don 0001 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LA SOLIDARITÉ, L’ÉLECTION ET L’ÉCONOMIE DU DON| 1v3.1

La solidarité du peu ne vaut rien… Il y en a deux en concurrence actuellement. La solidarité des exploités, celleux qui s’organisent dans le gratuit et le non-payé, et la solidarité des exploiteurs, ils s’organisent par le truchement de la propriété privée et des privilèges que leur classe leur octroie. Ces deux catégories de gens forment deux groupes minoritaires qui ont conscience que la survie de leur groupe repose sur l’entraide. Sinon, la majorité des exploités vivent de façon atomisée, à travers les modes de production et de consommation que les différents appareils idéologiques d’État inculquent, se relayant les uns les autres dans le quotidien des consommateurs. Il s’agit d’un monopole de la Parole qui agitant le spectre constant d’un ennemi fabriqué sidère les masses exploitées et les endoctrine dans la romance du Mérite – la méritocratie – selon laquelle, l’obéissance est garante de privilèges, dont le maintien dans la classe sociale et la survie dans le capitalisme dépendent. Pourtant, les minorités solidaires ont bien compris les enjeux de la marchandisation du monde, les uns pour la combattre, les autres pour en tirer un profit.

Socialiser la solidarité des exploités est un travail lent de conscientisation de classe qui peine à convaincre les hautes classes exploitées, car c’est par le consentement à l’exploitation qu’elles ont atteint une part du capital. Je n’utilise pas le terme « méritocratie », car le mot « mérite » occulte le sens violent que contient l’exploitation.

Il y aura donc plein de gouvernements oppressifs (pléonasme) pour freiner, voire réprimer la solidarité de tous qui se matérialise par l’entraide, gratuite et non-payée – bien entendu – car, hors de ces deux conditions, nous sommes encore sous les diktats du capitalisme. Dans cet économie du vol (don 0003) la vente du bien commun, des ressources, des outils et de la force de travail reste un proxénétisme de la matière et du corps et de leurs possibilités.

Pour observer un laboratoire vivant de la solidarité de tous, sur un territoire donné, il suffit de tourner le regard vers le quartier autogéré d’Athènes, Exárcheia. Mais l’État grec n’aime pas la solidarité, car elle court-circuite les schèmes violents du Marché et de son État bourgeois. La solidarité est anticapitaliste, elle détruit de la valeur marchande, monétaire, elle détruit le capitalisme. Toutes les normes arbitraires de l’État seront brandies pour détruire l’ennemi des capitalistes : le peuple uni. Ils détruisent les squattes et les ZAD où s’organise de façon horizontal la gestion des communs.

L’organisation de la solidarité dans le gratuit (on le donne) et le non-payé (on le prend, et dans son extrémité, on prend les moyens de production et les territoires) sera toujours la seule lutte matérielle contre le capitalisme. Le don est à la fois gratuit – car on le donne ET non-payé, ni en amont – car il n’est pas financé, ni en aval – car on le prend sans contrepartie. Ce qui finance le BÉNÉVOLAT, c’est les salaires que prévoient l’État et l’Entreprise.

Dans cet esprit, des réformes et des services gratuits ont été arrachés par les luttes ouvrières aux mains des exploiteurs, les capitalistes, qui par la propriété s’arroge un droit d’exploitation du bien commun. Proudhon disait que cet accaparement, l’exploitation, est bel et bien un vol légalisé de ce qui appartient d’emblée à tous.tes.

*

Aucun vote n’a forcé quelque gouvernement qui soit à aménager notre émancipation. « Seule la lutte libère. »

Au Canada, c’étaient les élections le lundi 21 octobre 2019. Un camarade utilise ce terme qui me convient, et j’expliquerai pourquoi : *le vote tactique*. Il s’oppose au *vote stratégique* par lequel on encourage le moins pire candidat à gagner son comté contre le pire candidat. Le vote tactique est le vote naïf – ce n’est pas un usage péjoratif de naïf – celui par lequel on vote pour le candidat qui représente nos valeurs, cela, pour le peu de partisanerie qui m’affecte, entend que j’encourage les électeurs à voter pour les candidats qui véhiculent le maximum de mes valeurs antisectaristes, contre la stratification sociale, érigée sur les violences formelles et informelles auxquelles nous enjoint l’Autorité dans la romance du Mérite et dans la culture de l’Autorité. Je sais pertinemment que tout gouvernement canadien sera, par l’institution même de l’État, Autoritaire.

