don 0002 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

|LA SOLIDARITÉ, L’ÉLECTION ET L’ÉCONOMIE DU DON| 2v5

|QUESTION|

Est-ce que le l’élection fait entrave à l’économie du don?

|RÉPONSE|

À petite échelle non, mais les schèmes Autoritaires du gouvernement « par les autres » – l’hétéronomie – reproduisent la société capitaliste qui nous emprisonne dans la logique monétaire et toutes les violences nécessaires à maintenir les schèmes de violence qui organisent la société de classes sous la logique du mérite foncièrement compétitive. Dans ce genre de (anti)société, les privilèges sont protégés par la matraque et la violence de la punition judiciaire. C’est dire, qu’un individu qui crève de faim dans la rue sera lourdement pénalisé s’il se permet de prendre, sans payer, ce qui lui faut pour se nourir, sans permis de pêche, sans contrepartie monétaire pour manger la nourriture disponible sur nos étals… bien entendu, les ordures sont disponibles, mais peu de choses qui s’y trouvent sont nécessairement cuisinés.

Pour pulvériser le capitalisme, à notre échelle, il faut s’entraider dans le gratuit et le non-payé, mais de façon massive, il faut désobéir aux schèmes de violence, sociaux, économiques, politiques du capitalisme. Pour donner – gratuitement – du non-payé, il faut d’abord procéder mentalement à la déconstruction de la propriété, qui met entre les mains des riches ce qu’il faut aux pauvres pour rester au service du capitalisme.

L’État est articulé autour de la notion de propriété. C’est dans ce sens que l’État et son exercice de pouvoir sur notre quotidien est anti-démocratique. C’est ce mécanisme qui entre techniquement en contradiction stricte avec la solidarité et l’entraide gratuite et non-payée, car c’est deux notions sont le stricte contraire de la propriété et de la notion de dette qui reconnaît à un bien transféré une compensation obligatoire. La propriété ne se donne guère sans sacrifice et on prend rarement ce qui est dû sous l’égide de la propriété sans payer une contrepartie pour honorer une dette. C’est le système propriété-sacrifice-dette-contrepartie qui annihile tout ce qui semble être un don dans une économie monétaire. Ce système s’articule autour d’un affect fondamental la peur de la perte. Il est alors dans l’intérêt de l’État par le truchement de ses appareils idéologiques de semer la peur par la fabrication de la culture de la Compétition sous une culture plus large encore : la culture de l’Autorité.

Par ailleurs, le cannibalisme social est possible en aménageant la rareté monétaire, des ressources, donc en aménageant la misère, l’exclusion et la pauvreté par la violence institutionnelle : lois d’austérité, répression armée et judiciarisation, et dans une autre mesure, par le biais des catastrophes naturelles ou socio-économiques (Cf. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Radeau_de_La_M%C3%A9duse ; https://youtu.be/NAwtph5PMh4 ; https://youtu.be/si12yPyTnSs) Il faut relire à ce titre La stratégie du choc de Naomi Klein, une lecture par laquelle on comprend la nature opportuniste du capitalisme dont les épithètes « sauvage » ou « débridé » opèrent le pléonasme.

Les paradis fiscaux sous le sceau de la propriété sont largement responsables de la raréfaction de l’argent qui donne accès à ce que les exploités produisent. D’où l’intérêt d’avoir des gauchistes au gouvernement qui taxent les riches. Dans cette mesure, la solidarité étatisée est gratuite, mais payée : dans cette logique retorse, le gratuit dépend de l’argent… C’est une contradiction sous laquelle la tension entre le don et la propriété est favorable aux monopoles.

LES SERVICES AUX CITOYENS

On donne du gratuit. On prend du non payé. On vend des propriétés. On les achète. Les services publics sont gratuits, car on donne les services. Mais ils sont payés, car on les finance.

Si un service se paye, on peut tout de même le donner. Cela rend compte de l’indépendance entre les contribuables qui tantôt côtisent pour un service sans pour autant en bénéficier directement à la hauteur de leur participation. C’est de cette façon qu’on socialise la solidarité, on la rend disponible sans condition sur la cotisation.

Un service gratuit payé ne se prend pas au sens du don. On en bénéficie comme d’un profit ou d’un privilège, car il intervient quelque chose de l’ordre de l’exploitation – le travail concret salarié – ou de l’ordre du sacrifice et du mérite – que l’Autorité de l’État prend en compte à travers les institutions qui reconnaissent le statut de bénéficiaire d’un service étatisé.

La confusion entre le gratuit et le non payé exclut la gratuité des services puisqu’ils sont payés. C’est la confusion nécessaire à inculquer le sentiment de culpabilité d’avoir bénéficié d’un service gratuit. En oblitérant la gratuité, on induit le sentiment de redevance ou dette, un artefact de la propriété.

L’impôt qu’il faut maintenir est celui sur les patrimoines et les entreprises. Les services sont de moins en moins payés par l’entreprise – qui d’ailleurs ne capitalise jamais que le travail des travailleurs – ainsi ils sont de plus en plus payants par le travailleur dans la logique individualiste des services privés.

J’entends gratuit ce que l’on donne sans contrepartie. J’entends non payé ce que l’on prend sans contrepartie. Ce qui est gratuit peut avoir été préalablement payé dans un système monétaire. Mais cela contrevient à l’esprit du don, si je peux me permettre l’usage de cette expression en dépit des travaux de Marcel Mauss.

En effet, la contrepartie pose un ordre social où une égalité est recherchée. Cela repose sur la notion préalable de propriété dont le « don » causerait la perte qui exige une contrepartie. C’est déjà la reproduction du capitalisme. Le troc, c’est déjà du capitalisme.

Cette égalité recherchée est truquée d’avance, car on sait tous que les bourgeois vivent de privilèges extorqués dans le travail concret des exploités duquel est abstrait le Patrimoine. Cette inégalité – injuste – est bel et bien une fraude au sens communiste du bien commun.

Imaginons le pouvoir exorbitant d’un monopole sur le bois d’œuvre. Seulement, l’homme le plus puissant du monde ne tient pas l’inventaire du bois pour exercer son chantage et tirer des faveurs et des profits : il tient le monopole des Patrimoines…

|À LIRE|

Capitalisme de désastre ou écosocialisme ?

“donner” ET “prendre” =! “voler” ET “vendre”

Donner ET prendre, ce n’est pas voler ET vendre.

3 réflexions sur “don 0002 |Le don contre le profit : la solidarité de tous.tes contre la culture de l’Autorité

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