisse, où se raréfient le Salaire et les Emplois, par l’intermédiatisation du Marché mondial, tout en tirant vers le bas les conditions de travail et le pouvoir d’achat entraînant toujours plus de surtravail pour consommer et pour rester compétitif.

Le pari de l’économie du don sera de défaire la dépendance au salaire, dont la dépendance à l’Emploi devra être défaite dans un premier temps par le salaire inconditionnel d’une économie mutualisée, tout ceci reconnaît que Vivre en harmonie avec les Vivants dans l’environnement est déjà une production de valeur en soi au sens de la biosphère : faire persister la Vie est LE travail inhérent au Vivant.

SCIENCE FICTION DE L’ÉPIGÉNÉTIQUE
L’usage d’outils est le résultat de l’évolution. La domestication peut transformer le génôme. Le génôme des animaux domestiques après près de 30 000 ans les rend mésadaptés à la vie sauvage. L’argent existe depuis 5000 ans ou plus. Nous sommes en train de muter par l’épigénèse. Nous allons devenir probablement incapables de survivre sans la civilisation (Babylone) si notre génôme nous condamne à l’argent. C’est une hypothèse. Mais la domestication est le résultat de la centralisation des activités de notre espèce, on retrouve ces comportements chez les fourmis, elles aussi centralisées avec une division du travail, seulement cette division du travail est conditionnée par le régime alimentaire de la larve selon les besoins de la colonie. Pour l’humain, la domestication et la division du travail est fortement ou uniquement conditionnée par les patrimoines formels et informels acquis par la naissance dans une classe sociale, dans une société donnée, à une époque donnée et à un endroit donné.

Paul Lafargue écrivait en 1883 dans Le droit à paresse ces sages paroles :

« O idiots! c’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe lentement. »

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