Mon camp, c’est la liberté égalitaire et écologique que l’Autorité détruit dans toutes ses expressions. Je ne pourrai donc pas participer à l’élection d’un maître, car l’essence de ce Spectacle, par la mise en œuvre de l’Autorité, est la stricte négation de la liberté ; car la domination appelle la soumission ; car le chantage méritocratique enlève et octroie les privilèges qui dès lors annule toute égalité ; et car les injonctions au surtravail pour la surproduction et la surconsommation sont à l’origine du désastre amorcé de l’écologie.

L’Autorité est une sociopathie en ce sens qu’elle dit aux malades, qu’ils ne vivent pas dans le même monde, donc dans les mêmes conditions matérielles que les autres, et, dans cet essentialisme, les frontières ad hoc sont prétendument « naturelles ». C’est ce qui crée les cloisons entre les classes, c’est la haine de l’Autre. L’Autorité est une misanthropie. Elle est persuadée que l’Autre est une vilaine bête qu’il faut dresser.

Seuls les peuples autonomes sont capables d’amour, s’aimer les uns les autres, c’est le consentement qui rend vertueux la solidarité de tous. Sans consentement, les nouveaux liens ne se font pas, sans consentement, les chaînes réduisent à la soumission. Donner et prendre dans *l’économie du don* se fait sans aucune autre condition que le consentement.

Aucun parti ne l’instaurera. Le don est le stricte contraire de la propriété, garantie par les schèmes violents de l’État, du capitalisme et de ses sbires. Le don, c’est reconnaître la liberté égalitaire et écologique. Le don permet de vivre sans condition, de vivre libres.

*

L’ÉCONOMIE DU DON EN BREF

Dans une économie du don, on n’a rien mais on a tout, ou on utilise un bien d’usage. Il n’y a pas de propriété. Le bien commun est à tous, et quand il est donné ou pris, il est un bien d’usage, personnel ou collectif. Dans cette économie, on t’a donné et tu as pris des lunettes ou une brosse à dents, ou encore du spaghetti et tu les utilises ou tu le manges. Personne ne prend un bien d’usage personnel à autrui ou monopolise un bien d’usage collectif, personne ne profite de quoi ou de qui que ce soit, on utilise le bien d’usage ou on s’entraide. Nous sommes adultes. Je traiterai de l’enfance politique plus loin.

Tous ont accès au bien commun, territoire et ressources, produits du travail collectif sur les outils socialisés étant des biens d’usage collectif. Les savoirs et les savoir-faire sont donnés, enseignés dans le gratuit et le non-payé. En dehors de l’usage, une richesse est à tous, à quiconque et à personne. Si tu te sers de lunettes, tu es seul.e à t’en servir et à en disposer en les donnant. Le travail et les fruits de la terre sont socialisés, on ne peut produire des légumes, sous brevet pour des fins mercantiles… conserver et puis jeter ceux dont on ne fait pas usage pour un motif mercantile de spéculation. Une économie du don devra prévoir la production à la nécessité, pas au profit.

Notre équilibre entre solidarité et paresse régulera la motivation, cad la mobilisation des affects qui nous engagera dans l’économie du don. La valeur produite sous l’appel de la solidarité sera réalisée parce que l’interaction même nous fait faire société. Un coiffeur te coiffera pour 2 raisons. La raison matérielle : une coupe de cheveu, c’est sain ; la raison affective : être solidaire, c’est aimer, aimer son prochain, aimer être bienveillant, aimer faire société là où je suis en sécurité auprès des miens et surtout rendre l’amabilité aimable, encourager l’amabilité des membres de sa société par ma propre amabilité. La solidarité se matérialise par l’entraide. En sommes, la solidarité est un cercle vertueux – sous la condition d’organiser l’abondance, sans surproduire et sans gaspiller.

Le droit à la paresse commandera de ne pas faire des coupes de cheveux malsaines sous la contrainte ou avec des sentiments moins amènes. Il faudra du repos pour faire une coupe efficace. Travailler, c’est aménager la paresse. Paresser, c’est aménager les conditions physiques et psychologiques d’un travail bienveillant.

Pour donner, il faut produire par nécessité, pas pour le profit… Le profit ne donne rien dans tous les sens du terme : Le profit extorque le travail des autres!

Sur une note poétique, j’ajouterai que tous les dons dans la biosphère et dans le cosmos transforment le Monde et le pérennise. Donner, c’est vivre.

— “donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”

Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

[https://clodius.blog/2019/11/03/le-don-contre-le-profit-la-solidarite-de-tous-tes-contre-la-culture-de-lautorite/]

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