esprit 0001 | La liberté de conscience contre l’endoctrinement dans la culture de l’Autorité

|LA QUÊTE DE SENS| 1v3

Je tente de distinguer la spiritualité comme « quête de sens » à la religion comme « endoctrinement » qui oppose la liberté de conscience à la manipulation et la coercition. La liberté de conscience relève de l’autonomie ; la manipulation et la coercition est une hétéronomie. Dans ce cas précis, la religion qui est une hiérarchie stratifiante manipule l’esprit pour en tirer un profit. C’est des mêmes procédés qu’a recours le capitalisme, les nationalismes ou les fascismes. Il suffit de lire Orwell ou Huxley pour saisir la similitude des méthodes Autoritaires dans les sociétés de contrôle, telles que discutées par Deleuze. Avec l’ubérisation du prolétariat nous sommes passéz des sociétés d’enfermement à ce que j’appelle les sociétés d’itinérance. Dans toutes ces sociétés, la méthode Autoritaire conditionne l’esprit à se soumettre au pouvoir de l’Autorité dans des formes d’exploitations dont le langage, une pastorale, transfigurerait la Dystopie carcérale en un soi-disant univers de liberté, d’entreprise responsable et de récompenses multiples.

À mon sens, la position éthique de l’anarchisme spirituel est de distinguer la quête de sens relevant de l’autonomie individuelle ou sociale de la manipulation et la coercition, deux formes d’hétéronomie qui forcent l’endoctrinement par un rapport de domination-soumission et des rapports de violence formelles et informelles. Au sens de la Spirale (cf défense 0001), l’endoctrinement et ses méthodes Autoritaires par tous les appareils idéologiques d’État constituent des violences spirituelles initiales volontaires qui participent de la violence institutionnelle qui aménage la culture de l’Autorité en colonisant les systèmes de croyances, cela même que Chomsky nommerait la fabrication du consentement.

Les quêtes de sens dans la mesure de la démocratie anarchiste sont valides. Parfois, la quête d’un sens concourt avec une adhésion par un acte de foi délibéré. Je n’explicite pas, ici, tous les rapports possibles entre la quête et l’adhésion, mais l’humain en question est valide malgré ses contradictions. L’humain dont la foi ne serait pas éthique au sens de l’anarchisme, c’est celui qui exploite les actes de foi des autres. C’est une attitude qui est le propre de tout Autoritarisme. Pouvons-nous alors parler de mauvaise foi?

Toutes les quêtes de sens sont valides dans la mesure où le projet de faire signifier l’expérience humaine est autonome, individuellement et socialement, c’est-à-dire dans la mesure du consentement éclairé et lucide (cf. contrat 0001, 0002, 0003) La quête de sens est spirituelle, car elle fait faire récit à la multitude des expériences humaines dans le consentement. La quête philosophique de sens fait négocier les concepts. La quête scientifique de sens fait négocier les faits. La quête artistique de sens fait négocier les affects.

Par contre, l’art contemporain tel que discuté par Annie Le Brun est un capitalisme, en ce sens, qu’il nous sidère de son gigantisme et de son hybris nihilistes en échange de monnaie à titre de propriété privée, une marchandise sous le jeu marchand des transactions. L’œuvre, ou plutôt dire l’excès de technique pour l’excès de technique, est un déchet qui à chaque débarras est un projet de création de valeur abstraite. Le déchet concret de l’œuvre n’est plus qu’une devise dont le taux de change dépend de construits sociaux, un consentement fabriqué.

Le cas de la banane collée et vendue à 120 000 $ est une subversion de la subversion contemporaine, la banane jetée aux ordures fait partie de la prestation du Rien pour le Rien, bref 120 000 $ qui ne montre que sa valeur abstraite, une création monétaire ex nihilo ou ex banana!

On a fait divorcé l’art , par la contemporanéité, cad le rapport au présent totalitaire, de sa construction de sens et de son historicisation sociale et individuelle. Le capitalisme n’est pas une quête de sens, mais plutôt un endoctrinement dans l’aliénation, autant dans la subversion de l’art, de la science et de la philosophie, donc en somme, de l’esprit comme interface informatique du corps et ses possibilités avec l’environnement.

L’aliénation est une maladie de l’esprit qui le rend étranger à son corps dans l’environnement, tant naturel que culturel, c’est une déportation spirituelle qui préside à la colonisation du corps, à sa tarification et à son commerce. C’est de cette manière que le capitalisme s’inscrit dans les névroses et les psychoses, c’est la destruction spirituelle, le viol de toute quête de sens.

La religion est à la spiritualité, ce que le capitalisme est aux relations humaines.

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