défense 0003 : La posture insurrectionnelle ou la culture de la défense contre la culture de l’Autorité

|PRAGMATISME ET SOLIDARITÉ, LA MESURE DE LA DÉFENSE|1v2

Après avoir lu Camara, on arrive à penser la violence autrement que par la violence elle-même. La défense combat les violences initiales et renforcées, volontaires et non consenties. La défense est la seule violence légitime, c’est celle des opprimés face aux postures de domination. La défense doit être à la mesure des armes ennemies. C’est du pragmatisme matérialiste. Pour estimer le degré de défense nécessaire, il faut considérer le cumul des violences Autoritaires : la violence à combattre est le cumul des violences systémiques et institutionnelles avec les violences informelles qui contribuent à les renforcer. La question de l’efficacité de la défense est dans l’asymétrie des forces opposées. Bien entendu, je suis pacifiste. C’est pourquoi je prône la défense à la mesure de la violence initiale et renforcée, volontaire et non consentie. Je crois qu’il n’appartient qu’aux opprimés de choisir comment ils obtiendront la paix.

Dans la matérialité de l’État, la violence initiale et renforcée, volontaire et non consentie est bien le seul contrat qui lie le corps à l’Autorité de l’État. On découvre la magie de l’Autorité avec le corps marginalisé. Bref, les violences initiales sont renforcées. Paupérisme, violences systémiques, tares sociales épigénétiques sont renforcées par la répression et la judiciarisation qui sitôt mènent au précariat, à l’itinérance et à l’exclusion, en affectant l’esprit et le corps duquel il émane. Les lésions, les maladies, les toxicomanies, les maladies mentales, les prostitutions et les autres exploitations du corps accompagnent toutes les étapes de la guerre de classes, la Spirale de la violence.

J’entends la violence « volontaire » au regard de l’initiateur.e de la violence, cet individu a l’intention d’exercer un pouvoir contre le corps de ses victimes. Je l’entends « non consentie », car si les violences initiées avaient été négociées explicitement et directement, puis soumises au consentement formel et direct, et au mieux, documentées, on les auraient rejetées.

Les violences informelles répondent aux discours d’exclusion qui visent d’abord à décridibiliser les opprimés dans leurs luttes populaires ou personnelles, puis à opposer les franges opprimées les unes contre les autres. Le travail des violences informelles fragilise les opprimés entre eux et va jusqu’à les priver de moyens de mener le combat contre les violences institutionnelles. D’abord en les détournant de la lutte contre l’instigation et le maintien de la société érigée sur la violence, puis en minant les moyens matériels de lutter : leur corps et ses possibilités étant sous l’emprise de la haine contre d’autres pauvres.

Pauvres, on se prostitue touz comme on peut sous les diktats du capitalisme. On doit monnayer notre corps et ses possibilités, sinon les bourgeois pour leur part monnayent le corps des autres. Il s’agit de la violence initiale, volontaire et non consentie la plus répandue. Toutes les prostitutions sont valides, dans la mesure où on ne s’en tient qu’à son propre corps, ses propres possibilités, donc à ses propres talents. Je respecte toutes les prostitutions. Il n’y a pas une prostitution plus noble qu’une autre. Comme on dit, il n’y a pas de sot métier. Par contre, je condamne le proxénétisme qui se fait hors du consentement. Pas la prostitution. Une prostitution condamnable serait celle du flic. Le flic bat, tue, mutile les gens sans leur consentement. Dans la mesure du non consentement, la prostitution du flic est invalide. Même s’il tue un terroriste, sa fonction n’est pas l’objet du consentement de la société, aucun consensus ne s’est fait sur les termes qui ont donné lieu à sa fonction d’exister. Ni vous, ni moi, n’avons connaissance, ni n’avons discuté de tous les termes nous concernant d’abord vis-à-vis du flic ni des termes concernant cette fonction (anti)sociale. La prostitution du flic, sa fonction, est une aberration. Il a délibérément choisi l’oppression. Il est de facto en conflit avec l’intérêt commun.

Les violences ne se valent pas, la défense est toujours légitime dans la mesure des violences initiales et renforcées. Un cocktail molotov, c’est peu de dommage contre la pauvreté organisée.

Je ne rejette aucune méthode de lutte, aucune tactique qui soit le choix des opprimés. On appelle ça le respect de la diversité des tactiques. Du graffiti au cacatov et passant par les pavés, pas de souci : ceux qui luttent contre l’Autorité sont mes camarades et leur choix sont les meilleurs s’ils sont massifs et concertés. J’entends massifs, car seule la solidarité garantit l’efficacité d’une action ; j’entends concertés, car la coordination et la convergence des luttes contre l’oppression seront garantes du renversement de l’Autorité. L’expérience révolutionnaire sera dès lors précurseure de la concorde construite dans la solidarité et l’entraide.

La défense sans solidarité a peu de chance de remporter des victoires. Mais des actions concertées comme la grève générale internationale, et c’est possible. La seule condition, c’est la solidarité. Violence ou pas…


Il faut savoir qu’une violence consentie renvoie à deux possibilités, à ma connaissance. Le premier cas de violence consentie est un terme d’un contrat explicite démocratique qui définit par quelle violence défensive une violence initiale ou renforcée, volontaire et non consentie (violences Autoritaires, ou violences formelles, ou violences institutionnelles) est réprimée. Le second cas de violence est dans les termes qui m’ont inspiré le contrat anarchiste, ceux qui procèdent par le consentement des violences récréatives et érotiques. Le cadre stricte de ces violences est garant du rapport démocratique du sport ou du BDSM.

France, 1793

Yves-Marie Abraham : Pour une décroissance soutenable et solidaire

*** Quelques arguments pour la décroissance.

Le Marché n’existe pas, il est immatériel, seule l’Entreprise est incarnée par des humains colonisés. C’est à mon sens encore la preuve que l’organisation Autoritaire est la matérialisation de la hiérarchie par l’obéissance des humains à une entité irréelle. C’est le propre de notre aliénation, de notre dépossession du Monde par la colonisation de nos esprits. Nous admettons le pouvoir de l’irréel sur notre réalité en obéissant au discours Autoritaire. Prétendre que l’irréel agit sur le réel, notamment par l’exercice de la violence, est aisément psychiatrisable.

Wizenne : exposé sur l’anarchisme

*** Écoutez les commentaires sur Ni Dieu, ni maître, Chomsky et le ciel 😉

Je suis anarchiste au sens que l’explique Wizenne. Et puis, « la liberté des autres étend la mienne à l’infini ».

Là où la religion est néfaste, c’est quand des humains l’instrumentalisent pour exercer un pouvoir contre les autres. L’exercice du pouvoir contre l’autre est l’expression de deux choses que les anarchistes considèrent la même : l’Autorité et la violence (initiale, volontaire et non-consentie), en un mot, le hiérarchisme.